DALTON
Chemin
L'intention de Brafjjj: tétait d'attaquer sur toute la ligne, mais il comptait j)his spériolement sur Longstrect pour taire effort contre !;< di oitedea fédéraux, pendant que Polk les entretiendrait >ui- leur front et sur leur f^aiu he.
L'attafjue devait commencer sur ce dernier côté, et des ie poiul du jour. Pur suite de divers incidents les troupes de l'aile droite ne furent prôtes à ouvrir l'action ([uo vers 10 heures du matin A ee moment aloi :^, et après quelques feux de tirailleurs et de batteries, les divisions Breckiiiridge et Cleeburne s'avancèrent bravement contre les aliatis de Thomas. Elles en enlevèrent quelques-uns , mais elles durent ensuite s'arrêter devant la mitraille qui les déc imait. Chcatham suivant le mouvement vint h leur aide; l'attaque ne fut pas plus lieureuse. Thomas résistait avec vigueur.
Dès qu'il avait vu s'avancer les masses ennemies, il avait avisé llooker et demandé du renfort à plusieurs reprises. La division Negley lui avait été envoyée, puis la division Wood, cela seulement après beaucoup de lenteurs, et grâce à des efforts redoublés de la part du général Uosecranz pour faire bouger ces divisions, par suite de malentendus entre les trop nombreux états-majors servant de rouages intermédiaires. GrAce à ces renforts et à son excellente position, Thomas put refouler les attaques, et m^me ?i sou tour se porter en avant et menacer la droite de Breckinridge. La division de ivsen'o confédérée Walker fut lancée sur ce point, où elle îétablil I ef^aiile du combat. .\ midi toute la droite confV dérée était engagée, sauf une brigade de Walker et une de Clieatham.
Polk avait déployé une telle énergie que Thomas crut avoir toute l'armée confédérée sur les bras, et celui-ci envoya ai dede-camp sur aide-de-camp à Rosecranz pour obtenir de l'appui.
Rosecranz ^ [m i h cupant aussi de sa gauche, y fit appuyer d'abord les deux divisions Ncgler et Wood sus-mentionnées,
(1) D«« négligences iiTiparr1onnabk>& de Polk, dit Bmgg dons son i-apport, catt> sArenl ce relard. acciis.ition dont Polk se jtistifla en rejetani U toute sur le conkmandanten ch«-r lui-même, qui avuit mal urdonnê l'enapleeenuai des 0X.trtinfté» d-s niics. (i<j t<'ii<< sorte que la giiuche de r:iii(> <tr')it<> serait «rrivée dMiB 1» droite de l'aile ijaucbe. La reoUfication prit plusieurs heures.
6t fit serrer toute sa droite vers Thomas. Cette droite avait dès Voriginc pris des positions trop étendues, ainsi que Crit-> tendon en réserve. Rosecrans, en les inspectant le matin, ordonna de les rectifier pour une plus forte concentration sur la gauche.
Ce mouvement était à peine terminé qu'il le fit continuer pour parer au vide laissé i>ur Negley et Wood au centre^ et satifi&ire aux demandes pressantes de Thomas.
Dans tout cela on n'avait pas compté avec Longstreet. Celui-ci, conformément aux dispositions ord<mnéesy n'avait ouvert ses feux qu'une heure après Tattaque de Polk. U ne les prologea pas trop, et marcha bientôt en colonne sur les troupes de Me Gook.
Celles-ci, surprises dans leur marche de flanc, flirent malmenées dès le début et durent l&cher du terrain. La division confédérée Hindman, pénétrant dans Tintervalle bôssé au centre des fédéraux par la division Wood, qui, chargée d'aller appuyer Reynolds à sa gauche, s'y était rendue en se retirant de la ligne, prit en flanc la division Davb, déjà vivement pressée de front, et la mit en déroute. La division Sheridan, accourant au secours de Davis, eut le même sort, ainsi que la division van Qeve.
Les masses de Longstreet étaient trop prépondérances pour être arrêtées. Tout ce qui restait de la droite 0, du centre se dbsipa devant elles, et s'enfuit sur Rossville et Chattanooga, entraînant dans le courant le général Rosecranz lui-même et tout son état-mi^or.
A Rossville les lignes se réorganisèrent un peu. Sheridan, un des premiers reformés, conduisit de nouveau sa division en avant, conjointement avec la réserve de Oranger. Davis se reforma aussi et rentra en ligne. L'ennemi arrêta sa poursuite, d'autant plus que Thomas tenait toujours son terrain.
Après avoir présidé à ces arrangements, Rosecranz se rendit à Chattanooga pour veiller aux mesures de retraite et k l'envoi en avant des munitions, qui commençaient à faire dé- &ut. n prescrivit à son chef d'état-raajor, général Garfield, de fidre avancer Davis vers la droite, et de se rendre avec tout le reste au secours de Thomas.
Celui-ci luttait avec plus de ténacité que jani i s. Ses six divisions avaient niainlcnrmt h faire non-seulement à Polk, mais encore à Longstrcet, qui les pressait sur leur flanc droit. Heureusement que ses positions étaient naturellement fortes, et qu'il avait pris gi^and soin de les renforcer, toute la nuit précédente, de barricades de troncs d'arbres et d'épaulements. 11 sema ia mort dans les rangs des assaillants par des feux nourris, suivis de charges à la bayonnette, qui repoussèrent plusieurs fois les confédérés au pied des pentes. Il avait dû finalement faire firont de tous les c6tés, et il se défendait comme un lion dans sa tanière.
Longstreet, continuant sa manœuvre du matin, porta deux de ses divisions sur la droite de Thomas, tenue par la division Brannan, et la refoula. U allait s'emparer d*un col sur une hauteur d*oti il aurait débordé toute l'armée fédérale, loraipie fort beuireusement était arrivé à Thomas, dans ces entre&ites, le secours de Granger.
Ce général, qui venait de la gauche, avait d'abord été aux prises avec de nombreux tirailleurs. Sans s'arrêter à eux, il avait laissé pour les entretenir la brigade du colopel D*Mc €k)ok, et lui, avec le reste de son corps, doit ia division Steedman, il avait continué k marcher au canon. Aussitôt qu'il se Ait annoncé à Thomas, celui-ci lui fit dire de se porter sur sa droite, où fi voyait avec douleur les progrès mena^^ts de l'ennemi. Granger ne perdit pas de temps à exécuter cet ordre, oti l'appelait d'aUleurs le bruit le plus vif du combat.
Ea arrivant à portée fi vit la division Brannan se repliant, et les colonnes confédérées s'élançant vers la colline de la droite, désipnée par Longstreet pour un mouvement décisif, et tenue déjà [*.u une faible avant-garde. Granger cumprit l'importance de prévenir l'ennemi sur ce point d'une si haute valeur. Le général Steedman saisit lui-même le drapeau d'un de ses régiments, et, lui en t(^te, mena sa division à l'assaut de la hauteur. Elle y arriva sans réi^ondro aux feux ennemis, et là un combat acharné s'engagea, qui se termina, après de sanglantes péripéties, en faveur des fédéraux. Ils purent y établir six pièces en batterie, et SOUS cette protection ils tinrent les gradins jusqu'à la nuit.
Aussitôt rol)6curitô arrivée, et Tennemi laissant enfin quelque répity Thomas ordonna la retraite. Celle-ci s'opéra en bon ordre, et en capturant 4 à 500 hommes, qui s'étaient portés sur les derrières par la gauche, et étaient engagés avec Ja brigade Me Cook.
Malgré lesL sollicitations de plusieurs de ses officiers, et malgré un brillant clair de lune, Bragg renonça à entreprendre une poursuite.
On le lui a grandement reproché, car il parait qu'elle aurait pu être très profitable, et amener au moins la retraite des fédéraux jusqu'au-del.'i du Tennessee, que Rosecranz avait déjà préparée. « L'obscurité de la nuit et la densité de la Toi ét, dit-il laconiquement dans son rapport, rendaient incertains et dangereux d'ultérieurs mouvements ; Tannée bi* vouaqua sur le terrain qu'elle avait si bravement conquis ».
Les pertes ayaieut été grandes des doux côtés ; mais incomparablement plus Ibrtes du côté des fédéraux, qui perdirent environ 18 mille hommes, dont 2300 tués, cinq mille blessés, le reste de prisonniers. Ils laissèrent encore aux mains des vainqueurs 36 pièces d'artillerie et âO caissons, outre un grand nombre d'objets de petit ai mement et équipement.
Les confédérés perdirent une dizaine de mille hommes dont deux mille tués, six mille blessés et deux mille prison» niers. Trois généraux de brigade furent tués sur le champ de bataille, et un général de division, le chevaleresque Hood, du Texas, grièvement blessé.
liC 21 l'armée confédérée iU un léger mouvement en avant sur Rossville, où l'avant-garde de cavalerie échangea quelques coups de canon avec les fédéraux.
Le 24 elle s'avança sur Gliattanooga ; mais anivéc sur les crêtes de Missiouary, elle fut retenue par une plus forte résistance, et elle s'arréu^i pour plusieurs semaines.
Rosecranz avait mis à prolit les quatre jours de répit qui venaient de lui être laissés. Chattanooga, le principal objectif de la campagne, ne pouvait être laissé à la merci d'un coup de main. Il l'avait &it entourer de batteries et d'ouvrages, et il allait en faire un nouveau camp retranché pour y abriter son armée.
Bragg, qui n'avait pas de moyens de transport ni de pontonage pour entreprendre des marches et des manœuvres sur les derrières des fédéraux avec toute une armée, se mit à investir méthodiquement Rosecranz, et à construire aussi ses batteries à cet elTet. L'automne allait de nouveau se passer, entre ces deux adversaires, en travaux de pioche et en raids, en attendant une occasion de nouvelles batailles.
En résumé si le général Bragg avait, su vaincre, grâce k Tentrain de Longstreet, il n'avait i»as su profiter de sa victoire.
Quant au général Bosecranz, on lui tint peu de compte, k Washington, d'avoir maintenu la position de Chattanooga. On le jugea sur les pertes immenses de la bataille du 20 septembre, et sur le fait qu'il ne s'était pas trouvé avec Thomas au point devenu décisif. Il avait d'ailleurs formellement méconnu des ordres du général Halleck, en date du 13 septem» bre, ordonnant une grande concentration à Chattanooga, de Bumside et de divisions de Hurlbut, de Sherman et de Grant. Avant cette concentration et surtout avant que Bumside l'eût rejoint, de Knoxville, Rosecranz ne devait pas s'avancer en 'Géorgie*
Sa révocation fat donc décidée, et elle se fit sous le couvert d'une réorganisation des départements de l'ouest, en l'honneur du vainqueur de Yicksburg.
Le général Grant, que ses récents lauriers laissaient disponible et désignaient tout naturellement pour relever les arme^ de l'Union sur d'autres théâtres do guerre, îniiail été appelé plus tùt à Giiullunooj^a, sans une maladie, suite d'une chute de cheval dans une grande revue à la Nouvelle-Orléans, qui l'avait tenu éloigné du service actif pendant plusieurs semaines. Le 18 octobre il prit le ('onnnandt'ini'nt d'iiiie nouvelle « division militaire du Mississippi » avec quartier généraif « en cauipagnc d et comprenant les trois départements et armées de l'Otuo, du Cuinberland et du Tennessee.
Sur sa proposition, et après conFérence personnel!»' avec le ministre de la j^iicrre, à ïndianopolis, \e départf-ment du Cumberlarid fut donrjé au i^énrral Thontns, qui relevait ainsi le L't néral iiosecranz, et le département du Tennessee remis au général ^hermon \V,
Celui-ri, rosl(> .>iir le Big-Black depuis la prise de Vicksburjr et do Jackson, y reçut, le 22 et le 23 «septembre, une succession de dépèches léiégraphiques lui donnant Tordre de s'acheminer au phis tôt sur Menijjhis. î/cmbanpieuient commença imniédiatemenl ; mais par nian(]ue do l»atoau\ ce fut le i octobre seulement que Tanière-garde de l'armée arriva à destination.
A Mem[)lii.s Siieriiian trouva l'ordre du général Hallock de se diriger sur Ghattanooga, ce qu'il fit en partie \)i\v le chemin de fer, et en plus grande partie à pied, et en livrant plusieurs engagements sur la route. Le 25 octobre, à Juka, il reçut du général Grant l'avis de son nouveau commandement, avec des instructions spéciales pour la direction de l'armée en campagne. Conformément à celles-ci Sherman franchit le Tennessee et se porta sur le chenjin de fer Nashville-Ghattanooga, h Decherdy pour s'avancer de lu sur Bridgeport et Chattanooçr.i.
Conjointement avec ce mouvement de Sherman, d'antres avaient encore été ordonnés dans le même but. Le 11'' et lo 12" corps de l'armée du F'otomac, Howard et Sl«3cum, avaient été placés sons les ordres du général llooker, avec le général Butterfield pour < hef d'étal-major, et embarqués, le 23 septembre, en chemin do fer pour Nnshville, d'où ils marcheraient sur Ghattanooga. Gc turent les preniiei's secours qui arrivèrent à Itosecranz.
Grant arriva à son nouveau quartier-gént'ral le 23 octobre, et il s'occupa aussitôt de remettre les aflaii^es militaires en meilleur étal. Sa présence était plus que jamais désirable.
Rosecranz s'était laissé inve.stir sur toutes les hauteurs environnant sa position, au point de ne plus pouvoir disposer du fleuve ni du chemin de 1er comme lignes régidières de communications. Ses approvisionnements lui arrivaient par la vieille route de Nashvillo, très pénil)lo, encombrée d'orniére.s, et où ses chevau.K s'épuisaientde fatigue et périssaient par milliers, (k^tte route méruf; n'était pas à Tabri de tout danger ; les coureurs de Hragg, le général Wheelers en tétc, avaient été détruire des trains considérables h Andersen- Gross, à Me Minnville et jusqu'à Shelbyville.
Les principaux ouvrages des confédérés se trouvaient dans la vallée de Ghattanooga, sur les pentes et sur le sommet de Ilissionary-Ridge et de Lookout-Mountain. Un poste d*une brigade tenait la vallée de Lookout ; les piquets fortifiés s'étendaient jusque près de Bridgeport.
Le premier souci de Grant fut d'assurer les communications et Tapprovisionnement de Chattanooga. A cet effet Hooker, qui, dans les entrefoites^ était arrivé à Bridgeport, reçut Tordre de se concentrer à ce dernier point, et d'y franchir la rivière. Un pont habilement jetô [ cndant la nuit du 26 au ' 27 à Browns-Ferry, par le général Smîth W. F., servit au passage.
Le 27 au matin, et avant que les confédérés fijssent revenus de leur surprise, Hooker avait pris position de la rive gauche, et porté en avant le 4i« corps. Avec une portion du 12" il suivit à son tour dans la direction de la vallée Lookout, en loiigoaiit les inoiii;igiies Raccoon et en les traversant par la gorge du lUiniiing-Waters.
Le 28 il prit position dans lu vdllet', après quelques cscarinoiiches, et de manière à assurer l'usagé de deux routes de la gare de Stevenson à Chattanooga, celle par laquelle il avait marché, et celle longeant la rivière, de Browns-i^ erry à Kchys-Ferry.
Dans la nuit du 29 les confédérés entreprirent de le déloger; mais llooker, redevenu le vrai « Fighting Jno »>. fut prompt à les refouler, à les poursuivre et h leur iniliger de dures pertes. La brigade Jenkins euli-'autres y perdit environ 400 honnnes.
Après cela, et dès le l*"^ novembre, l'abondance et tous les agréments de la vie d'un camp bien fourni succédèrent, dans les lignes fédérales de Chattanooga, au régime des denûrations des précédentes semaines.
Pour d'ultérieures opérations le général Grant pouvait attendre ou une occasion favorable ou l'arrivée de renforts annoncés, de Tarmée de Sherman entr*autres.
Il eut le bonheur de voir ces deux éventualités se réaliser à peu près en même temps.
Le président de la confédération du Sud, M. Jefferson Davis,
parti cil toLimécdans l'ouest, était venu inspecter li oupos et les travaux d'investis^enicnt de Chatlanouga. Du haut de Lookoul-MûunUiin il avait contemplé avec satisfaction l'état des choses et exprimé l'avis queGraiil était dans une tiapunï, dont il n'y avait plus qu'à fermer l'entrée du côté de Stevenson.
Cette entrée, on la fermerait. On foi ait même d'une pierre deux coà' .3 Longstreet partirait avec son corps pour Knoxville, reprendrait cette place à Burnside, puis se rabattrait de là par les montagnes sur les derrières de Grant ! 11 fallait bien toute la défércnee dont M. Jefferson Davis était entouré par les siens, pour qu'une combinaison aussi monstrueuse rencontrât l'assentiment d'officiers tels que Longstreet, Bragg et autres généraux distin^iés de l'armée confédérée.
Dans les premiers joui s de novembre, Longstreet commença feon mouvement oxeentrirpuy, enlevant ainsi à Bragg une quinzaine de tnili*- iiuiiiines, au inouient où son adversaire venait d'être renforcé au moins d'autant par Hooker, et allait en recevoir bien plus encore iiar iSherman.
Pour comble de malheur la marche de Longstreet ne put pas être tenue longtemps secrète. Grant l'apprit déjà le 7 no vemJjre d'une manière certaine, et il léh'^xrapliia à liuinside de ne pas s'en effrayer, qu'il allait menacer les communications de Longstreet avec Bragg, de mamèi e à forcer celui-ci à rappeler son lieutenant.
r.e général drauL eût mieux fait de moins se préoccuper des dangers de Burnside, et d'en profiter pour accabler l'armée principale de Bragg, après quoi il eiU eu facilement raison du détachement. S'il n'eut pas l'idée bien nette, à en juger par son propre récit ('), de l'avanlago d'unci telle opération, il y fut naturellement conduit par la force des choses et par sou instinct de la guerre.
(1) Voici los teimes m(>mes de son rapport ofûcici : « Asi . rUi'miniî frmn scouts and déserter» Uiat Bragg was deepaUshing LongsU eet from Ui« b oni, and moving him in (he direction of Knoxville, town, evidenUy to attadc Bomside, and ftfOlMg
Mtrongly tff' ni'r,'s..<tii>j for mdv mov,- thn( h'okI'J ro^nf-l l'inr to retaht ail his foreeêotut rccall thosts lus had iitUttcJu\l, clii-ecU'JUi wciu tiven f>>r a moToment agalnatUlUionary-Utdgc, with u viuw lo ciirrying it and tlireaU;nitit; Wio ennemy » coinmunicaUon wltb Lonffrtreet, of wbicb i iaforaïad Burnside by lelu^p-apti on tbe 7Ui november. >
Au resta si Bumside n*avait eu que les opérations de Grant pour Unité sécurité, sa situation n'aurait point été très rassurante. Le 33 novembre seulement Grant, ouvrit Toffenaive contre Bfisfiionary-Bidge annoncée le 7. Tout ce temps fut passé k attendre Sherman , considérablement retardé par Tétat des chemins, et qui n'avait pu se mettre en coramunication personnelle avec le commandant en chef à Ghattanooga que le 15 novembre.
Le Si novembre les troupes de l'armée du Tennessee étaient concentrées vers celles de Hooker. A ce mtoie moment le général Grant recevait du général Bragg Thumain avis d'avoir à évacuer les non-combattants de la ville de Chattanooga, qui aUaH être bombardée depuis les hauteurs environnantes.
Grant ne répondit à cette sommation qu'en foisant avancer Sherman. Celui-ci se porta sur la gauche des lignes par la rive droite. Le 23 il franchit le Tennessee sur des bateaux un peu au-dessous des bouches du Ghikamauga, et prit possession des riile-pits ennemis le 34 au matin. Sous cette proledion un pont de pontons de 1300 yards de longueur fttt construit sur le Tennessee par le général Smith et un autre sur le Oiikamauga. Le grosdeShennan, continuant à s'avan* oBVf prit position, dans la journée du 34, à gauche de Thomas en s'emparant des crêtes septentrionales de Missionary-Ridge. Sur la droite Hooker escalada les pentes occidentales de Loo* <kout>Mountain ; le soir du 24 toute l'armée fédérale, ayant partout refoulé les avant-postes sudistes, se trouvait en ligne continue à travers le vallon Cbeat, depuis l'extrémité septentrionale de Lookout jusqu'à l'extrémité septentrionale de Missionary-Ridge.
Une' attaque décisive fut préparée pour le lendemain, et de tous côtés on procéda aux travaux habituels d'abatis et de retranchements. Sherman, entr'autres, qui avait atteint une bonne position pour agir contre les principales redoutes ennemies, fit construire un fort ouvrage entouré de crémaillères pour s'en servir de base.
Les forces du général Grant se montaient alors à environ 85 mille hommes répartis en 14 divisions d'infanterie, huit corps d'armée, et trois armées, k savoir l'année du Gumber-
land, dont nous connaissons déjà les 4 corps, et dont les rè* giments étaient fort réduits ; l'armée du Tennessee sous Sher* man, de deux corps, le 15^, Baird, et partie du 10", Hurlbut, soit les' quatre divisions Osterhaus, Smith Morgan, Smith John et Evring; Tarmée de Hooker, des il« et 12* corps, que Thomas affectait de comprendre dans son commandement, mais qui tenait à s'appeler toiqours Tarmée du Potomac. Par suite d'accidents de ponts, Osterhaus se trouva attaché à Hooker, tandis que Shermann reçut la division Jefferson C. Davis, du 14* corps. Ce corps, depuis la promotion de Thomas, était commandé par le général Palmer.*
Les forces de Bragg n'atteignaient pas à quarante mille hommes, et se composaient des divisions que nous avons indiquées plus haut, moins tout le corps de Longstreet et une division du corps de Polk. Elles forent réparties en deux ailes ; à la droite Hardee, ayant remplacé Polk, avec les quatre divisions Cleeburne, Walker (commandée par Gist), Chea^ thain cl Stevenson. A la gauche Breckinridge avec cinq divisions, Lewis, Stowart, Buckner (^deux) et iiiiiduàan (^cunnnandée par Patton Aiiderson).
r.es principaux ouvraj^^es des confédérés se trouvaient sur la partie septentrionale do Midsionar^'-Ridge. Le fort Buckner, entrautrcs, couronnant les crétos de Tunnel -Hill, commandait tous les alentours d'une fagon formidable; puis venaient les forts Breckinridge ci Brogg qui paraissaient plus accessibles.
Pondant la nuit la gauche confédérée se replia de Lookout- Mouiitain pour se concentrer sur la droite, sur les pentes de Missionary-Ridge. Les fédéraux occupèrent aussitôt le sommet de la montagne, où ils plaoièreui leur drapeau et hissèrent dos batteries.
L'artillerie engagea Taction du 25 dès le matin. Les pièces fédérales de la redoute Wood, au sommet d'Orchar-Knob, et celles des pentes canonnèrent celles de- Miasionary-Ridge; après deux heures environ de ces foux les colonnes de Shermann s'avancèrent à l'assaut sur la droite des sudistes, tandis que Thomas &isait des démonstrations sur leur front et que Hooker cherchait à déborder leur gauche.
Le premier assaut, sur la droite des confédérés, sur le fort Buckner, fût vivement repoussé par Kardee. Un second lui succéda, puis un troisième sans pkis de succès. Hardee montrait autant de solidité que Sherman de persistance. Celui-ci ftlsant toujours mine de revenir à l'attaque, Bragg renforça le fort Buckner au détriment du fort Breckinridge.
Cest ce que Grant voulait. C'est ce qu'il avait justement calculé avec Sherman, dont les assauts répétés n'ôlaieiil que de courageuses divei'sions. Vers quatre heures après imdi une canonnade furieuse fut rei (l ise contre le fort Breckim idge depuis les forts Wood, Negley, Palmer et Kiii^/, depuis les batteries du pont au pied d'Orchar-Knob et depuis la pointe Mocassin, au-delà du Tennessee. En même temps des colonnes d'assaut des divisions "Wood, Sheridan ot Bnin), sons îe général Oranger, s'étaient formées en an iere de la redoute Wood, et s'élancèrent contre Breckinridge, qui fut enlevé. Le centre confédéré étant troué, les ailes durent se replier. Les fédéraux ne leur laissèrent pas le temps d'y procéder à leur aise. Ils atteignirent les hauteurs sur les talons des défenseurs, s'emparèrent des pièces, les tournèrent contré les colonnes en retraite, et y semèrent la mort et la confusion. La panique se mit dans les troupes confédérées, qui bientôt s*enfùirent à toutes jambes jusqu'en arrière des crêtes de Pigeon-Ridge, où elles purent enfin se mettre & couvert et se rallier.
Qiemin faisant elles tombèrent encore sous les coups de Hooker, qui leur Ût de nombreux prisonniers.
Le soir du 25 Grant établit son quartiei^énéral sur remplacement où était celui de Bragg la nuit précédente, sur MIaaionary-Ridge, et ordonna la poursuite dans la direction de Binggold et de Balton, en trois colonnes.
Sherman avait déjà devancé ces ordres. Le 25 au matin la marche fiit reprise et de grands approvisionnements purent être capturés à la gare du Ghikamauga avant leur destruction par les confédérés.
Au passage des Pigeon-Ridge rarrlèr&^de de Bragg, formée par la division Gleeliume, avait pris une position fovorable. Elle arrêta pendant plusieurs heures les jfôdériux, le
S6. Le lendemain elle livra une affaire plus chaude» en avant de Ringgold. Les têtes de colonnes de Hooker, s'avançant avec trop de confiance, donnèrent sur une embuscade et perdirent en un moment un millier d'hommes, dont 900 prisonniers.
Le général Grant ne vit pas grande utilité» dans ces condittons-là» à une poursuite au-delà de Ringgold. Il la fit cesser le 37 au soir, et laissa Bragg se replier tranquillement sur Daiton» olli il se rallia et prit une nouvelle position.
Son gouvernement le remplaça par Hardee, en attendant l'arrivée de Johnston.
La perte totale des fédéraux fut d'environ cinq mille hommes ; celle des confédérés do huit nulle hoiiimes, dont neu do tués et plus de six mille prisonniers. Ils perdirent en outre des trains considérables et 42 pièces d'artillerie (').
Un autre objectii' avait appelé les soins immédiats du général fédéral. C'était l'armée de Longstreet, dont il était temps de débarrasser Burnside.
A cet efTet il fit on premier lieu détruire par Sherman le chemin de fer de kiioxville, entre Uallon et (Ueveland, car c'était par laque Lonj^street et Bragg communiquaient. Cette œuvre do destruction avait été commencée pendant les engagements mêmes du 24 et du 25 par la cavalerie fédérale. En second lieu il dirigea des forces au secours de Burnside.
Le 25 au soir déjà il avait ordonné à Grangerde (mrtirdans cette direction avec son corps, pour se mettre aux ordres de Burnside. Cette mission ne souriait guère, paraît-il, à Oranger, qui montra peu d'empressement à la remplir. Le 27 au soir Grant, en revenant de la poursuite» retrouva le 4« corps n'ayant hougé que de quelques milles. Il s'adressa alors à
(l)Le invsident Davis, dans un rapport sur cotte journée, s'exprima comme suit: 4 Après une longue «i rude ttataàUe» dams laqu«U« on »vaU fUi un gnad cantaf» de remiemi, quulques-vmes de nos troupes abandomi^rentd'ttBa manière Inexplicable
des posllion» très fortes, ot, par nnv retraita dt^sordiinru'f, forcèrent le LOtnm.mdant eu choC d« fiurc replier des troupo» viciorieuses sur d'autres points, et UnslerooildA M retirer avec toute rarmée dans une position de 20 Aao mlUespluseB arrière. Il est A croire que si les troupes, qui cédèrent devant l'a«:eatit, avaient combitllu avec la valeur qu'elle-t uvaienl déployée dans des occasion;* pn^cédeutes, et qui se montra dans cette bataille mAroe sur d'antres poinu de la ligne, renneni eût ètë repoussé avec de grandes perte»!. patrie eAt échappé à cette mauvaise fortune et l'armée à la mortification de la preuuére défaite résultant de la raauvaiM oondult* de» troupes. »
■on homme de confiance, à Sherman, à qui il ordonna da partir immédiatement pour Knoxvilie, avec une force combinée d'une trentaine de mille hommes du 15^ corps, du i4«, du 11% plus du ¥ qu'il prendrait en route.
L'infatigable Sherman se mit on marche, dès le 28, le long du chemin de fer.
Le 2 décembre, de Philadelphie, il envoya en ayant la brigade de cavalerie sous le colonel Long pour donner de ses nouvelles à Burnside. Celle-ci franchit le Petit-Tennessee à gué et arriva dans la nuit du 3 au 4 à Knoxvilie.
Le gros continua^ route à marche forcée, et le 5 dans la nuit il était concentré à Maryville, lorsque Sherman y ftit in* fbnné par Burnside que Tannée de Longstreet s'était retirée dans la direction de Bodgersville vers la Virginie.
En efTel Longstreet s'était trouvé à forte partie contre Burnside, bien fortifié et ayant entr^autres une petite citadelle, le fort Sanders^ sur une hauteur près de la route de Kingston. Le 18 novembre les confédérés avaient tenté une attaque; les avant-postes de Burnside avaient été refoulés sur les ouvrages; mais ceux-ci n^avaient pu être enlevés ni abordés. Longstreet se mit à investir la place, investissement fort incomplet et qui ne pouvait avoir grands résultats.
B attendait du renfort, entr 'autres en artillerie, poiur tenter quelque chose de plus décisif. Au lieu de cela il apprit la nouveUe du désastre de Miasionary-Ridge, et jugeant qu'il y avait dorénavant plus de chances pour son adversaire que pour lui de recevoir de l'appui, il résolut de risquer une attaque.
Le 99 novembre, après une canonnade de deux heures, il lança ses colonnes contre les ouvrages. Gttes s'avancèrent bravement et rapidement malgré les projectiles destructeurs. Mais arrivées plus près leurs pas Airent embarrassés de toutes sorties d'obstructions, entr^autres d'une barricade invisible de m de for, et, pendant qu'elles cherchaient à la franchir, elles forent décimées par la mitraille à courte portée. Quelques hommes courageux pénétrèrent jusqu'aux embrasures ; mais le gros dut se retirer, en laissant des monceaux de cadavres sur le soL En peu d'instanU sept cents hommes furent aûisi