‹ Guerre de la SécessionChapitre 26 sur 38 · TOUS IL · texte numérisé non relu

TOUS IL

mis hors de combat, tandis que les téUéraux n'en perdirent qu ime vingtaine. Lonstreet reprit momentanément ses positions d'investissement, tout en s'apprètant à la retraite.

Le 4 décembre, ayant eu avis de rapproche de Sherman par la jonclioii dcjù opérée de la civalerie Long avec Burnside, Lonjj^treet leva le siège et se replia, non sur Brap:g qu'il n'était i)as pressé de reprendre pour clicf, mais dans la direction opposée, sur UodgersviUe et Bristol.

De là, en communication directe par voie ferrée avec L\Tichburg et Richmond, il pouvait recevoir facilement ses uppruN isionnements et des renforts, et il menaçait Knoxville à revers, sur un côté faible.

Ces avanta'^^es, que Longslreet fit ressortir dans son rapport, étaient réels sans doute; mais si, pendant qu'il menaçait Knoxville, Bragg, doublement affaibli, avait été écrasé par les forces prépondérantes de Grant, ayant rappelé Sherman à lui, l'absence de Longslreet eût montré Ijien haut toute l'erreur de ce détachement en pi^mier lieu, puis de cette retraite excentrique.

Heureusement pour les conlêdérés, Grant se contenta de savourer les fmits de sa victoire de Missionary-Eidge, sans chercher à les accroître.

Sherman néanmoins ne pei dit jias de temps h regarder Longstreot. Dès le 7 il se mit en route vers Chattanooga, laissant à Bumsi^e, d'après les ordres supérieurs, le corps du général Granger. Avec cet appui Burnside sortit à son tour de SCS ouvrajxcs et alla observer Longstreet.

Le 17 Sherman rallia Grant à Cliatlanooga, et la campagne se termina là. Les troupes prirent leurs quartiers d'hiver, sauf quelques corps dirigés sur d'autres points pour de nouvelles opérations.

Dans les premiers jours de janvier Sherman partit avec ie 5^ corps pour Memphis, afin de prendre en main l'administration de son département et d'organiser un grand raid sur la Géorgie.

En somme l'année 1863 se finissait glorieusement dans l'ouest, et le principal honneur en revenait justement au gé-

néral Grant. Des remercîmeiitt» lui furent envoyés par leprôsident Lincoln, dans les ternes suivants :

€ Washington, SdéceniJjre 1863.

» Au major-général Grant,

^ Comprenant que votre iusUllation h Chattanooga et à Knoxviile est maintenant assurée, je viens vous exprimer, à vous et t\ tous ceux sous vos oiUres, plus que mes reiiiurcîmenLs, c'est-à-dire ma très profonde gratitude pour l'iiabileté, le courage et la perscvéruiice avec lesquels vous et eux avez aceompli, au milieu de tant de diUicultùs, cette importante tâche, iùeu vous bénisse tous !

» (Sig.,) A, LiNXOLN. »

Clelle lettre n'était que le faible prélude déshonneurs qui

allaient pleuvoir sur l'heureux général.

Le congi'ès, dans sa séance du 17 décembre, lui vota des remercîmenls nationaux, avec une médaille commémorative portant les noms de ses victoires. La plupart des lô^uslatures des états votèrent aussi des résolutions dans le jnéme sens. Des ecntaines de sociétés reliiiicust s, politiques et autres lui envoyèrent dos brevets de membre honoraire, ainsi que de riehes présents en sabres, instolets, carabines d'honneur. Enlin une proposition fut soumise au congrès pour ressusciter en sa faveur le liant grade de lieutenant-général et commandant en chef de toutes les forces des Etats-Unis, qui n'avait pas été oecupé effectivement depuis le grand Washington et qui n'avait été conféré que temporairement à Scott et à Me Clellan.

Après d'assez longues discussions le congrès vota ce bill le 2 mars. Le même jour le président nomma Gnint lieutenant-général. Le lendemain le sénat ratifia la nomination, et le 1 2 mars le général Grant prit pleine possession de sa nouvelle dignité.

Outre le commandement en chef il se réserv-a le commandement supérieur des forces en campagne en Virginie. Le général HaUeck continua ses fonctions à Washington^ sous

le titre de chef d'état^major de Tannée des Etats-Unis. Le général Meade conserva le commandement direct de Tarmée du Potomac ; le général Sherman remplaça Grant à la division militaire du Mississippi, et le général Me Pherson remplaça Sherman à la tète du déparlemeiil et de l'armée du Ten-

Opérations secondaires. — Campagnes de Louisiane, d'Arkansaa, dans le f ar-Wesl et les régions indiennes.

Les affaires importantes de Gettysburg, de Cliarieston, de Vicksburg, de Chattanooga, que nous venons de mentionner en les dégageant de maintes complications pour la plus grande clarté du tableau d'ensemble, n'avaient point été les seules charges du gouvernement.

Sur bien d'autres théâtres encore U avait à mener simulta* ttément des opérations offensives et défensives, et & s'occuper d'afifoires de guérillas qui souvent surgtssaient sur les points oU on les attendait le moins.

Après la prise de Vicksburg, une plus grande attention Ait vouée par les fédéraux aux régions transmississippiennes, où les confédérés avsient fait des progrès, et Tarmée du général Grant fut disloquée dans ce but.

Tandis que le général Steele, avec dés portions des 16» et 17« corps, dut s'avancer dans TArkansas, et particulièrement sur la capitale Little-Rock, puis de là vers le sudKkuest, le 13* corps, sous le général Ord, fût envoyé renforcer l'armée de la Louisiane.

Le général Banks, pour reprendre la campagne, avait, outre ce renfort, le corps sous Franklin , un corps mixte comprenant entr'autre» la division nègre, ou corps d'Afrique UUman, sous le général Herron, et la flottille de Tanin al Porter, soit enviiun M) mille homme.s. I/autre portion de la flotte, avec l'amiral Farragut lui-même, était rentrée à New- York pour y réparer ses avaries.

Aussitôt après la prise Port-Hudson, le général Banks avait fait commencer un mouvement préliminaire, et repren* dre possession de Brasbear-Gity, ainsi que de la rive gauche de TAtchalalaya.

En septembre la grande campagne 8*ouvrit. Elle devait se faire sur trois colonnes, fort isolées les unes des autres en fait.

A droite Herron et Porter devaient agir par le Mississippi et la Rivière-Houge , qu'ils remonteraient en premier lieu

jusqu'à Alexandria.

Au centre le 13" corps, sous le commandement inléi imau c du général Wasliburnc, purlirail de Braihear-Cily dans la direction d'Opelousas et d'Alexandria, et opérerait, sur ce dernier point, sa jonction avec la colonne précédente de* Herron.

A gauche le lf)« corps, smis le fr<^néral Franklin, s'embarquerait s!ir lo *:oUe et, avec le concours d'une flottille do canonnières, s'emparerait des i» niches do la riviéi e Sal)iiie, remonterait ce cours d'eau, Innite du Texas ( t de la Louisiane, et irait faire sa jonction avec les deux autres colonnes quoique part aux environs de Sabinetown, et entre les rivières Rouge et Sabine. De là toute l'armée s'avancerait vers Touest» à la conquête du Texas.

On oonnatt notre opinion sur les combinaisons de cette na^ ture, sur ces espérances de jonction au cœur du pays ennemi, que le moindre incident vient ordinairement dérouter. L*idée elle-même d'une campagne sérieuse dans ces parages excentriques et insignifiants, ne supportant aucun examen au point de vue stratégique, nous ne nous arrêterons pas & en discuter le mode d'exécution.

Le général Banks avait contre lui le général Kirby Smith, avec une trentaine de mille hommes, dont environ un tiers sous le général Price, en Arkansas ; un tiers sous Magmder, au Texas, et un tiers sous IMck Taylor, en Louisiane même.

Ce dernier arrêta Washburne déjà aux environs de Vermîllonville, tandis que Porter fut retenu par la division Mouton . à Harrison-Bar.

Quant à Fraiiiviiii, il peidit plus que du temps. Arrivé le 6

septembre à l'enibouchare de la Sabine, il trouva le défilé de Sabine-Pass garni de forts ouvrages qui demandèrent une attaque dans toutes les règles. Celle-ci eut lieu le 8 septembre paf les trois canonnières « Sachem, » € Clitlon » et c Arizona. »

Les fortifications, munies de forts blindages de balles de coton, non-seulement résistèrent aux leux de la flottille, mais désemparèrent c Sachem > et c Glifton > qui tombèrent, avec la plus grande partie de leurs équipages, aux mains de l'ennemi.

Cet échec, minime en soi, était d'une haute impurtance dans l'opération combinée en cours. Le général Franklin, sans être maître des eaux de la rivière Sabine, sa seule ligne de communication, ne pouvait penser à s'avancer vers les autres colonnes; il dut se résigner à y renoncer et à rentrer à la Nouvelle-Orléans. Le gros des forces de Washbume et de Herron y ftit aussi rappelé.

Quelques SLiiiaiiics plus tard Franklin reprit la campagne, en pai tant rctto fois de Bra^îhear-City. Il réussit à s'emparer de Opelousas, ofi il se fortifia.

En octobre Banks se décida à la seule entreprise de quelque avantage qu'il avait en perspective. C'était, tout en restant en défensive dans la Louisiane occidentale, de porter un corps sur le Rio-Grande, à la frontière du Texas et de la république^ <lu Mexique, afin de s'emparer des communications de la confédération avec l'étranger, qui se faisaient par cette zone sur une grande échelle, et de compléter ainsi le blocus.

Une grande expédition d'une trentaine de bâtiments de guerre et de transport, avec une vingtaine de mille hommes, partit de la Nouvelle-Orléans à la fln d'octobre, et alla pren* dfe possession des bouches du Rio-Grande, puis de Brownsville, du fort Brown, d'Indianola,deMatagorâa. Ainsi le commerce de contrebande, suivi jusqu'alors avec la ville mexicaine de Matamoras, reçut un coup mortel. Cette utile entr&> prise ne rencontra pas d'opposition sérieuse; mats les efforts de BoDks, puis de son second, le général Dana, pour pénétrer

des rives du fleuve dans l'intérieur du Texas, restèrent infructueux.

Plus au nord, dans TArkansas, le général Sleele avait eu plus de succès. Il s'était avancé irilcléna, sur le Mississippi, par la rivière Arkansas, avait battu Prico dans plusieurs rencontres, à Pine-BkitVet à Praii-ie-Grovc cntr'autres, et s cLaiL liaalernent emparé di* Little-Uock. Le gouvernement et la législature s'étaient enfuis à Clinton.

Bien établi sur 1 Ai kansas, il se porta sur la WaciuLa et fit occ u pe r A r k idel p 1 1 i a .

Mais ces opéraiionsi, dans lesquelles Steelc avait montré de la résolution et de l'activité, ne pouvaient avoir une grande inllucnce sur celles du général Banks, à deux, trois et (juatre cent milles plus au sud. Elles n'empêchèrent pas non plus que des bandes de guérillas ne dévastassent une portion du Missouri et du Kansas sur ses derrières. Dans ces affaires le colonel confédéré <juaiiti cll se rendit tristement célèbre par d'inutiles cruautés, et entr autres en massacrant nuitamment les habitants de la petite ville de Lanrenceburg, en Kansas.

Le général Banks, en décembre 1863, avait aussitôt organisé une autre campagne pour pi ul lier de la saison favorable. Cette fois il voulait pénétrer en masses dans l'intérieur de la Louisiane, en profitant, pour ligne d'opération et de communication, de la Bivière-Bouge, sur laquelle il aurait le précieux concours de la flottille de Porter. Il remonterait entr'autres jusqu'à Shreveport, oii son adversaire Kirby Smitli avait sa base principale, au sein d'une fertile et riche contrée.

Les 16« et 17'' corps devaient fournir, de Vicksburg, les deux divisions Smitb A. J. et Mower, sous le commandement de Smith. Avec une flottille ils remonteraient la Bivière- Bouge et s'empareraient préalablement du fort de Russy, qui en commande Fenlréc.

Le gros de Banks s'avancerait par terre sur Aiexandria, où aurait lieu la concentration.

Les opérations sur le haut de la Rivière-lÀnnge seraient en oiitic appuytjes, ii 1 extrême droite, par un mouvement du général Steple, de Little-Rock sur Shreveport.

Conformément à cea combinaisons, une cinquantaine de

mUle hommes, avec une imposante flottille de douxe canonnières et de 40 transports, se trouvûent en nuurche» dès le conmteDcement de nuurs 1864» pour cette nouvelle campagne ootonnière. Un tel gaspillage des forces fédérales sur un point très secondaire, tandis que, sur maints théAtres importants, • les troupes faisaient défaut, dénote le désordre d*idées et de vues qui régnait encore dans le gouvernement de Washington, et cela malgré les remontrances répétées du général Halleclc, dont le coup d'œil stratégique ne saurait être contesté.

Le dO man la concentration des fbrces fédérales était opérée k Alexandrie. Elle n*avait été contrariée que par quelques légers engagements devant cette ville et sous le fort Russy contre les brigades confédérées Wallcer et Polignac, du corps de Dick Taylor. Celles-ci se replièrent au nordouest sur Mansfleld.

Le 25 mars la marche en avant fut reprise par le général Banks, iur la route de Mansfleld et Shrevesport, au sud de la Rivière-Rouge, que remontait de son côté la flottille.

Celle-ci navigua heureusement, grflce à la hauteur momentanée des eaux, et s*avanca sans obstacle, en explorant les.rives.

Les troupes marchèrent aussi pendant une dizaine de jours tout à leur gré, distraites à peine par quelques escarmouches d*avant-garde k Natchitoches, à Gane*River, à Grand-Ecore, o(i deux ou trois centaines de traînards fiirent capturés. Les chemins étaient étroits et difficiles ; les colonnes s*allongaient outre mesure. Aussi une pause fût ordonnée à Gfand-*£core pour plus grande concentration.

Le 6 avril l'armée repartit sur Mansfleld. L'intention du général Banks était que l'avauttS^rde atteignit Springfield- Landing, le 10, oli rendez-vous était donné à Porter, et où les mesures seraient prises pour l'opération finale contre Shreveport.

Malheureusement cette marche ne put, sur un tel terrain, s'eflbctuer en alliant la rapidité désirée avec les mesures de prudence nécessaires. La cavalerie fédérale de Lee, qui formait l'extrême avant^arde> se sépara trop des brigades d'infimterie Ransom et Emerson qui devaient marcher avec elle*

Le 8 avril cette pointe isolée et fort espacée de Tarmée de Banks se trouva subitement en présence de masses en bonne position en avant de MansÛeld, au carrefour dit Sabine* Cross. Payant d'audace, Lee fit charger; il refoula facilement • les piquets, mais plus loin il rencontra de rartillerie et de rinfimterie qui. Tarrêtèrent en lui infligeant de dures pertes.

La cavalerie confédérée de Green prit à son tour Toffensive contre la cavalerie démontée de Lee. Elle entoura celle-ci et rejeta les têtes de colonnes fédérales sur leur bagage. Cette attaque, appuyée bientôt par deux brigades de la division Mouton, mit le désordre dans les premières troupes de Banks, i^ui cédèrent le terrain, quelques centaines de prisonniers et plusieurs pièces d'artillerie.

Le général Banks, qui était accouru à Tavant-garde aux premiers feux, s'empressa d'envoyer ordonnances sur ordonnances (Ml an pour faire entrer en lignes les colonnes de ijiarche ; il ne roijut à temps (pie d'incohérents et faibles renforts qui ne réussirent pas ;i anvtor Télan de Tcnncmi. Les confédérés se trouvaient pour le moment en elTf i t ipériem^s dans l'artion. Kirbv Smilh lui-même avait ordonne et dirigeait i'oirensive. Il avait, les jours précédents, à dessein replié ses tronpc> sur Manslic'ld, nù il s'était choisi et créé une forte iiosiiiuu, et où \\ venait d'être rallié par nnc portion fie la cavalorio dreen, venant du Texas, et par trois brigades venant de l'Arkansas,

A la marche processionnelle et insouciante de Banks il avait opposé une vingtaine de mille hommes bien disposés pour la défensive, et prêts à déboucher de leurs lignes.

La division Mouton s'avança la première, le 8 après-midi, sur les fédéraux en retraite, suivie de la division Cameron.

Le idP corps fédéral combattit bravement, mais brigade par brigade. Celles-ci furent refoulées les unes après les autres, et finirent par prendre la fuite en grand désordre.

Le 19« corps, qui marchait derrière, n*eut pas le temps d'aiTiver au secours du 13^. Surpris avant d'avoir pu terminer ses déploiements, il ne dut qu'à la vigueur de quelques groupes de tirailleurs donnant un feu nourri de breech-loa-

diugis (*) de pouvoir opérer une retraite en assez bon ordre et en tenant Tassaillant à distance. Dans la nuit Banks con-* voqua un conseil de guerre qui décida ou plutôt sanctionna la retraite commencée sur Pleasant-Hiil.

Les confédérés suivirent, et le lendemain, 0 avril, la bataille recommença vers Pleasant-Hill, à environ 85 milles en arrière de lu place des premiers engagements du 8.

Toute la jotunée du 9 se passa en tireriés, entremêlées de trois assauts partiels des confédérés, qui furent finalement repoussés.

Le 10 les fédéraux continuèrent leur retraite sur Orand- Ecore, toujours talonnés par Tennemi. Dans cette courte campagne ils avaient perdu environ quatre mille hommes, 34 car nons et plus deSiOO voitures. Les pertes des confédérés étaient d'environ 2800 hommes, dont les deux généraux Mouton et Green tués. ^

A Grand-Ecore Banks prit position pour se rallier. Il couvrit son front d'épaulements et s'appuya \\ la rivière. flottille, qui avait heureusement atteint le rendez-vous do Sprinj?field-Landing, niais pour y apprendre le revers de Sabine- Cross, vint rejoindre l'armée à Grand-Ecore, le "13 avi-il.

Le général Banks resta deux semaines à Grand-Ecore, qu'il employa à appeler à lui toutes les troupes encore disponibles en Louisiane cl on Texas. Après cela il se retii a sur Alexaiidria, toujours suivi par l'ennemi, harrassant et ( apturant ses traînards. Une aflaire d'arrière-garde au passage du Cane-River, vigoureusement ( onduitc, l'en débarrassa définitivement, et une nouvelle position en toute sécurité fut prise à Alexandria.

La flottille descendit aussi la rivière ; mais avec beaucoup plus de peine qu'en montant, car les eaux avaient sensiblemont baissé. Arrivée à Alexandria elle n'avait perdu qu'un petit bâtiment, le « Eastport », et elle était sauve de l'ennemi.

Un danger plus grand la meniiçait encore. C'étaient les rapides cpii se trouvent devant et en aval d' Alexandria, et qui maintenant se monlrai-'ut presque à découvert sur un parcours de 7 à 800 yards. Il n'y avait pas moyen d'aller plus

(1) Fusils se cbargcaat ^ la culasse.

bas avant la crue d'automne. L'année devraitreUe rester là pour garder la flotte ?

L'amiral Porter et le général Banks se voyaient dans le plus grand embarras pour tirer leur précieux matériel de cette trappe, lorsque le chef ingénieur du 19* corps, lieutenantcolonel Bailey, proposa un plan de sauvetage consistant & élever les eaux de la rivière par une série de digues et d'écluses qu'on établirait sur les rocs. Ce n'était pas peu de chose que de diguer un cours d'eau de 600 pieds de largeur, d'un assez fort courant, et de manière à procurer au moins 8 pieds de profondeur à un chenal d'un millier de yards de largeur.

Aussi cette proposition fut-^le taxée de folie par tous les

états-majors et surtout par les oflkiers du génie. L'auteur ayant cependant insisté vivement, et ayant produit des plans et des calculs qui uiontraient su connaissance de la iuatière, l'amiral Porter insista de son côté auprès du général Banlvs pour que l'expérience fût au moins tentée.

Le général Banks accéda à cette deiiiande et mit h la disposition i\n r<A. Bailey toutes Ips ressources dont il disposait lui-même. Trois mille hommes de corvée ell^X) wagons furent plact's sous ses ordres. Deux régiments de bûcherons du Maine mirent la cognée à la forêt ; toutes les scieries sur un rayon de 20 à 30 milles à la ronde furent requises pour faire des planches ; des carrières furent ouvertes ; des charrois de briques et de pierres organisés, des bateaux et des radeaux fabriqués en grand nombre. Tout le monde travailla avec ardeur, et le cinquième jour des travaux, soit le 5 mai, une forte digue s'élanc^it déjà de la rive gauche sur une longueur de près de 900 pieds. Autant en fut fait sur la rive droite.

En huit jours les travaux étaient déjà suffissamment avancés et les eaux avaient assez haussé pour que les trois canon* nières c Fort Hindman >, < Osage » et c Nevsho » s'avançassent sur les rapides jusqu'à la digue. Arrivés là les bâtiments n'avaient plus qu'un dernier saut à iaire pour se trouver en pleine eau. Lé 9 les autres hfttiments devraient rejoindre les trois premiers.

Malheureusement le matin même du 9, la digue se rompit.

Sons la grande presBion des eaux deux barques chargées de

pierres furent enlevées de leur assise et laissèrent une large

trouée pur où le coui aiit se précipita torrentueusement.

L'aiiural Porter, présent au moment de l'accident, ordonna aussitôt de tenter les chances d'en proliter. L'essai réussit. Non-seulement les trois premiers bâtiments, mais encore ufi <[iia[i il nie, le (( Lexington », passèrent par la trouée, en bondissant au du lieu de l'écume, mais sans avarie marquante.

Ce succès inattendu donna du courage à tout le monde. Les travaux d'écluse furent repris avec ardeur et selon quelques modifications. Au lieu d'un barraf^e complet, une porte de 55 pieds lut laissée ati milieu de la grande digue, et des digues latérales furent élevées plus en amont pour tracer comme un chenal aux b&iiments.

Le il mai trois de ceux-ci, c Mound-Gity », c Carondelet > et c Gittsburg passèrent les rapides, et les trois autres c Louisviile », c Ghilicothe » et c Ozark » le lendemain, ainsi que deux tugs. Le 13 toute la OottiUe était dans des eaux sûres. Cette gigantesque et rapide entreprise, qui peint admirablement le caractère de Tarmée américaine, sauva ainsi la flotte d'une destruction, qui, un moment, apparaissait comme une inévitable nécessité.

Le i4 mai l*armée se mit en marche d*Alexandria sur Simmersport, qu*elle atteignit, le 19, après plusieurs escar^ mouches d'arrière-garde. Un pont fiit construit sur rÂtcha&laya, et la marche Ait continuée, le 90, sur Horganzia. Cette place, sur la rive occidentale du Mmsissipi, un peu au-des^ sus de Port-Hudson, fut atteinte, le 21. Là l'expédition se termina et l'armée se sépara.

Le général Smith retourna par le fleuve à Vicksburg ; une partie des autres troupes rentra à la Nouvelle-Orléans, tandis que le reste fut mis à la disposition du général Cauby, qui venait d'être nominé au poste de chef de la division militaire de Trans-Mississipi.

Quant à la flottille, elle atteignit aussi le fleuve en même temps, et rentra dans ses stations antérieures. Eile avait perdu deux de ses canonnières dans cette malheureuse campagne, le c Covington » détruit et le c Signal » capturé.

Gomment se fit-il, demandera-t-on, que pendant les travaux de diguranent les confédérés n'aient rien tenté de décisif contre Tarmée de Banks ? . . .

La cliosc parait surprenante en effet. Mais il faut se rappeler qu'une autre armée fédérale avait aussi dù être de la partie, celle de l'Arkansas, Le général Steele, qui la commandait, s'était avancé d'ArkidcIpliia dans la direction de Washington, où se li'ouvail U' i^ros di-s fitrces confédérées du j^énéi'al Priée.

Un (ir-lacheineiil de Turméc de.^ frontières, sous le général Tliaycr, oceuiKint. les environs de Forl-Smith, dut marcher ausM dans la nirino dii ection jX)ur faire sa jonction avec le général Steele, sui- les bords de la rivière Petit-Missouri,

Lu jonelion se lit sans oitposilion le 7 avril, et le corps, fort d'une vingtaine de mille hommes, se dirigea vers Camden, sur la rivière Vaeliita, (ju'il oci upa sans diflicullé. Le général Steele allait en jiartir pour se relier au jîénéral Banks, lorsqu'il apprit les revers de celui-ci sur la lUvière-ilouge. Il s'arrêta quelque temps à Camden, se bornant h faire explorer les environs par ses coureurs et ses fourrageurs.

Ceux-ci lui apprirent bieidôt (jue des forces s'avançaient coidie lui d(^ Slireveporl ^-ous Kirljy Smith, tandis que ses derrières étaient nu'nacés directement par un autre corps sous le i^énéral Marmaduke, avec une nombreuse cavalerie.

Kn elfet lu conunandant en chef confédéré ij^norant la critique situation de Banks et de Porter sur la Kl vi ère-Rouge, avait désespéré d'avoir raison d'eux du moment qu'ils avaient atteint une position favorable Temphti de leur nombreuse artillerie. 11 s'était contenté de les faire observer par une portion de la division Mouton, sous les ordres du prince Polignac, et avec le reste il avait marché conti*e Steele, qu'il espérait envelopper et capturer.

Go dernier fut toutefois aussi agde que ses adversaires, et il parvint à rentrer à Little-Bock, sans avoir laissé entamer .sérieusement le gros de ses torees.

A plusieurs reprises il dut néanmoins abandonner ses arrière-gardes, trop vivement pressées, entr' autres au passage des deuK ri\ ières Saline, mais non sans une honorable lutte. Les boues le ibrcèrent aussi de laisser en chemin presque

tons 960 trains. Sous ce rapport la campagne parut désa»* treuse, car elle lui coûta prèa de 700 voitures et ^ canone. En revanche il ne perdit qu^environ doux mille hommes.

La viUe de Little-Rock avait été défendue en son absence par le général West contre les coureurs de Marmaduke; elle était du reste d^à entourée de forts, et les canonnières pouvaient concourir à sa défense.

Kirby Smith n'essaya pas de Tenlever ni de l'assiéger. Il laissa à llfarmaduke. le soin d'entretenir les fédéraux sur cette 2one, et lui-même, avec le gros de ses forces, se replia sur Shrevesport.

Steele se réorganisa à Little-Rock. Une partie des troupes qu'il avait réunies pour son expédition alla renforcer Blunt qui guerroyait au nord-ouest de l'état ; d'autres allèrent reprendre leurs anciens cantonnements des frontières, au Fort- Smith sur le Haut-^Vrkansas, et plus au uoi d le long du territoire indien.

Cl'S vastes régions du Far- West, ces silencieuses ol verdoyantes plaines snns fin, faites, semblait-il, pour inspirer la plus partaile (iiiiélude, n'étaient pas un des moindres soucis du ;40uvcrneruenl île l'Union.

Il retrouvait là son })remier ennemi, l'ancien propriiHaire du sol, rintlien natif, (ju'il avait pu souvent déposséder et transplanter, niais jamais soumettre. L'Indien croyait avoir enfin rencontré une bonne occasion de regimber contre l'invasion étrangère. Sans trop s'inquiéter des motifs qui pouvaient armer les Faces-Pâles les unes contrôles autres, il couîîtatait le fait et voulait en profiter. Soit par contagion d'humeur belliqueuse, soit par calcul ou instinct politique, soit par amour du butin, les Peaux-Rouges ne pouvaient demeurer en paix quand les Yankees étaient en guerre.

U était naturel qu'il en fùt ainsi. Toute l'histoire des colo^ nies et des Etats-Unis n'est qu'une lutte permanente entre les deux races, une dôiSûte Journalière des tribus indiennes, défendant pied à pied leurs terres et leurs foyers. Violemment ou insidieusement refoulées des côtes de l'Atlantique jusqu'audelà du Mississipi, en ne laissant derrière elles d'autres traces

que leurs noms restés a quelques localités, à des rivières, à des baies, h des montagnes, il n'y avait pas de raison pour qu'elles cessassent sur le Mississipi une lutte qu'elles soutenaient depuis deux siècles, surtout quand les causes elles-mêmes de cette lutte, les progrès de la colonisation, ne cessaient pas, et <iuand les colons étaient amenés 'à tourner contre euxm6mes les forces qu'ils n'avaient jusqu'ici employées que oontre les indigènes.

II est pénible de devoir confesser à cette occasion que les Américains des Etats-Unis n'ont encore rien su fidre de sé* rieux pour amener une solution du problème de la coexistence des deux races blanche et rouge dans le mémo pays, digne des principes élevés de morale, de civilisation et de christianisme qui fimt rhonneur de la grande République.

D'honnêtes et nombreuses voix se sont élevées en fiiveur du nègre, et ont fini par être entendues.

L'Indien, non moins malheureux, plus intéressant peut-être par de mâles qualités qui manquent à la race africaine, n*a eiiQore trouvé au sein des Etats-Unis que de rares et timides délBnseurs.

Une aveugle opinion publique s'est formée sur la question; elle a formulé un arrêt. Tout semble dit. Les meilleurs espi U.^, l.'s { lus nobles cœurs, malheureusement trop amoureux de popularité, se prosternent devant la sentence des masses, au lieu de chercher à en monti'er l'iniquité.

Cette sentence, dictée par des haines traditionnelles remontant aux lult<'- (h's premiers colons, autant que parle soin d'intérêts purement matériels, est simple et brève: I>a race rouge doit être exterminée; son existence est incompatible avec la civilisation.

De respectables ecclésiastiques même adhèrent à cette cruelle politique, et concèdent qu'on ne saurait rien foire de ces pauvres sauvages ; qu'en conséquence il vaut mieux les détruire, pour la sécurité des blancs. Les Indiens sont destinés à disparaître, ajoutent-ils en soupirant Ils s'en vont! Géla se dit, s'écrit, se prédit sur tous les tons.

Plus malheureusement encore cela se pratique. L'œuvre de destruction, loin d*ètre laissée k la Provktence, est métho-

diquement organisée, sur une vaste échelle, officiellement et ofiicieusement, h tous les étages.

"Voici ce qui arrive le plus communément.

Une tribu indienne est établie dans une bonne localité, en vertu d'anciens arrangements qui la constituent propriétaire du sol, non-seulement au point de vue indigène, mais en droit civil des Ktats-L'nis. C'est ordinairement au boid d'un cours d'eau, qui puisse leur oflVir des facilités de communication deux h trois fois l'an avec un centre de marché, ou avec quelqu'un de ces grands l)ateauxde rivière, qui sont des comptoirs ambulants. Présentement c'est le long dos mille affluents et snus-aftluents occidentaux du Mississipi et du Missoui'i ijue se trouvent les i)rincipaux établissements indiens à l'Est des Montagnes Rocheuses,

Ils y ont des villages en huiles et en lentes de peaux de bufile. L'été les lionnnes vont à la chasse, tandis que les femmes, les enfants, les vieil lai ds, les maliniires restent au village, récoltent un peu de mais, pèchent, élèvent (jnelque bétail, tannent les peaux et fourrures rapportées par les chasseurs, font quelques gi ossiers ouvrages d'habillement et d'une broderie particulière.

Tout autour des villages indiens se trouvent d'immenses terrains sans maîtres réguliers, sans culture, n'attendant que des bras robustes pour mettre au jour des richesses île toute espèce, agricoles et minières. En vertu d'une loi des Etats- Unis dite de Uomestead, destinée à favoriser l'inmiigration et la colonisation, ces terrains se vendent très bon marché, ou plutôt se donnent contre un faible droit d'inscription de 1 */* dollar par acre. En outre le propriétaire ou le premier passant venu a la jouissance de toutes les prairies qui ne sont pas encloses d'une palissade. Il peut y paître son bétail, y semer, y récolter, y camper, y b&tir à son gré, quitte à devoir en délogier si quelqu'un lui prouve, par un acte d'enregistré ment, qu'il a acquis des droits de propriétaire sur ce sol.

Quoique les conflits civils de ces confins de la civilisation se vident parfois à coups de carabine et de revolver, la violence n*y est point aussi usuelle qu'on pourrait le croire. Gomme il y a place pour tout le monde, le plus &ible ou le tous n. 19

plus sage se transporte un peu plus loin avec son bétail et son diédal, se bfttit une autre hutte et veille mieux à l'organisation et au maintien de ses droits.

Cette fecile colonisation, où, depuis une trentaine d'années, le Vieux-Monde, et particulièrement l'Allemagne et l'Irlande, se déversent à grands flots, ne tarde pas à entourer les villages indiens. Ceux-ci deviennent gênants ; il y a un Etat dans l'Etat, de quelque façon qu'on ( onsiilèn» les choses. On entre alors en luLlc ou en iiéj^ajcialions, et, de j^ré ou de force, on amène les PeauK-Uoujjjes à se transporter à quelques journéeij de marche i>lus à l'ouest. Là, et moyeiniant une certaine somme d'argent qu'on leur paie en capital ou en rentes aimuclles, on les lai.ssc s'étaltlir dans des terrains spécialement réservés pour eux. On les en déclare les léi^iitimes et définitifs propriétaires ; on leur donne un intendant ou agent, qui devient plus ou inoins leur chef. On appelle le nouvel établissement les Réserves, et le poste principal l Agence. On a ainsi les \\ acliita-Réserves, les Cherokees-Réserves, les bioux-Résen'es, les Yankton-Réserves, et Agences, etc.

Mais l'immigration et la colonisation suivant leurcoiu's, au grand contentement du fisc américain, ainsi que de nombreuses entreprises industrielles et commerciales, qui on\ là leur prineipales sources de revenus, le nouvel établissement indien est bientôt enlacé de ni>uv(?au et forcé h déménager. Le mot Péserve ou Agoice fait place à la (Inale Citij ou Toivn, dans le nom de la localité, comme le Peau-houge fait place au Blanc sur le terrain habitable.

Quelques-unes de ces Réserves prennent mieux racine, se déveloi)pent en pros|>èrcs villages, et fourmssent des preuve» que la race rou<:e est susceptible d'ime certaine civilisation, qui n'est sans doute pas la même li tous éirards que celle de la race blanche, mais que nous ne devons pas condamner à tout jamais pour 'cela. Ces Réserves exemplaires sont ordinairement celles qui ont pu rester en dehors du grand courant de la colonisation, où les Indiens peuvent partager, dans une .juste moyenne, leur activité entre l'agriculture, qu'ils n'aiment guère, mais dont ils reconnaissent l'utilité, et la chasse, qui est pour eux un métier, une passion, une gloire.

Ce sonl aussi les Réserves k la tète desquelles se trouve, comme agent ou comme chef élu par les Indiens et par le

gouvernement, un homme à la fois pieux et pratique, un homme sachant leur prouver, de fait et de parole, que la civilisation et ia religion des Blancs ne sont pas inférieures aux lonrs.

Maliieiireusement ce n'est pa^; souvent le cas. Bon nombre d'agents no pensent qu'à les e\i>loiter et h les dniier; bon nombre de missionnaires, plus ardents qu'éclairés, contri- ■ huent, malgré d'excellentes intentions, à les pervertir autant qu'à les instruire, en leur prêchant des vérités abstraites que la poUtique de rigueur ou de ruse en usage à leur égard dément chaque jour par des actes patents. Aussi jusqu'à présent, la plupart des missions en connexion avec les agences ou les forts n'ont abouti qu'fi aider à glisser chez les Indiens plus de vices que de vertus des blancs, plus de superstitions que de vraies notions chrétiennes. (>) Trop souvent les Blancs auraient eu besoin de missionnaires plus que leurs victimes.

Qu^cm note que nous parlons ici des meilleures Réserves du Far-West, de celles où les Peaux-Rouges, sans abandonner complètement la vie des forêts, sont cependant devenus quelque peu sédentaires et industriels.

(1) Voici ce que dit à cet égard le général Pope BUT la campa^M indleuiu d»

1863 en MinnesoU «l Dacota:

« Les seuls hommes blancs que j'autorlserab à eirouler parmi les Indiens seraient les missionnaires. J'es|;ère que des arrangements pourront être pris avec nos sociétés de missions pour qu^dles aient des agents à chaque poste militaire ; i} faudrait que ce fussent des hommes prati(iues, vivant là avec leur famillo, et qui eussent pour iâctie d'enseigner aux. Indiens les arts utiles de la vie, aux hommes la e«Atnre du wH, aux femmes la couture et les travaux de maison, à tons la propreté et la dticence. Voilà premières leçons à donner. L'instruction reliidenso viendrait ensuite et serait dans son ordre naturel. La taata générale de nos missionaalrea est. Je erols, de renverser le iwogramme de l'édacatlon et de vouloir ftire de l'Indien un mombre de l'Ef,'n>o, titulis qtril n">'si encore qu'un grossier sauvage. Dans cette situation, c'est ordinairement l'intériH seul qui amène les conversions. Pour christianiser et en même temps pour civiliser les Indiens, il l^ut des hommes d'— ; ri^ prati<inc r»t de bon -^ons. qui \(^nr enseignent d'abord à être humains et à acqucru' los ai tà de lu civilisaiiou ; qui instruisent surtout les enfants et sachent se contenter des bienfaits espérés de l'avenir, plutôt que de vouloir à tout prix des résultats immédiats. U ne s'agit pas de compter les haptémes, mais d'en peeer la valeur.

• DeenilBtonnalrescoilimeJeles entends, pourraient ^tre d'un profit incalculable aux Indiens et au gouvernement, et s'il s'en présentait & nos postes militaires de la frontière, je recommanderais au gouvernement de leur fournir des logements el des rations & raison de deux petites funttles pour les grands peetM et d'une ftanUle pour les petits postes, t

D'autres tribus, moins réguiièreraent installées, offrent des perspectives bien plus sombres. Ce sont oelles avec lesquelles on ne put entrer en arrangement, ou ne conclure que des traités partiels, ou qu*on délogea simplement par la force.

Chassées de leurs foyers et dissipées dans les plaines, elles s*y livrèrent au brigandage dont les Blancs leur avaient donné Texemple, et se vengèrent de leurs désastres sur les colons les plus avancés et sur les émigrants se rendant aux Montagnes-Rocheuses.

Il fiOlut leur tenir téte, les éloigner, s'en préserver. Pour cela on dut enceindre toutes les régions frontières d'une Ugne de postes fortiiiés, servant de bastilles et de refiigesaux Blancs ; la lutte nourrissant la lutte, on attaqua plus souvent encore qu'on ne se défendit.

Depuis la découverte des richesses aurifères de la Californie, de ridaho, du Colorado, du Montana, de TOregon, du Nouveau- .Mexique, ainsi que depuis l'établissement de la secte des Mormons dans l'Utah, et de ses dissidents, les Morrisites, les routes à travers les plaines avaient acquis une haute importance, et étaient devenues des artères de communication de première classe. Non-seulement elles sont continuellement couvertes de trains d'émigrants, de machineries, d'objets divers de commerce et d'approvisionnement, mais des messageries à quatre et à deux chevaux y circulent aussi régulièrement que dans nos pays de l'Europe. Toutes les 15 & 90 lieues en moyenne elles rencontrent un relai plus ou moins fortiflé et reconfortant, tandis qu'à droite et à gauche de la trace décorée du nom de route se trouve le désert dans toute sa plénitude.

Le long de ces voies les Indiens hostiles avaient et ont encore beau jeu pour exercer leurs représailles et pour se livrer sur des proportions plus ou moins grandes au pillage et au brigandage. Ils ne s'en tirent pas faute. On réunit dos troupes contre eux ; on les baltit ; ils recommencèrent; un les batiil encorOj à oulranct», sans miséricorde, comme des bèLos fauves. Après quoi on leur miposa des traités d'alliance et d'établissement autour de tel ou tel fort, en leur réservaul tels et tels terraiiïs de chasse. On leur paya, on leur paie

encore des redevances antiuelles pour tromper leur amourpropre et leur laisser cioire qu'ils resteut les maitres du sol. Ûa se prête même dons ce but à de mensoiigères comédies.

C« n'est assurément pas de la vie de ces villages, dressés ainsi autour des forts par la ru.se, la force ou la cupidité, et où les Indiens n'ont ordinairement que de mauvais exemples sous les yeux, qu'on peut attendre un progrès réel dans leur état moral et matériel. D'ailleurs on ne larde pas à gêner ieui-s allures, à leur contester leurs chasses, à les froisser, à les avilir, à les opprimer de toutes façons, et à la première occasion ils se tournent contre ces prétendus alliés devenus pour eux d'odieux tyrans.

Il en sera probablement ainsi, tant que les Elals-I 'nis n^auront pas la bonne foi de concéder de convenables Réserves aux diverses tribus indiennes, et après cela de les respecter et de les faire respecter rigoureusement par les colons et par les autorités des Territoires. Ils devraient aussi prouver leur supériorité de race et de religion , en montrant plus de douceur et de patience à l'égard des vices qu*ils ont contribué à développer chez les Indiens. Il ne serait même point indigne de l'esprit humanitaire d'une si noble nation, pour avancer sa grande oeuvre de civilisation chrétienne, de s'efr forcer de racheter ses méfaits passés, en remplaçant aujourd'hui les sévérités des représailles par les palmes du martyr, 8*il le fallait, et en se bornant exclusivement à la défense passive pendant une génération au moins, c*est-àrdire jusqu'à ce que les Indiens aient pu reprendre confiance dans Thonnèteté et dans la loyauté des Blancs.

Telle n*était pas, tant s'en faut, la tendance, au début de la guerre de Sécession. Les principales tribus avaient des plaintes fondées à élever quant à la manière dont les Etats- Unis tenaient leurs engagements, et sur les trois grandes voies qui traversent les plaines, on était dans Tétat habituel de guerre, c'est-à-dire d'extermination réciproque. De la part des blancs, soldats et colons, on y procédait habituellement sans • pitié, sans foi ni loi, comme à la chasse de Tours gris.

Un bateau remontant le Sfissouri, par exemple, recevaitril

quelques flèches ou quelques balles, le bateau lâchait dès lors des bordées de mitraille sur tous les canipeinents indiens devant lesquels il passait, frappant des innocents par dizaine pour un ou deux coupables, et souvent autant de femmes et d'enfants que de guerriers, sans profit aucun pour personne, et sans autre résultat que d'engendrer de nouveaux motifs de haine.

En 18G3 un parti commandé par un certain capitaine F., sur la route du fort Lamarie, poursuivi par quelques maraudeurs Sioux, trouva bon de s'en débarrasser en laissant derrière lui des provisions de pain et de lard empoisonnées de strychnine, qui firent périr toute une tribu d'une "vingtaine de familles. Ledit capitaine fut à la vérité réprimandé et invité îi donner sa démission. Mais dès l'année suivante il se retrouvait sur le lieu de ses exploits à la tète d'un grand convoi d'émigrants et de mineurs du Minnesota. Il n'était plus que simple particulier, mais il n'en était pas moins pourvu de larges concessions et de subsides de la part du gouvernement fédéral, qui lui donnaient une haute considération.

En 1864 une tribu cheycnne du Colorado de 5 à 600 individus, sous les chefs Black-Kettle et White-Antelope, avec quelques Ârpajoe?, sous le chef Main-Gauche, demanda aux autorités du fort Lyons à c on dure un traité, en offrant de re> mettre des Blancs captifs achetés d*une autre tribu. Ces Gheyennes remirent en effet leurs captif et s'établirent sous le fort Lyoïfs, du consentement ou plutôt par ordre du gouverneur du Territoire et du commandant du fort. Ilss*y comportèrent très convenablement, se proclamant hautement amis des Blancs, et en dissidence avec les tribus faisant encore la guerre. Ils furent d*abord bien traités par les soins du commandant du fort, le msgor Wynkoop. Celui-ci ayant été remplacé par un officier ayant de nombreux intérêts et accointances dans la contrée^ le major Anthony, tes choses changèrent. Le nouveau commandant leur fit rendre leurs armes, ce qu'ils exécutèrent sans se plaindre et en restant dans les mêmes .dispositions pacifiques et amicales. Après cela il leur retrancha les petits secours en vivres qui leur étaient distribués; il leur «gnifia enfin qu'ils devaient doré-

navant se nourrir eux-mêmes, qulls feraient bien d'aller s'é^ tablir dans des terres de chasse, à Sand-Creek, k envion 35 milles du fort Lyons, où il leur ferait savoir s'il était autorisé à signer un traité de paix avec eux.

Us se déclarèrent prêts à ob^ immédiatement. On leur rendit leurs armes et ils partirent. Trois ou quatre d'entr*eux, dont un de leurs chefe, One Eye, et un métis interprète. Jaques Smith, continuèrent ft être employés par le gouvernement comme batteurs d*estrade. Ces gens firent, de Sand- Greek, d'utiles rapports au fort Lyons sur des projets débanda hostiles.

Pendant ce temps le commandant du district, colonel Ghivington, vint rejoindre le major Anthony avec 700 hommes montés, volontaires du Ck»lorado, et deux pièces d'artillerie. Renforcé de 125 cavaliers et de deux pièces de la garnison du fort, il marcha dans la nuit du 28 au 29 sur le camp de Sand- Creek, qui comptait environ liO huttes.

Le 29 novembre au matin le.village fot entouré, puis attaqué sans sommation aucune et malgré la protestation des chefo ayant eu soin d'arborer le drapeau américain surmonté d'un drapeau parlementaire, comme c'était d'usage dans les prairies quand ils rencontraient de la troupe.

c Et alors commença une scène de meurtre et de barbarie, dans laquelle hommes, femmes et enfents furent massacrés indistinctement. En quelques minutes tous les Indiens étaient en foite dans ta plaine remplis de terreur et de confusion. Quelques-uns qui s'étaient cachés le long de la rivière ftirent entourés et fusillés de sang-firoid, car ils n'offiirent qu'une &ible résistance. Depuis l'enfant à la mamelle jusqu'au vieillard, tout ce qui fbt saisi fut égorgé. Non contents de tuer des femmes et des entants inoffensifs, les soldats se livrèrent & des actes de barbarie des plus révoltants et indignes de gens civilisés. Rien ne fut tenté par les officiers |k>ur contenir la sauvage cruauté de leurs honunes ; ils en ftirent les témoins sans un mot dé blâme, si même ils ne les excitèrent pas. Pendant plus de deux heures l'œuvre de carnage et de barbarie se continua, jusqu'à ce qu'une centaine de cadavres, les trois quarts de femmes et d'endnnts, jonchassent le sol. »

Ce récit, textuellement traduit du rapport &it au congrès par un des honames les plus honorables et les plus distingués des Etats-Unis» M. Wade, de TOhio, actuellement président du Sénat, n'a point amené, que nous sachions, de mesures à la hauteur des exigences, et les pauvres Indiens sont toujours sous le coup de l'inhumaine politique créée à leur usage.

Avec les vexations et les cruautés dont ils sont encore l'objet, qu'ils soient amis ou ennemis, on ferait des centaines de nnnans plus émouvants et non moins vrais que celui tant admiré de M»* Beechei^tove.

L'excuse qu'on ne saurait combattre efficacement les Indiens qu'avec la môme férocité qu'ils emploient eux-mêmes nous paraîtrait valable peut-être de la part d'autres Indiens, mais non de la part d'états et de soldats se disant civilisés, et prétendant, au nom même de la civilisation qu ils représentent, avoir des droits à exercer sur le sol haUté par les indigènes ^ sur les indigènes eux-mêmes.

Des considérations qui précèdent on voit déjà qu'il ne de^ vait pas être difficile aux confédérés de se recruter des auxilaires dans les régions indiennes. Ces auxiliaires ne seraient sans doute pas bien puissants, car, grAceau système d'extermination en vigueur, la totalité de^ guerriers rouges perdus dans ces immenses espaces ne se monte plus aujourd'hui qu'à une soixantaine de mille hommes ; dès qu'ils sont réunis en masses d'un ou deux mille seulement, leur désordre est si grand qu'ils sont en réalité plus effiayants à première vue que dangereux.

Leur mode de combattre est ordinairement la chaîne irrégulière, visant à entourer l'ennemi. Pour l'attaque en forts effectifs, ils se massent et s'avancent efi troupeau jusqu'à portée de fusil. Alors ils déploient en éventail, prennent là course et attaquent en tiraillant rapidement, en bondissant comme des panthères, et en poussant des hurlements tenant du hurleiTieni du loup et du cri du hibou. Souvent deux petits groupes ù droite et à gauche font des mouvements tournants. Leurs feux de. bandes sont sans justesse et leurs masses sans cohésion. Malgré leur grand courage, qui ne couBisle

du reste pas à combattre en fiice quand il esl possible de fiiire autremeiity on peut dire d'eux ce qu'un illustre général français de l'armée d'AfUque disait des Bédouins: c plus ils sont nombreux moins ils sont à craindre* » En revanche ils sont redoutables dans les escarmouches, dans les embuscades, dans. les surprises, et autres affaires de petite guerre. Le service de sûreté européen le plus serré ne saurait préserver complètement de leurs atteintes. Un officier désigné à leurs coups, si brave et si bien escorté qu'il soit, ne sera jamais garanti contre leurs flèches, qu'ils lancent, aux courtes distances, avec une justesse et une rapidité ramarquables. Des vertus guerrières de cet ordre étaient, on le comprend, de peu de poids dans la grande lutte engagée pour le maintien ou la destruction de l'Union et de l'esclavage.

Mais en quoi une levée de boucliers générale des Indiens pouvait être utile à la sécession, c'est qu'elle tarirait pour un certain temps une des meilleures sources de richesse du Nord, c'esUà-dire qu'elle effraierait et arrêterait la colonisation du Far-West; par suite l'immigration des Européens s'en trouverait suspendue. Elle forcerait, pour rétablir le courant ordinaire des choses, à dépenser dans ces parages éloignés des forces et des ressources, qui laisseraient d'autant plus de liberté de mouvements aux corps con£ëdérés dans les parages plus décisife de l'Est.

Aussi les conlSftdérés firent-ils de grands efforts pour attirer à leur cause les nations indiennes les plus guerrières.

Les Ck>nianches, les Nan ajoes, les Cherokees et autres tribus voisines du Kansas, de l'Arkansas, du Texas, qui s'étaient, elles aussi, déjà façonnées aux institutions du Sud quant à l'esclavage, et possédaient des esclaves noirs, ne firent pas diffieiles à entraîner dans la lutte. Les Gomanches, à l'instigation de leur chef Albert Pike, déclarèrent leur sécession déjà dans l'été de 1861. Les Cherokees, sous leur chef Ross, en firent autant en octobre de la même année, et ils mirent aussitôt quelques milliers do guerriers en campagne. A la bataille de Pea-Ridfçe, en mars 4862, le général Price en avait environ deux mille sous ses ordres, direc tement commandés par i'ike, nomuié général confédéré. Us ne firent pas grand'-

chose pendant l'action, sauf de scalper tles chevelures ; mais ils furent très-utiles les jours qui précédèrent et qui suivirent» pour des reconnaissances et des diversions.

A la môme époque divers combats avaient ou lieu dans le Nouveau-Mexique, pour la possession de la capitale Santa- Fé entre des Texiens sous le général Sibley, et des volontaires unionistes du Colorado sous le général Slough, où Les Indiens Narvajoes, du côté des premiers, jouèrent aussi un certain r(tte comme auxiliaires. Néanmoins les fédéraux se remirent en possession de Santa-Fé vers la fin d'avril, et refoulèrent les Texiens plus au Sud.

À peu près en même temps une brigade de volontaires californiens, sous le général Garleton, s'était avancée dans TArizona à travers les plaines et avait ^t rentrer les fbrts d'Arizona et de Tucson sous le drapeau iâdéral.

Les échecs des Texiens et leur retraite vers le Ck>Uè firent refléchir les Indiens sudistes sur leur situation. Par Tinfluence des tribus des Delawares et des Shawnies du Kansas, ennemis d*AU)ert Pike, une sorte de révolution et de coup d'état se fit contre celui-ci, en février 1803. L'agence de Wachita, en Texas, fût surprise ; une centaine de Gomanches furent tués, et de grands approvisionnement et beaucoup de chevaux lurent capturés, ainsi que le texte même des traités conclus avec le gouvernement de Richmond.

A la fin du même mois les Gherokees se réunirent en Grand- Conseil de Nation et finirent leur révolution. Sous l'influence d*habiles promesses d*agents du nord et d'autres séductions, ils abjurèrent solennellement la sécession et déclarèrent traîtres ceux qui les y avaient engagés. Us proclamèrent aussi l'abolition de l'esclavage. Un nouveau chef fq^ acclamé par eux un peu plus tard dans la personne du capitaine Ghristy, qui leur fit prendre les armes pour les fédéraux, et les mit à la disposition du général Me Neil, commandant du Fort- Smith. D'autres bandes, de la tribu des Ghoctaws, furent aussi ramenées & la soumission par le colonel Me Caustin, qu'elles prirent pour chef et qui les remit à la clémence du général Me Niel en décembre 1863.

Plus au nord les choses ne se passèrent pas si facilement.

Là les Indiens étaient directement en contact iLveo les fédéraux, et s'il avait été facile de révolutionner les Gherokees contre leurs oppresseurs du Sud, il ne Tétait pas autant aux fédéraux d*empécher les leurs de se révolutionner contre leurs plus près voisins.

Toute la route de FUtah et les environs du Lac-Salé, grande route de Californie, tomba uiorncnliMiéint nt aux mains des Pieds-Noirs, des Serpents, et d'autres tribus connues par leur Immeur guei i i«^re. Le général Connor et Iecoloii<>l Evans leur tinrent tùtc dans l'Utah, tandis (|ue des détaclieinenls du fort Kearney, en Kansas, la principale base des expéditions à travers les plaines, et du fort Larainie, station intenrK'fliniro entre Fi»rt-Kearney et TUtah, durent battre eontinuellenient la eanipagoe pour rouvrir la voie et escorter les messageries.

A cet effet une dizaine de mille hommes, la plupart volontaires des états de Touest, durent être levés spécialement, et deux r^ments d'infanterie montée de TObio fîirent envoyés au fort Laramie sous le commandement du colonel Gollins, de rOhio. C2elui-ci, au commencement de 1804, avait réussi, par de nombreuses et actives expéditions et après de vi& engagements, à rétablir *utte sécurité relative dans œs parages.

Ce fut plus au nord encore, sur le Haut-lif ississipi et le Haut-Missouri, que la guerre indienne revêtit son caractère le plus affligeant. Là c'étaient surtout la grande nation des Sioux, ou Dacotas, comprenant un grand nombre de tribus, et celle des Piéds-Noirs, qui étaient en cause. Plus qu'ailleurs, les Sioux étalent rapprochés des établissements blancs, au milieu desquels ils vivaient dans les Etats de Minnesota et de Jowa. La frontière voisine du Canada leur offrait des facilités de retraite et de refuge, où Ton ne pouvait les poursuivre. Knfin, en se campant en force sur le Haut-Missouri, ils fermaieiit une des routes les plus fréquentées vers les Montap^nes- Rocheuses, vers les territoires riches en mines de Monl.tn a, de ridaho, ainsi (ju'un des plus cnmriiodes passages, par forllieiiton et VV.illa-NValia, dans la saison des grandes eaux, sur la Californie. Les bateaux à vapeur remontent le Missouri de Saint-Louis jusqu'au fort Benton, eu une quaran-

taine de jours ; dô là en autant de temps on petit gagner la

Californie par terre.

Nous avons déjà dit qu'en août 1862 une terrible insurrection d^ Sioux avait éclaté dans le Minnesota. Un grand nombre de hameaux et de fermes isolées, habités surtout par des Allemands, avaient été subitement assaillis. A. Tincendie et au massacre, les Indiens avaient joint le vol sur une iaige écheUe ; ils avaient lait d*immenses razzias, et compris dans leur butin trois & quatre cents prisonniers, surtout de femmes et d'enfiuits devant leur servir d'otages.

On se rappelle aussi que le gouvernement fédéral avaii jugé la chose assez grave pour envoyer sur ce point des troupes en renfort, avec le général Pope, qui venait d*étre battu par Lee et Jackson en Virginie. Le gouverneur de TEtat de Minnesota, M. Ramsey, avait appelé aux armes toutes les milices. Le gouverneur do Juwa avail aussi niU de nouveaux régiments sur pitMl, et Ton s'apprêtait à une campagne sérieuse. C'est qu'en efiel depuis longtemps les ludions h un aient accusé autant d'audace, ni do ?iorret dans leurs cMilrepiiacs, cl cela avec des masses relativement cmisidérables, envii'on six mille guerrier». En outre, ils avaient de bonnes armes, fusils lisses et rayés, et étaient secondés par d'intellÏLrenLs métis venus du Canada, des établissements de Seliiirk enli'auli'es, et d'origine française pour la plupart.

Après leurs premiers et sanglants exploits contre les colons, ils ne craignirent pas de prendre Tollensive contre les troupes mêmes et contre les forts, où les bourgeois effrayés accouraient de toutes parts pour mettre à Tabri leurs personnes 6t leurs biens. A la iin d'août, ils attaquèrent le fort Ridgely, en Minnesota ; mais ils furent repoussés ; ils eurent plus de chances contre la ville de New-Ulm, dont ils chassé^ rent les habitants, après une lutte de trois jours.

Après une autre attaque infructueuse contre le fort Ridgely, ils se retirèrent, chargés de buUn, vers le nord-ouest.

Le colonel Sibley les suivit avec une Êûble brigade de cavalerie et d*in&nterie montée et deux pièces de canon. Le 33 septembre, campant au bord de la rivière Yellow-Medicine, il est attaqué par eux et ne les refoule qu après trois heures

d'un combat achai né» dans lequel il perd une quarantaine d*homnie8 et les Indiens une cinquantaine. Quatre jours plus tard, il les attaque à son tour sur la rivière CSiippewah, leur capture seize guerriers et se folt rendre une centaine de captif, femmes et enfants, enlevés au mois d'août. Une semaine après, en les poursuivant toujours sans relâche, il se &it encore rendre deux cents captifs, ensuite d'un traité avec leur chef Little-Crow, par lequel celui-ci s*engage à se retirer audelà de la rivière James.

Pour l'année 1862, la campagne se termina là. Mais tout r hiver lui passé pai" les Indiens à se concerter et à se concentrer pour line reprise' d'hostilités au pi'cniier printemps.

De son eolé, le i^'énéral l'ope avait eu \yi temjts de prendre possession de son département ; il avait reru, quoique lentement, les forces nécessaires pour agir, et, lui aussi, s'apprêtait pour le printemps à une campagne active.

L'hiver fut employé en préparatifs de transports et d'approvisionnements, ainsi qu'à élever des fortifications sur divers points exposés, pour servir au moins de refuges aux colons. '

Là, comme ailleurs, nous retrouvons les merveilles du pion* nier américain, des lignes considérables de fortification s'élevant comme par enchantement.

Parmi les travaux les plus remarqual)l<'s et les plus caractéristi([ues edeetués h celle occasion , nous citerons ceux construits dans le nord de l'Etat de Jowa, le lon L(de la rivière Desmoines, à CotTectionville,î\ Cherokee, à rete! son,à Estherville, par les soins du lieutenant-colonel Sawyers. Ces ouvrages constituaient une suite de redoutes fermées et de palissades d'un développement d'une quinzaine de milles.

Les forts du Far-West sont aussi simples que solides et ingénieux. Ce sont en général de grandes enceintes rectangulaires, en palissades de doubles ou triples rangées de troncs d'arbres, de deux à trois pieds d'épaisseur, et d'une vingtaine de pieds de hauteur. Des fentes et des banquettes y sont pratiquées pour le tir de l'infanterie, en deux ou trois étages. Le long et à Pintérieur des fsuces se trouvent des logements,

des écuries, des magasins, avec toits en poutres recouverts de taviUoiis, servant plus ou moins de casemates.

A. deux angles opposés du rectangle d'enceinte, se trouvent des blockhaus carrés appelés communément bastions, en larges troncs d'arbres et à deux petits étages. L'étage supérieur a £ût un demi à droite sur sa base, de manière à donner h la projection verticale de ses faces un angle de 45 degrés sur celle des fisices correspondantes de Tétage inférieur. Ainsi tous les angles morts sont couverts par les feux d'une fiice. En outre, le plancher des coins saillants de l'étage supérieur est h jours pour servir de mâchicoulis. Chaque bastion flanque ainsi deux &ces du fort ; par conséquent les deux autres angles sont aussi couverts. Quelques bastions ont quatre canons, c'est rarraemcnt comjjlet et parfait, deux à chaque étage , mais il faut fermer les embrasures de l'étage inférieur par des sabords sijlides ; d'autres n'ont que deux cauoiiri ; d'anU es seulement un, à l'étage supérieur.

Les forts de Jowa dont nous parlons étaient restreints; celui d'Ëstherville n'avait que 132 pieds de c^té. Mais d'autres sont de vraies villes, ou au moins de grands villages de^baraques, de plus d'un millier de pas de cùté, avec des blockhaus extérieurs et une citadelle intérieure.

La vignette ci-contre peut en donner une idée approximative (vou- page 303):

Croquis d'un fort du Fat' West*

Au printemps de 1863, le général Pope avait environ dix millo liommes à mettre en campagne, y compris quelques milices pouvant tenir garnison dans les ouvrages de seconde ligne. U divisa son corps d'opérations en deux colonnes principales, une sous le général Sibley, qui parcourrait la contrée située sur le Haut-Mississipi et plus à l'ouest ; l'autre, sous le général Sully» qui opérerait dans le Dacota, sur le Haut-

Missouri, tiendrait cette voie ouverte, se relierait, si possible, avec la première colonne et couperait la retraite, sur le Mta-

souri, aux Indiens chassés par Sibley.

D'autres expéditions partiraient en même temps du fort Laramic, plus h l'ouest, au sud du territoire d'idaho, parcourraient le territoire de Nebraska et s'avanceraient vers ]e Haut-Missouri, dans le Dacota et le rayon du corps de Sully.

Ces plans de campagne, embrassant des distances de 5 à 600 lieues, sont ordinairement moins contrariés par l'ennemi que par la courte saison d'été de ces hautes latitudes et par la nature du pays. Celle-ci n'offre que peu de ressources. Les pâturages sont généralement inaiyres; le bois pou aliondant; le gibier, ([iii consisLe surtout en buffles, oie.s et canards, la pêche ne peuvent entrer en compte qu'exceptionnellement. Les afnuenls (lu Mississipi et du Missouri, accessibles aux bateaux d'approvibiuunenienL, n'ont pas toujours la direction convenable. Des trains considérables devaient donc suivre les troupes pour les alimenter.

Les foiis Abercrombie en Minnesota, Randall , Pierre Bertholil, en Dacota et sur le Missouri, Laramie plus à Touest, et maints postes intermédiaires pouvaient ser\Mr de bases immédiates aux expéditions. Les bases principales étaient à St-Paul, capitale thi Minnesota, sur le Mississipi, et à Sioux- Cily, sur le Missouri, à Tangle nord-ouest de l'Etat d*Jowa.

Au commencement de juin, les deux colonnes partirent de ces deux points pour se concentrer aux postes extrènie^.

Le général Sibley réunit ses lorces an Lac-Traverse, consistant en quatre régiments d'infanterie, deux de cavalerie et une batterie d'artillerie. T,e l"^''' juillet il en partit dans la direction du nord et s'arrêta, le 4 juillet, au premier passage de la rivière Siievenne. Là il s'établit momentanément h. un point appelé Camp-Hayes, pour attendre ses trains venant de Fort-Abercroudjie, et pour orgaiiiser un poste de réserve. Le il juillet d se remit en route, iranchit le second passage de la Sheycnne et arriva, le 48, au poste de Gamp-Atcheson, sur le lac iùnilie. La niai che se lit commodératent et îk raison d'une douzaine de milles par jour seulement.

Une base entourée de retranchements fut organisée à Camp-

Atcfaeson, où deux compagnies et les impotents flirent laissés en garnison.

Avec le reste, aUégé de bagages, mais muni de rations pour 25 jours, la marche fîit reprise le 20 juillet.

Conformément à Tusage dans les plaines, les troupes et les voitures étaient réparties en deux iUes parallèles, à une centaine de pas d'intervalle au plus, ayant au milieu les étatsmajors et l'artillerie en téte, puis les ambulances, le bétail, . les chevaux de bât et de laisse. La cavalerie fournissait une avant-garde, se portant jusqu'à quatre à cinq milles en avant, des flanqueurs sur les deux ailes, et une arrière-garde serrant de près la colonne. Chaque ligne de voitures était elle-même encadrée dans une haie d'iniîanterie, faisant foce en dehors à diaque arrêt. U &ût toutes ces précautions pour assurer une colonne de marche contre les surprises, ou au moins contre des exploits individuels des Indiens. Les plus agiles et les plus rusés d'entr'eux sont toujours chargés de guetter les expéditions dès leur départ, de les suivre et de les épier sans ^ cesse. Us y réussissent presque toujours et sans être découverts. Au premier Indice de nonchalance qu'ils remarquent dans les troupes, ces ûns limiers se groupent par le moyen de signaux convenus, imités ordinairement du cri d'un animal, et ils^ entreprennent quelque bon coup , enlèvent les négligents, les traînards, les chevaux ou les hommes qui s'écartent deè lignes. Mais il sufilt de connaître leur méthode, de savoir qu'on est constamment sous leurs yeux, et de leur montrer qu'on est sur ses gardes, pour qu'ils ne tentent rien de sérieux.

Le général Sibley,. qui s'y connaissait, mit tous ses soins à instruire ses hommes, dont la grande majorité disait campagne pour la première fois, n nh s'avança que dans le meilleur ordre et lentement, avec le gros de ses forces. Son avant* garde en revanche, composée de cavaliers choisis et de batteurs d'estrade de la contrée, parmi lesquels quelques c bons Indiens », se porta résôlûment en avant à la découverte des pistes ennemies. Le 24 juillet au matin, h un point nommé Bigmound, près du Lac-Stony, & environ 78 milles de Camp- Atcheson, elle signala des traces, et vers midi tout un campe-

TOMBD. 20

ment. Celui-ci était établi dans une bonne po iImh défensive à 4 à 5 milles en arrière d'une suite de <*! v ies sui- lesquelles les Indiens, au nombre d'environ 12U0 guerriers, étaient rangés en ligne.

Le général Sibley prit aussitôt ses mesures. Il lit arrêter sa colonne, grouper ses chars, mettre ses pièces en batterie, élever des retranchements et des barricades, pendant que des parlementaires, escortés par le 6* régiment Minnesota, colonel Crook, allaient entretenir les Sioux. Ceux-ci ne se laissèrent pas daper. Ils arrêtèrent Tinvasion des parlementaires en abattant le premier interlocuteur, le chirurgien Weiser, quoiqu'il cherchât à les amadouer en leur montrant pain, tabac et wiskey. Le. colonel Crook engagea aussitôt la fusillade. Le général Sibley accourut avec deux autres régiments, le 7< et les rangers à cheval, qui se placèrent à la droite et à la gauche du sixième. L'artillerie ouvrit aussi son feu, sur la droite. Après une tiraillerie de 2 à 3 heures, que la nuit fit cesser, les combattants d'une et d'autre part se replièrent sur leur camp. Les fédéraux avaient à couvrir leurs trains ; les Indiens à éloigner leurs &milles et leurs biens. Quelques tirailleurs seulement restèrent aux prises ; les trou* pee dormirent sous les armes.

Le lendemain, 525 juillet, Sibley transporta son camp à quatre milles plus en avant, soit pour suivre les Indiens, qui s'étaient déjà repliés, soit pour prendre une meilleure position, soit pour procurer de l'herbe aux animaux. Dès le premier moment de la halte des retranchemenl> lai - lU aussi construits, et le campement assuré contre une attaque en forces et contre les surprises nocturnes.

Le 26 la marche fut reprist% et après quatorze milles de chemin le gros des Indiens fut de nouveau atteint. La fusillade et la canonnade s'engagèrent aussitôt, pendant lesquelles deux bandes serrées de j^uerriers rouj^es attaquèrent avec fureur les deux flancs des troupes, pour menacer les trains. L'attaque fut solidement reçue et repoussée. Les rangers à cheval y firent néanmoins quelques pertes et y abîmèrent leurs montures. Serrés de près, ils mirent pied à terre et rendirent d'exceiieuls services comme tireui*». Le bivouac fut pris sur

le lieu mâme da combat, avec les précautions d'osage, et ne fiit pas troublé.

I<e â7 les troupes marchèrent une quinzaine de milles, et campèrent, dans Taprès midi, sur la rive du Lac-Stony sans avoir vu autre chose que quelques dizaines de cavaliers ennemis. La nuit s'écoula aussi en toute tranquillité.

On pouvait raisonnablement en conclure que le 129 se passerait à atteindre tranquillement l'étape. Mais au moment où les régiments se mettaient en route et formaient leurs lignes, les batteurs d'estrade d'avant-i^arde arrivèrent au grand galop en criant : c Ils viennent I Hs viennent 1 » Sur leurs talons débouchent en effet des bandes de plus d'un minier de cavaliers Sioux, qui tourbillonnent et chargent tout autour des premières troupes en poussant leurs hurlements de guerre, k un premier moment de confusion, datis le 10" régiment en tête, causé par la retraite précipitée de l'avant-garde, succéda par l'instinct du danger une fusillade nourrie, qui arrêta l'attaque. L'artillerie entra en ligne, une section à droite et l'autre à gauche ; les autres régiments et la cavalerie s'avancèrent à leur tour, tout en laissant une bonne l n di au convoi, et les Indiens furent refoulés. Ils emportèrent néanmoins tous leurs morts et blessés sur leurs rapides poneys.

Vers neuf heures du malin l'action était tenninée. Les troupes furent réorganisées et la marche fut aussitôt reprise en ordre de combat, les compagnies en tête formées en échelons. Â la nuit seulement le campement fut pris au bord de rApple-Creek. Quoiqtie troupes et chevaux fussent harassés de fatigue, le départ du 29 juillet eut lieu de grand matin. Il était important en efTet d'entamer plus qu'on n'avait pu le faire le gros de la bande, ou d'atteindre le campement luimême. Jusqu'ici la chose n'avait pas été possible, et le seul gain du terrain contre un ennemi nomade et se jouant aussi aisément de l'espace, ne constituait aucun succès.

Après six milles de marche, le 29, les troupes arrivèrent en vue des forêts qui longent le Missouri. En se sachant si près du fleuve, et craignant que les Sioux ne lui échappassent sur l'autre rive, le général Sibley langa en avant un détachement choisi de cavalerie et d'artillerie. Celui-ci, embarrassé

pai 1 1 1 l es et les taillis, dut attendre Vinfianterie du G-^ régi meut envoyée à son aide. Tous ensemble et avec force déchar|jfC55 s'avancèrent de leur inieux vers la rivière, oii ils arrivèrent pour voir le gros des Siuux déjà de l'autre côté on dans des îlots inabordables. Après rpiclqnes escarmouches et tirailleries celte avant-garde se replia, {tour la nuit, sur le gros, qui prit son campement vers les bouches de TApple- Ci*eek.

Le 30, pendant que des retranchements plus solides que d'habitude s^élevaient autour du nouveau camp, une brigade, sous le colonel Grook, fut envoyée de nouveau sur le lieu de combat de la veille, pour détruire les bagages laissés par les Indiens sur la rive gauche du fleuve, et pour recueillir quelques manquants, entr'autresun jeune officier anglais, le lieutenant Beever, servant comme aide-de-camp volontaire du général Sibley. Le colonel Grook brûla quelques charrettes abandonnées, et ne rencontra pas d'ennemis ; il trouva en revanche le corps du lieutenant Beever, percé de part en part ainsi que son cheval, et scalpé.

Dans ces divers engagements Sibley avait perdu une centaine d*hommes seulement, tant tués que blessés. Les Sioux eurent 58 tués, et trois à quatre fois plus de blessés.

Après être resté (juelque temps à son camp d'Apple-Creek, et s'être ravitaillé, le générai bibley reprit pur terre sa route sur le James-River.

Il put opérer cette course de retour sans voir d'ennemis; quant à ceux-ci ils ne furent pa-^ dans le même cas. Des I);n lis de limiers le suivirent e(iii-t;iiiiiii< ni, tjuuuju'à distance, et quand ils rapportèrent que les troupes étaient au-delà du James-River, le gros des Sioux repassa sur la rive gauche du Missouri, les uns se dirigeant au nord vers le Long-Lake, les autres restant sur les bords du fleuve. Un grand bateau à vapeur de Saint-Louis venant à passer à ce moment (*), pesamment chargé, fut attaqué par eux, et ils réussirent à s'en emparer et h le couler après un combat acharné qui coûta la vie à 9i des leurs. En représailles ils tuèrent tout l'équipage, à savoir 21 hommes, trois femmes et quelques en£ants.

(i) MaOtHimihBotit.

Le général Sibley, quoique arrivé à la limite de son champ d'opérations du côté de Touest, n'avait rien vu ni appris du corps du général Sully.

Cette seconde colonne expéditionnaire avait en effet été retardée par ses transports et par la difficulté de la navigation sur le Missouri, dont les eaux bourbeuses sont fort peu profondes par place, et ont un lit incessamment variable.

Parti par terre de Sioux-Gity et de Fort-Randall avec le gros de ses troupes, tandis que ses approvisionnements remontaient le fleuve, il no put se concentrer qu'à la fin de juillet aux bouches de la rivière Petit-Gheyenne, affluent de la rive gauche à 50 milles au-dessus du fort Pierre. Jusque-là il n'ar vait rencontré que des Indiens amis et seulement qu^ques maraudeurs ou espions hostiles. A.près avoir reçu son dernier bateau d'approvisionnement, il renvoya par celui-ci ses malades, ses éclopés, ses hommes mal montés et son gros ba* gage au dépôt du Fort-Pierre, et il se mit en route, le 21 août, dans rinlérieur du pîiys avec le reste de ses forces disponibles. Celles-ci se composaient de quatre régiments de cavalerie de Jo^'a et de Nebraska et d'une batterie d'artillerie, avec une compagnie de batteurs d'estrade et un long convoi de wagons nienant environ trente-trois jours de rations, y compris du maïs et de l'avoine pour les chevaux.

Sully marcha d'abord au nord en remontant le Petit- Cheyennc, et fit le premier jour onze milles. Le lendemain 22 août il ne fit que sept milles, les terres étant fortement détrempées par la pluie. Le 23 il tourna vers le nord-ouest, vers le Lac-des-Cygnes. Le 24 il reprit sa direction droit au nord, fit 18 milles, et alla camper, le soir, vers une petite rivière appelée Bois-Cache. Lù ou entrait dans la l ésion de chasses indiennes coimue.s, et des détaelienients furent formés pour alimenter la troui>e de gibier. Mais cet exercice nipnaeant de tuer plus dc chevaux que de Luffies, le général Sully le fit suspendre.

A nulles plus au nord, sur la rivière Bird-Arelu\ les batteurs d'estrade décoa\ nrent des pistes d'Indiens ; le '26 ils capturèrent deux femmes et quelques enfants desquels

on n*appritri«D, et qui prétendirent être en route vers l'agence de Crow-Greek. Mais en même temps les batteurs, mis sur réveil, trouvèrent les traces de tout un camp remontant le long du Ifissouri. Un détachement de deux compagnies du 2* Nebraska^ sous le capitaine La Boo, (ùt lancé en eiploration dans cette direction, vers le Missouri, avec ordre de capturer quelques hommes pour avoir des informations, ou sinon de tuer et de détruire tout ce qu'il pourrait en fiiit d'individus ou de campements. Le reste du corps continua sa route au nord, passant, ce jour-là, |tu milieu de larges troupeaux de buffles. D fiillut marcher trente-cinq milles avant de trouver de l'eau, et la troupe n'arriva qu'à la nuit sur la rivière Beaver, où elle bivouaqua.

Le 27 août la rivière Beaver fut franchie et le bivouac fut pris à cinq milles seulement de là, plus au nord, sur une autre branche du m(^mo cours d'eau. Là une des compagnies du capitaine La Buo rejoij^^nit, ayant penlu l'autre en route.

Le î28 la colonne fit un détour a l'ouest pour éviter des collines abruptes, et longer le Long-Lake. Elle fit un chemin de 18 nulles, h la fin duquel diverses marques d Indiens dans le voisinage furent reconnues. Poussant leurs recherches, les batteurs finirent par trouver un vieux Sioux, boiteux, caché dans les broussailles. Reconnu pour nu c bon Indien, ^ ayant habité précédemment Sioux-City, il fut bien traité et il donna des renseignements précieux sur ce qui s'était passé les semaines précédentes entre le général Sibley et les Indiens hostiles. Il fit savoir entr'autres la prise du bateau h vapeur et le retour du gros des Indiens dans leurs terrains de chasse de la rive gauche du Missouri et des environs du Long-Lake, aussitét après la retraite de Sibley.

Sur ces indications SuUy demeura dans son camp, le 29 et le 30, pour lancer des reconnaissances à droite et à gauche, et recueillir le capitaine La Boo manquant encore. Le 90 ce dernier rejoignit, après avoir fiiit une course de 187 nulles, en vivant de gibier qui l'avait mené plus loin qu'il ne pensait. En fait d'ennemis il n'avait trouvé qu'un camp désert de 10 huttes qu'il avait brûlées. Un des détachements lancés vers le Missouri trouva le camp abandonné de Sibley, aux

bouches d*Apple-Creékf et ses traces de retraite vm l'est, D'autres détachements ne virent que des pistes insignifiantes et dans toutes directions.

Le généra! Sully continua sa marche le i»"" septembre, bien entouré d*actife flanqueurs, et, le 3, il arriva au bord d'un petit lac, oïl la plaine était jonchée de carcasses de biitfles, dont quelques-unes fraîchement dépecées à la façon indienne. La troupe fut arrêtée et le campement établi, tandis que les batteurs allèrent fouiller plus soiç!:neusenu'nt les environs. Bientôt l'un deux, M. La Framboise, qui maichait avec un détatlicment du 0^ Jowa en flanqueurs de gauche, sous le major llouse, viiU de loulo la foreo da son cheval apporter l'importante nouvelle qu il avait découvert enfin le pot-auxroses. La colonne avait passé dans l'après-midi en avant et tout prés d'un grand village de 3 à 4(H» huttes et tentes, caché dans un ravin. Le major House était en liarangues de défi avec les chefs, et allait se trouver à forte partie.

La générale fut aussitôt sonnée. Les chevaux déjà au pâturage, car il était 4 heures du soir, furent promptement bri* dées, sellés, attelés, et toute la troupe, sauf 4 compagnies et les éclopés, laissés à la garde du camp, partit au grand galop à travers les plaines, en ordre de combat, la batterie au cen- . tre, pour rejoindre Tavant^garde.

Après une heure de cette rapide course le major House fut atteint. Il était déjà chaudement engagé. Il avait d*abord reçu de la part des Indiens des parlementaires qui avaient offert •de livrer quelques chefs, ceux compromis dans les massacres du Minnesota, mais le major Hoose n'avait pas cru pouvoir se lier à ces offres, et avait exigé la reddition de tous, et sans conditions. Sur cela les Indiens s'étaient retirés en proférant des menaces, avaient envoyé en arrière les femmes et enfants*, et s'étaient rangés &a. ligne.

La gauche du migor House, sous le capitaine Ainswortb, avait aussitôt essayé de les tourner, et les avait très bravement assaillis en combattant un contre dix. Le terrain ne lui ayant pas permis d'avancer plus loin à cheval, il se replia pour attendre du renfort, et quand celui-ci arriva, sous le général Sully, il s élança de nouveau en avant.

Sur toute la ligne le combat s'engagea, et après une heure les Indiens se replièrent Jans le ravin, où iU se trouvaient à l abri de la cavalerie. Celle-ci mit pied à terre pour continuer la lutte ; l'artillerie put làeher quelques volées meurtrières, mais la mêlée des tirailleurs était si désordonnée que les pièces durent cesser leur feu de crainte de tirer sur les leurs. Une fois l'obscurité venue, le r;('>néral Sully fit sonner le rallicnieut sur tous les points, alin d'avoir son monde sous la main. La nuit, toujours plus favorable aux Indiens, se passa sous les ai'ivies autour de grands feux. Une trentaine de guerriers, dont les deux chefs Little Solder et Big-Head, s'étaient rendus avec leurs landUes, et par eux les infomiations précédemment reçues furent confirmées. C'étaient bien les mêmes bandes qni avaient combattu Sibley et capturé le bateau Maekinaw. Ils avaient avec eux les é^^or^'eurs du Minnesota, et s'étaient recrutés de gré ou de force sur leur route. La meilleure emieorde ne régnait pas entre les diverses tribus, entre les Unkapapas et les Santees du Minnesota, les Cutheads, de Coteau , les Yanklons et les Pieds-I^ou-s de l'autre coté du Ml ^ iiri.

La nuit ne iuL iroubiée par aucun incident. Le lenilemain, le 4, le général Sully put s'assurer (ju'il avait rcnif>orté une réelle victoire. Non-seulenienl les bandes avaient disparu, mais le sol était encore semé à deux ou trois milles à la ronde do leurs morts, de leiirs blessés, d'une quantité de débris de campement et d'approvisionnement. On voyait que leur retraite avait été un sauve-qui-peut jiénéral.

Le bivoua(^ du 4 fut étal)li sur le champ de l)ataille même, et les journées du i et du 5 furent employées à battre les environs et à détruire Ions les restes du camp indien, y compris plus de trois niilh^ livres de buffle ftnné. Cent U'ente poneys furent encore recueillis» ain&i qu'une dizaine de prisonniers.

Les détachements en reconnaissance ne i cnicontrèrent aucune bande en force ; mais dans diverses petites escrirmoïichcs les Indiens reprirent leur revanche* on détail; ils burprirent et tuèrent une dizaine d'hommes.

Le général Sully n'avait aucun espoir de pouvoir firapper un

antre cottp décisif dans cette campagne, vu la saison d^& avancée et vu rétat de dispersion de ses adversaifes. Aussi le 6 septembre il commença sa retraite. Le 11 il atteignit les bouches du PetitpSbeyéfeme, oti il trouva un bateau de provisions qu'il avait eu soin de commander d'avance. Cette prévoyance n*était pas superflue, car ses attelages étaient épuisée par la fiitigue et par la diète ; il avait dû laisser en route un grand nombre de mules ne pouvant plus traîner leurs wagons, ni se traîner élle»-mémes, et ce qui en restait aurait été incapable de ramener au Fort-Pierre les wagons vides, sans le reconfort des rations du bateau. Les malades et le plus de bagages possible furent chargés sur le fleuve. Le reste continua sa route par terre sur le Fort-Pierre, où la troupe arriva aprôs avoir perdu environ 500 chevaux et muleS) et seulement une soixantaine d'hommes.

L'engagement livré par le général Sully fut appelé baUiille de White-Stone-ilill (colline de la Pierre-Blanche), du notn de la localité où il fut livré, localité située quinze milles à l'ouest (lu .Tames-River (ou Rivière-à-Jaques), à peu près à moitié chemin entre les latitudes de Bone-Bultes et des sources de la rivière El m.

Nous n'avons pas d'observations militaires à présenter sur cette guerre d'un genre tout particulier, sinon qu'au point de vue du commandement en chef suprême U semble que la répartition des forces aurait pu être mieux entendue; qu'il eût été plus naturel que Sibley, qui avait un grand parcours à fitire par terre, eût eu la cavalerie, et Sully, qui pouvait user de la rivière, Tinlanterie.

La hOaiOe de 'Whit&Stone-Hill, si elle était une affairB plus importante que les courses de Sibley, ne pouvait être considérée comme une opération décisive. On n'avîdt pas pu dicter de paix ; on n'avait pas entamé le gros des forces in* diennes, qui restaient toi4our8 en campagne, diminuées de âÛO à 900 tués au plus. Le général SuUy ramenait en outre 156 prisonniers, dont 96 hommes, le reste de fémmes et d*en- Êmts. Sur 1900 à 1500 guerriers qu'il avait combattus, 0 en restait assez pour recommencer les hostilités au printemps suivant.

La perspective d'une aiilre campagne anima donc les quartiers d'hiver des forts Pierre, Randall et de Sioux-City. De leur côté !e^ généraux Pn|>e, Sully, Sibley et les autorités des états frontières vouèrent tous leurs soins à ce (jue ces nouveaux efforts aboutissent ?i uu résultat satisfaisant.

Pour la campagne fie 18^)4 le général Pope décida que Sibley restefait en défensive d;ms le Minnesota qui n'était plus autant menacé, tandis que bully, avec le reste des forces, et surtout de la cavalerie, agirait de nouveau sur son théâtre coin 111 du Haut-Missouri. Derrière la cavalt^ie viendraient des détachements d'infanterie assez considérables pour établir de forts postes sur le territoire indien. Ces postes seraient distribués de uiaiiière à satisfaire aux diverses exigences suivantes : couvrir de loin en loin la frontière des états de Jowa et Minnesota, et celle des établissements du Territoire de Dakt>ta; s'interposer entre les di(T>^rentes tribus et prévenir tout concert d'action de leur part; commander les chasses des Indiens pour que ceux-ci soient cou'^tamment surveillés pi-évenus sur les terres où ils sont obligés de chasser pour leur subsistance; comniandoi- les routes indiennes sur les établissements frontières, de manière?! apprendre et à prévenir toute exeursion sur h;s étnl)lissements blancs, même do petits corps, et à pouvou' poursuivre ceux-ci; enfin, et pour autant que les nécessites militaires le permettraient, protéger la route des émigrants du Haut-Mississippi aux Territoires de idaho et de Montana. Les détails de ce plan d'opérations furent soumis au ministre de la guerre, à Washington, et approuvés par lui en février. Aussitôt les préparaliDs furent laits pour sa mise à exécution.

Le général Sully rassembla ses forces sous son commandement divers postes et stations de son district, dès les premiers jours du printemps, et remonta d'abord le Missouri, en laissant sailement derrière lui les détachements néces- SÛPBS pour couvrir la frontière en son absence contre les partis de rôdeurs. Il fut renforcé par environ 4500 hommes à cheval de Minnesota, laissant l'effectif du général Sibley à environ 700 hommes pour protéger, pendant l'été, les établissements frontières de Minnesota. Le confluent du Bar-

dache-Creek, et du Haut-Missouri avait été fixé comme lieu de rendez-vous des troupes du Minnesota et de celles du général SuUy, et la jonction se fit le 30 juin.

Le printemps fut ft ni if dans ces parages; le général Sully n'atteignit que le 7 juillet les bouches de la rivière de Cannon- Bail, oU il devait constituer un fort poste comme base et dépôt d*approvisionnementâ. Il fit établir à cet eflbt le fort Rice sur ce point, à environ 430 milles en amont do Sioux- City, et il y laissa une garnison de cinq compagnies du 90* Wisconsin volontaires.

Les Indiens, qui s'étaient d'abord concentrés sur le Missouri à environ cinquante milles de là, avaient pendant ce tompa traversé sur le côté sud-ouest du fleuve et occupé une forte -position dans une contrée difficile près du Petit-Missouri, à environ deux cents millos à l'ouest du fort Rice.

Pendant l'hiver de i863 à 1864, toute la nation des Sioox, des Montagnes-Rocheuses aux frontières du Minnesota, et de la ligne JowaetPlate-Hiver au sud, jusqu'aux possessions bri* tanniques au nord, s'était mise en mouvement. Elle parvint à grouper ses diverses tribus, pour un effort fmal contre les blancs. Peu k-^m elles se concentrèrent sur le Haut-Missouri pour o.uvrir la campagne au premier printemps. Leur but était d*empécher la navigation sur le fleuve, de barrer le pa»* sage aux émigrants vers les grandes prairies, et enfin de 'livrer avec toutes leurs forces une bataille décisive aux troupes fédérales du général Sully. A cet effet, ils n'avaient pas réuni moins de 5 à 6 mille guerriers, dont la plupart étaient pourvus d'armes et de munitions apportées par des trafiquants du Canada. Cette fois ils ne se cachaient pas et attendaient la lutte de pied ferme.

Le 26 juillet le général Sully se mit en route contre eux avec les forces suivantes : le 8^ Minnesota volontaires (monté) et six compagnies du S* Minnesota cavalerie, avec 4 canons légers, sous le commandement du cojonel Thomas^ du 8» Minnesota; d'autre part, 14 compagnies de cavalerie du Jowa, dont il du 0" et 3 du 7« ; 2 compagnies de cavalerie Dakota ; 4 compagnies du bataillon de cavalerie Braekett, une petite compagnie de batteurs d'estrade et 4 obusiers de montagne.

En tout 2900 hommes sous le commandement direct du général Sully. Un petit convoi d'émigrants pour les raines d'idaho» qui marchait avec les troupes de Minnesota, suivit le mouvehient.

Arrivé vers les sources du Heart-River, le général Sully rassembla et arrêta ses ti ains, et après leur avoir laissé une garde sufilsaote, il se dirigea rapidement avec le gros de ses forces au nord-ouest sur la position ennemie. Il la joignit le 28 juillet. Les cinq à six mille guerriers indiens étaient fortement établis sur un terrain boisé, accidenté, coupé de collines escarpées et de ravins profonds. Les pourparlers habituels ftirent d*abord entamés, dans lesquels les chefs indiens se montrèrent aussi défiants qu'arrogants, dit le général Pope dans son rapport. Aussi, après une heure de ces entretiens^ le général Sully fit subitement marcher en avant et attaquer la position.

Pendant un moment l'action fut rude ; mais le feu de TartiUerie et des fusils à longue portée des troupes devint bientôt si meurtier que les Indiens commencèrent à se débander et à fiiir. Serrés de près par les feux de la cavalerie voltigeant autour d'eux, ils se retirèrent en abandonnant Ibplus grande partie de leur immense camp, laissant presque tous leurs bagages, leurs huttes, des parures, des ustensiles de tonte sorte, ainsi que les grands approvisionnements qu'ils avaient été si longtemps à recueillir. L'action se continua par une poursuite de neuf milles, après quoi les Indiens se dispersèrent complètement. Us sauvèrent toutefois leurs blessés et la plus grande partie de leurs morts, suivant la coutume indienne. Clent vingt-cinq cadavres de guerriers seulement Airent trouvés sur le champ de bataille.

Trouvant la contrée presque impraticable, n'ayant que des moyens restreints de transport pour les provisions, et étant assuré que le gros des Indiens se retirait vers le sud-ouest, Sully retourna vers son convoi des sources du Heart-River; puis il reprit sa marche vers l*ouest^ vers la rivière du Yellowstone, k travers une région Inconnue et encore inexplorée. Il espérait atteindre le Tellowstone près du fort Alexandre, où il se proposait d'établir un poste.

Le 5 août il arriva en vue des Mauvaises-Terres que traversé le Petit-Missuun. Le pays était très difficile, si coupé de ravins à pic, que ce ne fut qu'avec îa plus grande peine qu'il put frayer un passage aux wagons. De cette curieuse région, le rapport du Suliy donne une description qui pourrait n'(Hre pas sans intérêt pour le monde scientifique, et où se trouvent entr'autres les hj^nes suivantes : « Je ne possède pas un langage assez puissant, dit-il, pour décrire le pays qui se déroula devant nous. C'était grand, sinistre et majestueux, imaginez-vous un bassin, profond de 60() pieds, large de 25 milles, et rempli d'une quantité de cônes et de collines en forme de hauts-fou maux de toutes gr;mdeurs, depuis vingtcinq pieds jusqu'à plusieui's centaines de pieds de haut. Quelques-unes de ces collines étaient isolées, d'autres entassées les iiH'^s sur les autres, de manière à dessiner les profils les plus étranges. Plusieurs étaient d'argile grise, d'autres bnme ou d'une légère couleur de brique. Elles n'avaient que peu ou point de végéfntion. Par ci par là seulement s'y était accroché un cèdre rabougri. Le tout, vu h distance et au soleil couchant, ressemblait à une ancienne cité en ruines. Je regrette que nous n'ayons pas eu dans l'expédition des géologues et des minéralogistes, car ils auraient trouvé d'intéressantes curiosités. Le bois pétrifié jonchait le sol, et sur % les sommets de (luelques cônes nous trouvAmes des troncs -

d'arbres pétrifiés, débris d'une grande forêt, dont plusieurs mesuraient iG à 18 pieds de diamètre. Nous trouvâmes aussi du fer, de l'or, de la lave, et des empreintes de feuilles dans les rochers, d'une taille et d'une forme inconnues à nous tous. »

Une portion des Indiens défaits par Sully s'était réfugiée dans cette région accidentée. Ils essayèrent d'opposer de la ré.sistance ; mais l'audace et Ténei gie qu'ils avaient un moment montrées, le 28 juillet, leur firent défaut et ils furent promptement défaits. Une centaine de leurs guerriers mordit encore la poussière. Après ce dernier effort ils se débandèrent définitivement par tribus et parurent renoncer à toute opéralion ultérieure. Les Tetons, divisés en petites bandes, s'enfùirent vers le sud-ouest. Les Yanktonnais, avec d'autres tri-

bus alliées venant du nord et de Test du Missouri, purent traverser le lleuve plus en amont, et se retirèrent rapidenuni vers le nord, dans les possessions britanniques par la voie de Mouse-Kiver. Le liénéral Sully les suivit tout près de la frontière canadienne, mais sans pouvoir les atteindre.

Trouvant le pays à Touest du fort Hice, dans le direction du Yellowstone, impraticable pour les voitures, le général Sully se décida à ne pas porter son poste aussi haut sur cette rivière, mais de mettre une garnison h l'embouchure môme du Yellowstone, et une autre au comptoir du fort Berthokl, plus bas sur le Missouri. Ces postes, en communication avec le fort Rice, devaient tenir libre la navigation sur le Missouri, assurer le tnyet le long de la vallée et séparer les tribus indiennes, de manière à prévenir toute nouvelle concentra* tion de leur part.

Sur cela le général Sully revint lentement au fort Rke par le chemin de la vallée du Kissouri. Après avoir bien organisé ce poste, il redescendit .à petite marche sur Sioux-Gity, où se termina la campagne de 1864.

Dans le Minnesota, il n'y eut plus d'opérations.

Dès l'automne, divers cheb de tribus Siouz se rendirent au fort Randall et au fort Pierre, pour implorer la paix, reconnaissant quils ne pouvaient plus combattre, ayant perdu tous leurs biens, toutes leurs provisions, et qu'ils allai^t se trouver réduits à mourir de fidm. Des négociations ftirrat aussitôt ouvertes avec eux.

D'autres tribus plus tenaces, les Yanklonnais entre autres, et les indigènes île la r(''{,'ion au nord et h l'est du Missouri, continuèrent la lutte, soutenus par des métis et d'autres sujets britanniques du Canada, ce qui nécessita de nouvelles campagnes.

Ce D'est pas le mr»rnoni de nous en occuper, et nous n'y reviendrons d'ailleurs qu'eu deux mots seulement. Nous croyons en avoir dit assez pour notre but spécial, qui, à côt«'' d'un exposé réel de la situation, était de deux ordres:

Eu premier lieu, nous voulions appeler l'attention des amis de riiumanité, plus nombreux aux Etats-Uuis que partout ailleurs, sur l'excessive rigueur de la politique traditionnelle

de rUnion à Teiidroit des Indiens; et si notre fiiîble voix pouvait avoir quelque bon effet à cet égard, nous nous sentirions bien récompensé de nos travaux.

En second lieu, nous voulions montrer à nos lecteurs un type de la vraie école de guerre de Tannée américaine, de l'école pratique où vont se fondre et se rectifier les enseignements beaucoup trop techniques de l'académie militaire fé* dérale (*). Cest dans cette lutte des frontières, par laquelle ont passé presque tous les officiers de West-Point, tous ces généraux de la guerre de sécession, que se sont créés cette fomiliarité des grandes distances, ces habitudes de longues et' hardies courses, cet instinct d'avant-postes et de riflepits, ce savoir-foire de campement, de pontonnage, de fortification, ce calme individuel dans le danger, qui distinguent à un si haut degré les troupes des Etats-Unis, et dont la vaste lutte entre le Nord et le Sud, y joignant tous les ressorts d'une jeune ot puissante civilisation, nousaoffert, sur une gramle échelle, de si remarquables exemples.

En demandant pardon n nos lecteurs de ces apparents hors d'œuvre , nous dirons que nous avons cru les leur devoir, pour mieux caractériser la nature des foi'ct's niiliL.iires aux prises, ainsi que des jugements à porter sur les opérations. De même que nous avions dû parfois nous hasarder sur le terrain glissant de la politique générale, pour y trouver le secret de tant d'incohérence dans l'action des masses, de même nous avons dû entrer dans celle particularité d'expéditions de simples régiments pour montrer la source de tant de brillantes qualités des individus.

(1) L'Arattémie de West -Point, très distinguée comme t'cnle du Ui'-nie cl d'artillerie, i est beaucoup moins, i>ai- son programme traditionnel même et malgré ies inéritM de ses professeurs, comme école nUltaln «l géDénl. Lldial de son programme est de faire (U s ofncîcrs ilii t'. iii**. aptes en même temps au génie civil. Les meilleurs tlèvtîs cnu t'iu clans le giuie , Ips plus faibles dans l'infiinterie. 11 est lérieusement question d'apporter des modiflcations à ce système fondamentalement Tlcieas, où l'art mUltalre indépendant d«e tcieiioee exacte» a une trop fiiilala part.

Sous le contrôle du dircclfur at liu'I, li> ^t-nt'i al CuUum, aussi habile ufflcier d'état-miyor qu'inf^nleur , ii serait assurément facile de conduire une réforme pareille 4 bonne fin. Personne n'atm pu mieux voir que le général Collum du» son ser\'ice pratique coihhk' cliuf irt-taV-major du général Halleck que le>i profondes études de maûiéiaatiques et de technlsmo , avec appUcationa, dattes à West-Poànt, Vtnvmli 4tre préelemes, poMr l'année, à iO ofOders sur cent , mi» loot preicpie InittUe» i ton» le» nuties.

PIÈCES AHNEXES

. j ^ cl by Googl

PIÈGES ANiNEXES.

Proclamations du président Lincoln pour rémaucipation

des esclaves.

FroOaimaHim du ii teptmbre 1862,

Moi, Abiaiuuii Lincoln, ))ré:)ideiii des huils-l uis et commandanlen çhei de Tarmée et de la marine, proclame et déelare par la présente qn*à ravenir, comme jusquMci , la guerre a«ra poursuivie dans le but d*unfî restauration pratique des relations constitutionnelles entre les Et^l^-^ '^i^; et leurs peuples (hns les Ëtals où ces relations sont ou ponr^ ronl être suspendues ou enlravôes.

Qu'il est dans mon intention, à la prochaine réunion du Luogrès, de recommander de nouveau Tadoption d*unc mesure pratique donnant pécunîaîrem^t aide à la libre acceptation ou au rejet, dans tous les Etals ainsi nommés à esclaves, dont le peuple ne serait pas en rébellion contre los l'tals-Unis el lesfjuels Ktais auront vnlfmtairenient accepté rabolition immédiate ou graduelle de l'esclavage dans leurs limites respectives.

Que les efforts pour coloniser les personnes de descendance africaine, avec leur consentement» sur le continent ou ailleurs» après avoir obtenu préalablement le consentement du gouvernement y existant, seront

continués.

Que le premier jour de janvier de l'an de N. S. toutes les personnes tenues comme esclaves dans quelque Etat ou partie d'Etat dont le peuple serait en rébellion contre les Etats-Unis, devront être dès ce moment et à toujours libres — et le gouvernement' exécutif des Etals- Unis, y compris leurs autorités militaires et navaleSt reconnaîtront et

maintiendront la liberté de lellfs personnes, c! ne feront aucun acte réprimant quelque effort qu'elles pourraient faire pour obtenir leur liberté.

Le 1«r Janvier susdit, Texécutif désignera par prodamalioil les Etais

ou portions d'Etats, s'il en existe, dont le peiiple se trouvera en rébellion contre les Etnts-l'nis. ï-e fait qu'un Etat ou le piniple de cet Etat sera ce Jour-là représeolé de boune foi dans le congrès des Etats-Lnis, par des membres élus à une élection où la majorité des voirais de rÈtal aura participé , sera, en l'absence de preuves contraires, une évidence concluante que cet Etat et son peuple ne sont pas en rébeUion contre les Etats-Tnis.

Que l'allention est appelée sur l'acte du cougrès intitulé : c Acte pour inslimer on article additionnel de guerre, > approuvé m date du 13 mars iSOS, lequel acte est conçu dans les termes suivants :

« II est arrêté par le sénat et par la Cambre des représentrats des

Etats-T-nis d'Amérique, nf;semblée en congrès, que les dispositions suivantes sont promulguées comme article amlitionuel de guerre et qu'elles doivent être observées et obéies en cette qualité ;

< Article. Il est interdit à tout officier oui toute personne en service dans l'armée des Etats-Unis, d'employer les forces de leurs commandements respectifs à retourner les fugitifs d'un travail ou d'un service dont ils peuvent s*élre écbappés à la personne qui prétend pouvoir réclamer ce service ou ce travail, et tout officier conv liiim de désobéisaance k cet ordre devant une cour martiale, sera demis do ses fonctions.

Section 9. Cet acte prendra force de loi dés le moment de son adoption.»

El aussi sur la 9» et la iO* section, d'un acte intitulé : c Acte pour « supprimer rinsnrrection, pour punir la trahison et la rébellion^ pour ■ saisir et conOsqner la propriétés des rebelles et pour d'iiutres nécesc sites, > approuvé le 17 juillet 186:2, lesquelles sections sont conçues comme suit :

« Section 9. Et il est en outre décrété que tous les esclaves des per^ sonnes qui seront engagées dans la rébellion contre les Etats-Unis , ou qui de façon ou d'autre lui donneront aide et confort, ces esclaves «'échappant du service de telles personnes, et se réfugiant en dedans des lignes de Tannée, ou les esclaves capturés sur de telles penonues, ou désertant de chez elles pour se placer sous le contrôle du gouvernement des Etals-Unis, ainsi que tous les esclaves de telles personnes trouvés dans des localités occupées par des rebelles, puis reoecupées par îrs fnr î ^ li > Klais-Unis, devront être considéris comme capture de guerre, et devront être libres à perpétuité de toute servitude, et ne pourront jamais retomber dans resclavage.

< Section 10, Et il est en outre décrété qu'aucun esclave s'échappaut d'un Etat quelconque dans un autre Ffal, on territoire, ou district de Colombie, ne sera livré et privé en façon quelconque de sa liberté, sauf en cas de crime et d'offense contre les lois, et à moins que la personne rérlamanl le fu^'itif j r'ir' I" serment que le service ou fe travail du dit réclamé lui est dù, cummc légitime propriétaire, et qu'il n'a pas été en aimes contre les Etats-Unis dans la présente rébellimi, et qu'il ne loi a donné «a aucun façon ni aide ni confort Et 0 est interdit ft toute

personue cng;i^ée au service militaire ow naval dos Etats-Unis, sous peine d élie detnise de ses fonctious, d'assuiiier en aucune façon la dtScision sur h validité de la clause produite ou de restitper le fugitif au lédamaDt. >

Et j'enjoins par la présente et ordonne à toute personne engagée au

service militaii e ou naval des Etats-rnis de donner observance, oWissmce et force, chacune dans sa sphère respective, à l'acte et aux sections ci -dessus.

Et fexéentif recomniandera en temps opportun que tous les eitosfens

des Etats-Unis demeurés loyaux pendant la rébellion soient (à la restauration des relation^ ronstilutionnelles entre les Etats-Unis et leurs Etats respectifs) dédonunagés de toutes les pertes provenant du fait des Etats- Unis, y compris celles en esclaves.

ABitAKAii infcour,

WaahingtfMi, f2 septembre 1868.

Fait, en la cité de "W-ashinj^on, ce ti septembre de Tannée mil huit cent soixante-deux de iNolre-Seigneur, et de l'année quatre-vingt-huit de rindépendance des Etats-Unis.

Par le président,

(Signé) William H. Seward, Sicréiaire d^EtaU

Prociamatio» du lor janvier iS65,

Attendu que le 82* jour de septembre, en Tannée de noire Seigneur ît a été lancé par le préaident des Etats-Unis une proclamation contenant entre autres choses ce qui stiit :

Que le premier janvier de l'an de notre Seig:neiir mil hnil renlsoixante-trois, toutes personnes retenues comme esclaves dans un Etat quelconque, ou dans une portion déterminée de cet Etat, dont la population sera en révolte contre les Etats-Unis, seront libres à partir de ce moment pour toujours ;

Que le gouvernenicnf exéculir des Etats-Uni?, y compris les autorités militaires de terre et de mer, reconnaîtront et maintiendront la liberté des personnes ci-dessus et ne prendront, à l'égard d'aucune d'entre elles, individuellement ou en général^ nulles dispositions afin de ré« priu)er leurs efforts pour se rendre libres ;

Qu'une prorlanialîon du pouvoir exécutif d»'<i%rnern, au dit premier janvier, les Elats ou |if)r(ions d'Efat dont la population sera à cette époque eu révolte contre les Klatâ-I uis ; le fait qu'un Etal ou la populaliOB d*un Etat sera ce jour-là représentée de. bonne loi an congrès des Etala«Ums, par des membres choisis dans des éiectiODs auxquelles

la raajoril^ aura pris part, sera cousiiléré, eu rubseucc de léwoi^na<;eâ équivalents, comme une preuve concluante que cet Etat et sa population ne sont pas en réToîle contre les Etats-Unis.

M liîitonanl donc, moi, Aruaham Lincoi n, pri^sidcnt des Etaf?"!'nt5, eu venu du pouvoir iloiii je suis revêlu comme commandant on chef de Taruite el de la marine des Etats-L'uis, en teoips de rébellion ellective et armée contre l'autorité et le gouvernement des Etats-Unis, et comme mesure de guerre convenable cl nécessaire pour supprimer la dite rt'liellion, conforuK'ment à mon intention d'en agir ainsi publiquement proclamée pendant In pénodc de cent jours pleins, écoulés depuis mon premin urdre ci-dessus rappelé ;

Je vieni>, aujourdiidi jour de janvier, en l'an de notre Seigneur 4863, désigner tes Etats et parties d'Etat dont la population est lespeO' tivement en révolte actuelle c<»tre les Etats-Unb, à savoir:

F/Arkansas;

Le Texas ,

La Louisiane (excepté leà paroisses de St-Ueruard, IMaqueroines, JeOerson, St-Jcan, SlpCharles, St-Jaques, de TAscennon, de rAssmnption, Terre- Bonne, Lafourche, Sle-Marie, St-Martin et d*OrléBns, y

compris la ville de la NouveUe-(Méans) ;

Le .Mississipi ; L'Alabama ; La Floride ;

La Géorgie ;

La Caroline i\n Nfn-d ; La Caroline dn Sud et

La \ irginio (excepté les iH comtés connus sous le nom de Virginie occidentale, et aussi les comtés de Berkeley , Accomac, Norlhampton, Klizabeih-City, Yorii> Prtficess^Ann et Norfolh, y compris les villes de

Norfolk el de l'ortsmouth) ;

Lesquelles perlions r\crpl<*e<; drniPtirenf, quaiil à présent, précisément coainjc si cette pioclaiiialioii li ttuil pus publiée.

Et en vertu des pouvoirs et en vue des faits relatés plus haut, j'ordonne et déclare que toutet penounes pùtudén comme ttdaw$ dans les dits Etats et parties d'Etat sont et sF.noNT horénavant LiuiiFs, et que le {rotiverncmenl exécutif des Elals-l'nis, y conipri*; se? autorités navales oi uiililaires, recunoaltront et maintieudronl la liberté des dites persouuci».

Et j'enjoins par les présentes «ux personnes ainsi déclarées libres de s'abstenir de toute violence, excepté pour la nécessité de leur défense personnelle, el je leur recommande, dans tous les cas où cda leursera

permis, de travailler fidèlement, pour d<»s «raîres ntisonnuhles.

Et en outre je déclare el fais savoir que celles des dites personnes qui présenteront les conditions convenables seront reçues dans le sor^ vice des Etals Unis, pour tenir garnison dans les forts, postes^ stalious ou autres lieux, ainsi que pour former Téquipage des navires de tonte espèce dans le dit service.

Et j'apppîle siir cet acle, que je crois sincrrcmcnl Ttre un acte de Justice autorisé par la constitution, le jugement calme de riiumanilv et la gracieuse faveur du Dieu Tout-PuUsant.

En témoignage de quoi j'ai apposé au présent ma tignalure et j ai fait apposer le sceau des Eiats^Ûnis.

Fait en la ville de Washington ce It^r jour de janvier, en Tan de N. S. 1863, et de rindépendance des Etats-Unis le 87>ne.

Page 1