DÉPARTEMENT DE LA GUERRE
C Oflîce de radjudanl général, Washington, 5 novembre 180^,
, ORDRE GÉNItIRAL N« 182.
c Par ordre du président des Etato-UiiîBy H est ordonné
que le miÛ<>i' géi^^^Al ^^^1^ conunaDdement de Tannée du Potomac, et que le major général Bumside prenne ce commandement à sa place.
c Par ordre du secrétaire de ia guerre,
c (Signé) E. D. Townsend, aide-adjudant général. »
Cette révocation avait été instamment demandée par une réunion de gouverneurs et de sommités; politiques du parti républicain, et tout le cabinet, sauf M. Seward, avait adhéré à la démarche. Le président Lincoln n'avait pu s'y refuser et il avait motivé la révocation sur les retarda apportés k Tex/^ cution de Tordre d'offensive du Q ootobre.
Le général Me Clellan prit auasitAt ses dispositions pour la plus prompte exécution de la mesure qui le frappait. Il fit ses adieux à Tannée par un ordre du jour de quelques lignes, aussi modeste que touchant, à lire à la première âire$apatade; puis il transféra le commandement à son successeur, avec lequel il était du reste dans les meilleurs termes militaires et politiques. Â ta demande de celui-ci il consentit à rester encore deux à trois jours an quartier-général pour mettre Bumside bien au courant de la situation et de tous ses plans et projets . Pendant ces deux jours , entre les conférences particulit'icà d'oflice , il eut encore le temps de recevoir de nombreuses visites des divers corps d'officiers et de passer une (] ornière revue du gros des troupes, accompagné du général Bumside, dans laquelle les acclamations et les protestations les plus vives lui lurent prodiguées de toutes parts. Le gi'and maréchai-prévot lui-jnèiue, général Patrick, com-
mandant de la gendarmerie du quartier-général, condniait les cheer« des états-majors en ftivenr dn chef révoqué.
Quant à celoi-ci, la rigueur, bien imméritée à ce momentlà, déployée contre lui, ne lui arracha aucune plainte. Il fut le premier à recommander aux officiers et aux soldats le dévouement à tous leais devoirs et à tous leurs supérieurs, ainsi que la confiance dans leur )i< Il v.';ui chef. Il en ddrma lui-m^me le l>on exemple, et il ne sortit de son impassibilité habituelle qut:' pour échanger de vives poip;nées de main avec Burnside et tout son état-mr^jor. Sans autre bruit il prit le chemin de fer, le 11 au matin, avec son état-major personnel, pour se retirer dans son lieu d'exil. Sur toute la route, et particulièrement aux gares de Manassas, de Washington, de Baltimore, de Philadelphie, les troupes et les habitants accouraient le saluer au passage et lui faire des ovations. Il mit une grande énergie h s*y soustraire et il se refusa constamment à prononcer le discours que les foules lui d^nan* daient par des «h^sri répétés et en l'appelant à tue4Éte de son sobriquet adUtaife, Uttie Mac! Utile Mael
A Trenton toateloiB kt démonetratioQ ayant été sérieuMment ot^gaansée, il ne put froisser les usages au point de s'abstenir de d^ quelques mots en public. Après avoir été introduit du balcon de son hélel à une immense fMile par M. Dutdier, ancien président de la chambi» de r£lat, U prononça d'une voix vibrante le speedh suivant :
€ Jtfst amii-*- car je sens quld vous êtes tous mes «ois—* je ne me présente pas à vous eomme un fuseusde discours, ni comme un politicien, mais comme un soldat. Venu au milieu de vous pour y chercher le repos et la tranquillité, je n*ai rencontré, depuis l in^^lant de mon arrivée, que des marque» de votre bonté. Quoiqu'il y pùL paraître, je ne suis pas pour TOUS un étranger. Je ne puis pas être indifférent à voU*e histoire. Les braves soldats du New-Jersey ont été constamment avec rnoi dans toutes les actions depuis ie siège d'Yurklown jusqu k la bataille d'Antietam, et je puis ici donner hautement témoignage de leur dévouement à ia cause pour laquelle nous combattons.
c Je n'oublierai jamais non plus le forme et Adèle Taylor»
l'audacieux et intrépide Kaaraey» qui ont donné leur vie pour le maintien de notre g0uveroenient.
c Et avant de vous souhaiter une bonne nuit, je vous donnerai cet avis : pendant que l'armée combat, vous, comme eitoyens, veilles à ce que la guerre se lasse pour le maintien de rUnion et de la Constitution, pour le maintien de votre nationalité et de vos droits de âtoyens. »
Ce discours sobre et babile eut un immense retentissement. Sa finale surtout, gracieuse au parti démocratique, lui fit fidre son chemin, car elle dévoilait dans le jeune général des vues et une fermeté politiques qu*on ne lui supposait pas» On s'était attendu k une proclamation de revue, ou à des récriminations de bivouacs ; on avait un programme d'homme d'état. Aussi dès oe moment l'opposition au gouvernement de Lincoln avait trouvé son fuLw candidat à la pi^sidence, pour l'clcctioii (11' 1864.
Ses amis militaires et du parti démocialique organisèrent d'autres ovations en sa faveur, et lui lirent, par souscrii>t imis patriotiques, de très riches cadeaux, en témoignage de ki recoiiiiaissanccdu pays. On lui oflVit entr'autres un magnifique hôtel splendidement meublé et fourni, avec son parc.
Le général se retira dans la vie privée, attendant la suite des événements. Son état-major personnel avait aussi en majeure partie résigné ses fonctions ou en était relevé, stiivant Tusage du pays. Par contre, deux de ses officiers, le lieutenant-colonel Colbum et le capitaine Duane, furent ar* rétés pour avoir suivi leui^ général à Trsnton. : En même temps le chef du cinquième corps d'armée, général Porter, ami intime de Me CMlan, ftit aussi relevé de SOS foDotions et appelé à Washington pour y rendlre eomple, devant une cour martiale, de sa conduite dans la iiampagne de Pope. Le brave et intelligent dief du 5«> corps -n'eut pas de peine à se Justifier des accusations portées cm* tre lui. En attendant, son commandement lui ftit brutalement enlevé et donné an général Hooker.
Le général Burnside à la tête de rarmée du Potomac. — CStangemeoi de base dee fédéraux. Bataille de Fre-derickaburg (13 décembre 1862). — Le général Hooker remplace Bamide.
Les ordres déjà donnés par le général Me CleUan pour la marche du 8 et du 9 novembre continuèrent à s*exécuter. Le 10 au matin le gros des troupes fédérales se trouvait massé aux environs de Warrenton, avec des gardes conve* nables plus en arrièi%, aux passages des Montagnes-Bleues et le long dee chemins de iisr de Strassburg et d*A)exandrie ; le 9" corps était plus en avant, sur la ligne du Rappahannock aux environs de Waterloo ; en extrême avant-garde, la cavalerie de Pteasanton et de Bayard s'était portée au-delà du ïlappahannock, avec ses piquets sur le liazel -River, à 6 milles de Culpe|>poi -(k)urt-Ilou^e.
Les rapports mûmes de Pleasanton, confirmés pai* d'aulren données, avaient aii|)i-is que le.s confédérés étaient jilor» étendus depuis Strassburjx dans la Slienandoali, où étaii'nt les corps de Jackson et de HUl D. 11., justiu'à Culpepper et au Rapidan, où se trouvaient le coips de Longstreet et celui de Hill A. P., avec la cavalerie de Stuart.
Ainsi il eût été tiacile de percer ce long cordon, et nous avons vu plus haut que cette prévision n'avait pas échappé au générai Me Qeilan. Le changement du commandant en chef empêcha de tenter cette entreprise, qui eût demandé, avant tout, une prompte résolution. Les moments d'indécision qui résultent toiqoursd*un transfert de Tautorité suprême