PREMIÈRES ÉTAPES DANS LA DIRECTION DE MONTMÉDY
Nous n'insisterons pas sur les premières étapes qui ne présentent rien de plus saillant que les incidents ordinaires d'une route.
Le 23 août, au matin, les 6^ et 12^ corps quittant Reims se portèrent à Hétrégi ville, sur la Suippe, en passant par Caurel-lès-Lavalles. Quartier général à Hétrégiville ; campement des réserves d'artillerie à Saint-Masmes.
Le 24, d'Hétrégiville à Rethel par Isle-sur-Suippe et Tagnon. Quartier général à Rethel : le 12^ corps campa, avant d'entrer à Rethel, sur la gauche de la route , au-dessus du village de Romance,
Le 25, séjour à Rethol : les deux seules batteries à cheval qui existassent dans les 6* et 12^ corps sont enlevées à la réserve d'artillerie du 6^ ; la l""^ batterie du 19^ est attachée à la cavalerie du général Lichtlin ; la 2® batterie du même régiment à celle du général Margueritte. Le parc du 6® corps qui avait toujours suivi à une étape environ de distance, et qui campait le 25 à Tagnon, à 10 kilomètres de Rethel, reçoit l'ordre de se diriger sur Poix.
Le 26, de Rethel à Tourteron, par Amagne et Ecordal. Nous devons mentionner de nouveau, pendant cette étape, l'encombrement d'une route étroite, sur laquelle se trouvaient tout un corps d'armée et la cavalerie ainsi que les bagages d'un autre. Par suite de haltes interminables, sous une pluie torrentielle, les réserves d'artillerie n'arrivèrent à leur campement qu'à deux heures du matin. Elles campèrent sur les côtés de la route avant de descendre à Tourteron.
îiiyii. ANNEXES ET ÉCLAIRCISSEMENTS
ARRIVÉE AU CHÊNE : ON APPROCHE DE l'eNNEMI.
Le 27, les 12^ et G® corps devaient se rendre à Châtillon par Lametz et le Chêne; mais à peine la tète de colonne fut-elle arrivée à 2 kilomètres au-delà du Chêne qu'elle fut arrêtée et reçut l'ordre de bivouaquer sur les côtés de la route. Dès ce moment, le dernier soldat pressentit le voisinage de l'ennemi. En effet, dans la journée, on apprit qu'un engagement avait eu lieu à Buzancy (5^ corps). Des blessés avaient été rapportés au Chêne : en outre les cavaliers- du général Margueritte avaient rencontré les éclaireurs prussiens.
Il devenait évident que l'ennemi nous fermait le chemin de Montmédy; on entendait dire qu'il s'était emparé des ponts de la Meuse à Dun et à Stenay. Il fallait donc, à moins d'essayer de lui passer sur le corps, chercher à traverser la Meuse en un autre point. On opta pour ce dernier parti. Le pont de la Meuse immédiatement en aval de celui de Stenay est le pont de Mouzon. C'est vers ce point que fut dirigé le 12« corps.
Le 28 août, au matin, la portion du 12^ corps qui avait dépassé le Chêne rebroussa chemin, et suivie du corps entier, s'engagea sur la route de Beaumont. On traversa les Grandes-Armoises, où l'on apprit que l'ennemi s'était montré à Oches , à quelques kilomètres sur la droite. Arrivé à hauteur du bourg de la Besace, on fit halte, et les troupes reçurent l'ordre de camper. Pendant la journée on entendit à plusieurs reprises le canon dans la mêq[ie direction que la veille,