‹ Guerre d'EspagneChapitre 74 sur 207 · Rapport médical de Larre>/. 7 juin i^Aich. Guerre · texte numérisé non relu

Rapport médical de Larre>/. 7 juin i^Aich. Guerre

2. 3. Laforest à Champagny, S, 11 jiiin(Afl'. étr., vol. 675, Espagne). 4. Beit/ûer à Belliard, H juin (Arch. Guerre).

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causé avec lui sur la situation militaire de l'Espagne l. » La mission était aussi peu précise que délicate ; mais comme évidemment elle chatouillait l'amour-propre d'un simple divisionnaire appelé, fût-ce en cachette, à donner des ordres à des maréchaux, Savary arriva le 15 juin à Madrid, convaincu qu'il devait du premier coup substituer son autorité à celle de Murât et parfaitement disposé à le faire. De là des froissements et des conflits qui embrouillèrent des affaires qu'il eût fallu, au contraire, faciliter.

Untrès bel appartement lui futdonné, mais il ne s'en contenta point. « Gomme il s'annonçait venant remplacer le lieutenant général du royaume et voulait parler aux yeux » , il s'installa dans le palais même de Murât et ordonna que le service marchât comme lorsque le grand-duc était présent. C'était inconvenant et cela étonna beaucoup. « 11 voulait qu'on lui présentât les grands, les ministres, les membres de la Junte. Tous se tinrent à l'écart. Il s'en aperçut et l'aigreur remplaça les préventions. Son humeur contre l'Espagne augmenta... Tout cela produisit un effet déplorable-. » M""" d'Abrantès, d'ailleurs, a dépeint d'un mot le faste de Savary : « Son échanson lui servait à boire à genoux! » Bref cet homme est grisé ; il se croit seul à la tête des affaires d'Espagne et froisse les sentiments de l'ambassadeur et du chef d'état-major. Au moins en ce qui concerne les maréchaux, dont sa fausse situation le met en demeure de diriger les opérations, il a peine à celer son orgueil et sa jalousie et se retranche derrière les ordres de l'empereur. « Assurément il ne devait pas être agréable à aucun maréchal de France d'avoir à obtempérer à ce que je prescrivais, mais peu importait alors aux affaires l'amour-propre offensé de ces

i. Xapoléon à Murttt, 13 juin.

2. Lafoi-est à Champuyny, 25 juin (AIT. étr., vol. 673, Espagne).

MaLadil: de mlrat. — arrivée de savary 127

messieiff's. Je le savais, je le voyais, et si un seul, quel (/H il fût, avait mécon/itt la déférenee qu'il me devait, f aurais su me servir de mon autorité pour len faire repentir,et rempoicur m'eût approuvée » Ainsi parlait le u gendarme à tout faire, l'homme qu'il fallait constamment corrompre ». C'était là un langage que rien dans la conduite des maréchaux ne l'autorisa à tenir et dans lequel on ne saurait voir qu'une indécente hravade.

Tandis que Murât gémit sur son lit de douleur, trois hommes, animés de sentiments absolument opposés, se confinent dans les droits que leur confèrent les charges dont ils sont investis. Belliard entend ne point se départir des instructions de Berthier et n'avoir affaire à Savary que lorsque Murât sera dans l'impuissance de lui donner ses ordres ; Laforest invoque son caractère d'ambassadeur et le rùle de « contrepoids » que Napoléon lui a assigné. Pour Savary, se substituant au grand-duc, il veut gouverner l'Espagne, commander l'armée, tout en se rendant compte « qu'il n'a ni pouvoirs, ni ordres, ni commission, mais le )not dr l'i-iiiiicrrnr. et c'est assez'. » Dès le lendemain de son arrivée, il commence à se plaindre : « Le prince est toujours soutirant et ne peut nullement s'occuper d'affaires; il désire beaucoup l'arrivée du roi, afin de s'en aller prendre les eaux. Vous auriez de la peine à le reconnaître : je me trouve chargé de sa besogne et éprouve déjà les petites contrariétés de la part des personnes dont les amours-propres sont choqués. Gela ne m'arrêtera pas, je vous en réponds, et le service de l'empereur marchera avant toutes les petites considérations particulières \ » Et le 19 : « Depuis que je suis ici, je n'ai lu aucun rapport, aucune dépêche ni de l'armée ni de vous. Si on me les communique, ce n'est qu'après avoir été à la campagne

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