‹ Guerre de 1870, Bazeilles-SedanChapitre 19 sur 48 · LA CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

LA CAPTIVITÉ

depuis le 20 août précédent, fut un des huit malheureux auxquels le sort fut fatal. Par ses services et parles preuves de dévouement qu'il n'avait cessé de me prodiguer pendant la triste campagne que nous venions de faire ensemble, je l'avais pris en grande affection ; son éloignement me causa un très vif chagrin.

Durant mon séjour à Aix-la-Chapelle, des tentatives furent faites pour m'exciter à m'évader. J'y reçus un matin la visite d'une personne, se disant envoyée près de moi par M. Testelin, commissaire de la Défense nationale à Lille, pour mettre à ma disposition des moyens qui devaient m'assurer une évasion certaine. Cette personne avait, m'assurait-elle, mission de me dire que, si je consentais à me rendre à Lille, un commandement important m'y serait donné dans l'armée du Nord, qui était alors en formation.

— Je ne sais pas bien, répondis-je à l'envoyé de M. Testelin, quelle est l'étendue des pouvoirs du commissaire du gouvernement à Lille ; mais veuillez, dans tous les cas, lui faire savoir de ma part que je ne saurais manquer à la parole d'honneur qui m'engage vis-à-vis des chefs de l'armée prussienne. Toutefois, si le délégué du gouvernement de la Défense nationale peut me donner la preuve que des officiers allemands ont manqué, de leur côté, à un engagement d'honneur pris par eux vis-à-vis des chefs de l'armée française,

i08 LE 12""" CORPS d'armée en 1870

qu'il me fasse sommer alors de répondre à son appel; je me considérerai comme dégagé de ma parole, et je ferai, sans hésitation, ce qu'il me de mande par votre intermédiaire.

L'affaire en resta là.

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