‹ Guerre de 1870, Bazeilles-SedanChapitre 26 sur 48 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

saire de faire des exemples qui eussent pu contenir dans le devoir ceux qui pouvaient être disposés à y manquer. Un grave inconvénient des conseils de guerre, c'est l'instruction souvent très longue à laquelle ils obligent, ce qui fait que le moment de la répression n'arrive que longtemps après que le crime ou le délit a été commis. A la guerre, il faut absolument que le châtiment suive immédiatement l'attentat perpétré. G'est ainsi qu'il en aurait dû être, au camp de Châlons, en 1870, quand des soldats de la garde mobile s'y sont rendus coupables d'actes d'indiscipline et de sédition. C'est ainsi encore qu'un peu plus tard, pendant que l'armée de Châlons se trouvait sur la Suippe, il aurait fallu réprimer les tentatives de maraude auxquelles se sont livrés des soldats du l^" corps d'armée. Je ne vois qu'un seul remède auquel on puisse recourir, pour obvier à cette insuffisance des conseils de guerre en campagne, ce serait qu'on décrétât à l'avance qu'aussitôt après une déclaration de guerre, ce ne seront plus les conseils de guerre, mais bien des cours martiales qui seront chargées de la répression des crimes et délits commis aux armées en campagne.

Le perfectionnement des armes à feu a progressé sans cesse, depuis une quarantaine d'années ; la science est parvenue à donner à ces armes une puissance prodigieuse, d'où est résultée une revu-

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liition complète dans la tactique des armées. Le fusil et le canon sont devenus aujourd'hui des engins de guerre qui portent, avec une précision mathématique, à des distances si énormes, que, sur un champ de hataille, il n'est plus possible que des troupes se précipitent, tête baissée, sur celles qu'elles ont à combattre pour les aborder à l'arme blanche, comme elles pouvaient le faire autrefois. L'arme à feu perfectionnée a enlevé au soldat, dans la guerre moderne, ce qui constituait jadis sa plus grande valeur, c'est-à-dire son courage individuel, son élan guerrier, ce qu'on appelait, en l'appliquant à l'armée française, cette furia francese, que cette armée savait si bien utiliser à la pointe de ses baïonnettes.

Les armées s'entre-détruisent à présent à distance, sans presque se voir, ou même ne se voyant pas du tout, grâce aux nouvelles machines de guerre dont elles sont pourvues.

Indépendamment de cette révolution, il s'en est produit une autre qui a modifié entièrement l'organisation des armées.

Partout, en Europe, on s'est persuadé que pour assurer la défense des États, il ne faut plus compter sur le génie de grands capitaines qui commanderaient les armées, parce que ces capitaines sont trop rares et qu'il n'est pas possible d'espérer qu'on les aura toujours à sa disposition quand on aura besoin d'eux. Et, de fait, il est certain que.

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