‹ Guerre d'EspagneChapitre 96 sur 207 · Dupont à Caslaiïos, 21 juin, 3 juillet (Arch. Guerre · texte numérisé non relu

Dupont à Caslaiïos, 21 juin, 3 juillet (Arch. Guerre

du ministre de la guerre G'Farrill et les miermes ont fait sur son esprit. M. Leremburg, payeur de la 1''^ division, se trouvant allié avec la famille de M. de Castanos, je l'ai choisi pour remplir cette mission. Il s'est rendu hier au quartier général ennemi, et il vient de revenir à l'instant. Il a vu M. de Castanos, sous prétexte d'affaires de famille : il lui a demandé un entretien particulier, mais ce général lui a refusé. Alors M. Leremburg a été obligé de lui parler en présence d'une tierce personne qui se trouvait avec lui et qui ne le quitte point : c'est M. le comte de Tilly, membre de la Junte de Séville, qui accompagne ce général comme ministre de la guerre et semble placé auprès de lui pour surveiller ses opérations et sa fidélité au parti de r insurrection. M. de Castanos, qui passe pour un esprit faible et indécis, même dans son armée, a néanmoins témoigné une opposition très prononcée à toute espèce de conciliation; il a prétendu qu'il avait une correspondance suivie avec les provinces de l'Espagne et avec Madrid, que les affaires de l'insurrection sont dans un état bien différent de celui qu'on lui exposait, qu'il avait 50.000 hommes à nous opposer. M. le comte de Tilly s'est répandu en propos violents, et il a montré une répugnance plus forte encore que celle du général contre une négociation pacifique.

« Quant à r observation que f avais faite à M. de Castanos, qu'il avait reconnu le nouvel ordre de choses dans une lettre écrite au grand-duc de Berg, il a répondu que c était au lieutenant du roi Charles IV qu'il avait promis ohéissance^ et qu'il ne reconnaissait pas V établissement de la nouvelle dynastie.

« La conversation s'est prolongée pendant quatre heures ; comme elle ne produisait rien de satisfaisant, M. Leremburg s'est retiré. »

Dès lors la parole était au canon, et si alarmante qu'elle

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lut déjà, la situation allait s'aggraver encore par suite de l'échec de Moncey. Non seulement le rêve s'évanouissait d'une diversion sur Grenade qui eût partagé les forces de Gastanos, jusqu'à la capitale parut menacée, et r ordre vint (le Baijofine d'y rallier la division Gobert !

Les mauvaises nouvelles de Valence arrivèrent àMadrid le 9 juillet. « Moncey s'est retiré sur Almanza; Frère s'est rabattu de Requena sur Albacete pour le joindre. J'étais loin de m'attendro à ce mouvement... Je fais surle-champ expédier à Dupont V ordre de ne point sortir de sa position d'Andujar ') moin^ (Ty être forcé ^ et à Gobert de rester dans la Manchi\ à moins que Dupont ne l'appelle à lui.. En dernière analyse, Dupont n'a rien de trop avec la division Gobert'. » « Ce matin, j'ai vu au ministère de la guerre espagnol l'état des troupes qui peuvent être opposées au maréchal Bessières et celles qui peuvent l'être au général Dupont. Il y a une différence du double contre Dupont-. »

Déjà avant d'avoir reçu ces lettres, l'empereur s'était élevé contre le départ de la division Gobert, et Berthier reprochait à Savary de s'être trop dégarni à Madrid. « Vous devez exécuter l'ordre de l'empereur avec la plus grande activité et faire rapprocher de la capitale les dernières colonnes dirigées sur le général Dupont. Reployez sur Madrid le général Gobert. » «Vous me recommandez, répond Savary, de ne point dégarnir Madrid et de ne point argumenter les dispositions que vous me faites connaître de la part de l'empereur. Si j'ai été obligé de le faire et si je le fais encore aujourd'hui, c'est parce que l'état des affaires actuelles est diamétralement opposé à celui dans lequel elles étaient lorsque je suis parti de Rayonne. Encore faut-il le temps aux troupes d'arriver

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