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Campagnes en Tennessee et en Géorgie. — Raids malheureux de Streight en Géorgie et de Morgan dans rohio et rindiaua. ~ Bataille de Ghickamauga (i8 et 19 septembre 1863). — Le général Rosecranz remplacé par le général Grant. — Bataille de Chattanooga (25 noTembre 1863).
Noos avons laissé (*) les généraux Rosecranz et Bragg en présence l'un de l'autre après la bataille de Murfresboro et en quartiers d'hiver, le premier en avant de Murfresboro, le second un plus au sud, aux environs de Tullahoma et de Sbelbyville.
Le gros des années resta en inaction plus longtemps qu'on ne s'y attendait, Bragg n'ayant aucune intention de prendre roflTensive, et Rosecranz ne pouvant pas réunir, vules besoins pressants sur d'autres zones, les approvisionnements et les renibrts qui lui paraissaient néceesaires. Malgré les pressantes demandes du général Halleck, Rosecranz ne put s'ébranler que dans le mois de juin, n avait voulu auparavant s'assurer de deux conditions urgentes à son avis, et qui étaient :
1« Faire de Murfresboro une nouvelle base fortifiée et bien approvisionnée ;
2» Organiser une force de cavalerie apto à protéger la ligne de communication et à tenir tête à la cavalerie ennemie forte d'environ 8 mille hommes.
Ces deux préliminaires d'une reprise d'offensive pouvaient paraître en e£fel indispensables.
Le gros de Bragg, composé des deux corps Polk et Hardee,
<1) V«l«i diai^ XV, voL If, pas» tt.
était bien assis et retranché sur le chemin de fer Nashville- Chattanooga, son avant-garde à Yartrace, sa gauche à Shelby ville, ses réserves et ses magasins derrière le Duck-Hiver, à Tullohama, à l'embranchement du chemin de fer à Me Mmnsville. Son front était couvert d'une double ligne de crémaillères et de redans, ainsi que d'abatis; tous les passages des hauteurs encaissant le Duck-Uiver étaient garnis de redoutes. Sur ses deux ailes était répartie sa forte cavalerie, le général Weehler h Me MinnsviUe et à Sparta, sur la droite, et le général Forrest à Ck)luiDbia, sur la gauche. Plus à gauche encore, mais pouvant rejoindre, van Dorn battait la campagne.
Les divisions de cavaloric appuyées aussi à des retranchements, en débouchaient à chaque instant vers le nord, pour menacer les derrières des fédéraux et opérer des raids dans
le Tennessee.
Plus à la droite encore, l'infatigable général John ^forgan ne laissait également aucun répit aux garnisons fédérales du Kentuc]< \ t du Tennessee du nord-est. Au moment môme de la bataille de Murfiresboro il avait attaqué I^ehanon en Kentucky et y avait capturé quelques hommes, mais au prix d'une cinquantaine des siens.
Le 10 janvier déjà le général Wheeler était en ])leiiie opération sur les derrières des vainqueurs de Murfresboro. Le 11 il détruisait le pont du chemin de fer à Mill-Creek, & neuf milles seulement au sud de Nashville; le 12 il capturait et détruisait le steamer Charter sur le Cumberland à Harpeth- Shoals ('), et quatre Jours plus tard, au même point, quatre bâtiments fédéraux, dont la canonnière SUddel. Le 3 fôvrior, ayant continué sa route, il attaquait le fort Donelson. Cette position, bien défendue par le colonel Harding, arrêta enfin la course de Wheeler.
Sur Tautre aile Forrest menaça souvent Franklin et même les abords de Nashville. Une garnison fédérale de cinq régiments & Spring-Hill sous le colonel Cobum, y fut enlevée, le 5 mars, par Forrest et vanDom après un combat acharné,
(1) k peu près A mi-chemîA mira MuIitUI» et Gtarioville.
(2) Sur te ehMnin da ter, «t A ptaprte Aint'dNiatn «itt«OpkiiBibia«tFtiiiUtai.
dans lequel il y eut environ 400 hommes hors de combat de chaque c6té. Le général fédéral Granger s'avança à son tour contre van Dom, lerqeta au-delà du Duck*River et tint en forces Franklin et ses environs.
D'autres comhats eurent lieu, les 90 et 91 mars, à Waughts* Hill et Gottage^Grove, où agirent ensemble des guérillas de Whaeler et de Morgan. Une autre afbire secondaire eut lieu, le 25 mars, à Brentwood, où 900 fédéraux forent capturés.
Pour assurer les derrières et la gauche dé Rosecranz le gouvernement fédéral, à défout de cavalerie suffisante h lui envoyer, réorganisa le département militaire de l'Ohio, et en donna le commandement au général Bnmsidc, qui le prit en main le 98 mars , avec quartier-général momentanément à Cincinnati, n fit aussitét ouvrir l'offensive, et le général GiUmore, alors sous ses ordres, enleva la ville de Somerset au général confodéré Pegram, le 9i mars. Deux jours après, la caval^e de Morgan fot arrêtée à Snow-Hill, enKentucky, par le général Stanley, et perdit une centaine dliommes et 900 chevaux.
Le général van Dorn, sui la gauche des confédérés, reprit roffensive le 7 avril contre le général Granger à Franklin. Tandis qu'un corps tournant sous le général Wooddward s'en allait ju.Siiu a Clarksville et y brùUit deux steamers fédéraux, Saxonia et Lomll , une action s'engagea, les 9 et 10 avril, devant Fraiiklin, où, après diverses péripéties, les choses restèrent dans le même état, avec deux ou trois cents hommes perdus de part et d'autre.
En attendant ses renforts de cavalerie, qui toujours n'arrivaient pas, Rosecratiz voulut essayer de protéger ses derrières, en menaçant aussi ceux de son ennemi, et si possible de se procurer en môme temps des chevaux à ses dépens. A cet effet il organisa un raid de fourrageurs sous le colonel Streight pour opérer en Géorgie.
Celui-ci avec une brigade de c aaktie on d'infanterie montée, dont la moitié était à pied , partit le 7 avril de Murfresboro pour la Géorgie, soit pour Nashville. Là il fut embarqué sur le Cumberland, remonta ensuite le Tennessee, et fut
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débarqué près de Ttiscumbia en AJabama, où il rejoignit une division fédérale sous le général Dodge.
Après quelques jours d'opération en commun , le général Streight fut dirigé sur Rome, en Géorgie, par Moultonet Blountsville.
Le 90 avril, au sortir de Moulton, la brigade Streight commença à être vivement talonnée par un corps de cavalerie deForrest, sous les ordres du colonel Roddy, quis*étaSt avancé par la vallée de Gourtland. Plus loin la colonne fédérale trouva d*atttres forces ennemies sur son firent et sur ses flancs. Néanmoins elle continua sa route. Le l^' mai après-midi elle arriva à Blountsville et en repartit le soir pour Gadsden, sur la rivière Goosa, trajet qu*elie fit toujours en combattant, et en marchant peu rapidement.
Le colonel Streight espérait trouver sur le Coosa un \ apeur fédéral, qui aurait aidé à atteindre Rome. Lcvapour altemlu n'y était pas. En revanche rciinciui se ijiuiilr;nl i)liis agressif et de plus en plus nombreux. Le colonel Strci-lil lit prendre position , le 2 mai, près da la ferme Bloiinl, et il y livra un combat sun;j;laiit, où Tim de ses meillcui".s oflieit»rî;, le colonel Ilathawnv, fut tué. Vw détaclieinent do ^(X) liiuumes choisis fut envive en avant pour occuper Ilonie, tandis qu'un autre alla brûler la manufacture de jiiiinitii.ns de Uoimd- Mountain-lron-Works. Reprenant ensuite sa marclie dans la direction do Rome, la t olonne franchit à gué et avec beaucoup de peine deux atlhients du Coosa-IViver, elle eut le mallieur d'endommager presque toutes ses nuiuitions. Elle était arrivée, le 3, prés de Cedar-Bluffs et s y ét ait campée en deux masses juiur èln^ plus à l'aise, quand elle fut subitement assaillie par un feu très vif sur ses revers et sur sa gauche.
£n môme temps un parlementaire confédéré se présenta, demandant au colonel Streight sa reddition et celle de iout son corps, vu qu*ii était complètement cerné.
Celui-ci dut croire qu'il pourrait bien s*ôtre lancé dans une trappe. Il entama des négociations dans le but de s'orienter, et il accepta la sommation moyennant trois conditions :
1" Que tous ses hommes , ofllciers et soldats , consciTe-
raient leur propriété personnelle y compris lenrs armes dè
côté;
2" Que chaque régiment conserverait son drapeau ;
3» Que lui, colonel Streight, serait admis à faire le tour des positions ennemies, afin de contrôler Tassertion du parlementaire.
Les deux premières conditions furent repoussées et la dcflrnière admise. Le colonel Streight ût la ronde des lignes confédérées, et put se convaincre en effet qu'il était complètement entouré par des forces quadruples, avec huit piôces d'artillerie sur son liront, et des rivières sans ponts sur aes der* rières.
11 revint vers ses hommes , les rassembla , leur expliqua la situation critique, y compris la détérioration des munitions, et les engagea à la reddition demandée. En signe d^assentiment et de fidélité à la bonne cause quand même, trois vigoureux che$r8 furent poussés en l'honneur de l'Union, et la capitulation Alt signée. Toute la colonne fédérale Ait conduite à Rome; Pavant-garde n'avait pas pu y pénétrer, et fiit aussi prise en route. A Rome le général Forrest parola le tout, au nombre de 101 officiers et 1965 sous-ofiiciers et soldats, et non compris les médecins et les aumôniers, au nombre de onze, qui furent relâchés sans conditions.
Gomme on le voit, les raids ne se ressemblaient pas tous. Les brillantes courses que nous avons déjà mentionnées dans ce genre de guerre spécialement américain avaient aussi leurs déceptions.
Un autre raid, cette fois du côté des confédérés, et qui finit plus tragiquement encore, eut bien plus de retentissement par sa hardiesse, par son important théâtre et par la réputation de son principal acteur, le célèbre Moiï(an.
Avec une division de deux raille deux cents hommes, dont une batterie d'artillerie, Morgan se mit en route dès le milieu de juin. Ses pointes devaient aller jusqu'au-delà de rOhio , combinées avec les opérations offensives de Lee en Pensylvanie, et avec Tagitation des c démocrates de la paix » dans le nord, au sujet de la conscription et des dissensions de Vhàbeas corpus.
Le i7 juin une avant-garde de 200 confédérés apparut subitement sur l'Ohio devant Mauckport, franchit la rivière et s'empura de Ck)rydou, dans i'Iadiana, capitale du comté de Harrison.
Le général Morgan , qui devait suivre aussitôt, fut retardé par un mouvement offensif de Rosecranz , que nous verrons tout à rheure. Il ne se mit définitivement en route que le 27 juin. Ce jour-là il se porta de Sparta dans la direction du nord, en deux rolonTies, sur Livingston et vers le Cumberland. Le 2 juillet il surprit un poste à Burkesville et y passa le Cumberland. Un parti du général fédéral Hobson qui tenait la contrée avec deux régiments , mais en s'étendant jusqu'à Somerset, fut rejeté sur Jamestown, et Morgan put continuer sa marche au nord sur Goluuibia.
Là il repousse une avant-garde do la brigade de cavalerie kentuckicnne, et se dirige, le -i, contre un poste fortifié, tête de pont sur le Green-River. Le passage lui est vivement con. testé. Après un chaud engagement, qui lui coûte onze officiers, dont le colonel Ghenault , Morgan renonce à forcer la position, et il se dirige, par la droite, sur Lebanon. Il somme cette ville de se rendre. Sur le refus de son chef, le colonel Hanson, il attaque et enlève la place, après un sanglant assaut, dans lequel son jeune frère, le lieutenant Tom Morgan, est tué. La garnison fédérale, cernée et canonnée dans deux bâtiments lui servant de refuge, est finalement obligée de se rendre.
Si elle avait pu tenir quelques heures de plus elle aurait été sauvée , car le soir du même jour^ le 5, deux régiments de cavalerie de Michigan arrivaient sous ses murs. En outre la cavalerie de Hobson s'était concentrée, le 4, à Jamestown, et s'était mise aux trousses de Morgan.
Ces deux colonnes fédérales firent leur jonction le lendemain, et ne quittèrent plus les traces des coureurs confédérés , mais sans parvenir à les rejoindre en temps utile.
Le 7, l'avant-^^arde de Morgan avait déjà atteint l'Ohio à Brandensburg, et y avait surpris deux beaux steamers fédéraux à Tancre, le Alice Dean et le Me Coomhs. Le gros de la colonne y arriva dans la nuit suivante , el employa le 8 et le
9 à eflèctuer le iranafeit sur l'autre rive , opération un peu déraogée par des cancmnières fédérales et des tirailleure miliciens qu'il fidlut préalablement éloigner. Après le passage
les steamers furent incendiés.
Le 9 juillet la ville de Gorydon , dans Tlndiana , fut occupée; lamilice^ qui se mettait sous les armes, fut dispersée et parolée en masse, au nombre de trois mille et quelques cents hommes. Sans autre halte la colonne se dirige ensuite par Salysbiiry et Pahnyre sur Salem.
A ce dernier point ropérateur télégraphique consulte diverses stations pour avoir des renseignements, et Morgan apprend que de tous c6tés des levées et des concentrations de forces se faisaient contre lui. n y avait déjà 5 mille hommes à Indianopolis, et il en accourait d'autres par tous les trains; iO mille hommes tenaient New-Albany» trois mille hommes Mitchell , si bien qu'avec ceux sur ses talons depuis les environs du Gumberland, il n'avait pas moins de 26 mille hommes à dépister.
Cette rude tftche ne l'effiraya pas, et comme d'ailleurs il lui était plus iStcile d'aller plus loin que de revenir sur ses pas, il continua sa pointe, n crut bon toutefois d'en changer la direction, n tourna à droite vers l'état d'Ohio, ce qui n'était pas moins dangereux, car il se rapprochait de Cincinnati, où se trouvaient quelques forces disponibles à lui opposer, des levées k faire facilement parmi la milice, des chemins de fer k utiliser dans toutes les directrons, ainsi que des canonnières et autres steamers sur le fleuve.
Après avoir détruit passablement de ponts et (le viciduci de chemins de fer aux environs de Salem, de Scymour et de Vernon, et levé diverses contributions , Morgan se porta sur Versailles ; do là d.nis l'état d'Ohio par Harrison; puis, tournant autour de Cincinnati, il détniisit rpielques portions du chemin de 1er entre cette viiie et ï^lamilton.
Le 13 juillet au soir il refi^ila des éclaireurs fédéraux jusqu'à six h sept milles de Cincinnati; mais après cela il courut toute la nuit, et le 14 au matin il se trouvait à une vingtaine de milles à l'est de la grande cité de TOhio, ayant £ût, dans les 24 heures, plus de 100 milles de chemin.
Vers la voie ferrée, à Dennison, le gros de la troupe prit un peu de repos, tandis que des corvées allaient opérer leurs destructions et leurs mzzias dans les alentours. A Camp- Shady, un peu plus loin, des magasins et des vagons purent être capturés et brûlés. Puis la route se continua vers l'est, avec quelques escarmouches çà et ]h. Souvent des ponts furent trouvés rompus, les routes h.u-rées et coupées par les habitante. En somme aucun appui ne fut fourni h. Morgan par les populations. Aussi n'essaya-t«il pas de distinguer les opinions dans ses nombreuses expéditions de fourrageurs.
A Montgomén,', h Mianiiville, à Williamsburg, à Piketon, h Jackson il si.uii ilii u passage par d 93 destructions, des incendies, des retiuisitions, des sccnes de pillage môme, indignes de soldats civilisés. Les fourrageurs revenaient bien plus souvent avec moins de maïs et d'avoine que de bijoux, de rubans, de dentelles.
A Jackson, pour la première fois, depuis Corydon, la milice oppo.sa quelque résistance et grâce h ses barricades retint les confédérés, le 17, pendant 3 {\ 4 heures. La ville en fut punie piu- des razzias plus soignées, et parla destruction de la maison du journal républicain VElcndart. Le lendemain la milice du comté, en représailie, démolit la maison du journal copperhead V Exprci^!^ .
De Jackson Morgan envoya des détachements de droite et de gauciie, et cntr'autres sui- iJcrlin, tandis (jue le gros contintiait sa marche droit à Test. Les barricades et les ponts coupés, à défaut de défenses actives, obstruaient de plus en plus foutes les routes. La milice de Linesville entr'autres se distnigua par sa prévovnnm d'abatis, et essaya même de les renforcer de quelque tusjiladc. Elle eut en tout t as le succès de retenir les confédérés pendant deux heures, laps de temps précieux à ce moment-là.
Le 18 au soir le gros des confédérés campa près de Chester, où le pont sur le Shade-Creek fut détruit, et, le 10, il atteignît de nouveau la rivière vers le gué do Buffington-Island, situé un peu au-dessus de Pomeroy.
ba troupe était exténuée ; au lieu de chercher à la mettre aussitôt à couvert derrière la rivière, Morgan, suflisamment
satisfait de .s<3 trouver en vue de la rive virginienne, crut poiiviHi- s'an elpr, et il prit position sur les crêtes qui domincnt la rive droite de rOhio.
r.cs retards ( nie s.i marche des U'ois derniersjniirs avait subis par l'opposition de^s loealitf^s h traverser avaient été mis à profit par ses adversaires. Le télégraphe et la vapeur aidant^ des troupes avaient eoiivergé sur lui de tous côtés par les chemins de fer, par le fleuve, ainsi que des canonnières. Dès qu'il cessait d'être en mouvement elles allaient Tatteindre. r/est re qui arriva le 20 juillet au matin.
Tandis que le général Hobson avait constamment suivi se5=; traces, la brigade Shakclford en téte, et arrivait sur lui le 20 dans la matinée, une brigade, rapidement formée sous le général Judah, avait remonté TOhio de Cincinnati à Porstmooth, puis à Pomeroy, et Tattaquait sur sa gauche le 20 au matin. Deux autres brigades, sous les généraux Sanders et Scammon, arrivèrent en môme temps sur son front et sur sa droite, et six canonnières sur ses revers par la rivière.
Une lutte très disproportionnée s'engagea alors, qu'on a appelée bataille de Buffîngton-Island, dans laquelle Morgan se -vit bientôt serré de près et rejeté vers l'Ohio. Là il reçut encore le feu de ht canonnière Mooser, et toute sa troupe, sommée de se rendre, se débanda. Quelques-uns réussirent à franchir la rivière; d'autres forent pris ou se rendirent; d'autres, Morgan en tète, remontèrent le long de la rive, pour chercher ailleurs un point de passage. Mais les canonnières les suivirent, et trois fois leur feu empêcha la traversée.
Le 20, le gros de Morgan, acculé à Geiger&dreek, et sommé par le général Shakelford , mit bas les armes. Morgan luimême avec deux à trois cents hommes s'échappa encore dans la direction d'Eaglesport, où ilréussitàfranchirleMuskinghum.
Enfin le 26, Morgan, vivement traqué par leâ6^ Ohio et par la milice, rejeté sur un bluff escarpé près de West-Point, à mi-chemin entre Wellsville et New-Lisbon, se rendit avec le reste de ses compagnons, moins une cinquantaine qui, se jetant à Teau, réussirent à gagner à la nage la rive virginienne.
De la colonne (|ui avatl IVaiichi l'Obio à Brandensburg, les
8 et 9 juillet, deux cauls hommes au plus lu repassèrent. Tout le reste fut tué ou fait prisonnier. Le nombre des blessés fut relativement minime, car la fureur des milices défendant leurs foyers mis à contribution, pouvait difficilement être contenue.
La brif?ado Michigan en outre, munie d'une arme nouvelle, la carabme Spencer, se char^'eant par la culasse et à sept coups, fît subir de grandes portes b. l'ennemi, qui se crut souvent par ce fait en présence de forces beaucoup plus considérables; celui-ci du reste s'estait tellement encombré de butin qu'il était loin de l'aptitude au combat et à la course qui le distinguait à son départ.
Le général Morgan, qui s'était rendu au génér il Sliakelford, fut gardé deux jours par celui-ci, qui lui fit la courtoisie de lui laisser son épée, avec la liberté sur parole à Welsville. Après cela Morgan fut expédié à Columbus, où on le tint en prison rigoareuse, ainsi que son état-mijor. Il était question de leur fiiire vea procès spécial pour les rendre civilement responsables des dégâts qu'ils avaient ooînmis. Des journaux demandaient tout simplement qu'on les pendit comme brigands et pillards.
On en était à discuter ce qu'on ferait de la personne de Morgan, lorsqu'on apprit un beau matin, le 37 novembre, que l'intrépide cavalier et six de ses officiera avaient réussi à reprendre la def des cbamps, au moyen d'un souterrain creusé sous leur prison.
Deux des fuyards furent rattrappés à Louisvilley mats Morgan lui-même déjoua adroitement toutes les poursuites et attùgnii en parfidte santé les lignes confédérées, prêt à recommencer ses aventureuses entreprises.
Sous peu nous le retrouverons en effet dans la Viiginieocddentale, occupé à de nouveaux coups d'audace.
En attendant, nous pouvons maintenant quitter cette petite guerre pour revenir à la grande, à celle de Rosecranz et de Bragg.
Ce que nous venons de dire suffit à foire comprendre le besoin réel que Rosecranz devait sentir d'ime force suffisante
— Mo-
de cavalerie, pour oser s'aventurer hors do s* s i ctraiichendents et s'éloigner de ses matra^ins. Ayant cnîiii re'.-u une partie des renforts qu'il espérait, et qui turent placés sous les ordres du général Stanley, il se mit en mouvement la troisième semaine du mois de juin.
A ce moment son armée comptait environ HO mille hommes, et était repartie en quatre corps, à savoir :
i¥ corps, général Thomas ; divisions Rousseau, Negley,
Brannan, Reynolds.
âO* corps, général Me Cook ; divisions Davis, Johnson, Sheridan.
21* corps, général Crittenden; divisions Wood, Palmer,
van Cleve.
Corps de réserve, général Granger; divisions Granger et Steedman.
Corps de cavalerie, général Stanley; deux divisions,
Stanley et HitcheU.
Chef d'état-major, général Garfleld.
Chef de Tartillerie, colonel Barnett.
Chef du génie, capitaine E. Merrill.
Chef de l'ordnance, capitaine Porter.
Chef quartier-maître, lieutenantcolonel Hodges. Chef du commissariat, lieutenant-oolonel Simmons. Dans la division Brannan du 14* corps se trouvait une brigade particulière, la brigade Wilder, dite d'infanterie montée, et toute armée de carabines Spencer à sept coups.
Plus k gauche Bumside, qui disposait de SO à 35 mille hommes, devait s'avancer simultanément sur Gumberland- Cap et sur KnoxviUe.
Les routes qui menaient des positions -fédérales sur celles des confédérés étaient au mmibre de six principales, à savoir, en allant de la gaudie fédérale à la droite :
1* Celle par Me Minnville sur TuHahoma, la plus longue, environ 75 milles, et très mauvaise aux environs de Manchester.
2' La i^randc route de Manchester , pa.ssaut les mon Lignes au col de Hooverset le bas terrain, les « Barreus à la gorge resserrée de Matts-Hollow ;
3" Ln roule de Wartracc h tiavers le roi Liberty et rejoignant lé rhemin de fer par le roi Ii«'UluK kle :
4" La frrantle roiito d.^ Sliclityville ;i travers le col de Guy;
5" Le chemin tic Middldon, très mauvais;
6" Les routes de Versailles sur Shelbyville et Triune, plus planes et sans défilés.
ToM=^ 1rs pas-^aj^es étaient tenus par l'enneiiii plus ou moins fortorneiit. Crux r*tn<iiii*iaîTt sur Shelbyville étaient les mieux gardés, et môme un champ de bataille avait été réservé et arrangé aux environs de cette localité.
Le général Rosecranz résolut de ne point satisfaire aux désirs de son adversaire, de ne pas lui livrer une bataille de £roiit, mais de tourner la position par une des ailes, et il choisît pour cela l'aile droite confédérée.
A cet elTet il fit des dt-monstralions, dès le 19 juin, sur la gauche de Bragg, sur les routes de Shelbyville et de 1 riune, tandis que son gros s'apprêtait à se mouvoir dans la direction opposée.
Ces premières diversions eurent leur plein effet. Bragg non-seulement affaiblit sa droite, mais appela à lui le corps de Bukner, qui veillait, dans le Tennessee-oriental, aux mouvements de Burnside.
Dès le S3 juin les opérations furent activement poursuivies dans le même sens. Le corps du général Granger, renforcé de la division Brannan, et la division de cavalerie Mitchel, . s'avancèrent contre Salem et Shelbyville aussi bruyamment que possible, et sans autre bagage que dix jours do rations par homme. Les deux colonnes arrivèrent le soir à Fétape in* diquée, Mitchell après un vif combat.
En même temps la division Palmer, avec une brigade de cavalerie, se porta à gaucho sur Bradyville, par Cripple- Creek et Readyville, et son avant-gurde s'empara de rentrée d'un défilé menant à travers les « Barrens », sur un chemin de- traverse entre Manchester et Lundley-Station.
Tout le reste des troupes rerut l'ordre de se mettre en marche dès le lendruuiin, avec douze rations de pain, café, sucre et sel, et six do viande par homme. Le gros sui\ rait Palmer en plusieurs colonnes. Le détail du mouvement fut
donné dans uno réunion do tous les cheis de corps au quartier général l6 23 au soir, comme suit :
Le corps du général Granger s*avancorait sur la route de Middleton, menacerait cette ville, pendant que la division ' Brannan filerait à gauche sur Ghristiana.
Le 20" corps, Me Gook, s'avancerait 4*abord sur la route de ShelbyviUe, puis tournerait à gauche sur Millershurgavec deux divisions, dont Tavantpgarde irait, par la route de Wartrace, 8*emparer du col Liberty. L'autre division s'avancerait d'abord sur Fosterville, couvrirait le mouvement de flanc de la division Brannan, venant de la route de Middleton, puis rejoindrait par Ghristiana le reste du corps.
Le i4p corps, Thomas, s'avancerait par la route de Manchester, s'emparerait si possible du col de Hoovers, et bivouaquerait de manière à couvrir sa route et celle do Millers* bur^;, et à rester on communication avec Me Cook.
Le 21" corps, CriUciidfo, laisserait la division van Cli-vc en réserve à Murfresboro, cf porterait les deux autres divisions sur la gauche à Bradyviiie, où elles attendraient de nouveaux ordres.
La brigade de cavalerie Turchin prolongerait cette gauche et reconnaîtrait les environs de Me Minnvillc.
Le gros do la cavalerie sous Stanley resterait en réserve sur la route de Shelby ville, rallierait Mitchell venant de Versaîlles, et attaquerait la cavalerie confédérée ;aux environs de Middleton.
Le quartier-général serait à Me GiUs-House, vers l'embranchement de Rig-Spring.
Ges dispositions, qui dénotaient les talents déjà connus du général Garfield comme chef d'état-major, furent aussi bien exécutées que conçues. La brigade Willich, avant- garde de Me Cook, s'empara de Liberty-Gap, en même temps que l'avant-garde de Thomas, brigade monti'je "Wilder, saisit Hoovers-Gap. ^'avançant bravement dans le défilé, long de trois milles, Wilder l'occupa en L iilior, et ses rapides feux de Spencer lui permirent de tenir la position conLi'e deux in-itrades ennemies, jusqu à ce que la division Ileynold l'eut rejoint. Il
put même s'emparer d'un poiU sui le Garnson-Greek, qui ouvrait le débouché sur la bonne route de Fairfield,
Ainsi le 23 au soir la principale difficulté de Topération se trouvait surmontée.
Pour le 24 les mouvcmeiils fni iMil Di fiunnés dans la double hypothèse que rennerni pourrait résister de front devant Me Cook, ou se conceotrer sur le flanc du 14" corps, près de Fairfield.
A cet effet Oranger et Stanley continueraient k entretenir rennerni vers Cbiistiana et Forsterville.
Me Cook ferait des démonstrations au-nlelà de Liberty-Gap contre Wartraoe.
Thomas attaquerait les confédérés en position sur son flanc et les rejetterait sur Fairfield. Slls se repliaient sur War^ trace» il les ferait suivre par une division, et porterait les autres sur Winchester. Me Cook laisserait un rideau en avant de Liberty-Gap, et ferait filer tout son corps plus à gauche sur Beech-Grove et sur les traces de Thomas.
Grittenden s'avancerait sur Lanon&Stand, six milles à Test de Beech-Giove, et s*y mettrait en communication avec Thomas.
Ges mouvements du 25 s'exécutèrent aussi convenablement que ceux de la veille, malgré une pluie torrentielle et incessante, qui retarda quelques corps, la division Brannan entr^autres, et ralentit forcément la marche.
La journée du 96 Iht employée à terminer la tâche. Les divisions Rousseau, Reynold et Brannan rejetèrent l'ennemi vers Fairfield, tandis que Negley et les bagages s'avancèrent sur Mandiesler, précédés par la brigade Wilder, qui s'empara à temps de la gorge de Matts-HoUow.
Le 5n le quartier-général s'établit à Manchester avec les deux divisions Reynold et Negley. Le reste du corpe de Thomas arriva dans la nuit
Le 98 la position ennemie de Wartrace et ShelbyviUe était donc tournée. La marche, semble-t-il, aurait dft toe continuée immédiatement sur Tullahoma, afin d'attaquer la base même de Bragg et de mieux tenir encore les communications de celui-ci. Rosecranz ne l'osa pas. Il voulut se concentrer.
distribuer ses rations et se préparer pour le combat, pendant que Bragg viendrait Tattaquer. n se borna & lancer Wilder en avant vers le chemin de fer pour y brûler le pont sur l'Eilc-Rivery entre Decherd et Cowan. Le 28 le corps Ho Gook rejoignit à son tour oelui de Thomas. Mais les affreux chemins retardèrent la queue de la colonne et les trains, qui n'arrivèrent que le 29.
Le 30 les troupes prirent position soit pour U bataiUe attendue, soit pour s'avancer en ordre de combat contre Tullahoma.
Le général Me Gook prit la droite, à Grumptons-Creek, avec deux divisions &ck échelons en première ligne, et une division en réserve.
Le général Thomas tint le centre, à Goncord^-Church et Boha-Gross-Roads, et le général Grittenden la gauche vers Halls-Ouipel.
Une dizaine de régiments forent envoyés en reconnaissances détadiées cà et là, et dans la nuit ils apprirent que Tennemi était en i^eâne retraite.
La veille d^à Bragg avait évacué Shelbyville devant les attaques de Stanley et de Granger, et il venait de quitter précipitamment Tullahoma. Dès le moment où le col de Hoovers avait été enlevé par les fédéraux et où ceux-ci étaient arrivés à Manchester, il ne lui était resté que deux alternatives, ou marcher u leur rencontre ou se repUer sur Chattanooga. C'est ce dernier pai Li qu'il adopta, et le 29 iareliaiLe i'ut commencée.
Rosecranz fit aussitôt occuper Tullahoma le l'''" juillet, où il recueillit une grande quantité de provisions qui n'avaient pu être détruites. La poursuite fut confiée aux deux divisions Negley et Rousseau, qui aperçurent i ai rière-garde confédérée au pont de Bftiijia;/^, ni.us qui en furent tenues à distance par l'artillerie derrière des épaulements. Pius à droite la division SluTidan coopéra aussi à la poursuite par la route à l'ouest du chemin de fer. Mais arrivée au gué de Rock-Creek, elle trouva l'Elk si enflée , et en môme temps défendue sur l'autre rive, qu'elle ne put aller pins loin.
Le 3 juillet la marche en avant put être reprise. L'ennemi
avait (le ravance, et le lendemain on le perdit de vue. Il traversa les montnîxne?; de Gumberland et alla s'établira Ghattanooga môme, où il s'occupa aussitôt de sa créer une nouvelle position.
La campagne, quoique courte, avait Hé bien conduite et féconde. Bragg avait dû évacuer précipitamment une position retraneh(*'e très forte, et en laissant aux fédéraux, pour prix de leurs bonnes manœuvres, 1000 prisonniers, onze pièces de canons et beaucoup de matériel de campement. Hosecrauz de son cùté n'avait perdu dans les diverses escai'mouches qu'environ .500 hommes.
Peut-être aurait-it tait mieux encore en s'alistonanl de s'arrétor deux jours de trop à Mancbester. S'il avait \m, et nous croyons que c'eût été possible, marcher sur Tullahoma en forces dès le 28, ou si seulement Wilder avait réussi à détruire le pont sur l'Elk, la situation de l'armée en retraite fût devenue des plus critiques, et itosecranz aurait pu se procurer sur elle des succès bien plus considérables que ceux qu'il obtint.
Quoiqu'il en soit, ce qu'il avait fait était dcjfi fort méritoire. Tout le Tennessee se trouva évacué par les confédérés. La cojilréo où il venait d'opérer, connue sous le nom de Suisse américaine, reçut ses soldats en libéraleure, car ce coin de pays était toujours resté fidèle à la cause de l'Union, et forjTiait comme une sorte d'enclave libre et loyale au milieu des ^ états esclaviigistes.
Rosecranz, après avoir dû cesser la poursuite par manque d'approvisionnements, réorganisa ses lignes, en prenant position de Me Minneville à Winchester, avec avant-gardes à Pelham et Stevenson. Lui-même établit sou quartier-général h Winchester, et porta ensuite son avant-garde Jusqu'à Bridgcport.
Quant au gros, il retomba dans l'inaction pendant cinq à six semaines, employées seulement h refaire le chemin de fer principal jusqu'à Stevenson et liridgeport, avec l'embranchement de Tracy-City, et à concentrer suffisamment d'approvisionnements dan»» ces localités, qui devinrent de nouvelles bases, pour opérer contre le noavel objectif.
La contrée de Chattanooga est déjà connue de nos lecteurs pour son importiince stratégique, dont nous avons eu l'occasion de parler antérieurement, à propos des plans d'opérations dans l'ouest. C'est le St-Gothard américain, le j)rincipal débouché du Nord-Ouest dans les plantureuses campagnes de la Géorgie et de TAlabama.
Elle a encore cette importance particulière qu'elle renferme de grandes richesses minières, particulièrement en houilles et en salpêtre, qui étaient précieuses aux confédérés.
La petite ville de Chattanooga est située sur la rive gauche du Tennessee, à l'embouchure de la vallée de Chatanooga. Celte vallée, au fond de laquelle coule le ruisseau de môme nom, est formée vers l'ouest par les montagnes de Lookout, crêtes abruptes do 2400 pieds d'élévation, et, vers l'est, par les collines de Missinnarv. Ces dernières forment encore de Tautre côté, avec les Montagnes-Pigeon, la vallée de Chickamanga, parallèle h la première. Les deux val h t sortent du même noyeau, le Me Lemore-Coye, entre les ciéles de Lookout à l'ouest et de Pigeon à l'est. A. l'ouest de la vallée de Chatanooga court presque parallèlement la vallée de Wills, entre les montagnes Lookout à l'est et Sand ou P»arcnon h Touest, vallée traversée |:>ar un embranchement de chemin de fer allant sur Trcnton et devant se continuer sur Tuscaloosa en Alabama. Au sud-est de Chattanooga, sur le chemin de fer de Coorgie, se trouve Hinggold, à 18 milles, à un col des Fancy-Rocks ; puis Dalton, à une quarantaine de milles^ k l'embr uichement du chemin de fer du Tennessee oriental, venant de KnoxviUe.
Pour arriver des positions de Rosecranz sur celles deBragg, il fallait donc franchir trois à quatre chaînes de montagnes et autant de vallées, y compris le Tennessee, large d'environ un kilomètre. La tâche n'était donc pas des plus faciles.
I^e 1G août le mouvement commença comme suit:
Le 21 « corps, Crittenden h gauche, fut dirigé sur la vallée de Sequatche, vallée longitudinale des montagnes de Cumberland, séparée de la vallée du Tenessee par les crêtes Waldens. Le corps Crittenden y marcha en tfois colonnes ; van CSeve, moins une brigade laissée en garnison à Me Minne-
ville, par Pikeviîlo et le haut de la vallée ; Palmer de Manchester sur Dunlop; Wood de Hilisboro par Pelham sur
Thurman .
Plus à gauche la cavalerie du colonel Minty ge porta de Sparta sur Kingston, puis dQ làsur Pikeville.
Le i¥ corps, Thomas, marcha en deux colonnes ; Reynold et Brannan d'University à Battle-Greek ; Negley et Bairdsur Tantallon et Anderson.
Le 20" corps, Me Gook, marcha aussi en deux colonnes, une sur Salem, Larkins-Ford et Bellefont ; rautreparMount- Top et Grow-Greek vers Stevenson.
La cavalerie, sur Textréme droite, par Fayetteville et Athènes.
lie soir du ^ août ces mouvements étaient effectués, au prix de quelques escarmouches seulement, et l'armée était arrivée sur la rive droite du Tennessee, en face de Ch'attanooga. Quelques obus furent lancés sur la ville, qui y jetèrent passablement de confusion.
Il s'agissait maintenant de franchir la rivière, et l'on travailla à établii les ponts nécessuii e» à Gai perton-Fcriy et à Bridgeport, ainsi qu'à recueillir des bateaux et des radeaux à Schehnount et à l'embouchure du liattle-Gi'oek. On couronna aussi les hauteurs dominantes de quelques batteries
Ces prclimirraires et 1- pussage lui-môme durèrent jusqu'au 4 septembre. La brigade des réguliers fut laissée à la garde du chemin de fer à Stevenson, sous le commandement du colonel Sanderson, en attendant l'arrivée de la réserve de Granger. Le reste continua à se porter en avant en 5 à G colonnes, à travers les montagnes Sand et Lookout et par un ample mouvement plus à droite.
Nouvelle singularité, Bragg ne fit rien pour déjouer ces opérations délicates. Afin d'éviter l'artillerie de la rive droite, non-seulement il évacua Chatanooga, mais il n'essaya pas de contester la prise de possession de la rive gauche du Tennessee. Il se borna à aller prendre position plus en arrière, sur le Chickaraanga, aux environs de LaFayette, et ày rallier des renforts qui lui arrivaient de divers cétés.
' Le gouvernement de Riehemond avait eomi^ris l'avantage de rester maître de la zone de CSiattanooga, et il y avait ordonné une grande concentration.
Les forces de Bragg forent augmentées de cinq brigades de LongBtreet, avec ce général lui-même, envoyées de l*armée de Virginie par chemin de fer jusqu'à Binggold ; de quatre brigadesdeJolinston venant du Mississippi, et du corps de Buckner, replié du Kentucky et des environs de Cumberland- Gap devant des opérations bien conduites du général Bumside.
Pour le 9 septembre et les trois ou quatre jours suivants le général Bragg avait résolu une offensive contre les corps alors séparés de Rosecranz ; mais par suite d'insubordination de deux de ses lieutenants, tio ilill entr'autres, les ordres ne purent être exécutés en temps opportun. Sous une apparence de bonhomie et d'honnête iVunehise Bragg était enclin à une humeur chagrine et querelleuse qui le rendait odieux, parait-il, à tous ses subordonnes nninediats. Souvent d'heureuses inspirations restèrent sans résultat par le peu de confiance et de dévouement qu'il avait su inspirer aux chefs de corps chargés de l'exécution.
Ces essais d'olTensive ne servirent qu'à renseigner enfin Rosecranz sur la position de l'eiuiemi près de La Fayette, tandis qu'il l'avait un moment cru en retraite dans la direction de Rome. Ea conséquence il se concentra à son tour. , Le 17 les deux armées se trouvaient en présence sur les deux rives du Chikamauga. Rosecranz, sur la rive occidentale, avait sa droite vers le haut de Me Lemore-Gove, sa gauche vers Gordons-Mill, et ses réserves étendues vers Ghattanooga et Bridgeport, c'est h dire derrière sa gauche, sur une espace d'une^dizaine de milles.
Bragg résolut sagement d'écraser cette extrême gauche, et à cetdTet il fit ouvrir sa marche au-delà du Chikamauga sur la direction de Cbattanooga par la division Walker. Rosecranz, avisé à temps, fit Cidre à tous ses corps un mouvement par la gauche pour mieux couvrir sâ ligne de retraite, et il porta, le i8, sa droite où était précédemment sa gauche à Gordons- Mill, et sa gauche vers la route de Rossville à Ringgold. TOMB n. i7
Le 49, à 40 heures du matin, Thomas s'engagea avec la division Walker, et bientôt l'action se généralisa aur tout te front. Elle eut ses péripéties habitaelles. Walker gagna d'abord du terrain et enleva quelques pièces à la division Brannan; mais ensuite, pressé par des forces supérieures, il se retira avec perte. Ce fut surtout sur la gauche et sur lo centre des fédcmux que le feu fut le plus vif. La canonnade etlafiisillade s'y déroulèrent sans Interruption d^uis deux heures après midi jusqu'au soir. La nuit mit h peine lin à ce duel, qui laissait TalTairc indécise et n'était qu'une préparation pour le lendemain. Thomas, renforcé dfiS divisions Johnson du 20* corps et Palmer du 21% avait en somme maintenu son terrain sans désavantage.
Le canon, autant que les otndres, avait fait concentrer les réserves et les nanqueurs d'une et d'autre part. Granger s'était avancé de Chattanooga vers Rossville, et les derniers GOips virginiens de Longstreet débarqués à Ringgold, étaient accourus dans les lignes confédérées.
La nuit du 49 au 20 lut employée, des deux côtés du Ghikamauga, à préparer une chaude action.
Rnsecranz réunit >^es che& de corps à son quartier-général de Widow-Glenns'House, qui, après de longues discussions^ repartirent à minuit munis d'ordres verbaux et écrits pour agir comme suit :
L'armée fédérale resterait en défensive et en place» en prenant seulement une position plus concentrée vers la gauche. Me Cook tiendrait la droite, son aile droite refusée et couvrant Wido^r-Glenn; il se rapprocherait de Thomas tout en laissant ses avant-postes en place. Grittenden aurait ses deux divisions en arrière du centre en réserve ; Thomas resterait à gauche dans les mêmes lignes et toujours renforcé des deux divisions Johnson et Palmer. Il mettrait Brannan en réserve, se reUant à droite avec Negley, qui, dans sa position de la veille, pouvait aussi servir de réserve vers le centre.
Le gros de cavalerie couvrirait l'extrême droite ; Granger formerait la réserve principale vers Rossville. Des abatis et des épaulemonts furent aussitôt établis devant les lignes de Thomas.
Du c6té opposé Bragg avait aussi pris ses dispositions et réorganisé tous ses commandements. Il divisa son front en deux grands corps, en deux ailes, et, tnettant HiU en sousordre, ii donna l*aiie droite à Polk , la gauche à Longstreet. L*aile droite comprenait quatre divisions, à savoir les deux divisions Cleobunio et Breckinridi^e, du rorps do llill ; la division Cheatliain du corpà Je Pulk, et lu division Walkerde l'armce du Mississipi.
T/aile pauche comprenait six divisions, les divisions SU'warl, PrcsLuJu Hnsbrod ctJohnson du ooips de Buckner, la division Hindmaiiii, de Polk, et les divisions Ilood et Me Law de l'armée de Vijginie. Ces dernières, sans artillerie ni transports, étaient de faillie elFectif.
L'ordre de Ijataille fut formé comme suit, de la droite à la gauclie, et par divisions :
En itreinière ligne Breekinridge, Cleebume, Cheatham, puis Stewart, Ilood, Hindman et Preston.
En seconde ligne et en réserve les autres divisions, à savoir Walker sur la droite et Jolmson et Me Law sur la gauche.
A l'extrême gauche, la cavalerie de Pelgram, qui avait peu de chose à faire sur le terrain coupé et l>oi8é de la vallée de Ghikamauga.
La vignette ci-<ïontre peut donner une idée approximative des positions (vdr page 260) :
CrittendAU
Mç Cook
Thomas
RuiMCau Vhikamauya
Petgran
Longstreet t «
Polk
Ji
] niNGGQLD
KnoacvUU