Hoize à Belliard, Manzanarès, 1 juin (Cf. Arch. Guerre
Si déjà, depuis le 2S mai. on «'tait sans nouvelles de Dupont, quelles ne furent point les alarmes lorsqu'on cessa d'en recevoir de Roize et de Liger Belair qui étaient chargés de rouvrir les communications ! L'insurrection gagnait la Manche et les courriers étaient arrêtés aux portes mêmes d'Aranjuez ! En l'absence de renseignements certains, l'état-major se vit réduit à accueillir les racontars de paysans au sujet des affaires de Santa-Cruz et de Valdepeûars; ni Roize, ni son collègue, pensait-on, n'avaient écrit depuis leur départ, et leurs rapports ne parvinrent à Madrid que le 16, avec près de dix jours de retard!
On voit par la lettre de Belliard du 9 juin qu'il voulut, « s'il n'avait pas de nouvelles le lendemain, faire partir une colonne mobile sur la route d'Andujar pour savoir enfin ce qui se passait ^ ». Or, de colonne point, sans qu'il soit possible d'en connaître la raison ; on attend, on vit au jour le jour et Murât se borne à demander à l'empereur < s il ne trouverait pas convenable d'écrire au gouvernement suisse pour obtenir un décret qui ordonnât aux régiments suisses qui se trouvent en Espagne d'obéir aux ordres de Sa Majesté' ». Une telle bouffonnerie ne prête moins au rire qu'à la stupeur, car enfin quelle action le gouvernement suisse pouvaitil avoir sur eux, et comment ix)iivait-il leur ordonner de trahir leur serment? Et c'est ainsi qu'on se morfond pendant quinze Jours, en répétant à satiété une sorte de ritournelle : poiîit de nouvelles de M. le général Dupont! en récoltant d'absurdes rumeurs qui annonçaient par exemple que le corps de la Gironde était détruit, que le général était prisonnier, qu'on lui avait coupé la langue et les oreilles et qu'on les avait envoyées à Murât dans une