‹ Guerre de 1870, Bazeilles-SedanChapitre 24 sur 48 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

fait peser sur le maréchal Lebœuf la responsabilité des désastres qu'amena le mode défectueux de mobilisation. Le mode de mobilisation qui fut appliqué en 1870 n'avait point été arrêté par le maréchal Lebo^uf, mais bien par le maréchal Niel. C'est ce que j'ai démontré dans le chapitre de Mes souvenirs, consacré à l'administration du maréchal Niel.

Si le maréchal Lebœuf a commis une erreur, ou même une faute, pendant la durée de son ministère, quand il a succédé au maréchal Niel, c'a été de porter si loin le respect qu'il avait pour tout ce qui avait été fait et arrêté par son prédécesseur, qu'il n'a jamais voulu y rien changer. C'est ainsi qu'il a pris au maréchal Niel le mode de mobilisation que celui-ci avait imaginé, tandis qu'avant de l'adopter lui-même, il eût agi prudemment en le soumettant à un examen sérieux.

Un principe de guerre que l'armée française n'aurait jamais dû oublier depuis Waterloo, et que plusieurs de ses chefs ont absolument perdu de vue pendant la dernière guerre, c'est qu'à moins de circonstances impérieuses, il faut que les généraux commandants se prêtent toujours un mutuel appui, et que lorsqu'il arrive que l'un d'eux est aux prises avec l'ennemi, ceux qui sont le plus rapprochés de lui doivent se porter résolument à son secours et lui donner leur concours.

Un mal capital qui existe depuis longtemps dans

216 LE l'a'"* CORPS d'armée en 1870

l'armée française, et qui dans nos dernières guerres y a eu souvent pour conséquence de compromettre le succès de nos opérations et parfois de les faire échouer complètement, c'est la déplorable habitude que nos officiers de tous grades ont contractée de ne pas exécuter rigoureusement les ordres qui leur sont donnés par ceux qui les commandent. L'officier trouve toujours un motif plausible pour ne pas se conformer aux instructions les plus précises qu'il a reçues de ses chefs. Etquand ceux-ci s'aperçoivent qu'ils n'ont pas été obéis, au lieu de sévir comme ils le devraient faire, ils se contentent presque toujours d'en gémir, ou bien ils ferment les yeux, feignant de n'en avoir rien su. Ils encouragent ainsi, comme à plaisir, ceux qui ont manqué à leur devoir à commettre plus tard la même faute.

En 1870, les ordres donnés parle grand quartier général de l'armée du Rhin pour les mouvements qu'une division d'infanterie du 3^ corps d'armée et les troupes du b" corps devaient opérer le 5 août, auraient peut-être assuré le succès au maréchal de Mac-Mahon dans la journée du 0 à ReischofTen si ces ordres avaient été plus rapidement exécutés. J'en juge ici d'après ce qui m'a été rapporté.

Le IG août, à Rezonville, le maréchal Bazaine, attaqué par les Prussiens, se serait trouvé dans des conditions bien plus favorables, si, ses ordres ayant été exécutés au 4" corps, il avait pu opposer

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