‹ Guerre de 1870: Campagne de la MoselleChapitre 6 sur 29 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Inaction de l'armée. — La vie dans les camps. — La soirée du 9 septembre. — Nouvelles du désastre de Sedan. — Expéditions de Lauvallier et de Vany.

Le 2 septembre, Tarmée avait repris ses positions : les 2""* et 3"® corps sur la rive droite de la Moselle, les autres corps d'armée sur la rive gauche. Il fut dès lors tacitement convenu qu'on attendrait sans bouger le résultat des événements extérieurs.

Dès lors nos régiments commencèrent à s'installer plus commodément dans leurs campements ; bientôt, grâce au génie industrieux du soldat français, on vil s'élever de toutes parts des gourbis, espèces de huttes formées de frondaisons habilement entrelacées, des baraques faites avec des planches maraudées çà et là, voire des maisons en pierres, construites sans ciment, k la façon des murs cyclopéens.

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Au camp de Bellétange, les officiers du 3™® bataillon du 51* de ligne avaient même élevé de véritables constructions avec cheminées, toitures en zinc ou en tuiles, dont Fintérieur était orné de charmants modelages eu terre dus à quelque artiste du régiment.

Sur la route de Plappeville, le campement des zouaves et des turcos se distinguait aussi par son originalité. Autour des tentes, élevées sur un petit mamelon de terre battue, circulait une rigole aboutissant à un ravin principal et servant d'écoulement aux eaux pluviales, qui chassaient si souvent nos pauvres soldats de leur abri. De nombreux gourbis servaient de refuge aux hommes durant le jour, soit contre la pluie, soit contre le soleil.

C'est là qu'on devisait des choses de guerre, comparant les exploits de Crimée ou d'Italie à ceux de Bazaine ; et souvent, dans son langage énergiquement imagé, le troupier, qui sait mal farder la vérité, lançait à l'adresse du général en chef quelque mordante épithète qui l'eût fait réfléchir peut-être, s'il eût quitté sa confortable résidence pour rôder parfois autour des tentes. Le sujet de presque toutes ces convei'sations était l'inaction forcée où vivait l'armée, s'énervant dans l'attente d'un secours qui n'arrivait jamais.

Le soldat qui s'ennuie est bientôt un être malfai-

sant, les jolies maisons de campagne des environs de Metz devenaient la proie des maraudeurs, qui abondent dans les armées inactives; bientôt même les déprédations furent si nombreuses que Ton dut publier contre eux un ordre du jour spécial. Il est inutile de dire que cet ordre resta lettre morte pour les soldats, et que le pillage continua comme devant.

Le 4 septembre commença dans Tarmée la distribution régulière de la viande de cheval dont la ration quotidienne était fixée à 380 grammes par homme. Le sel commençant à faire défaut, on permit aux soldats de prendre de Teau d'une source salée, située à Bellecroix, pour faire la soupe et le pain. Cependant cette ressource étant tout à fait insuffisante, le docteur Herpin, chimiste distingué, proposa de retirer des résidus des fosses à tan des quantités considérables de sel ; il montrait le résultat de ces expériences et promettait d'en livrer le produit à vingt centimes la liyre. Ses offres furent déclinées, pour ne pas léser, dit-on^ des intérêts privés et les troupes manquèrent bientôt absolument d'un condiment si utile.

Depuis le commencement du blocus on avait, mais en vain, essayé de communiquer avec le dehors. Des individus avaient offert de porter des lettres ou des listes de noms, mais les uns étaient revenus sans avoir

pu passer, d'autres ne revinrent pas. Élaient-ce des espions, furent-ils arrêtés, on ne le sut jamais. Nous étions sans nouvelles, lorsque des rumeurs étranges commencèrent à circuler en ville émanant, disait-on, du quartier général.

Le 7, on reçut enfin des nouvelles de Paris par des extraits des journaux prussiens trouvés sur des prisonniers qu'on avait faits dans quelques petits engagements des avant-postes. Ces journaux annonçaient qu un comité de dix membres, pris dans la Chambre, organisait la défense nationale, de concert avec M. Cousin-Montauban, ministre de la guerre.

Le général Trochu se trouvait à la tête de ce comité et Ton citait parmi les membres qui en faisaient partie MM. Thiers et Estancelin. Ces journaux ajoutaient que Paris était calme.

Le lendemain, les nouvelles les plus contradictoires circulaient dans Metz. Les uns annonçaient une grande victoire de Mac-Mahon, les autres une horrible défaite. La population était dans un tel état de surexcitation que les journaux crurent devoir l'inviter à attendre des informations officielles. On rappela dans cette circonstance la douloureuse sensation produite quelques jours auparavant par le démenti officiel de succès colossaux, colportés dans tous les

cafés par un chasseur d'Afrique, qui fut condamné pour ce fait à deux mois de prison.

Ce même jour, 600 prisonniers de toute arme faits à Sedan et échangés contre ceux que nous avions rendus quelques jours auparavant, vinrent malheureusement confirmer le désastre de Tarmée de Mac- Mahon. La confiance des Messins dans Tarmée envoyée à notre secours était telle qu'on n*y voulut point croire. Ces prisonniers étaient, disait-on, des traînards, surpris à Tarrière-garde et qui avaient probablement si peu combattu qu'il leur était impossible de donner des renseignements sur le lieu et l'issue de la bataille qui ne fussent contradictoires.

Cependant on était plein d'anxiété, car depuis le commencement du siège bien des nouvelles avaient été apportées et les mauvaises seules se confirmaient.

Le 9 septembre, il n'avait cessé de pleuvoir depuis trois jours, le Ban-Saint-Martin, avait été inondé et nos hommes grelottaient sous leurs petites tentes. Les habitants plongés dans une douloureuse torpeur étaient rentrés chez eux, à peine si quelques retardataires restaient encore dans les rues lorsque l'horloge de la cathédrale sonna 7 heures.

Quelques instants après retentit tout à coup une

épouvantable canonnade. Chacun se lève, on s'interroge. D'où viennent les détonations? Du fort Saint-Julien, disent les uns, du fort Queuleu, disent les autres, à moins que ce ne soit du fort Saint- Quentin.

On ouvre les fenêtres, et sous la pluie qui fouette les visages, à travers la nuit obscure, on interroge le ciel ; bientôt, plus de doute ; c'est du fort Saint- Quentin et de celui de Plappeville que partent les coups auxquels répondent dans le lointain les canons ennemis.

Nous nous précipitons dans la rue, et suivons la foule effarée, qui se dirige vers les rejnparts de TEsplanade. On croit à une surprise, à l'ouverture d'une tranchée devant les forts. Arrivés près de la Moselle, nous distinguons des lueurs intermittentes, suivies de formidables détonations des pièces de 24, bien faciles k reconnaître. Au loin, le bruit de la canonnade prussienne et des obus français qui éclatent. Enfin, après deux heures de cet infernal tintamarre, tout se tait, tout rentre dans l'ombre et le silence, sans que personne ait eu l'explication de cette étrange alerte. On ne sut que plus tard à quoi s'en tenir.

A quelque distance de Metz, campait une forte

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colonne de malheureux prisonniers de Sedan, auxquels les Prussiens, grands amateurs de fantasmagorie, avaient voulu faire croire à un bombardement régulier de la place.

Leur furieuse canonnade nous avait, au reste, fait éprouver fort peu de dommages. Quelques obus égarés étaient tombés dans le camp de Montigny et dans le village de ce nom, et ils avaient blessé une douzaine d'hommes en pénétrant dans les ateliers du chemin de fer où campaient deux régiments. Ces projectiles avaient, en outre, défoncé quelques toitures, mais sans blesser personne. D'autres étaient tombés dans le cimetière de Scy (1) et entre ce village et Moulins où deux hommes avaient été légèrement atteints.

Le 44 septembre seulement, furent confirmées la nouvelle de la capitulation de Sedan et de l'installation à Paris d'un nouveau gouvernement. Les journaux prussiens qui arrivaient à Metz comme par enchantement, publiaient les nouvelles suivantes, qui coururent bientôt la ville :

« A la suite des événements de Sedan, la déchéance

(i) Scy est un petit village ravissamment situé à mi-côte du fort Saint-Quentin, domine un coteau couvert de vignobles dont les produits ont une réputation justement méritée.

de Tempire aurait été proclamée le 5 septembre.

« Le général Trochu était à la tôle du gouvernement provisoire, Jules Favre aux affaires étrangères ; Le Flô à la guerre ; Gambetta à Tintérieur et Kératry ^ la police.

« Napoléon III, fait prisonnier, aurait été conduit à Wilhelmshœhe, dans la Hesse-Cassel. »

Le 13 au malin, cette proclamation était affichée dans toutes les rues de la ville :

<( Habitants de Metz,

(( On a lu dans un journal allemand, la Gazette de la Croix, les nouvelles les plus tristes sur le sort d'une armée française écrasée par le nombre de ses adversaires, sous les nmrs de Sedan, après trois jours d'une lutte inégale. Ce journal annonce également rétablissement d'un nouveau gouvernement par les représentants du pays.

« Nous n'avons pas d'autres renseignements sur ces événements, mais nous ne pouvons non plus les démentir.

« Dans des circonstances aussi graves, notre unique pensée doit être pour la France ; notre devoir k tous, simples citoyens ou fonctionnaires, est de rester à

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notre poste, et de concourir ensemble à la défense de la ville de Metz. En ce moment solennel, la France, la patrie , ce nom qui résume tous nos sentiments, toutes nos affections, est à Metz, dans cette cité qui a tant de fois résisté aux efforts des ennemis du pays.

« Votre patriotisme, ce dévouement dont vous donnez déjà tant de preuves par votre empressement à recueillir et à soigner les blessés de Tarmée, ne peuvent faire défaut. Vous saurez vous faire honorer et respecter de vos ennemis par votre résistance; vous avez d'ailleurs d'illustres souvenirs qui vous soutiendront dans celte lutte énergique.

« L'armée qui est sous nos murs, et qui a déjà fait connaître sa valeur et son héroïsme dans les combats de Borny, de Gravelotle, de Servigny, ne nous quittera pas; elle résistera avec nous aux ennemis qui nous entourent, et cette résistance donnera au gouvernement le temps de créer les moyens de sauver la France, de sauver notre patrie.

« Metz, 13 septembre 1870.

« L. COFFINIÉRES,

« général de division, commandant supérieur « de la place de Metz.

« Paul Odent, « Félix Maréchal,

« préfet de la Moselle. « maire de Metz. »

A partir du lendemain de ce jour seulement, on songea ^ se rendre un compte à peu près exact de ce que la place renfermait de vivres pour les hommes et pour les chevaux. On ordonna des réquisitions de fourrage et Ton mêla de la minette et du seigle à Tavoine des chevaux.

Le 14 septembre, le conseil municipal de Metz était convoqué afin de s^occuper, pour la première fois, de la question alimentaire, et le lendemain paraissait un arrêté du commandant supérieur de la place ordonnant un recensement des blés et farines existant à Metz, et réglant le prix de ces denrées en même temps que celui de la viande de cheval.

En effet, dès le lendemain, la ration de pain des soldats est réduite à SOO grammes, avec 400 grammes de viande de cheval et un quart de vin. Le pain doit, en outre, être mélangé d'une certaine quantité de son.

Ce fut le 16 qu'on reçut, d'une façon certaine, des nouvelles de la révolution qui venait d'avoir lieu à Paris (1). Un brigadier du train du génie, prisonnier

(i) Le ii septembre, le commandant Samuel, attaché à Tétatmajor da maréchal, avait été envoyé en parlementaire auprès du général Manteaffel. U en rapporta la nouvelle certaine de la capti-

à Ars-sur-Moselle, parvint à s'échapper et apporta à Metz dans ses bottes un numéro du Volontaire daté du 10 et un numéro du Moniteur daté du 7. Ce dernier donnait de précieux détails sur l'organisation du gouvernement de la défense nationale.

Tous les journaux de Metz reproduisirent les articles des deux feuilles parisiennes, ainsi qu'une partie des articles publiés dans un numéro du Figaro, qui arriva peu de jours après. '

Seulement la censure du général Coffinières eut le soin de retirer de ces extraits tout ce qui était défavorable au gouvernement dont la déchéance venait d'être prononcée, et tout ce qui pouvait, au contraire, être favorable au comitér de la défense nationale.

Le mot république fut surtout proscrit et tous les articles impitoyablement raturés. Enfin le préfet de la Moselle, M. Paul Odent, s'empressa de réunir tous les directeurs des journaux de Metz pour leur interdire toute appréciation des événements récemment accomplis.

Ce fut également vers cette époque que l'on organisa des départs de petits ballons-postes en papier, contenant des* billets écrits sur des carrés de papier

vite de Napoléon III, de la capitalation de Sedan et delà déchéance de l'empire.

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pelure et qui, pour la plupart, tombaient entre les mains des Prussiens après un court trajet. Ils étaient fabriqués par un pharmacien de la ville.

Il est vrai qu'on refusait à M. Robinson, rédacteur du Mamhester Ghiardian, notre compagnon de captivité, et à M. le capitaine Schultz, Tinventeur de la mitrailleuse , les moyens de construire des. ballons captifs pour se livrer à des observations sur les mouvements de Tennemi.

Plus tard ce dernier donna communication d'une invention très-ingénieuse. C'était une sorte de boule en caoutchouc, susceptible de contenir un journal. Au milieu s'adaptait une baguette longue de IS à 20 centimètres. Le poids de cette baguette était calculé pour faire flotter le caoutchouc sous l'eau ; touchait-il un barrage ou une estacade, un mouvement de bascule s'opérait et l'obstacle était franchi, s'il n'était qu'à fleur d'eau. De gi*ands filets eussent recueilli ces précieuses épaves à Metz. Le capitaine Schultz avait l'intention d'envoyer à Tours (ou dans les pays encore libres de toute invasion), par ballon, un spécimen de son invention. On eût essayé de l'employer en lançant un grand nombre de ces boules dans la Moselle en dehors des lignes prussiennes.

Le projet fut soumis au général Coffînières, qui le

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trouva ingénieux, mais impraticable. Tel fut le sort de rinvention d'un officier d'artillerie, qui avait imaginé des torpilles destinées à détruire les ponts de bateaux des Prussiens en aval de Metz. D'autres personnes indiquaient des moyens de consei*ver la viande, on leur rit au nez; il en fut ainsi de toutes les tentatives individuelles faites dans l'intérêt de tous. Un journaliste, un sous-intendant militaire s'offrirent même pour traverser à leurs risques et périls les lignes ennemies, ils furent éconduits et assez mal reçus. En un mot, on ne voulait rien tenter.

Il y avait un mois qu'on était investi et le maréchal Bazaine n'ayant pris dans les premiers jours du blocus aucune mesure pour assurer les subsistances de son armée, les habitants pauvres de Metz commençaient à souffrir de la faim. Ce fut alors (19 septembre) qu'il fut décidé que l'armée remettrait chaque jour à la municipalité quarante chevaux hors de service pour l'alimentation de la population.

Les travaux de défense, qui devaient, hélas ! servir à si peu de chose, se poursuivaient cependant avec activité. Nous trouvons, dans le Journal d'un officier de l'armée du Rhin, une description exacte des travaux de défense exécutés à cette date devant les lignes du 3""® corps. « On répare à Saint-Julien une escarpe

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effondrée il y a quatre mois ; on doit renoncer à faire celle de la gorge; les terrassements se poursuivent avec activité; les fossés ne sont pas terminés partout, et tout cela plus de deux mois après le commencement de la guerre. Du reste, le fort est parfaitement en état de résister maintenant, et on Ta flanqué, à gauche de Ghàtillon, d'un excellent ouvrage palissade à la gorge. De cet ouvrage descend, sur le versant est de la Moselle, une tranchée qui arrive en face de la batterie de rive gauche de la Grange-aux-Dames où commencent les lignes du 6* corps; on travaille activement ces lignes, ou construit avec ardeur des batteries et on creuse des tranchées autour de Saint- Ëloy dans la plaine. Tout cela est aussi utile à la défense de notre camp que favorable à la sauté de nos hommes.

« A droite de Saint-Julien, la ferme de Griment — sur la route de Sarrebruck, celle de Bellecroix — et plus près de la place, le fort des Bordes, sont mis en état et rendus inaccessibles. Tout le front est couvert de tranchées et d'épaulements de batteries bien étudiées. »

Les autres forts, ceux de Queuleu, de Plappeville et de Saint-Quentin étaient également en parfait état de défense et armés d'une manière formidable. Des

pièces enterrées, de 24 court, lançaient des obus jusque sur les batteries que les Prussiens ont établies à Ars-sur-Moselle (1).

Au reste nos ennemis, contre lesquels rien n'est plus tenté, s'établissent autour de nous comme s'ils y devaient demeurer éternellement. Il devient évident qu'ils se garderont de nous attaquer et veulent nous réduire par la famine.

Le 22 septembre, l'affaire de Lauvallier commence une série de petites expéditions destinées, disait-on, à inquiéter l'ennemi et à tenir les troupes en haleine. L'exécution de cette incursion dans les lignes ennemies, faite par le 3*® corps, nous valut quelques milliers de gerbes de paille. Le lendemain, une expédi-

(i) Ârs-sur-Moselle est à 6,700 mètres à vol d*oiseau des batteries du fort Saint-Quentin. C'est une petite ville qui compte près de 6,000 âmes et à laquelle trois forges avec hauts fourneaux et quelques fabriques donnent la vie et le mouvement. Elle est encore entourée d un mur d'enceinte fortifié et appuyé à de solides contreforts, mais qui ne paraît pas de construction fort ancienne. C'est rentrée de la vallée de la Mance et le passage habituel des colonnes prussiennes qui veulent traverser la Moselle. Ars, aux vieux temps, fut souvent ruinée par les guerres civiles du moyen âge, cent fois minée, rasée et autant de fois reconstruite. Un fort qui défendait le passage de la vallée (Arx) lui a donné son nom. La pauvre petite cité, après être devenue la proie des Prussiens, servit de but chaque jour aux obus français.

lion fut tentée sur Vany par les 3"^ el 6"* corps, mais, faute d*entente préalable, des retards se produisirent et l'ennemi prévenu ouvrit un feu violent sur nos troupes qui ne purent enlever les approvisionnements rassemblés à Vany.

ku reste, la plupart de ces expéditions n'avaient guère d'autre résultat, car on ne sait comment les Prussiens étaient toujours prévenus d'avance. « C'est ainsi, dit un officier d'état-major auteur d'une brochure sur le blocus, que, pour le 3™* corps, qui était campé sur le fort Saint-Julien, il ne se fit pas un fourrage, pas la plus petite sortie, sans que le canon du fort se mît à tonner une heure avant le départ des troupes, afin de prévenir les Prussiens de se tenir sur leure gardes el de se préparer à nous recevoir; en effet, ils sortaient des villages où ils étaient cantonnés, amenaient leurs pièces dans les batteries qu'ils avaient construites el nous attendaient de pied ferme.

Et un jour que je demandais au commandant du fort, un excellent et très-brave colonel d'artillerie, l'explication d'une telle conduite, il me répondit textuellement : « Mon cher ami, c'est l'ordre du maréchal. « J'ai l'ordre formel, toutes les fois que vous devez « faire une sortie, d'ouvrir le feu une heure avant que « vous ne vous mettiez en marche. »

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