‹ Guerre de 1870, Bazeilles-SedanChapitre 27 sur 48 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

dans ces derniers siècles, on en a vu apparaître quelques-uns seulement, le grand Frédéric en Prusse, l'archiduc Charles en Autriche, Turenne, Condé, Napoléon 1°'' en France. On a substitué aujourd'hui au génie du grand capitaine le grand nombre de fusils et de canons qu'on peut toujours se donner, et par suite le grand nombre de soldats à qui on peut apprendre à s'en servir. On s'est dit que le succès à la guerre serait, dans l'avenir, presque infailliblement assuré à l'armée qui pourrait réunir, sur le champ de bataille, un nombre de canons, de fusils et d'hommes supérieur à celui que pourrait y amener l'armée de l'adversaire.

C'est pour ces deux raisons : perfectionnement des armes à feu de guerre et nécessité d'avoir des armées nombreuses, que les nations se ruinent, à l'envi l'une de l'autre, pour que leurs armées présentent le plus d'armes à feu, le plus de soldats possible.

Et de là vient qu'en ce moment, en France, comme partout ailleurs, chez les puissances qui l'avoisinent, l'idée qui domine, dans l'esprit de ceux qui s'occupent de la question de la défense des États, c'est que tous les hommes aptes au métier des armes doivent être soldats ; qu'on proclame la nécessité du service militaire obligatoire et la réduction de ce service à une durée de trois années seulement, parce qu'où estime que cette durée

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est suffisante pour donner au soldat l'instruetion professionnelle qui lui est nécessaire, et pour qu'on lui apprenne à se servir convenablement de l'arme qu'on met entre ses mains.

On peut reconnaître sans doute qu'à la rigueur, ceux qui en jugent ainsi pourraient avoir raison, si le soldat instruit devait s'entendre uniquement de celui qui sait marcher militairement, manier son fusil régulièrement, et le tirer, même d'après les bons principes, devant une cible, s'il ne s'agissait, en un mot, que de l'instruction technique du soldat. Et encore ne fais-je ici allusion qu'à l'instruction technique du fantassin, car je me garderais bien d'en dire autant de celle du soldat de la cavalerie, de l'artillerie et du génie, qui exige une durée d'enseignement beaucoup plus longue que celle du fantassin.

Mais l'instruction professionnelle technique, et telle que je viens delà définir, suffira-t-elle jamais, pour qu'après l'avoir acquise le jeune soldat soit vraiment un vrai soldat, dans l'acception vraie de ce nom? Assurément non.

Dans cette question, si palpitante d'intérêt, du mode de recrutement qu'il conviendrait d'adopter pour assurer la bonne composition de l'armée française, il est à remarquer qu'on parle beaucoup du temps qu'il faut pour faire l'instruction technique du jeune soldat, mais on ne parle guère de l'éducation militaire qui lui est plus indispen-

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