Belliard à Berttiier, 13 juin (Arch. Guerre
H8 GUERRE DESPAGNE
petite boîte! Finalement en expédiant officiers sur officiers, sauf à dire que personne ne revient.
Par surcroît, une grave maladie de Murât vint entraver la marche des affaires et l'expédition de Valence doubler les difficultés de la situation. Gomme l'Andalousie, Valence s'était soulevée, mais sans pouvoir opposer une résistance aussi sérieuse. Secondaire, l'opération méritait d'autant plus d'être ajournée que pour l'instant Madrid n'avait rien à redouter, mais le malheur voulut que Napoléon n'attendît point, pour l'ordonner, d'avoir des nouvelles de Dupont. On vivait au château de Marrac dans un perpétuel mirage. 11 y a si loin de Bayonne à Madrid que la situation s'y colorait de toutes les illusions, et qu'aux yeux de l'empereur Cadix et Valence n'exigeaient qu'une simple démonstration militaire. Bien d'autres que nous, sans avoir à leur disposition des documents plus autorisés, mais meilleurs analystes, reprendront les débuts de la guerre d'Espagne ; ils marcheront eux aussi de surprise en surprise, et la note dominante sera toujours l'illusion entretenue à Bayonne d'oii partent l'impulsion, les ordres, la critique hautaine et sans réplique.
L'expédition fut résolue le 28 mai. i<^ La nécessité défaire voir mes troupes et l'agitation de Valence me portent à ordonner que le maréchal Moncey se mette en mouvement pour prendre position à Cuenca. La division Chabran, du corps des Pyrénées orientales, prendra position entre Barcelone et Valence. Si Valence ne se soumet pas, le maréchal Moncey marchera avec sa division et combinera sa marcbe de manière à arriver à Valence avec la division Ghabran, c'est-à-dire avec 15.000 hommes. Pour témoigner de la confiance aux Espagnols et les employer, vous désignerez un général de brigade espagnol, homme dont vous soyez sûr, qui, avec 1.500 hommes
d'infanterie espagnole et 400 chevaux, fera partie du corps du maréchal Moncey'. » Or il ne s'agit plus des troupes suisses ; ici, l'empereur entend faire marcher les Espagnols les uns contre les autres « pour leur témoigner de la confiance et les employer. » Ils passèrent à l'insurrection et Duhesme prit sur lui de rappeler la division Chabran, « sentant qu'on allait allumer en Catalogne l'incendie qu'on voulait éteindre à Valence- » ; ainsi que Dupont réduit à ne faire aucun cas de sa brigade suisse et privé des renforts du Portugal, le maréchal Moncey se présenta devant Valence avec la seule division Musnier et une brigade de cavalerie : en tout 9.000 hommes! Il quitta Madrid le 4 juin, et presque aussitôt ses communications furent coupées. Par le peu qu'il en apprit, Napoléon jugea sa marche lente et ridicule, et le grand état-major fit chorus, disant qu'il fallait en finir ! On dut envoyer à son secours la division Frère, qui d'ailleurs ne le rejoignit que le 10 juillet, à San Clémente, dans sa retraite. Moncey s'était heurté, le 28 juin, à Valence et n'avait pu l'emporter; Murât n'était point parvenu à lui mettre le feu au ventre... Combien tout cela est triste !
Somme toute, en fait de troupes espagnoles, il n'y avait dans les royaumes de Valence et de Murcie que 9.000 hommes d'infanterie, 1.200 de cavalerie et 25 pièces de canon. Les places étaient démantelées, les caisses de la trésorerie absolument vides, et « Valence pourtant se moqua des menaces du grand-duc, brûla publiquement ses proclamations et se souleva. Elle envoya 3.000 soldats à Tortose pour contenir Chabran, puis, secondée par 16.000 volontaires sans discipline comme sans instruc-