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- MO
new-yorkaise. Le corps à la fois si respectable et si vij,^)ureux de la police de la ville, qui avait clé (art inultrailé i.suléaiunt au di'l tuL de l'cjacute, mit son ainour-in'oiirt! à procurer sa rovniK'he et à .'ïvoir raison des baiidilis. Stn-uiidc par plusieurs sociétés de itoiapiers et de sauvetîHre, par quelques l éfiiments de milices, et par un certain nombre de voluidaires, lï i) irvintà tenir l<'s bandes avinées en échec. Knfln l'arrivée de quelques lidupes de Fort-\fonroe sous le général Dix, avec du canon qui ballit les rues dt? mitraille , aelieva la pacification de la ville, après huit jours de san;ilanls désordres, sans iioiii dans uu |)ays civilisé et dans notre siècle.
Des ré^Miiients de troupes, au nombre d'une (juarantaine, continuèrenL à couven^fer sur la ville, de New-Vnrk, et, sous celle |)roleeli()n, le gouvernemeut de Washington ordonna la rejji ise unniédiate des opérations du tirage. Celles-ci eurent heu sans conUsie celle fois, et il fut aussitôt procédé av6C fermeté h leur unse à e>:éeulion.
Des troubles éciatèreul aussi à Portland , àBallunore, à Btjslon, à Buffalo; mais de moimlre importance, et qui ne réussirent pas mieux que eeu.v de New-Voi k à ébranler le gouverncmeni dans ^a marche générale, et particulièrement dans l'apphcation de la conscription.
Ils prouvaient toutefois à quels dangei*s la cause de l'Union avait échappé par le fait des heureux événements militaires, dans l'est et dans l'ouest, au commencement de juillet 1863.
Uu ne pouvait sans doute rendre le parti démocratique responsable des excès de la lie de la population newyorkaise ; mais ses discussions et ses protestations violentes contre tout ce qui se faisait en vue de la continuation sérieuse de la guerrjî n'avaient que trop contribué à aigrir les esprits et à égarer les tètes de ses adeptes. Le gouvernement fédéral dut penser à s'armer de toutes pièces contre les émeutiers grands et petits, qui ne manqueraient pas , suivant les habitudes du pays, de redoubler d'audace et d'accroître l'agitation au moins jusqu'à la lin de la grande campagne électorale des élections présidentielles de 18tii.
Le 15 septembre 1863, M. Lincoln rendit un décret basé sur l'acte da congrès du 3 mars 1863, suspendant d'une ma-
nière générale et dans tous les Etats-Unis le privilège de Vhaheas corpus, de sorte qu'il ne dépendait plus que des che& des départements militaires de tenir le pays tout entier en état de siège, et d'y £ûre applifjuer la justice sommaire des cours martiales.
C'était dur assurément d'être obligé d'en arriver là ; mais le premier but, celui de la guerre et de la victoire, l'exigeait impérieusement. Nous verrons au reste que dans l'application on ne s'aperçut presque pas de cette importante modification apportée aux institutions traditionnelle-;.
Le 17 octobre, le |p»uvpmcment de Wasbinjrton ordonna cncoro, afin de parer aux vides créés par les licenciements et par les pertes de la campagne de l'été, une nimveUe levée de 3CK3 mille hommos , en dehors de celle de la œnscription de juillet, qui s'effectua sans aucune opposition ni résistance.
(7est ainsi que le Nord s'apprêtait, par de nouveaux sacrifices, à montrer au monde la feusseté et la malignité des sinistres horoscopes tirés sur sa situation prétendue agoni* sante.
Nous verrons encore, par Texamen de la situation politique en 1864 et par le dénouement de la crise qui s'effectua cette année-là dans le scrutin fédéral, que les popula* tions, si découragées qu'elles pussent paraître en apparence par le poids de la lutte à soutenir, n'avaient renié aucun des sentiments ni aucun des principes qui les avaient réunies dans Félection de 1860.
En attendant, nous sommes obligés de retourner en arrière pour enregistrer d'importantes opérations de guerre sur deux théfttres principaux, à savoir sur les côtes de l'Atlantique, et dans les péages de l'Ouest, dans ceux du Tennessee surtout.
Seconde attaque navale de Ckarle&ton (été de 1&63).
Après réchec de Tamiral Dupont, en avril 1863, et en attendant que son successeur reprit un projet d'attaque contre Gharleston mieux combiné, rien d'important ne se passa sur cette zone pendant six à sept semaines.
Les b&timents blindés étendirent leurs croisièi^ et coururent le long des côtes. Dans ce service le Weehawkmwi une nouvelle occasion de signaler la puissance et la justesse de son tir. Le 17 juin, devant le port de Savannah, au débouché de la passe de Warsaw, il vit arriver sur lui ta frégate confédérée Aikmta, suivie de deux autres navires se tenant à distance et chargés de spectateurs. V Atlanta était un bAtiment nouvellement armé et bardé. Il ne portait que quatre pièces?, mais de fort calibre ; en revanche son armure, composée de deux plaques de fer superposées, mesorait une épaisseur totale de 10 centimètres, et recouvrait un double bordage de chêne et de pin, de près d'un donii-mètre.
Le We.ehawken lii ii sur suii advorsairo cinq coups seulenuMil, à lu courte distance de 3(K) lurhcs, il est vi-ai, cl sur une cuu cnlnie. Cela suffît pour iiercer de pari en |>art VAlLunla et l'obligi r à amener son pavillon. En un petit quart-d'heuro l'action était terminée.
Cela |iouvail de nouveau donui-r de la confiance au Département de lama) me poin- leeunnuencer de?? opérations actives conUe les I laiteries de Charleston, et tous k>s préparatils furent Il ce moment-là poussés avec vigueur.
A ramiral Foote, éloiguc aloi^s du service par une maladie
dont il mourut au cornmerineincnt de juillet, succéda le contreauurai Dalil^nTPn. qui releva l'ainiial Dupont, le 6 juillet. Dahlgreen, (dlicter fwticulièrement expert dans toutes les questions d aruiement et de construction, était alors très connu comme inventeur d'une bouche à feu particulière, en fonte de fer, de très gros calibre.
Sou» les ordres du général Gillmore, qui prit son commandement le 12 juin, furent pou à peu réunis une vingtaine de mille hommes avec un parc de siège. Les forces devant agir directement contre Charleston comptaient 11 mille hommes, dont 400 artilleurs et 000 soldats du génie. Elles étaient réparties en deux divisions, sous les généraux Seymour et Terry.
Le parc d'artillerie comprenait 06 bouches à feu, dont 36 pièces de campagne. 5 Parrott de 200 livres, 9 de 100 livres, 12 de 2i livres, 4 de 20 livres et IX) mortiers.
Le général Cfillmore fonctionna lui-même comme chef spécial du génie, etâon chef d'étatrinsgor, colonel Turner, comme chef de rartiUerie.
Le nouveau plan avait été de ne rmouvcler une attaque dans le genre de celle de Dupont, sur le ibrtSumter, qu'après qu*on se serait emparé de Morris-Island, et procuré le concours des batteries Wagner et Gregg, ainsi que de toute la pointe Cumming.
A cet effet Gillmore, procédant do longue-main, .s'était, dès le milieu de juin, avancé sur les îles au sud de Morris, et bien établi dans Tile de Folly, immédiatement voisine de- Morri.s, et séparée d'elle par la crique dite du Phare. Gecoors d'eau, large de 5 à 000 mètres, était gardé par une batterie Goniédêrée sur la rive gauche, et formait en quelque sorte la frontière des deux belligérants, de PortrRoyal et de Cliarleston. Le dépôt principal des fédéraux de Gillmore était à Hilton-Head.
Le plan adopté étart digne de réussite. La pointe sablonneuse de Cumming oflï'ait plus de facilités d'abords par terre que celle de Sullivan, de l'autre cété de la passe, entourée d'inextricables marécages. Et le principal chenal, pour sortir de Charleston, courait le long de la pointe de Cumming, si bien qu'elle avait, outre ses avantages tactiques, celui de
pouvoU' dominer presque complètement le passage de la
rad(?.
Dans ies promiors jours de juillet le L'ênéral Gillmore fit commencer la construction de tranchées d'approche et de batteries sur la crique du phare. Grâce à la nonchalance des confédérés do l'autre rive, qui y avaient pourtant trois postes principaux, avec 11 caii uis. los pionniers de la bripade \*odges purent établir, sans être remarqués, 10 batteries de il canons. Il est vrai qu'ils travaillèrent surtout pendant la nuit, en silence, que le bruit de leurs pioches était couvert par le mugissement de rOcéan , et que les confédérés étaient distraits par le sauvetage d'un de leurs bâtiments, échoué près de la position.
Le 10 juillet au point du jour Gillmore d^mascpia ses feux. Le tir de ses 47 pièces et de quatre monitors eut bientôt raison des onze pièces de l'autre rive.
Pendant la nuit la brigade Strong avait été transportée sur la rive gauche dans des canots ; elle y resta cachée derrière les hautes herbes des marais, prèa de l'Ile du phare, en attendant que les feux confédérés fussent éteints. Après deux heures de canonnade le général Gillmore donna à Strong le signal du débarquement ; la moitié de la brigade sauta à terre à Oyster- Point ; Tautre moitié un peu plus bas, et les retranchements confédérés, ainsi que le campement plus en arrière, forent rapidement enlevés. L*ennenii fîit poursuivi dans la direction du fort Wagner, en mémo temps que le reste de la division Seymour passait à son tour sur Tile Morris.
Cette première opération avait parfiûtement réussi. Les meilleures mesures avaient du reste été soigneusement prises à l'avance et en temps opportun.
Tandis que rartillerîe et la division Seymour, secondées des démonstrations de la flotte, avaient agi contre Tlle Morris, ladivisionTerry^ avec quelques canonnières, avait été envoyée, dès le 8, sur le haut de la rivière Stono, pour faire des diversions contre le fort Pemlicrlon, et empêcher l'envoi de renforts de Charicston sur l'ile Morris.
Une autre diversion avait été ordonnée et opérée en remontant le South-Edisto de Uilton-Head contre Jacksboro, pour
empêcher renvoi de renforU de Savannah à Charteston, et couper le cheiuin de fer entre ces deux villes.
Gee deux démonstrations eurent leurs bons effets. Terry non-aeuleroent retint devant lui des forces confédérées notables, mais il provoqua un affaiblissement de la garnison de Morris pour renforcer les postes de James. D n'eut du reste pas d'engagements sérieux. La pointe contre Jacksboro retînt aussi des troupes sur ce point ; mais le régiment chargé de l'opération, le i*^ sud-carolinien noir, dont nous avons déjà parlé, y subit de dures pertes, y compris deux pièces d'artillerie et un steamer.
L'heureux début sur l'ile Morris compensait bien ces sacrifices. Vers 9 heures du matin, le 10 juillet, lestrois-quartsde rile étaient aux mains des fédéraux, et leurs éclaireurs à portée de fùsil du fort AVagner.
Pourquoi ceux-ci ne cherchërent--ils pas à pénétrer dans le fort sur les talons des fuyards? Pourquoi un assaut ne fùt-il pas donné immédiatement, dès les iO ou 11 heures du matin,
ce qui matériellement eût été fort possible? Le général
Gillmore, dans un luxueux rapport sur ses opérations, dit que ce fut îi cause de la grande chaleur et de la fatigue des troui>es ( * V
Il fut vraiment reprtMtaljlc que des troupes dont la moitié avait ]>ris le frais toute la nuit sur la riviôro, ot qui, toutes, n'avairiit pas plus de 4 ù 5 luilles de chemin à pied pour arriver au fort, se soient trouvée.-^, dès 0 houros du matin, trop incommod/^c? par la chaleur ol |)ai' la tati;^uo peur aller phis loin. I/eiuieifii avait été si coiuiiléteuicnt surpris sur la rriijue qu'en le pressant vivement < l sans rel icbe, il y aurait eu grande rhancc do le surprendre aussi sous le fort lui-même.
Au lieu (le cela les fédéraux lui laisr^èrent 24 heures jiour se remoltrc et se préparer. Le général Gilli nrire ordonna l'assaut pour le lendemain seulement, au point du jour.
Cet assaut, organisé par le général Seymour, avec la bri-
(1) Art. 78 dudit Ihre : a By 0 o'eiok K. V. we oenipied 3/4 of Uie Island and our skinnishors woie within ninsk»'l ranj?** of l'i it \\ i. ri<»r. The hcitt hcing inttftêtf and tite trvop* «jcttmuied, offettsive oiHsmtiom wcrc auspemied for the day.
t Art, 74. Brigad. général Spymour was odered to cany Fort Wagner assftult aftd^rlvMk on tiM followlng momlng. The attempt AtUed. •
pade Slroiip; en avant-garde et la brigade Vodgos en réserve, fut très liravernonl entrepris. La brigade Strong déboucha de ses ripr-jnis résolument, sans aucun matériel pour couvrir les tètes de colonne et pour aider à franchir les tnssés et les parapets. Les avant-postes ennemis turent facilement repoussés. Quand ils eurent démasqué les canons du fort, ce fut autre chose. Alors les régiments de Strong se trouvèrent al)iuiés par la mitraille et se débandèrent. L^n seul d'entr'eux, le 7" Oinnecticut, parvint en partie à se loger dans le fossé du côte sud-ouest ; mais la fusillade le força d'abandonner sa position
L'attaque ne fut au reste pas trop tenace; les fédérau.t n'y perdirent que 110 hommes, tant tut'^s ((ue blessés. L'action de la veille, beaucoup plus importante, ne leur avait coûté qu'une quarantaine d'hommes.
Les confédérés de I'mh- cAté eurent, dans ces deux journées, environ 3(X) honnnes liors de combat, dont une cinquantaine de prisonniers plus ou moins déserteurs.
Dans cette seconde opération ime partie des canons confédérés avait été fort bien entretenue par la flotte, dont cinq à six bâtiments avaient fait un feu continuel sur le fort.
Le général (lillmore ne renonça pas h tenter une seconde fois la fortune d'une action de vive force. Point n'était besoin de ses grands talents comme ingénieur pour reconnaître que l'affaire du M aurait pu être mieux menée, mieux préparée surtout; que le secours de quelques gabions, de fascines, d'échelles et autres auxiliaires de la spécialité du génie n'aurait pas dû être dédaigné pour les colonnes d'assaut, et que, puisqu'on avait laissé le temps h l'ennemi de préparer son artillerie, il fcdlait se mettre ]>réalablomcnt en mesure d'alfaiblir celle-ci par une artillerie pbis puissante si possible.
Des batteries furent aussitôt entreprises contre le front du Sud du Fort-Wagner, et il fut convenu avec l'amiral Dahlgreen qu'une canonnade vigoureuse de celles-ci et de la flotte aurait lieu les 17 et 18 juillet, après quoi Tassaut serait donné du côté de terre.
A cet effet la division Terry fut rappelée, le 17 juillet, de sa position de la rivière Stono. £lle y avait accompli sa mission,
qui se termina par im engagement assez vif la veille même de son départ, dans lequel les confédérés en ofFensive furent repoussés.
Les travaux de tranchées pour rétablissement des batteries ftirent grandement compliqués par de fortes pluies. Le 16 juillet seulement les quatre batteries suivantes fùrent prêtes à fiiire féu :
I. Batterie Reynold, à 1380 yards du fort Wagner, 19 pièces^ dont 5 mortiers de 8 pouces, 3 de 90 livres ; 12 pièces de campagne rayées de 10 liv.
II. Batterie Weed, en arrière de la précédente, à 1460 yards du fort Wagner, 4 mortiers de 10 pouces.
m. Batterie Hays, ft gauche en arrière de Reynold, à 1880 yards du fort Wagner, 13 pièces, dont 9 canons Parrott de 30 liv. et 4 de 90 liv.
IV. Batterie 0*Rourke, en arrière et à droite de la précédente, à 1920 yards du fort Wagner; 5 mortiers de 10 pouces.
Ces 41 pièces ouvrirent leur feu à midi, le 18 ; la flotte avait déjà commencé le sien le matin. En peu de temps celui du fort s'éteignit sur les deux fironts de terre et de côte,
A l'approche de la nuit, l'assaut Ait ordonné. Il avait dû avoir lieu le grand matin, mais les batteries n'ayant pu être prêtes à temps, il avait été ajourné au soir. Le général Gillmore espérait que l'obscurité le préserverait du tir k grande distance des canons de la batterie Gregg, à la pointe de Cum* ming, à 1360 yards en arrière du fort Wagner, de ceux du fort Sumter à 1400 yards de Gummings-Point, ainsi que des batteries de nie James.
Le général Seymour, chargé de nouveau de diriger l'organisation et la formation des colonnes d'assaut et de régler tous les détails de l'attaque, Ùi déboucher ses colonnes de la batterie Reynold, au coucher du soleil. Celles-ci se composaient de la brigade Strong, ayant en seconde ligne la brigade Putnam, et en réserve, aux batteries, la brigade Stevenson.
A peine les têtes de colonnes se trouvèrent-eltes à découdvert qu'elles Iterent, contrairement aux prévisions du général
Gillmore, viveinent battues par les pièces des forts Sumter et Gregg, par les batteries de Tlle James et môme de Tile Sullivan, venant s'ajouter aux feux du fort Wagner.
Les colonnes continuèrent néanmoins h s'avancer avec bravoure 9 soutenues moralement et matériellement par la grêle des gros projectiles amis qui , passant en hurlant pur dessus leurs tètes, allaient creuser de vastes brèches dans les revêtements du fort. Arrivées plus près ces colonnes furent réduites à leur seule action, les batteries fédérales et la flotte durent suspendre leur tir pour ne pas blesser ou tuer les leurs.
Les confédérés ne perdirent pas cette occasion de reprendre leurs feux» qui n'étaient pas éteints, comme on l'avait cru. La canonnade avait seulement forcé les artilleurs de se retirer dans divers abris ; mais la plupart des pièces étaient restées encore en bon état derrière leurs embrasures et chargées.
 un signal du commandant, général Taliaferro, tous les canonniers retournèrent à leurs postes, en même temps que rinfîBUiterie garnit de tirailleurs les crêtes des parapets. Les colonnes fédérales forent accueillies par un féu si nourri et si puissant qu'elles durent s'arrêter. On conçoit qu'après avoir cru la garnison presque ensevelie sou^r les décombres du fort, les fédéraux aient été surpris d'une telle réception.
L'hésitation ne dura toutefois que quelques instants. La brigade Strong reprit sa marche en avant , les braves iièjxres du 54" Massachussels en tête. Ce régiment et le 6» Conneclicut parvinrent à fraïKliir le fossé et à escalader le bastion Sud- Kst. Là un dédale de traverses et de palissades, ainsi que la niiUaiUe à bout [torlant , leur bana le chemin. Ils tinrent néanmoins pendant près de trois lieures , renforcés pard'autres régiments et par la brigade Puliuim.
Mais l'obscurité, jointe à l'ignorance des localités, engendra un prand désordre parmi ces vaillants soldats, dont l'enneiiii i rolita pour redoubler la vivaeité de sa défense.
Vei-s minuit les feux cessèrent peu à peu, et à l'aube seulement on sut au juste ce (jui s'était passé.
Alors put s'établir, par le moyen d'un armistice, une sta-
tirilitjue bien doulourou':*^ pour les fédéraux. Cette cruelle nuit leur routait 1500 hommes, (1( mi six cents rafiavres laissés sousl' foi f. Parmi les tués se Uouvaicat les deux chcfa de brigade, Strou!^' et Putnam, le commandant du 54" Nïassachussets, colonel Robert Shaw, fils de l'éminent philanthrope qui depuis de longues annnée» se dévoue corps et biens h la cause de l'émancipation des nègres, le colonel Chatfield et un grand nombre d'officiers de grades moins élevés. Parmi les blessés se trouvaient le général de division Seymour et sept commandant-s de régiment.
Il est évident (lue la malheureuse idée d'avoir voulu assurer le couvert de la nuit à celte entreprise, fut la seule cause de l'échec. De jour les com ateuses troupes qui avaient déjà pénétré dans l'ouvrage n'aurnient pas pins soufTert et se fussent avancé&s plus loin. La brigade Putnam ne serait pas venue augmenter simjilement le désordre et le nombre des victimes; elle aurait apporté un renfort utile.
On s'était aussi, il est vrai, grandement abu.sé sur la force réelle du fort ^Vagner f[uant à sa position, son tracé, son armement et ses arrangements intérieurs.
C'était un ouvrage fermé , et occupant par un front bastionné irrégulier toute la largeur de l'Ile, depuis la mer à l'est jusqu'à la crique Vincent et à des marécages impénétrables à Tonest. Il présentait un front trois fois plus grand que celui que les fédéraux, d'après la nature du terrain, pouvaient prendre pour leurs attaques, et il avait ainsi sur eux l'avantage de la ooDTergence des feux. Il avait en outre un convenable commandement, de bons flanquements intérieurs et extérieurs, et un fort relief d'environ 40 pieds. Un jeu d'écluses permettait, à la marée montante, de remplir d'eau les fossés. Construit de sable quartzeux et compacte, les plus gros projectiles eau* saient peu de dommages dans ses revêtements, et les brèches pouvaient être facilement réparées. Son armement comprenait 18 pièces do divers calibres, dont trois mortiers. Il était en communication facile, pendant la nuit, avec la batterie Gregg et le fort Sumter, qui, ainsi que quelques batteries de James-Island, pouvaient battre toutes ses approches, et couvraient solidement son flanc droit. Ce que le fort Wagner
avait cil outre de plus particulier, c'était un praïul abri blinclé, pour 1500 hommes, construit dans le bastion do l'Est entre le front de terre au sud et le tVout de cote. Il pouvait recevoir toute la garnison et même les servants des pièces, eoniine on venait dt; le voii- à VafTaire du 18 juillet. Construit en troncs d'arbreri, eu sacs à sable tîl en fascinage, avecquinz ■ t i' dsde terre sur sa couverture, il se montra ;i l'éprouve complet»? de la bomlic. Dos traverses énormes couvraient ses murs de profil , et huit larges issues permettaient un prompt emptoi de l'abri.
Par la raison (jue le tort Wai^ner puuv;ut jouir du puissant flanquemoDt du fort Sumter, le i?<^néral Gillmore modifia <on plan, et se décida à une entreprise qui certes était on^tnale et nouvelle en fait de méthode, mais justifiée par la grande portée du matériel à sa disposition et par l'étroitesse du terrain resserré qu'il avait devant lui. Il, entre juit des chenunements réguliers vers le fort Wagner^ en du igeant les attaipies principales contre le fort Sumter , à t>7(X) \ ai ds plus en arrière. La réduction de l'ouvrage principal et le plus éloigné, fort SiuTitcr» aiaënerait celle de ses ouvrages avancés, Wagner et Gregg.
Le fort feunUer offrait d'ailleurs une belle et haute surface à un tir à grande distance ; et une fois son feu éteint , la ik)tte pourrait pénétrer dans la rade el avoir un -rôle plus actif et plus efficace.
Dans ces intentions les ti avaux des tranchées commencèrent dès le 20 juillet. La batterie Reynolds fut transformée en foi te ligne paiissadée s'étendant à travers toute l'ile et qui prit le nom de première parallèle. On l'arma d'une manière permanente de 8 canons de sié^e el de campagne, de 10 mortiers et de trois batteries Tiequa , sorte de machine infernale composée d'un assemblage de 10 canons de fusils ordinaires. On la mnnitde banquettes pour l'infanterie et d'un abri blindé pour les manitions. Le 23 juillet cette* base d'opération était terminée.
Dans la nuit du 23 au 24 la seconde parallèle fut tracée ù la sape volante six cents yards plus en avant, suivant une diagonale allant du sud-est au nord-ouest, pour profiter de quel-
qoes ondulations des sables. Elle aboutissait, vers Touost) aux maraie de la crique Vincent. Sur la crique même des Itarrages de toute espèce furent établis contre des entreprises possibles par la rivière. A l'autre extrémité, vers la mer, la plage fut couverte par une enceinte palissadée, avec trois batteries Requa et deux obusiers de campagne, qu*on appela bat le lie Surf.
Le 26 juillet les travaux défensife de cette deuxième parallèle furent terminés, et sou armement commença aussitôt. II ne fot achevé que le 15 août, souvent contrarié par le feu des confédérés et par les vagues de TOcéan.
Le 9 août une troisième parallèle fut tracée il la sape volante 300 yards en avant de la seconde. Sur ce point les travaux furent considérablement gênés, non-seulement par les batteries ennemies, mais aussi par les tirailleurs du fort Wagner.
Le général GlUmore décida de ne pas pousser plus loin le cheminement et de travailler à réduire préalablement le fort Sumter. Il espérait que cette opération réussirait et qu*il pourrait ensuite couper toutes les communications du fort Wagner avec la place.
Le 16 août, un nombre suffisant de canons de brèche i&tant d^à établis, le général Gillmore donna, ce jour-là, Tor^ dre de commencer les feux le 17 au point du jour. H s'entendit aussi avec Taminil Dahlgreen pour qu'en même temps la ' flotte canonnât les forts Wagner et Gregg, afin de détourner leur attention, et surtout d'entretenir les carabiniers, qui pouvaient être très dangereux aux canonniers de la seconde parallèle. Le tir se continuerait chaque jour, jusqu*& nouvel ordre, depuis le grand matin jusqu'au soir, avec quelques interruptions qui seraient ordonnées pendant la grosse chaleur.
Les batteries de brèche contre le fort Sumter étaient au nombre de neuf, à savoir :
1» Batterie Brown, capitaine Strahan; en arrière de la 8«B parallèle, contre le mur de gorge, à 3516 yards; S canons Panrott de 8 ponces (SOC liv.), une pièce à boulets pleins, une à obus percutants.
2o Batterie Rosecranz, capitaine Comstock. en arrière de la 2«« parallèle , contre le mur de gorge, à 3447 yards; trois Parrott de 100 Uv., deux pièces à boulets pleins, ane à obus
percutants.
d» Batterie Meade, lieutenant Uolbrook, en arrière de la seconde parallèle , contre le mur de gorge, à 3496 yards; 2 Parrott de iOO liv., les deux pièces à obus percutants.
¥ Batterie navale , capitaine Parker, à la première parallèle, contre le mur de gorge et les barbettes, à 3838 yards ; 2 Parrott de 200 Uv., 2 Whitwortb de 80 liv.
&> Batterie Hays, capitaine Skaw, en arrière et à gauche de la première parallèle, contre le mur de gorge, à 4172 yards; i Parrott de 100 liv., à boulets; et 7 Parrott de 30 liv. contre les forts Wagner ou Gregg.
8» Batterie Reno, capitaine Golweli, en arrière et à gauche de la première parallèle, contre le liiur de gorge, à 4272 yards; 1 Parrott de 200 liv. et 2 de iOO liv. Une de ces dernières pièces ft boulets; les deux autres à obus percutants.
7« Batterie Stevens, lieutenant Wilson, en arrière et à gauche de la première parallèle , contre le mur de gorge, à 4278 yards; 2 ParroU de 100 liv., un à boulets, l'autre à obus percutants.
8« Batterie Slrong, c.ipilaine Gray, en arrière et ù gauche de la première parallèle , ctmtre le mur de gorgo , c\ -4290 yards ; 1 Parrott de 3Ù0 liv. , tirant alternativement boulets plein» el olnis percutîints.
9« Batterie Kerbi, lieutenant Sellmer; deux mortiers de 10 pouces contre les biu beltes ; les bombes devant faire explosion juste avant de toucher le fort.
En outre de ces 9 batteries directement contre le fort Suaiter (moins une portion de la batterie Hays) ti*ois autres batteries étaient dirigées spécialement contre les forts Wagner et Gregg, à savoir :
lo Batterie Reynolds, capitaine Green, cinq mortiers de 10 pouces contre Wagner, les bombes devant laire eiiplosion Juste avant de toucher.
2» Batterie Weed, capitaine Skinner, identique à la précédente, et un peu en arrière.
9> Batterie Kearney , lieutenant Àtwell , à la gauche de la 2^ parallèle ; 3 Parrott de 30 liv. contre lea forts Wagner et Gregg à volonté, avee boulets et obus, et trois mortiers Gœhorn contre Wagner , les bombes devant faire explosion avant de toucher.
Une autre batterie pour un Parrott de 200 liv. fut établie sur la gauche dans le marais à un poir t à mi-distance entre les îles Morris et James, pour battre Gharleston, à environ 7000 yards. Sa construction, pour lui donner des fondements suffisamment consistants au moyen de couches de poutres et de sacs de sable, fut très compliquée. Les soldats rappelaient î c Ange du marais. »
Ces travaux considérables s'étaient exécutés avec une grande rapidité ; les sacs à sable fournissaient le principal matériel des revêtements et on l'avait sur place en abondance ; les gabionnades et les poutraisons eurent aussi leur emploi, mais il fidlait amener lea bois de l'Ile Morris.
Le feu s'ouvrit le 17 au matin, suivant les instructions détaiUées du colonel Tumer et du général GiUmore; d'abord asses difficile par la manœuvre des gros engins, la pratique le fit gagner de plus en plus. La flotte y prit aussi une large part.
Le service des batteries de la seconde parallèle fut considérablement géné et dut parfois même être suspendu par suite des feux du fort Wagner. Il fellut tourner contre celui-ci plusieurs des pièces de brèche. De plus un violent orage, les 18 et 19 août, diminua considérablement la Justesse et l'efTet du tir.
Néanmoins le 21 août une demande fîit adressée sous pavillon pariementaire au général Beauregard pour l'évacuation , par les forces confédérées, dans 4 heures de délai, de rile Morris et du fort Sumter , & défaut, de quoi la ville de Gharleston serait bombardée.
Après avoir attendu quatorze heures depuis la remise de cette missive au fort Wagner, et aucune réponse n'étant parvenue, le génélral GiUmore fit ouvrir le feu de l'Ange du marais, dans la nuit du â1 au 22. Quelques obus incendiaires du 200 liv. allèrent jeter la terreur au sein de Ut ville endormie.
Le soir suivant le tir fut repris et une quinsaine de projectiles pénétrèrent encore jti^rfue dans les mes.
DanB ces entrefaites le générai Gillnurre recevait une vk)iente protestation du général Beauregard contre lu barbarie du bombardement , qui mettait en péril, disaitril, des vieillards, des malades, des femmes , d enfants, sans risque pour les combattants, plus près des lignes fédérales et qu'on n^osait attaquer de front. Le générai Beauregard expliquait en outre qu'il avait été absent au moment de l'arrivée de la-somma- ^on, que celle-ci du reste n*était pas signée, qu'on avait dû U retouiner pour régulière signature, que tout cela et que même la simple transmission entre les deux quartiers-généraux était impossible à accomplir en quatre heures de temps seulement Qu'en pareil cas du reste, on donne ordinairement de un à trois jours de délai , qu'il n'évacuera pas les forts désignés, et que si l'on bombarde encore la ville sans avertissement préalable suffisant il usera de représailles. Les consuls étrangers s'associèrent à cette singulière protestation.
Le général Gillroore n'eut pas de peine à y répliquer. Si la première sommation, répondit^il, manquait de signature, cet oubli àcddenlel n'avait aucune importance puisque la date du quartier-général y était, el que la pièce avait été remise en personne par un officier du grand état-ma|or. Si le général Beauregard était absent au moment de son arrivée, et qu'il n'y eût personne pour le remplacer , ce ftit une circonstance malheureuse pour la ville de Gharleston, mais dont il n'était pas l espunsable. A l'égard du manque de temps <le ravertisserneiit préalalile, on ne saurait l'admettre en ce (|ui concerne une ville non investi»', menacée depuis longtemps et sérieusement aU»i«[uéc depuis jours. Mèjne sans aucune lettre, c'était au connu n iant de Gharleston à pourvoir h la sécurité de ses non-combatianU, puisqu'il le pouvait en tout temps et librement.
Ces rai.sons-lâ étaient concluantes; le général Ginmore y ajouta encore le poids d'une généreuse courtoisie, en ajournant la reprise du bombardement au i23 à onze heures du matin, ce qui faisait deux jours ûntierâ depuis la remise de la première sommation.
Le général fédéral pouvait d'autant mleuxaecordar ee délai qu'il lui était impossible à ce moment-là de reprendre le feu de la batterie du Marais. Le barbare Parrott venait d*étre frappé à son tour, et mis hors de service. Au 36» coup il avait sauté, par suite de Texplosion prématurée d*un obus dans Véme de la pièce On te remplaça par deux mortiers de côte de 10 pouces^ battant les batteries de nie James. Le bom. bardement de Gharieston ne fut repris que plus tard, depuis Gumming^Point , quand les fédéraux purent y établir leurs canons.
En revanche le feu fut continué contre le fort Sumter, de toutes les batteries de brèche, jusqu'au 23 au soir. Il se montra d'une haute efficacité. Le mur de gorge n'était plus qu*une vaste ruine; le flanc droit, qui avait aussi été canonné par la flotte, pendant quatre jours, était fort endommagé. Mais les décombres de. briques tenaient encore et formaient, avec les projectiles (jui s'y étaient logés, de nouveaux couverts pour les déieiiseurs, les braves arUllcurs sud-caroliniens du colonel Rhott.
Ceux-ci, dès lors, se bornèrent surtout à relever leur drapeau chaque fois que les boulets l'abat t irnt, ce ju firent constamment avec un grand courage v\. un noble .senLiiiient d'honneur militaire. Ils s'occupèrent aussi d'évacuer leurs canons pendant la nuil sur les rives voisines de Moultrie et de Johnson.
Il avait été tiré sur le fort Suinter, parles batteries de terre seulement, 5000 projectiles, représentant un poids d'environ 550 mille liv. La moitié environ avait touché le fort; et son état était tel, en résumé , que le général Gilhnore, dans son rapport au gouvernement, en date du 24 août, eut raison de dire que le célèbre fort était comme démoli, il ne pouvait plus servir cpie de poste d'infanterie. Une photographie en flit prise k ce moment , et répandue dans le pubUc, qui put contempler à son aise les ruines de ce premier acteur de la Téb^on.
Il semble que c*eùt été le Vrai moment pour la flotte d'agir à son tour. En pénétrant dans la rade, elle aurait pu réduire facilement quelques autres défenses, et amener révacwlion
TONS n. 15
de tous les ouvrages avancés , de ceux des deux pointes entr'auf res et du fort Johnson. C'était bien aussi ce que désirait vtvî'iii 'lU le général Gillinore. Mais, comme trop souvent, la meiiieure inlelligence ne régnait pas entre les élats-majors de terre et do mer. Soit qu'il ne lût pus prêt, soit par crainte d'encourir les reproches tombés sur sou trop confiant prédécesseur, rnmiral Dahlgrccn n'osa se risquer dans le chenal. Il laissa écouler un temps précieux, pendant lequel les confédérés rctiréi'ent ytresque toutes leurs pièces des décombres du tort Sumter pour renforcer les positions de la cité, le vieux fort Johnson entr'autres, qu'ils rendirent l'ormidable.
De son côté Gillmore continuait contre le fort Wagner des opérations qui n'avaient plus It^ même inlérôt. La valeur principale de ce dernier était d'être un ouvrage avancé de Sumter, et cette valeur-là venait de tomber avec le pivot capital. Toutefois il possédait encore le mérite de barrer les-abords de la pointe Gumming et de la batterie Gregg, et de rendre le blocus du port plus difficile. Aussi valait-il la peine déterminer l'entreprise commencée.
Les cheminements vers le fort furent de nouveau poussés.
Déjà dans la nuit orageuse du 18 août les pionniers avaient fait un premier pas. Ils avaient débouché de la gauche de la troisième parallèle et s'étaient avancés à la sape pleine* Us eurent à souffrir autant de l'eau que du feu. Les vagues soulevées par Torage envahirent les tranchées à la haute marée, et détruisirent même toute la droite de la seconde parallèle, la batterie dite Surf.
Sur le front, les obstacles ennemis n'étaient pas moins sérieux. D'adroits carabiniers, bien postés derrière une petite crête à environ 200 yards en avant du fort, décimaient les travailleurs et les gardes de tranchée. L infanteiie et l'artillerie du fort lui-même donnaient aussi des feux très meurtriers, chaque fois que les batteries fédérales leur laissaient quelque répit, tandis que sur le flanc gauche les batteries de l'Ile James fournissaient de leur côté, quoique à très grande distance, un tir remarquablement précis.
Dans ces conditions les travaux de la sape avançaient lentement, et le général GiUmore résolut de les accélérer par un
essai de surprise des avant-postes confédérés derrière la petite crôte.
Cette tentatiTe, fiûte le soir du âl aoftt, fut traversée par des malentendus et échoua. En revanche dans la même nuit, et tout en escannouchant, on parvint à tracer la 4^ parallèle, à une centaine de yards seulement des crêtes sus-mentionnées. A cette place Tlle n*a pas plus de IdO yards de largeur à la marée haute. De là les fédéraux dirigèrent leurs efforts vers la possession des rifU'pUB confédérés. Ils commencèrent par • amener quelques petits mortiers et obusiers de marine dans la ^ parallèle, et ceux-ci, secondés d'autres mortiers plus en avière, tirant par dessus leurs tétee, cherchèrent par un fea nourri, le 26 après midi, à déloger les avant*postes ennemis. Encore cette tentative échoua , le tir des mortiers n'ayant pn avoir suffisamment de justesse.
Dans la nuit suivante le général Terry fiit plus heureux. Il lança deux colonnes à la bayonnette sur cette position, qui Tenlevèrent sans grande perte. Une 5* parallèle fut immédiatement établie sur cette ligne même, qui se trouvait k 240 yards du fbrt. Le terrain qui se trouvait entre deux était la partie la plus resserrée et en même temps la plus basse de lUe. C'était un simple banc de sable de 25 yards de large et de deux pieds de haut, que la mer un peu agitée balayait constamment.
La parallèle put néanmoins être revêtue de quelques délisnaes, et des approches à la sape volante fijrent commencées sur sa droite.
Les fédéraux avaient nudntenant atteint une zone particuttèfe de leur o^ectif. La défisse y devenait surtout passive, mais en même temps très augmentée par des quantités de mines et de torpédos semés en avant du fbrt et sur les glacis. 'Toutefois ces engins avaient Tavantage pour les fédéraux, en gênant un camp autant que Tautre, de les rassurer contre les sorties.
Le 27 août au matin, la sape avait mené la tranchée jusqu'à 100 yards du fort, et alors commencèrent les plus mauvais jours du siège. Les pertes journalières, quoique minimes, une quinzaine d'homnies eu moyenne, s'augmentèrent régu-
lîèrement, tandis que les travaux ne marchaient plus que d'une façon très lente et décourageante. La tôte de sape était sans cesse sous un feu très convergent, et les nuita, éclairées par la lune, étaient aussi périlleuses que le jour.
Pour réveiller le moral de ses troupes, Gillmore décida dt^ remplacer un moment le bruit de la pioche et de la pelle par celui do la pondre.
D'abord les batteries de brèche contre Sumter recommea*' , cèrent leur tir pou?' empêcher les réparations à cet ouvrage, et à la demande de l'amiral Dahlgreen, qui désirait opérer , contre la rade. Ce tir, (]iii dura trois jours, à dater du 30 août, eut pour résultat de détruire dans le fort toute trace d'artillerie. H n'en gardait pas moins dans ses mines do solides logements de tirailleurs, qui empêchèrent les chaloupes d'enlever les obstructions et de pêcher les torpédos du chenal.
Quant aux opérations sui* le front même du fort Wagner, le général Gillmore fit porter dans les parallèles et les tranchées d*avant tous les petits mortiers. La cinquième parallèle et les tranchées avancées fiirent considérablement agrandies à Tusage des tirailleurs. Les canons rayés des batteries de brèchede gauche forent dirigés sur le fort Wagner, et préparés pour une action soutenue. De puissants fimaux de lumière de calcium furent disposés pour le tir ùe nuit, avec le double avantage d'éclairer et d'éblouir de flots de lumière les positions eimemiès, tout en laissant dans une ombre d'autant plus obscure les positions fédérales. Enfin la coopération de la flotte, particulièrement des grosses pièces de 11 pouces de r/ronmdes, fut assurée.
Tous les prôparatifisi étant enfin terminés le 4 septembre, • le bombardement commença le 5 de grand matin. Il lut continu pendant 43 heures, et présenta, dit le général Gillmore, un spectacle remarquable de grandeur et de sublimité. Dixsept mortiers de siège et CkBhom lancèrent sans relâche leurs bombes psi dessus la téte des sapeurs et des gardes de tranchées, tandis que treize Parrott de 100, 900 et 900 livres, tiraient à réguliers intervalles contre l'angle sud-ouest de la ' casemate du fort, et que VIrormdeB et huit monitors bat- . laientla foce de mer. Pendant la nuit les lumières de calcium
rendirent d'utiles services et éclairèrent la position ennemie jusque dans ses inoiiidres détails.
En trois h fiuatre heures le fort avait été réduit au silence. Sauf quelques coups de canon contre VIronsides et de temps en temps une nourrie et courte fusillade, il n'en sortit bientôt plus aucun signe de vie Pi esque toute la garnison avait cherché un abri dans la place d'armes voûtée.
Les sapeurs fédéraux en profitèrent pour avancer leurs travaux^ ne souffirant plus que du feu de flanc des batteries James. Enfin arrivés plus près du fort, ces batteries aussi durent cesser de jouer, pour ne pas tirer sur les confédérés.
A ce moment-la, le 5 septembre, les travailleurs des tranchées entrèrent dans une ])hase nouvelle et plus rassurante de leur pénible service. Us n'étaient plus inquiétés. Le 6, ils couronnèrent enfin la c()iilre?îearpe du flanc gauche du bastion £st, et l'assaut fut aussilôi ordonné pour le lendemain.
Il devait avoir lieu à 9 heures précises du matin, à la marée basse, afin de profiter de la plage à découvert. Le général Terry fut chargé de le commander en personne et de désigner les troupes qui durent y prendre part. Celles-ci en tout cas seraient fonnées sur trois colonnes, et agiraient comme suit :
1« Une colonne composé»^ Ir leux petits régiments (') d'hommes choisis ad hoc déboucherait des tranchées les plus avancées contre le front de mer, en escaladerait le parapet, ainsi que les traverses de la casemate, endouerait les canons et occuperait la gorge ;
2» Une colonne d'une brigade suivrait la première, déboucherait sur la plage par régiments, passerait tout le front de mer, un peu abrité par les berges laissées à sec, et irait attaquer le fort à revers, c'est-à-dire du côté nord et du côté ouest. La conversion serait faite par régiment.
9» Une autre colonne d'une brigade, laissée d'abord sur le front, suivrait la seconde, et, arrivée sur le front du nord, elle ferait face au fort Gregg, et se couvrirait par une bonne ligne de tirailleurs dans cette direction.
L'artillerie continuerait ses feux jusqu'à ce que les troupes fussent parvenues sur le parapet.
(1) OnuHdâe«ta6é|ioqu« Cdinptaieiat nvirottSOO kMttttM
Les pai'dos de tranchéf' demeureraient en réserve à leurs postes. Le reste de l'infanterie du prénéral Terry et rartillerie de campagne seraient sous les armes dès huit heures du matin, et se tiendraient, comme réserve ])rincipalc, à disposition du quart ier-fr(^néral entre la Vigii' ot Heacon-House.
Comme on le voit, le général < ■ 1 1 1 more avait tout simplement l'intention de capturer, avec le fort, sa garnison entière ; dans ce but spr^cial les dispositions étaient assurément fort bien prises. 11 restait toutefois à expérimenter préalablement si Tattaque et le mouvement tournant par la plagie réuââiraieiii mieux que les attaques échouées de front.
Les confédérés laissèrent le problème en suspens. Aussitôt qu'ils avaient vu, le 6 dans la journée, leur contrescarpe entamée, ils avaient décidé leur retraite, préparée depuis longtemps.
Un &it a.ssez marquant, survenu dans la nuit précédente, leur avait déjà donné de sérieuses inquiétudes pour leurs communications. Celles-ci, souvent menacées par le tir des batteries et de la flotte, ou par des excursions des chaloupes fédérales, l'avaient été plus fortement que d'habitude. L'amiral Dahlgreen, qui ne voulait pas laisser toute la tâche de la réduction de l'Ile Morris à l'armée, avait résolu de s'emparer au moins du fort Gregg et de la pointe Cumming.- Â oeteffet, après le grand bombardement du 5, il fit débarquer quelques escouades de soldats de marine sur L'ile à l'ouest du fort Gregg, pour prendre cette batterie par la gorge. L'obscurité fut de nouveau une cause de désordre et d*échec. Les lumières de calcium qu'un monitor fédéral démasqua pour guider les colonnes servirent autant à l'ennemi qu'aux assaillants, et oeux-d, criblés de mitraille, durent revenir à leurs einbarc8> lions sans avoir pu pénétrer dans les batteries.
Cette tentative sérieuse , malgré son issue, sur leS' revers des confédérés avait eu son efiet moral. Elle pouvait se renou* vêler, et, jointe aux progrès des fédéraux sur le fironi» mettn la défense dans de pénibles extrémitt's.
Aussi dès le 6 au soir le général Taliafero fit procéder à révacuation. Les canons furent endoués, les poudres noyées; quelques mines préparées, et^ malgré le bomlwrdement, ou
plutôt bùu^ \o rouvert de ce bruyant bombardement, left troupes des deux forts, au nombre de 1600 hommes, purent se repJier et s'embarquer sans être décoovertes.
Vers minuit seulement les canonniëres-Yedettes s'aperçurent de la retraite et prévinrent ie quartier-général. Elles donnèrent aussi la chasse et s'emparèrent de trois barques montées par 70 hommes. Les ouvrages et la pointe Cumming itarent immédiatement occupés par les fédéraux.
Les trophées de ce long et pénible siège furent 18 pièces de gros calibre dans le fort Wagner, et 7 dans la batterie Gregg; trois seulement étaient hors de service. U avait 'été lancé sur le £ort environ 3 mille projectiles.
Des préparati& pour aller plus loin, pour prendre possession du fort Sumter, furent aussitôt ordonnés de la part de la flotte et de Tarmée. Ce fut une vraie course au clocher entre les deux commandements , où malheureusement une déplorable rivalité eat plus d^empire qu'une patriotique émulation.
Dès le matin du 7 septembre Tamiral Dahigreen envoya au fort Sumter une sommation de se rendre, qui fut reftisée. Sur cela ta flotte se prépara à agir.
Dès la nuit suivante une expédition en* partit silencieusement pour enlever les décombres du fort Sumter. Elle se composait de 26 chaloupes, un monitor, et un vapeur, montés par 500 hommes, et se subdivisait en trois colonnes d'opération. Une de ces colonnes devait pénétrer par la gorge ; une autre par les embrasures du flanc de droite; l'autre rester en réserve. Le commandant du Patapsco dirigeait le tout.
De son côté le général Gillmore, qui disposait de quelques bateaux, avait également organisé une expédition semblable pour son propre compte , et quand il demanda à l'amiral Dahigreen d'associer les deux entreprises, des difllcultés s'élevèrent au sujet du commandement. L'amiral Dahigreen exigea, non sans raison, il nous semble , que puisque c'était essentiellement une affaire navale, dans laquelle la marine fournissait d'ailleurs un nombreux personnel, le commandement en chef devait lui revenir, et il <^it de fournir Tofileier le plus élevé en grade.
Il fallait cela pour maintenir le bon esprit dans le personnel de la flotte, ([ui commençait à être las du rôle en apparence secondaire qu'il jouait .'i rétrai-d de Tarmée de terre et de ses opérations contre le tort Wagner.
Le général Gillmore répondit rpi'il ne croyait pas que ce fût à la marine d'emporter des fortifications, et il offrit de se charger du soin d'enlever les obstructions du chenal ; à quoi ramirai répliqua qu'il n'avait pas proposé à Tarmée de faire ses travaux d'approche.
Cette controverse épigrammatique et ce défaut d'entente aboutirent à ce que Tannée céda la place à la flotte. Gillmore tint ses troupes â*expédition en réserve, pour attendre le moment &vorable d*agir.
Vers onze heures du soir les chaloupes et canots, remorqués par les vapeurs, avancèrent en dlence sur le fort Sumter, et, arrivés dans le voisinage immédiat de leur objectif^ les colonnes se dirigèrent à petits coups de rame sur les points qui leur avaient été désignés.
Depuis quelques jours la garnison avait été ehangée. Les artilleurs avaient été j-elevés pur le bataillon de tiraiileurs de Qiarieston du major IMake, sous le commandement supérieur du major Eliiott. Le service de sûreté n'en Cul jias moins bien fait. Vers une heure l'alarme fut domice par les sentinelles du fort; des fusées do signaux turent tirées, et le iV-u commença des batteries voisines, ainsi que de la frégate conf^ dérée Chicora.
La flottille fédérale, un peu déconcertée, n'avait que l'obscurité pour protection; elle se dissémina dans l'ombre. Sept barques néanmoins purent s'amarrer au fort et y jeter lôO hommes. Ceux-ci grimpèrent sur les quais, sur quelques relief, mais ils trouvèrent de tous côtés ou de nouveaux murs trop élevés pour être escaladés, ou des amas de décombres sans issues. Pendant que ces courageux pionniers d'avantgarde cherchaient en vain une brèche, le rade s'était éclairée par des fusées et par des feux à réflecteurs; la flottille, canonnée de tous côtés, dut se retirer à la bâte pour échapper à une destruction complète. Les hommes jetés surle fort Sumter
y forent tous pris ou tués, sauf deux qui miraculeusement se sauvèrent à Ui nage.
Pour recueillir ses erabarcations éparses l'amiral Dabi* green s'avança lui-môme avec quelques monitors, ayant son pavillon sur le Wee.hawken, et il bombarda vivement Sumter et Moultrîe. Ge dernier fut sensiblement endommagé , et vit sauter un de ses magasins. De son côté le Weehawken' s'échoua.
En résumé , cette nouvelle attaque navale avait manqué. L'armée , on peut le croire, n'en fiit pas très chagrinée par suite dos ciiconstances que nous avons mentionnées plus . haut. 11 est douteux cependant qu'elle eût fait meilleure besogne, soit à elle seule , soit en assistant la flotte, car ce qui empêcha la prise de possession de ronvrage , ce ne fut pas le manque de monde, mais l'impossibilité de tenir assez à couvert celui qu'on avait. Si 300 hommes seulement eussent pu être jetés dans le fort, et sMls avaient été munis d'échelles, de fescines, d'obus à la main pour aider à leur tâche, il est probable qu'ils auraient réussi à s'y loger pour quelque temps au moins.
Qu'y auraient-ils foit cependant sous le feu concentrique des nombreuses batteries des alentours?.... Us auraient été certainement ensevelis en quelques jours sous de nouveaux décombres, ou réduits k une nouvelle capitulation, à moins que la flotte ne se hâtât de faire taire ces batteries, en particulier celles de Moultrie d*une partetdeJohnson de Pautre.
De telles dispositions ne paraissaient pas être celles de ramîral. Il n'avait pas encore une seule fois osé s'avancer résolument , et depuis lors il resta presque complètement passif gêné tantôt par la grosse mer, tantôt par le brouillard, tantôt par les mesures de prévoyance de l'ennemi.
Des rapports d'une aigreur de plus en plus vive s'établirent entre les deux commandants des forces de terre et de mer, qui ne devaient pas aider à la bonne conduite des opérations.
Gillmore s'était établi dans les forts Wagner et Gregg, et avait tourné leurs embrasures contre la rade. La batterie Gregg était devenue un bel ouvrage fermé , sous le nom de fort Putnam. Les Ues Moris et FoUy étaient maintenant en sa
plcino possession , et il s'y retrancha de manière à pouvoir en distraire à la rigueur la moitié ou les deux-tiers de son monde pour une entreprise ultérieure.
Quelle serait cette entreprise?
Les tristes rivalités entre les deux chefs n*onl pas permis une réponse réelle à cette question , qui devenait cependant
capitiile dès la mi-septembre.
Le |^én<^ral Gillmore pressait l'amiral Dalilgreeii de franchir la passe et de pénétrer dans la rade. Mais rc plan-là ne pouvait alioutir fi grand'chosp d'utile et de détiiiilif. Ihiefois dans la rade , qu'y ferait-onV i*ourrait-on s'y promener à Taise sous le rcrrle de feu des batteries de côte? Il fallait délinir plus exactement un nouvel objectif, et procéder contre lui, soit de force , soit par approches , comme à l'égard du fort Wagner.
U nous semble que, pour le moment, le choix ne pouvait guère porter que sur deux points, ou le fort Johnson, ou le fortMoultrie, et quela marché rationnelle des opérations combinées consistait à agir successivement contre l'un ou rautre de ces'deux objectife, tout en empêchant la restauration du fort Sumter. Une entreprise d*un caractère moins technique et plus stratégique aurait aussi pu être tentée contre Charleston et le fort Pemberton par la rivière Stono ; mais il aurait &llu à Gillmore quelques troupes de plus, et nous ignorons si les mopitors pouvaient remonter la fleuve jusque devant Pemberton.
Nous inclinerions à croire que la meilleure opération qui se présentât alors était d'entreprendre sur l'ilc Sullivan et contre Moultrie juste ce qu'on venait d'achever sur l'île Morris et contre, le fort ^Vagner. Par la possession des deux presqu'îles, on parviendrait à s'installer dans le tort Sumter, et à réduire ensuite le fort Johnson, d'où les forts Ripley et Pinkney seraient ensuite battus etiicacement , ainsi que la ville s'il le fallait.
Au lieu de cela Dahlgreen ne parut avoir en vue qu'une chose, et qui étiiit difficile à obtenir. C'était de pénétrer dans la rade sans courir les dangers de Dupont, et d'arborer le dra-
peau do T Union sur le fort Sumter, le premier berceau de la
rébellion.
Les obstructions «jui entravaient la passe étaient, il est vrai, plus fortes et plu» nombreuses qu'en avril , et des torpoi]o^ mobiles arrivèrent même jusque sous les bâtiments fédéraux. Une d'entr'elles éclata sous Vlronside^, souleva et ébranla ce lourd bAtiment, qui sans son poids immense eût été gravement avarié. Il s'agissait en premier lieu d'enlever ces obstructions au moyen de petits bateaux ou de les rompre l»,-)?- f]es bâtiments de ^M"and poids et de grande vitesse , et, pour faciliter ces préliminaires, d'empècber les tirailleurs do Sumter de croiser leurs feux avec les batteries de Moulti'ie.
A la demande de l'amiral Dablgreen et sur les rapports des prisonniers et de déserteui's indiquant que les confédérés travaillaient activement à restaurer les défenses du fort Sumter pour artillerie et pour infanterie, un nouveau bombardement contre Sumter fut ouvert le 26 octobre, cette fois des batteries de Wagner et de Patnain , et contre la face du sudest, prenant ainsi à revers les casemates fusant front à la (wsse.
En quelques jours, cette face fut aussi complètement minée que le mur de goi^e ; les débris formaient une rampe continue de la mer au sommet de l'ouvrage. Si l'on avait voulu y loger quelques hardis volontaires fédéraux, la chose eût été plus faisable que jamais. On ne le tenta pas. Une attaque de la flotte blindée ne fut pas davantage essayée, à cause des obstructions. Celle-ci se mit & réparer ses vieux monitors avariés^ et à en attendre de nouveaux, annoncés de New-York.
Depuis les%premiers jours de novembre les opérations prirent un caractère de plus en plus passif, se bornant à une canonnade de temps en temps des forts Wagner et Putnam contre Sumter et contre la ville.
Par défaut d'entente entre les deux états4na|ors, on laissa ainsi s'écouler Tautomne et l'hiver sans foire aucun progrès. La campagne se termina en pointe, et son seul profit fut d'avoir resserré le blocus par la possession de la presquHe ClUmming.
Le &u de Vattaque et de la défense avait certainement été
serré et bien conduit au point dp vue exclusif du p<^nie. ^lais en dehors de cela la Uétbnso avait manqué d'initiative; avec une lorœ de terre relativement considérable elle n'avait su faire aucune sortie ni aucune opération oiïensivô pour empêcher les cheminenuMits d'attaque.
Un avantage moins direct de ces opérations, mais non niouKs réel, fut do donner, par les prodigieux travaux de tranchées et de battoi ies de Gilhnore, la mesure de ce que de telles troupe."?, bien commandées et bien secondées parla niurme, étaient capables d'effectuer.
Des travaux plus considérables avaient rarement été entrepris et aussi vite exécutés, dans les «guerres antérieures, sauf peut-être à Vicksburp. L'on n'avait jamais entr^autres démantelé d'aus«i solides forts et bombardé de place 'i d'aussi grandes distances. Lapnissatu-e des engins et dos constructions modernes s'est montrée dans tout son éclat par ce siège de Clharleston, dont il serait !>ipn désirable, pour l'instniction des artilleurs et des olïiciersdu penie, autant que des étals-majors, d'avoir une description teclmii|ue détaillée et précise, dressée sur les documents de l'un et l'autre camp.
Les fédéraux consti uisirent plus de iOO mille yards do chaussée, 4 mille yards de lipfnes et de tranchées, dont mille de parapets de fort relief; mille yards de ponts ; 3 mille de .palissade, estacades et abatis ; trois cents yards d'abris blindés.
Une de leurs constructions les plus curieuses, les plus utiles et les plus particulières , fut celle des vigies et des chaloes de vigies, soit pour le service des explorations, soit pour celui des communications télégraphiques aériennes. Cette instttutioa, empruntée à la niiu inc, prit peu à peu une grande extension dans le service de terre par suite des opérations combinées des troupes et des escadres. Complétées par un bon corps de signaux, perdes appareils de télégraphie électrique, parles ascensions en ballon , les vigies rendirent souvent d'éminents services et éveillèrent toute la sollicitude des états-mi^or». .
Le plus souvent ces vigies était rit fournies par le clocher d'une église, par le toit d'une haute maison, par une colline dominante, par un grand arbre, au haut ducpiel on dressait
robservatoire, consistant ordinairement en vai on deox téles^ copes, en drapeaux, pavillons, fusées, feux, etc., pour les signaux . Quatre à cinq hommes dans la règle y étaient attachés. Quand le pays n*offfait pas de sites de vigie il fallait en construire, et quand ils étaient à proximité de Tennemi, il ISullait les mettre à l'abri des surprises.
(7est ce qui dut avoir lieu dans le cas particulier des opérations de Charloston. Le fçérK^ral GiHmore fit dresser cinq échafaudages ou toui*s de vigie le loii^^ de ses lignes pour le ser\'ice de sûreté , do reconnaissance el de la transmission des ordres à ses divei*s corps, ainsi que des correspondances avec la llolle. En outre cette ligne fut mise en communication ttiut le long de la côte avec la station principale de Hilton- Head, centre orduiaire des correspondances avecleNor»! par les steamers. CeUe chaîne de vigies, du quartier-généi al à Hilton-IIead, ne cojii|»reiiail |ias moins de sept stations tenant une distance de 55 miiles. (Juel(|ues-uiies des tours atteignaient à la hauteur de \'AH {)ieds sur une hase de trente pieds carrés; elles étaient entourées de palissades et d'abutis (').
(D Pour d*antres détails teehniqnM d« cm opérations etparUc«dièrein«mpoitr
Iv's (Uinii.'es iiistriicll\ es i\t.'^ rapiioi is du colom'I Tui'iut, du colonel Serrell, chef du régiment du gt^nic, du capitaine Parker, de la marine, du mt^or du génie Brook et dM IteatMumts Suttr et M Ichle, nous Tenroyoïu nos loctovra i l'ouvrag» même du général Gtllmore, dont un oxfmplaii r rxi-ti> ati htitvau f.'déral d'artillerie d'Aarau, auquel nous en soituues redevable. Cette belle publication, malheureusement très incomplèia pour la paMitt non tadmique, contient anti^airtra» d*0«c»ll«nteB ortet et planches, & savoir :
1* Un levé à grande échelle de Charle&tim ot de& environs;
S* Une carte dea opératimwdn siège ;
8* Une carte des approches dn fort Wagner ;
4* Une Sfrtion id. hl.
&• U n croqxiis des ballûries de gaudtie ; <t» Dix-sept vues des fiirts et katlerles;
7* Pltuleiin ptandics rqirteeiMaat des canons Parrott de gros calibres, avant el
apivH «'xplosion ;
8* Planchesreprésentantdes Whitwortb, des pn^ecUlos confédérés, et des canons Ames en ftr Itaf^ ;
9* Six planches de travaux technlipies aoGonpagnsnlle rapport du major Brook; 10* Quartorze planches semblables accompagnant le rappoit du colonel Serrell.
I/inléressants extraits de cette ctrilection ont été aussi publiés en français et en alleoiand ; entr*autre8 dans 1e/oi(nt«rtd« formé» belge ; dans le Spe^atntrmUUaire p:ir M' V. K., et f ii allcm itid par le rapiuiii>' prussiL'ii Jacobl. Les deux ciLHniis que nuus donnons à la On de ce volume, reprodtUts avec de minimes adjonctions dn Sp^eutteur milifoiiw, sont «ux-nidiiies mie rédueUon améliorée des cartes prigtnalssdsGittiiiore.
L'automne et l'hiver de 1863 et 1864 s'écoulèrent sans opérations décisives devant Charleston. Au printemps 1864, le général GiUmore fut appelé à l'armée de Virprinic, et remplacé dans le Bépartemeat de la Caroline-du-Sud par le général Fosier.
Au croqxiis des attaques du fort Wa<jn
A. Grand abri blindé pouvant conUnir
IBOObamiiM*.
B. Porte do secours.
O. Batteries Hcqua.
Palissades.
Haie en 01 de for.
d'arbres.
Magasins à poudre.
Magasin A poudre et télégrapte.
Hnfterie Brown <1 «t. de droitp).
Iktiterie Brown (1/2 bai. de gauche).
cr doit correspondre la légende tatvuitia: M. Batterie Meada O. TnuaehéM blindées, r. Batterie de la mariM.
Batterie Reynold.
Batierie Wead.
Pont traversant le marais et conduisant aux batteries de gaucbe.
Bettertoa de mortier».
1" parallèle.
2"* parallèle.
3— parallèle.