‹ Guerre de 1870, Bazeilles-SedanChapitre 14 sur 48 · LE ii2"*<^ CORPS D*ARMÉE EN · texte numérisé non relu

LE ii2"*<^ CORPS D*ARMÉE EN

mandement par la raison que, pendant la bataille, il n'était plus colonel, ayant été promu, le 30 août, au grade dégénérai de brigade. Mais aucun document officiel n'a donné la preuve qu'il avait été, ce jour-là, élevé à ce grade, et cette preuve existât-elle, qu'il n'aurait pu commander, comme général de brigade, dans la journée du l*"" Septembre, parce que, jusqu'à cette date, aucun ordre du jour du général Margueritte n'avait notifié aux troupes de. sa division, ni la promotion du colonel de Galliffet, ni sa désignation pour commander l'une des brigades de cette division. Aussi n'est-ce point au colonel de Gallifret, mais bien au colonel de Bauffremont que le général Ducrot fit porter, par un des officiers attachés à sa personne, l'ordre de faire charger la division Margueritte qui comprenait le h" régiment de hussards, le & de chasseurs, les l®' et S"" de chasseurs d'Afrique et deux escadrons du 4° de la même arme.

En recevant cet ordre, le colonel de Bauffremont ne s'arrêta pas plus que le général Ducrot ne s'était arrêté, devant cette considération que la division n'était point à la disposition de ce général, mais à celle du général en chef seul. Il prit sur-le-champ ses dispositions pour faire charger*

La division se trouvait, en ce moment, formée en colonne par régiments, c'est-à-dire que ces régiments étaient échelonnés et dans l'ordre suivant :

feATAlLLE DE SEDAN i27

i" régiment de chasseurs d'Afrique ; 3e

[er régiment de hussards;

6® — de chasseurs;

4^ — de chasseurs d'Afrique (2 escadrons).

Le colonel de Bauffremont, qui voulait que son régiment prît la tête de la charge et que les autres régiments le suivissent successivement, fit exécuter un mouvement préparatoire au 1°'" de hussards, afin de le disposer en avant du 1" de chasseurs d'Afrique et, dès que le mouvement eut été achevé, il conduisit son régiment à la charge. Les autres régiments chargèrent après celui-ci, l'un après l'autre. L'élan iHagnifique et l'intrépidité, avec lesquels ils se précipitèrent sur l'infanterie allemande, se brisèrent sous le fëu écrasant des bataillons et des batteries de l'ennemi.

Les escadrons français furent détruits, hommes et chevaux, avant d'avoir pu atteindre les premiers rangs de l'infanterie qu'ils devaient sabrer.

Quand on eut rallié les régiments près du calvaire d'iUy, on put reconnaître qu'ils avaient laissé sur le terrain un nombre considérable d'officiers et de cavaliers tués ou blessés.

Le l*"'" régiment de hussards, entre autres, ne comptait plus qu'environ loO hommes, officiers et soldats.

^i je suis entré dans les détails qu'on vient de lire, à propos de la mémorable charge de Sedan,

128 LE 1"2'"« CORPS d'armée en 1870

si j'ai cherché à signaler, en particuUer, le rôle que le colonel de Bauffremont y a joué et la part (ju'il y a prise, est-ce à dire que j'aie voulu amoindrir le renom de bravoure chevaleresque ([ue le colonel de Gallitfet s'est acquise en chargeant brillamment à la tête du 3" régiment de chasseurs d'Afrique? Assurément non; j'ai voulu seulement que le colonel de Bnufîremont ne fût point injustement dépouillé de l'honneur d'avoir commandé la charge dont il s'agit, estimant, d'ailleurs que la part d'honneur qui peut être légitimement attribuée au colonel de Gallifîet était assez glorieuse, et que la renommée qu il s'est acquise par ses services en Algérie, en Grimée et dans la guerre do 1870 était assez belle, puisqu'elle lui valut la haute situation qui lui a été faite dans l'armée.

Ge qui restera, dans l'histoire des charges brillantes de notre cavalerie sous Sedan, c'est l'héroïsme avec lequel elles furent exécutées ; ce sontles pertes que nous y avons essuyées. Comme résultat, cet immense sacrihce d'hommes, demandé aux régiments de la division Margueritte, ne pouvait sauver l'armée française: sa perte était absolument consommée quand tui tii appel au dévouement de ces régiments.

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