ÉPILOGUE
à l'ennemi, dès le premier moment de la bataille, non seulement les 2°, 3*^ et 6® corps de son armée et la garde impériale, mais aussi le 4° corps. De môme, dans la journée du 15 août et dans la nuit du 15 au 16, le 2« corps d'armée, contrairement à des ordres du général en chef, avait négligé de se garder avec soin, sur sa gauche, le côté par lequel les Prussiens pouvaient se porter sur lui. Dans le même temps, la division de notre cavalerie qui était près deRezonville, au mépris des ordres qui lui avaient été donnés, n'avait point du tout éclairé l'armée dans la direction d'où devait venir et d'où vint en effet, dans la matinée du 16, une attaque sérieuse des Prussiens. Il était résulté de là que l'ennemi avait surpris cette division et y avait jeté la panique, alors que, nonobstant l'ordre qui avait été prescrit à son général de tenir ses chevaux sellés, ceux-ci étaient dessellés, a-t-on dit, en partie.
Combien de cas pareils, d'ordres donnés et non exécutés, je pourrais citer, si je voulais aller les chercher, dans nos guerres passées, en Algérie, en Crimée, en Italie !
Je prie ici nos ministres de la guerre et mes camarades, les commandants de corps d'armée actuels, do me permettre d'appeler leur attention sur les considérations qui précèdent. Ils rendront à coup sûr un grand service à notre armée, s'ils veulent bien s'appliquer, pendant la paix, à exiger
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sévèrement que leurs ordres soient toujours exécutés. C'est le seul moyen qu'ils aient à leur disposition pour habituer nos officiers à exécuter les ordres qu'ils leur donneront pendant la guerre. Au besoin, il faut qu'ils fassent des exemples, en frappant de mesures rigoureuses les officiers du grade le plus élevé placés sous leurs ordres.
Qu'on lise les instructions adressées à ses généraux par le grand P'rédéric, on verra avec quelle rigueur et quelle promptitude il voulait qu'on réprimât, dans ses armées en campagne, les crimes de lâcheté, les refus d'obéissance et autres délits commis par ses soldats. Aujourd'hui, s'il est une nécessité qui s'impose à nous, par suite des exigences de la guerre moderne, qui ne peut plus se faire qu'avec des armées nombreuses et composées déjeunes soldats, c'est d'appliquer les principes mis en pratique par le grand capitaine.
Or, s'il est vrai que, dans notre armée, l'administration de la justice fonctionne régulièrement en temps de paix et donne des résultats satisfaisants, il est incontestable qu'elle s'y exerce fort mal en temps de guerre.
Dans les guerres auxquelles j'ai pris part, j'ai toujours vu que, après notre entrée en campagne, il s'écoulait un temps considérable avant que les conseils de guerre pussent être organisés. Pendant ce temps, les crimes et délits militaires demeuraient impunis, alors cpi'il était pourtant si iiéces-