ÉPILOGUE
avec réduction de ce service à trois années, la France aura toujours, et quoi qu'elle puisse faire, son armée inférieure, quant au nombre de ses soldats, aux armées de plusieurs puissances voisines ; il y aurait peut-être eu pour elle un moyen de rendre son armée encore fort respectable à l'extérieur. Elle n'avait pour cela, qu'à mettre tousses efforts à obtenir, par une qualité meilleure de ses soldats, ce que leur quantité ne pouvait leur donner. Mais alors, il eût fallu que, pour le recrutement de l'armée, on en revînt à la loi de 183!2 qui consacrait la durée du service militaire de sept années, les rengagements avec primes et les remplacements, qui permettaient de conserver les anciens soldats sous les drapeaux. Il eût fallu tout au moins une loi exigeant le service militaire pour six années, en prolongeant d'une ou deux années la durée du service actif pour les soldats réservistes. Avec cette loi, l'armée française aurait pu être constituée solidement, plus solidement qu'aucune des armées étrangères. Qu'on se rappelle à ce sujet ce qu'ont été en 1870, sous les murs de Metz, nos vieux soldats de Grimée et d'Italie. La loi dont je parle n'aurait point excédé, je pense, les ressources linancières du pays, ni porté préjudice au recrutement des carrières libérales, aux besoins de l'agriculture, du commerce et de l'industrie. Mais sur cette question du recrutement de l'armée, la discussion paraît être close aujourd'hui •
LE l'a""' cours d'aumée en 1M"0
ce n'est que platoniquement que je l'ai traitée sommairement dans les lignes précédentes.
Je me résignerai donc, puisqu'il le faut, à admettre que le service militaire sera réduit à une durée de trois années ; mais je n'admettrai jamais que la loi qui consacrerait cette durée puisse être mise en application avant que le nombre des sous officiers rengagés ait atteint la moitié au moins de celui dont l'armée aurait besoin en temps de guerre. Et encore ne voudrais-je pas qu'on comprît dans le nombre les sous-ofticiers rengagés qui figurent dans le petit état-major des régiments, et qui ne sont point dessous-officiers de rang, des combattants. Sans cette réserve que je mets à l'application de la lui dont il s'agit, l'armée française, qui serait forte par le noiii])re de ses jeunes soldats, ne serait plus qu'un grand corps sans àme, n'ayant plus l'encadrement qui seul fait la cohésion et constitue la valeur réelle des armées.
Presque aussitôt après la guerre de 1870, l'armée française a marché à grands pas dans la voie du })rogrès. Elle a été organisée en corps d'armée ayant, en temps de paix, les états-majors, le personnel administratif et le matériel (ju'ils auraient en temps de guerre.
Chacun de ces corps d'armée a été pourvu de grands magasins contenant les approvisionnements, en effets et en matériel de tout genre, dont il aurait besoin, en cas de déclaration de guerre.