‹ Guerre de 1870: Campagne de la MoselleChapitre 17 sur 29 · LE !«' SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

LE !«' SEPTEMBRE

Le lendemain du 34 août, à peine la division Bataille s'est-elle mise en ligne, qu'elle apprend, par ses reconnaissances, qu'on a entendu toute la nuit des masses considérables d'artillerie ennemie passer sur sa droite. Le 48® chasseurs à pied, qui occupe cette droite à Flanville, reçoit immédiatement l'ordre de rejoindre sa brigade et est remplacé dans ce vilrlage par un bataillon du 68® de ligne. A peine ces dispositions nouvelles sont-elles prises,

que la division essuie un feu nourri venant du côté de Retonfey.

D'après les positions occupées la veille, on eût pu croire que c'était une batterie fi*ançaise qui tirait, mais Fillusion fut de courte durée, car bientôt les projectiles tombèrent en masse dans les lignes françaises.

En l'absence d*ordre de qui que ce fût, le général Bastoul fit opérer un léger mouvement de i*etraite à toute sa division, après cependant avoir éteint le feu de l'ennemi, et vint se ranger en bataille devant l'auberge de Flanville, perpendiculairement à la route : sa l'*" brigade à gauche, se reliant avec les troupes du 3"® corps de Noisseville; sa 2"* brigade à droite, donnant la main à la division Lapasset et occupant l'extrême droite du côté de Colombey.

Il fit en même temps prévenir le 81® de ligne, lequel, tenait toujours à Flanville et à Coincy, où il avait en quelque sorte été oublié, qu'il se retirait, mais qu'il le faisait soutenir par le 42* chasseurs à pied.

L'artillerie se rangea en batterie en avant de l'auberge de Flanville, la 9® batterie du 8® régiment dirigeant son feu sur les batteries prussiennes logées en avant de Retonfey.

Cette batterie lutta longtemps avec succès, mais de nouvelles pièces prussiennes étant venues s'établir sur notre droite, elle dut se replier.

A ce moment, la brigade était attaquée à la fois sur le front et sur le flanc gauche, avec de fortes craintes pour son flanc droit.

Voyant le 3"*® corps revenir en arrière, la division Bataille battit elle-même en retraite, par échelons, sous un feu violent. A peine avait-elle fait cinq ou six cents pas en arrière, qu'un officier d'ordonnance du maréchal Lebœuf accourait intimer Tordre à la division de ne pas battre en retraite, mais bien de soutenir à droite les troupes du 3"*® corps. '

A ce moment, il se passa un fait inouï dans les annales de la guerre : une partie des régiments du 2™® corps reçurent successivement des ordres du général Frossard et du maréchal Lebœuf, et, comme ces ordres se contredisaient, ils ne surent plus à qui obéir.

Enfin un ordre écrit, impératif, fit connaître au général Bastoul qu'il se trouvait sous les ordres directs du maréchal Lebœuf, — ce qu'il avait ignoré jusqu'à cette heure, — et lui enjoignit de tenir la position qu'il avait occupée précédemment.

Le général Bastoul se porta en avant sous une

pluie de projectiles^ l'éoccupa Flanville et attendit de nouveaux événements.

A peine était-il réinstallé dans le village, qu*un officier d*état-major du 3"® corps revenait au triple galop et lui ordonnait de se porter en aiTière.

Le général Bastoul, au milieu de cette confusion, refusa net et resta dans Flanville, où sa position devenait de plus en plus critique.

Il envoya pendant ce temps le colonel Loysel, chef d'état-major, auprès du maréchal Lebœuf, pour réclamer un ordre écrit qui lui confiimât ses instructions.

Le mouvement en arrière ne s'exécuta qu'après celui de la division Montaudon.

La division Bastoul battit en retraite par échelons, vint se mettre en ligne sur le plateau de la ferme de Bellecroix que défendaient quarante pièces de canon, et y resta jusqu'à deux heures et demie.

A cet 'instant, et au moment où le commandant du 3™* corps informait le général Bastoul qu'il n'avait plus qu'à rentrer sous Metz, un nouvel ordre de Frossard lui ordonnait de reprendre ses positions de bataille.

Il fallut encore un échange d'ordonnances, et, à trois heures seulement, après qu'on eut éclairci cette

incroyable confiision, la division rentrait sous les

forts, par bataillons déployés et en colonnes, et s'en

allait reprendre les campements du 30 août.

{Blocus et capitulation de Metz,)

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