Berthier à Belliard, 20 juin (Arch. Guerre
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à Madrid... Je soupçonne qu'il a eu des chagrins cachés. » Et en effet, depuis quelques jours, l'empereur ne cessait de manifester son mécontentement de la façon dont étaient menées les affaires d'Espagne. Il reprochait à Laforest « de flagorner Murât au lieu de l'éclairer, et de l'entraîner à faire des sottises ». Il accusait son beaufrère des retards que la Junte de Gouvernement mettait à demander un nouveau roi et n'entendait point qu'il songeât à ses propres intérêts. « L'Espagne désire le grandduc moins que tout autre : il n'y a pas une voix pour lui^. » Soupçonné de rêver la couronne et de se ménager des partisans, Murât avait répondu « qu'il ne se lasserait jamais de lui dire qu'il fallait nommer le nouveau roi ». « Et ne croyez pas que c'est pour moi que je parle. Mes instances sont indépendantes de tout intérêt particulier. Je ne me consolerai jamais que vous m'ayiez soupçonné d'avoir pu trahir votre confiance et travailler en Espagne pour moi^. » Nous ne savons que penser; la correspondance de Laforest ne laisse absolument rien percer de ces vues personnelles, il faudrait des preuves, et nous n'en avons point.
Quoi qu'il en soit, après une crise si pénible qu'il s'ouvrit à l'empereur sur la nécessité d'envoyer quelqu'un à Madrid ou d'adresser directement ses ordres à l'ambassadeur, Murât se trouva assez bien dans les premiers jours de juin pour le rassurer : « Le bruit de ma maladie n'a pas peu contribué à encourager les malveillants, car on répand partout que j'ai été empoisonné et que je vais mourir... Je serai bientôt en état de remonter à cheval et de reprendre mon autorité'^. » Une lettre interceptée de Madrid disait fort crûment en effet : « Murât est assez