Ensayo de Moiiifir^/o. loc. cit
2. Uist. de. la (///erra de Espana contra Nap. Buonapùrte, loc. cit., 174.
3. Situation de d'arsenal de la Curraque au IK janvier 1808. Alf. étr..] Archives consulaires.
CAUSES ET NÉCESSITÉS DE LA GUERRE il
l'impuissance de l'acquitter, un financier français, le sieur Ouvrard eut mission de se rendre à Madrid afin d'activer le règlement des arriérés. Il faut croire qu'il s'en acquitta à merveille : traitant en quelque sorte de puissance à puissance, il réalisa de si beaux bénéfices qu'à son retour Napoléon mit l'embargo sur sa fortune pour la modeste somme de 87 millions! « Vous avez prostitué la royauté î » et l'homme d'affaires de lui répondre cavalièrement que, si les souverains ont besoin de banquiers, la réciproque n'est point exacte.
En dépit de leur éloquence, les chiffres ont rarement
don de plaire : au moins montrent-ils ici l'effroyable
tresse de l'Espagne et la mortelle guerre de crédit que
Grande-Bretagne soutenait contre la France depuis
i|iiinze années. Les états de la trésorerie anglaise nous
l'apprennent en effet :
1" De 1793 à 1808, où elle fit cause commune avec l'Espagne, l'Angleterre dépensa 9 milliards pour l'entretien de son armée et de sa flotte. Dans l'intervalle, elle contracta des emprunts pour la somme de 7 milliards, à charge d'en rembourser 2 : autrement dit, elle emprunta 7 milliards à 36 0 0 d'intérêt'.
2° De 1808 à 1814, l'emprunt fat de 3 milliards, dont .] milliards 6<X) millions à rembourser, mais ici l'intérêt n'était plus que de 16 0/0-.
11 n'échappera dès lors à personne que le crédit de l'Angleterre s'accrut et que la guerre de la Péninsule, qui absorbait près de la moitié de l'armée française, en posant peu à peu la question de l'empire, y contribua dans une mesure incalculable. Les ports de Lisbonne, de Cadix, etc., s'ouvrirent à son commerce, et elle put librement trafiquer avec les colonies d'Amérique. Dans ces conditions, il est visible qu'au moins à partir de 1808