‹ Guerre de 1870, Bazeilles-SedanChapitre 18 sur 48 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

LA CAPTIVITE

Je ne dirai que peu de mots sur ma captivité et sur celle des officiers et des soldats de Tarmée française.

Après un internement de sept jours à Goblentz, l'autorité allemande m autorisa à me rendre, avec les officiers de mon état-major, à Aix-la-Chapelle. Le séjour de Coblentz m'avait été odieux, la population n'y parlant que la langue allemande, et la forteresse étant encombrée de troupes prussiennes qui ne faisaient qu'y passer pour rejoindre leur armée. A Aix-la-Chapelle l'existence me devint plus supportable, parce que le français y est généralement parlé et que bon nombre d'habitants se souviennent, et ils me le prouvèrent bien, qu'ils ont été Français. — J'y passai cependant par une dernière et cruelle épreuve; voici à quelle occasion :

Près d'un certain nombre de forteresses de l'Ai-

196 LE 1:2"''" COUPS d'armée en 1870

lemagne, l'état-major prussien avait inslallé nos soldats prisonniers, clans des oamps gardés par des postes allemands. Nos officiers avaient été simplement internés, dans les places fortes ou dans les villes qui leur avaient été assignées comme lieux de résidence. Les officiers allemands commandant dans ces places ou dans ces villes les y laissaient libres sur parole, et leur permettaient même de franchir, jusqu'il une certaine distance, l'enceinte de la forteresse ou de la ville ; mais seulement quand ils avaient, au préalable, consenti à prendre, par écrit et sur l'honneur, l'engagement de ne pas s'évader. Les officiers prisonniers étaient astreints à répondre chaque matin à un appel, fait par un officier prussien, qui constatait ainsi leur présence dans la localité; les généraux seuls étaient dispensés de cet appel.

Or, il arriva qu'un jour un de nos officiers, un capitaine de gendarmerie, qui était interné à Aixla-Chapelle, ne répondit pas à l'appel de son nom, et l'autorité allemande apprit ^bientôt qu'il s'était évadé. Elle décida sur-le-champ que, parmi ses camarades, il en serait désigné huit, par la voie du sort, pour être immédiatement dirigés sur la citadelle de l'une des forteresses do la Prusse orientale et pour y être incarcérés. Le capitaine Martin, du régiment des dragons de l'Impératrice, qui m'avait été attaché comme officier d'ordonnance

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