‹ Guerre de la SécessionChapitre 6 sur 38 · TOUS I · texte numérisé non relu

TOUS I

et de lui affecter la besogne qu'aurait pu remplir le corps entier de McDowell.

Los lents mais sûrs; travaux (î apprrx lie furent donc jugés l<*« iiKulleurs, et dos le 18 avril il y fui ])roeéflé avec une grande énergie. O inur-lù même les batteries n • 1, 2, 3, Gel 7 furent élevées; le liMideiiiain déjn les Immmesy eussent été (Complètement à couvei f si l'ennemi voulait les contrarier. C'est ce qu'il ne tenta môme pas.

Le i9 et le 20, les liatteries 4 et 5 furent commencées, aussi sans opposition. Le feu fut retardé jusqu'au i"* mai, car on avait tenu à pous.ser exclusivement et aussi activement que possible les travaux de ten'e, pour démasquer toutes les

batteries à la fois; Teffct moral eût certes été plus grand. Mais le l'"'" mai des navires eonfédérés viiu'ent essayer de ravitailler la ])!aee; la batterie n" 1 ne pouvait trcuvei' une plus belle «M'casioii d'exî)ériinenter ses Tai-rott de 200 et de 100 livres. Klle n'y iN;tiii|n;i pas. A RKH) yards, l<'iir tir tut >i précis «[ue la llnttillt" dut [)i-(uiiptejiient repiendre le laige; elle alla se réfiigii-r derrièi'e la pointe de (iloueester. Le gros canon du liaut-Bastion lem* répondit, et un intéres.sant duel s'engagea entre les deux monstres rayés. Les témoins furent nombreux; tous les parapets en étaient couronnés. De ceux de la batterie n'^ 1 on observait attentivement les coups, qui portaient avec une grande justesse. Quand à son tour Tennemi tirait, le Actionnaire donnait le signal et tout le monde avait le temps de se mettre à Tabri. Le projectile arrivait ordinairement très près de Tendroit où se trouvaient, deux minutes auparavant, les pi^incipaux groupes. La canonnade dui^^mai avait fourni un spectacle si intéressant et avait rendu Tartillerie si fière de ses œuvres, qu^elle fut recommencée le lendemain, toujours de la batterie m i seulement. Mais un brouillard s*était levé et le tir à grande portée n'était i)lus possible; ce jour-là, le canon se contenta de Aiire plus de bruit que de mal. La flottille confédérée profita di' la circonstance favMr.d»le [xiur aller poser son cbargeiueiil.

Les tranchées et les revêtements des batteries n'allaient que mieux leur train pendant la binime. On y travaillait sans

lelAche et l'on ne tarderait pas à pouvoir enserrer d'un feu formidable tous les points de la place.

En attendant ce moment vivement désiré, Tarmée ne passait pas trop mal son temps; elle s'était installée dans ses campements, conune si elle eût dû y rester encore de longs mois. La contrée pittoresrjue, les soirées tiëdes du printemps, les arbres et les buissons en fleurs, le ballon s'élevant eti reconnaissance chaque soir au-dessus de la forêt, lo j^rondoment inoffensîf de la canuonade, tout cela concourait à charmer les braves volontaires débutants, et à Inir présenlrr l;i guerre et ses jnisères sous des i (uil<'urs (jui ii'avai«Mit rien de •> trop sombre. Le.-, rations étaient bonnes et abomlanb s, le bois et l'eau foisonnaient. Le service n'avail ri^n non plus d»! trop pénible; dix niiUe travailleurs de corvée étaient fonrnis chaque jour par l'infanterie et mis spécialement à la disposition des généraux Porter, Barry et Barnard. Quand ils rentraient au camp le soir, la pelle sur l'épaule, ils avaient l'air de bons laboureurs revenant de leurs champs. Alors les bivouacs s'animaient, les feux pétillaient, des groupes se formaient tout autour; où Ton se racontait les incidents de la Journée et les nouveHes du pays. Les journaux de New-York arrivaient régulièrement chaque après-midi et fournissaient d'amples aliments aux causeries. Pour le moment, à côté de la bataille de Shiloh, dont nous parlerons plus loin, c'était le siège d'Yorktown qui remplissait les colonnes de la presse. Elle en racontait les moindres détails, et les rai)prochait du drame linal de la guerre de l'Indépendance passif sur les mêmes lieux. Plus d'une fois ces réminiscences patriotiques électri.scrent les «groupes de causeurs, ("était ordinaii ement quand un de ceux-ci avait l'ail dans la j«>ui né(» la trouvaille de quçl(iue objet dt^ l'ancicMnie armée franco-améi i<'auîe; si, à ce moment venait à pa.>5ser un oriirn'r à iiantalon rouge des gardes Lafayette ou des zouaves de New-York, iunlés de la tenue française, ou surtout un des princes fl'Orléans, sa présense était le sigiml de vigoureux cheers en l'honneur de l'ancienne alliance de la France el de l'Amérique, et des grands jours de la révolution.

Ce -qui valait mieux encoré que ces démonstrations pour

avancer le siège, c^est que, pendant ce temps, la division Franklin était enfin arrivée, le 22 avril. On l'avait laissée sur ses bateaux, 2^ ChesemanvCreek , pour qu'elle fût toujours prête à remonter la rivière dès que les batteries de la droite du front auraient suffisamment éteint le feu des batteries côtières de Gloucester et de la place/

Les autres divisions s'étaient arrangées à leur aise tout le long du front. A. la droite et en avant du grand quartier-général se trouvait la division Porter, entre Wonnley-Creek et quelques crêtes dites hauteurs de l'hôpital. Plu.-, à gauche et un peu en aJTièrt?, la division Hooker, entre l'hôpital et la jj:rande roule d'York t. r est-à-dire à tliuito île la roule en allant à Yorktown. 1)»' rinilie eôlé de relie loule, la division Hamilldii, reini^lai'i' maintenant par Keaniey. Phi> à î^auche, la division Seilywiek, avee se^ .i\ anl-|(i»sles courant tout le long du chemin d'Yorktown à WarAvick. A l'endroit dit les On itiv-Coins, la division Ilichardson ; en avant de la maison du iJi i*o\vers, la division Gasey ; plus t'i gauche, en face de la digue de Lees-Mill, la division Sinith ; enûn, à l'extrême gauche, des environs de Warwick-Couit-Uouse jusqu'à la ri* vière James, la division Gouch.

Les réserves d'inianterie et d'artillerie, ainsi que le quartiergénéral ne changèrent pas d'emplacement, La cavalerie de Stoneman resta aux environs de Cheseman-Greek, à portée des fourrages qui arrivaient toigours par le York-River.

Telle était la situation quand le 4 mai au matin, la veille du jour où l'on comptait démas({uer les 14 batteries à la fois, lessenitnelles donnèrent l'avis ({ue la place avait été évacuée pendant la nuit. Les confédérés avaient sans doute pu suivre ^ la marche des travaux ou apprendre par leurs espions que le jour criti(]ue approchait. Connue précédemment à Manassas, ils étaient satisfaits d'aNoir l'ait perdre son teiïijis à leur adversaire, et ils se retiraient prudemment avant le moment de l'épreuve.

Ce lui im grand (ir'saitpoiiitciin'nt pour l'artillerie fédérale que (\v voir tant de penilde:, |)réliminaires frustrés de leur couronnement. Klle attendait avec une vive impatience, d'après les prémisses de la batterie n»1 à 4000 yards, les ré-

siillats que donneraient les mêmes calibres à des dislances moindres de la moitié. L'expérience dut être ajournée. Kn compcns.tli(»n, les fédéraux recueillirent, outre la libre disposition de la rivière, 72 bouches à feu dans la piuce, dont le pluit grand nombre susceptible:» d*étre remises en bon état.

La poursuite, immédiatement ordonnée, fut vite commencée par les avant-postes qui grimpèi*ent aussitôt dans les retranchements. Trois à quatre heures après, toute l*armée était en mouvement, la cavalerie Stoneman en tète. Elle ne prit que le temps de traverser rapidement les campements évacués, en piétinant au milieu des magasins encore en feu et des explosions des machines infernales. Il s'agissait de rejoindre les colonnes en retraite avant qu'elles eussent pu s'installer dan.s d'autres ouvra«zes, qu'on savait exister en avant de la ville de W'illiamsbiny, d.iiis un ('tranglement de la prescju'ile.

Avec toute s;i cav.ili'rie et quatre batteries à cheval Stoiiemau clir-niiiia l'apidemi tit ut.ilprré d'alTriMix «-In-iiiins. Qu?tnt à !'i)il;iiilt'i-i'> , siiivail ]>liis tninquillemcnl . F.ll.' m.in li.tit en deux coImiidi':^ >iir les deux priiiciiialc^ loiili-s qui menaient à Willianisbur^ ; adroite la division liooker, derrière Stoneman, sur la route venant d'Yorktown; à {j:auche, la division Smith sur la route passant le Warvvick-creek à Lecs-mill. Malheureusement ces colonnes .s'entrecroisèrent et se retardèrent mutuellement. Smith talonna l'ennemi mais sans pouvoir le serrer vu la nature du terrain, et se rabattit sur Tautre route. Celle-ci, que suivait Stoneman à lra%'ers des bois épais, n*était pas très propre à remploi de la cavalerie; à chaque instant partaient des fourrés des coups meurtrici's et invisibles. Il fallait fouiller ce.s bois par des détachements . d'éclaireurs. Un de ceux-ci , de quarante dragons dirigés par le duc de Chartres, tomba toutrù-coup au milieu de Tarrière^ garde ennemie, mais fut assez heureux pour s*en tirer en surprenant et ramenant quinze prisonniers. Un peu plus loin, ce fut autre chose; lorsque la cavalerie vouhd débouchera la jonction des l'outes d'Yoï kl iwn et de Lee.s-mili, elle fut saluée par une fjrrèle d't)bus et de b.illes (jui l'arrêtèrent coiu t. Ce feu venait de noiiibroux ouvra<»'e^ de campagne élevés Uanb l'islhmc en avant de \Viiiiami»burg. bur ce lerruia iiamz

découvert, (•»)mp.(rativ(Mneiit à celui qui vennil dVlie parcouru, les conrêtiérês avaient d'abord conslruil une jurande enceinte baslionnée, appelée tort Maf?rnder, placée sur la cliaussée en face de l'isthme; ]ilus une série de ied<iule.s, d'abatis el tle ripe pits fnisiiicnt l'ace .'t [«m.-, it3s pnuits du marais par les((uels il aurait été po.-ssible it 1 infanterie de s'avancer. Entre ce fort et les i-cdnutes, l'infanterie et la cavalerie ennemi(ïs étaient en batadie, et elles avaient reçu l'avant-garde fédérale comme nous venons de le dire. Stoneman, voyant que les confédérés couvraient ainsi rembrunchement et qu'il ne pouvait se maintenir devant eux, essaya de les déloger par un coup de vigueur. U fit avancer toute son artillerie à cheval, qui fie mit brillamment en batterie en face des abatis, et répondit au feu des redoutes, après quoi U fit charger sa cavalerie. Le 0* régiment de cavalerie fédérale s'élanca vaillamment sur celle des confédérés, passa, pour la joindre, sous le feu croisé des redoutes, et eut avec elle un de ces combats k l'arme blanche si rares ai^ourd'hui. Tout cela cependant était de la valeur dépensée en pure perte. L'ennemi ne se troublait pas ; il avait l'avantage du nombre et de la position. Enlever ces ouvrages avec de la cavalerie seule était impossible. On commançait à perdre du monde, des chevaux surtout. « Il me manque trente et un hommes, » disait le major Williams, qui venait de mener la charge du 6^ en saluant ç;nicieustMuent Stoneman du s.il)re avec cet au' de gens résolus qui veut i\'\ro : « N(tn> >unnnes |ti éi.s à reconnueneei', mais cela ne sei I a nen. •> Stnneniun ordonna alors la retraite! ' ). On repassa à travers les abalis et on alla attendre dans une clairière, à un demi-mille en arrière, l'arrivée de l'infanterie pour recommencer l'attaque avec elle. Le malheur voulut qu'etî traversant le marécage une des pièces de l'artillerie à cheval s'enfonça dans la boue de manière à n'eu pouvoir être retirée. £n vain doubla-tron les attelages; Tennemi concentrait son feu sur cet unique point et tuait tous les chevaux. U fallut abandonner la pièce, la première qu*eùt perdue encore Tannée

(1) Ces lignes et lus suivantes, jus(|u'à la (In âu chapiUe, sont repruduiles à peu de cbo&es près de rarUcle du témoin ooculaire que nous avons cité plus haut, page 110.

du l'oloiTiaL. On no |MUivait s'en consoler. Le soif, de nouveaiix eflbtis furent faiN pour la repiendre; mais les abalis » l ai •ni remplis <!•' tirailloiirs ennemis ipii rn icinlaient rapjiroche impns>ilile. I.e î'iur baissait. La colniinr ci infédérée v.'ii.nit de Lcc's-Miil échappa et réussit h s'aluiier dei rien- Ir> i trancheinents de \Vill!arasbur^. (Jii;uit à l'infanterie fédérale, elle n'arriva que très lard. 11 y avait eu de j/rands encondiicments sur les routes étroites par les(|uelles elle s'avançait. Â la tombée de ia nuit, le général Sumner, qui avait^prisie commandement, voulut faire une attaque de vive force sur les ouvrages de la défense ; malheureusement l'obscurité était devenue complète avant que ses troupes ne débouchassent des bois et des marais : force fut de tout remettre au lendemain». Alors survint un de ces contre-temps Ëlcbeux, trop communs à la guerre, et qui ne (ùrent pas épargnés à l'armée dans le cours de sa pénible campagne. La pluie commença de tomber à torrents, et dura sans discontinuer pendant trente heures. Le pavâ se changea en un vaste lac, les routes en fondrières épaisses et prôfondos. Les troupt^s passèrent la nuit au bivac, et au plus triste des bivucs, là où elles .se trouvai*' ni.

Le lendemain, au point du jour, le combat recommença, mais dans des rnnililii)n> in i t ssairement défavorables aux. féxlérau.x. Les deux imiiI''s (|ui se d!ri«ini«'iit \<'rs Williauisi>urfï étaient erieond»r<'<>s di- limipes. Sur ccllo do |j;uicbe, v.Mianf de Lee's-Mill, se I i<iu\ a i- ni les divisions Ibioker et Keainey, du corps d iieinl/.elman , mais sépaives pai* une niasse énorme de wjigons char<i;és de barrages et pour la plupart embourt)és. bur celle de droite, où se trouvait déjà partie de Smith, s'avançaient deux autres divisions, Couch etCasi'V, avec plus de peine encore. L'état du sol était tel que des canons entraient dans la boue liquide des roules jusqu'à y enfouir leur affût tout entier. De ce pèle-méle d'hommes et de bagages sur des chemins étroits et défoncés était résulté un désordre considérable. On pouvait bien constater & ce moment Tabsence d'un corps d'état-major dans l'année les Etats-Unis et la déplorer. Le système américain de chacun pour soi, individuellement appliqué par les officiers et les

soldats de chaque corps les uns envers les autres, Tétait également par tous les corps entre eux. Personne n'avait le travail d'ensemble dans ses attributions spéciales.

Grdce à ce vice constitutif de Tarmée fédérale, la division Hooker, (|ui faisait téte de colonne sur la route gauche et qui avait reçu la veille un ordre géuénd de marcher sur Williamsburg, déboucha le 5 au matin sur Tisthme où s'était livré , le combat de Stoneniaii, siins se douter de ce qu'elle y rencontrerait. Accueillie à son apparition par- le feu nourri des on\ litres enneiiiis, elle se déploya ré^juluiiient dans les nbatis» et engagea l'action, niais elle était arrivée seule et petit à petit, tandis que la défense lui op[)usait 15 ou *20,(MHj liomnies fortement retranchés; c'était ti(>[) puui- «"lie. Houker, qui est un admirable soldat, tint iiéaniiii»nis pendant quelque temps, mais il dut finir par céder et su leplier, laiss^ml (l;ni< ces terribles abatis et dans les bois qui étaient en arrière t2,0lHJ des siens, tués ou blessés, avec (juclques canons qu'il avait été impossible de tirer à bras des bourbiers après que leurs chevaux avaient été tués. L'ennemi le suivit dans sa retraite; la division Kearney, ayant réussi à dépasser les encombrements de la route et marchant au canon au pas de course, rétablit le combat. La lutte n'était plus à ce moment à la lisière de la plaine, elle était engagée dans les bois, et elle restait très vive, car l'ennemi recevait de très nombreux renforts. Lès fédéraux n'en combattaient pas avec moins de vi* gueur, encouragés par l'énergie de leurs chefs, Heintzelman, Hooker et Keamey. Keanit y surtout, qui a perdu un bras au Mexique et fait, dans les rangs de l'armée firançaise, les campagnes de Mouzaîa et de Solferino, avait déployé le plus rare courage. Il avait vu tomber autour de lui tous ses aides de caïujt, et, resté presque seul, il électrisait ses hommes par son iiiLrépitlité.

Il aurait dû èli<' >t'i i>ii(l(' |i;ir l.i partie de l'armée massée sur In nulle (U» ilri>ilf, mais ecllr-i i ileiiieuiait inactive. La fli\ i-ii >ii ( lasey fiH iiiaiil tùle de colonne, était seule arrivée, et les généraux ne pouvaient se résoudre à remployer avant de voir paraître les troupes qui devaient la soutenir, Richardson et bedgwick. Or, ces troupes étaient an étées par les ruis-

seaux débordés, lesi routes encombrées, les voilures brisées et embourbéeï*. PourUint on entendait la terrible fusilludc de Hooker décimé el battant on rdiuito. On l'avait entendue i*n avant, puis do côté; elle reculait toujours. Les houlf^ts el les obus nrriv;n('nl m sifflant el déchirant l.'s arlircsjuNt ju'au lui- Ii«'u de ce- t I I M 1 [)*••, iiuiiK finies. 11 était lroi> h- ures. Ou se décida enlin à a^u': uu<' division piMit'tra dans les bois pour prendre en travers les réuuncnts C(jnféd('Tés qui ramenaient Hooker, pendant qu'à l'extrême droite une brij^ade passait lu crique sur une vieille digue de moulin que l'ennemi avait négligé de garder^ et débouchait en plaine au-delà des marais sur le flanc des ouvrages qui couvraient l^illiainsburg. Les ccu fédérés ne s'attendaient pas à une attaque de ce côté. Si elle réuseiseait, elle débordait toute la position. Ils envoyèrent aussitôt deux brigades qu*on vit s'avancer résolûment au milieu des blés verts pour chasser la brigade fédérale. Celle-ci les laissa froi* dément arriver et les reçut avec un feu d*artillerie^terrible. Les confédérés, sans être ébranlés, poussèrent en avant jus* qu'à SO mètres de la gueule des canons, criant à tue-téte: BuU's Run! Buil*s Runt comme jadis les Suisses: Grandson! Gnuidsonl Mais là ils commencèrent à hésiter, et le général fédéral Hancock, saisissant le moment, cria à sa brigade en agi* tant sa casquette: « Maintenant, mcssieiu's, à la baïonnette! » et se précipita avec elle sur l'eimemi, ipd ne put résistei- au choc et se déUtutla, jonchant la plaine de ses morts. Au même moment le j»énr'i ;tl eu rhel' parut >iu' le champ de bataille. Il avait été n-tenu ju>(|ue-là à Vuik-lnwu pour reiubarquemeiit (lt'> divisions Fi-aid^liu et Porter, tjui di-vair-ut, par eau, aller couper la retraite des défenseurs de Williamsburg. La nuit arrivait à grand pas, la pluie tombait toujours à torrents. Sur trois côtés de Tespèce de plateau où se trouvait le générai, le canon et la fusillade roulaient sans interruption. Le succès d'Hancock avait été décisif, et les réserves amenées par le chef, s'élancant au pas de course, Tachevèrent par leur seule présence. Le feu s'éteignit, et la nuit se fit sur ce combat que Ton appelle en Amérique la bataille de Williamsbuiig. Les troupes fédérales avaient perdu environ 2,000 hommes; elles bivouaquèrent sur le champ de bataille, pendant que *

les confédérés évacuaient leurs ouvrages et la ville. Le iendemain matin, 6 mai, les vainqueurs entrèrent triomphalement dans Williarasburg.

Toutes les boiiti(iues étaient fermées, mais les liabitunl:* se ^.'liaient, pour la plupart, sur leurs portes ou derrière leurs leiuMres, observant d'un air iiKjuiet et sombre. Les nè- ^rros seuls se muniraient souriiiiits , et nombre d'entre eux prenaient des uirs conquérants itssez ^M'otesques, ou dérampaient dans h\ direetion de Fnrt-Monroe, e'est-à-dire de la li berté, emmen ant femmes et entants dans de petites charrettes. Tous les édilSiCes publics, églises et autres, étaient surmontés du drapeau jaune et remplis de blessés laisst^s par l'ennemi.

Le général Me Ciidlan, sans avoir assisté au fameux congrès international de Genève, s'empressa de soulager tant de BOuflOrances. U dépécha un parlementaire aux anière-gardes confédérées pour inviter les chirurgiens à venir prendre soin de leurs blessés, liberté entière leur étant garantie ; il arriva bientôt une vingtaine d'officiers sanitaires confédérés, qui se mirent aussitôt et avec zèle à leurs fonctions, en parfidte harmonie avec les chiruiigiens fédéraux.

Les divisions qui avaient combattu à Willlamsburg y restèrent trois jours, tant pour attendre leurs vivres et leurs bagages que pour rechercher les blessés perdus dans les a<riitudes de la forêt et enterrer les morts. Les blessés furent évacués jiar eau sur les villes des Etats du Nuid, à bord de ces grands i)aquebot,s si conims pour leur fo)nf)ni et leur élégance. Gnlee aux eriqîies dont la conti ée est d«'M')iiquetée, ils vinrent presque les prendre jusque sui' le cbiuiq» de bjdnilie. Uuant aux morts, leiu' inhumation se lit sur j>laee. ( ieuxde l'ennemi étaient nombreux: dans un seul ri^le pU on en compta soixante-trois.

Tout en se vouant à ces pieux soins, le général Me Ueilan lança à la suite dès confédérés quelques escadrons de sa cavalerie, qui eurent nombre de petits engagements avec leur - arrière-garde. Le premier jour, ils ramassèrent beaucoup de traînards et sept ou huit pièces de canons ; mais ce fUt tout, et d'ailleurs Tennemi emmenait un nombre à peu près égal de pièces prises sur la division Hooker.

£ii tenant deux jours devant Williamabiirg, Johnstofi avait donné le temps à sou matériel et an gros de ses troupes de filer sans encombrer la retraite. Mal^^ré la pluie qui mit les chemins dans un état alTreux, il arriva encore au haut du \ork-River deux Jours après la bataille, h temps pour Uvrer le 7 mai aux soldats de FraukHn, qui venaient de déhanjuer à Breek-lioii un eonihat |iar hMjuel il acheva de couvrir son Tiiouvcinent sur Richnioiid. FraukHn avait néanmoms bien pris j)ie(l an face de West-lN)int ; le 7 mai au soir, il fut rejoint par Porter; deux autres divisions suivaient encore cette voie.

De son la masse des troupes fédérales retenue à Wilr liamsburg se mit en marche te 9 mai et rejoignit, après deux jours de marche, le corps qui avait débarqué au haut du York-River et formé là un point d'approvisionnement. L'armée toat entière se rallia autour de ce dépôt. Le 12 mai, elle y était répartie comme suit :

Le corps, Sumner, avait sa division Sedgwiclc à £!• tham et sa division Richardaon en train d'arriver par eau. Du Sf* corps, UeintsEelman, une division, Hooker, était entre WiUiamsburg et Bameswille ; l'autre, Keamey, était à Barnesville même. Le corps de Keyes, le 4««, avait ses deux divisions, Couch et Casey, k Uopers-Church-Yard, où se trouvait aussi le quartier-général. Deux nouveaux corps provi- ^ soires .ivaient été tonnés : celui de Porter, comprenant la division Morell , anciennement Pointer, qui était à lireek- Hou&e, et les réguhers Sykes, près du quartier-général. L'autre corps in uvisoire étiiit celui de Franklin, comprenant la divisidti Snnîii t'ii avant-garde à 7 milles en avant siu' la route de Htchniond, et la divi.siori Siocuni, anciennement Franklin, un peu en avant d'Eltham. La cavalerie et l'artillerie de réserve prés du quartier-général. Une portion de la cavalerie de Stoneman en avantpgarde auprès de Smith.

C'est dans cette situation que Pétat-major apprit, le 12 mai, que les confédérés venaient d'évacuer Norfolk en fiûsant sauter leur célèbre Merrimac, Le lendemain 13 mai, toute l'armée reprit sa route vers Richmond en suivant ie Pamunkey, affluent navigable du York4Uver. Rien de pluspitto-

resquo (lue coite niaiL-lie militaire le long des bords d'un ))eati tleuve, à tiavet s un pays ma|ïnifK|ue, pai'é de toutes les riciu'sses d'une végétiition pi inlaiiicrt'.

Les habitations étaient on .;i iféral rr^res; puHoi> il s'en renconti'uit une de belle apparence, rappelant nos i liâtiMiix d'Europe, avec de grandes fenêtres dans le loit ; autour de la maison, un beau jardin, et par derrière, les inaisonneU.es des esclaves. Â l'approche de l'année, les habitants déployaient un drapeau blanc ; un cavalier du grand-prévôt mettait pied à terre à' la porte, et, rassurées par sa présence, les dames, en longues robes de mousseline, entourées de petites négresses aux Qheveux hérissés et a|ix jambes nuesT, paraissaient sur la verandah pour voir passer les troupes. Souvent elles avaient avec elles un vieillard en longs cheveux blancs, chapeau à larges bords, traits fortement accentués ; jamais de jeunes gens. Bon gré, malgré, le gouvernement insurgé avait enlevé tous les hommes valides puur les incorporer parmi ses défenseurs. Si un otiirier descendait de cheval et se présentait aux dames, il riait at eufllli avec bonne grâce; DU lui ollVait dans luie éeuelle emniancliét^ au bout d'un bâton le verre d'eau classique, et la conversali(ui s'en^Mi^eait tristement. Hommes et femmes demandaient avant tout des nouvelles; ils ne savaient rien, la censure des jouniatix sécessionnistes était complète, et on mettait en doute le peu qu*ils disaient. Puis on parlait de la guerre. Les dames faisaient naturellement des vœux pour le parti où étaient leurs ftëres ; mais elles dédiraient avant tout la fin de la lutte et des maux incalculables qu'elle appelait sur leur pay.<t. — Hélas! à qui la faute? leur répondait-on. Qui avait allumé cette malheureuse guerre? Qui avait tiré, sans cause et sans molils, les premiers coups de canon? — On ne répondait rien, mais les regards allaient machinalement se promener sur toutes ces têtes noii'rs (|ui se pressaient sur les poi'les de leur.s cabanes. Jamais, dans ces entretiens passniïers, il iTrlail question de, resclava!:re : le seul ludl «> esclave w, jironiuiec par hnsard, eût sulii pr.ui- remplir d'in((uiéiude et do haine les yeux jusque-là les plus bienveillants,

Ën s'avançant ainsi d'étape en étape le long de la rivière,

tefi eanomiiëres ouvraient la marche, exploraient les bords

au loin ; pui« les ofticiers du service lopographique s'en allaient à h avers bois, sous l'escorte de piquets de cavalerie, faisant la reconnaissance du pays, et levant ù vue d'oeil et à la boussole des cartes pruvismics t|ui se pJiolographiaient au quartier-général pour l'usa^çe des généraux. Le lendemain, à l'aide de ces caries, Tannée se mettait en mouvement, entremêlée ave»' l iiiiinf^nse quantité de wa^ioiis (|ii'elle traînait à sa suite. Vil (juart environ de clKKjiie ré;^'iiiient était employé à escorter le matériel des corps, empilé, vivres, munitions, tentes et mobilier, sur une dizaine de chariots par bataillon. On peut dire mobilier, car il s'emportait jusqu'à des tables, des chaises et dos fauteuils. On eiH cru une émigration armée plutôt qu'à une marche de soldats. Les troupes combattantes s'avançaient par brigades, mais suivies de leurs bagages, et ces longues files de wagons, attelés chacun de ' quatre chevaux ou de six mules, avec un seul postillon, Élisaient que Tarmée, dans ces chemins étroits à travers les forêts, couvrait des espaces immenses. De là aussi d'immenses retards : il eùi été impossible de faire de longues marches, à moins de laisser la queue des colonnes éparpillée ou égarée dans les bois à ta nuit. Deux lieues étaient le maximum de l'espace parcouru. Les étapes ont pu être quelquefois plus longues : il est arrivé à des corps détachés, allégés de tout, de faire de grandes journées ; mais c'était l'exception. Le soir, en ai rivant au terme de l'étape, le camp se tormaitavrr beaucouj. ti Ordre et de régularité. Les tentes-abris des soldats se montaient ou un clin d'mil. Les états-niajors plantaient les leurs, phis grandes ci pins connnodes. Le quartiergénéral s'établissait dans nne pt>r?iti<in centrale, avec la tente du général en chef au milieu et deux rangées de tentes parallèles de chaque côté. Les officiers de cavalerie venaient rendre compte de leurs reconnaissances et des échaulTourées sans nombre qu'ils a\aient avec Tennemi. Le télégraphe amenait son fil, fixé sur les poteaux ordinaires ou enveloppé de gutta-percha, et déroulé sur le sol, au grand trot d'une petite voiture que les employés suivaient à cheval avec l'appareil en bandoulière. Tous les services s'oiiganisaient, et

rimprimerie fonctknmait aussi régulièrement qu'elle Teût fait à Washington.

Il faut rendre aux Américains celte justice qu'ils entendent la vie des camps mieux que personne. Leurs habitudes de

locomotion et de colon isîition, la vie du Far-Wesi, le spectacle que beaucoup d'entre eux (^nt eu de la marche patriarcale de colonnes dïini^raiils à ir.ivers les prairies, l'existence nomade que leur» ol'liciei s ujit tous menée au uiilieu des trij)us indiennes, tout c«M.i les rend plus propres que ne le seraient d*autri s sQldal.s à cette faoon de vivre. Cp rnmpempTit d'ime armée de cent mille liuiimies, k'établissentenl quotidien de cette ville de tente^^ était un spectacle vraiment curieux : cela rappelait les descriptions de la bible. Mais ce qui n'était pas de l'âge biblique^ c'était la tbrôt de navires de transport, la plupart à vapeur, qui arrivaient par eau, au luilieu de nuages de fumée, aussitôt que le camp était assis, et qui, laissant échapper avec fracas leur vapeur, s*accrochaient aux berges de la rivière et y improvisaient des quais où régnait bientôt une activité extraordinaire. Des milliers de wagons accouraient de tous côtés, par des chemins que la hache leur ouvrait dans les bois en quelques instants, et s'en retournaient bientôt chargés de toutes les denrées nécessaires & une armée : biscuit, viande salée, café, sucre, avoine, mais, foin, etc. On embarquait les malades, hélas 1 de plus en plus nombreux, car la saison était à la fois pluvieuse et brûlante, et ces belles prairies des bords du Pamunkey engendraient des fièvres meurtrières. Puis la nuit venait et n'était troublée que par le bruit laU^aiil de l'oiseau moqueur. Le lendemain, flutille et armée se remettaient en marclie, laissant derrière elles la nature sileneieuse, mais déllnrée par leur passage.

L*armée atteignit, le 16 mai, la belle liabitaliou de White- House, jadis la propriété de Washington et appartenant à ses descendants, la tamille du général Lee, l'un des principdux officiers de l'armée confédérée.

Là finissait la navigation du Pamunkey. Le York-River- Rail-Road, qui unissait cette rivière à Richmond, la traversait en cet endroit sur un pont que Tennemi avait détruit, puis se dirigeait presque en droite ligne vers la capitale vir-

gimeimd. Ce chemin était resté à peu près intact : n'ayant ni

remblais ni viaducs, il était difficile à détruire. Quelques rails

seulemciil se trouvaiciil enlevés; ils furent vite remplacés. Tiiut le matériel roiil iiii twùi été eîmiieii»', mais l'armée fé- (itTitlo ;tv:iil sur s(\s iiaMi t's transport dt^s locomotives et de noiubrtMix wagons qui turenl aussilùt mis à terre. Toute la tlotlille de tran^^port vint se déclmi-^^er ;i ^Vhile-Ilonso, où l'on torijui, sous la protection des canonuièi-o. un vasle dépôt, et où régna bien vite toute ractivité d'uti j>ort de mer ; puis l'armée reprit sa marche vers Richmond, en suivant le chemin de fer qui allait servir d'artère vitale à ses opérations.

Pendant ce temps, rarmée ennemie pres((ue entière avait repassé le Gblckabeminy et se concentrait devant sa capitale pour Caire une résistance désespérée. Un corps jusqu'alors stationné en face du général fédéral Bumaide, dans la Caroline-du-Nord, avait rejoint l'armée de Virginie. Davis avait ordonné révacuation de Norfolk, afin d'appeler à Richmond le général Huger et les 18,000 hommes qui jusque-là avaient défendu le grand arsenal virginien. Le général Wool l'avait aussitôt occupé. Enfin, le chef des confédérés avait ordonné la levée en masse de tous les individus en état de porter les armes. On les faisait passer dans des camps d'instruction, puis ils étaient incorporés dans les vieux régiments, dont retfeftif se trouvait ainsi presque doublé. Tout cela allait taire jicnlre ;i rannéo du Potomar la seule supériorité ((u'elle eût CMC jusqu'ici, celle du nombre, t t niallieui-eusement tout conspirait à hâter ce changement. Pendant ([ue l'ennemi se concentrait et grossissait .ses forces, cette armée tVtndait à vue d'œil. Il avait fallu laisser des garnisons à Vorktown, à Gloucester, à WillianLsburg ; elle avait perdu du monde par le feu et les maladies; grand nombre de traînards enfin étaient restés en arrière, et rien n'était venu combler ces vides. Lorsqu'un régiment de volontaires américains part pour la guerre, il y va tout entier et ne laisse rien après luL Pas de dépôt, pas de renouvellement du personnel, à mesure qu'il se consomme, par des recrues exercées venant réparer les pertes et grossir l'effectif.

En compenSfilion, par In ivprise de Norfolk et par la morl du Merrhnac, le Jame?i-Kivor était ouvert à la marine des EtatMJnis; il r<Hait malheureusement trop tard. Le?; canonni(Mï*s ])limlt'M's, It^ finlena, le Monitor, îo ynnijniitch, remontèrent liien jusqu'à sept milles de liicliinoiid ; mais là elles trouvèrent la rivière barrée ])ar une estacade infranchissable, et sur la rive élevée qui borde le James-River, une batterie de gros calibre, nommée Fort-Darling, qu'elles ne réussirent pas & faire taire. Le gros canon à.\ï Nangaiuck éclata, le Jtfdnttar ne put donner assez d'élévation à ses pièces pour atteindre le fort. Quant au Galma, sa cuirasse, de trois pouces et demi d'épaisseur, fut insufîlsante k le protéger contre les boulets coniques de 100; il dut se retirer, après une lutte héroïque, avec une grande partie de son équipage hors de combat. Pour forcer le passage, il aurait fallu prendre le fort avec des troupes ; mais en faee des confédérés léiiiiis en masse à quelques milles de là, devant Richmond, une telle opération n'eût exi«;é rien moins (|u'un efTorl de l'armée tout entière. Le j^rin ral Me Clellan eût dû alors, dès le ?nomcnt où la iionvclh' de la desirnction du Merrhnac lui arriva, abandonner le plan de campagne qu'il avait commencé à exécuter, et, par une marche oblicpie, gagner rapidement le James-River, afm de relier ses opérations à celles de la marine sur ce fleuve. Aiqourd'hui, avec Texpérience des événements qui se sont accomplis, on peut dire avec certitude que cela eût mieux valu.

Continuant la marche directe en avant, Tarrnée ne tarda pas à atteindre les bords du Chickahominy, à un point nommé BoHom^SridjSfe, situé h dix milles de Richmond, et où le York-River-Raîl-Road , que Tannée suivait depuis Whitelïouse, pa.s.sail la i ivière sur un pont pour le moment détruit |i ir l'ennemi. l*arvcnii là, on était à la port»> do llichmond. Jiis(praloi's l.i (Miiipagne avait été sinon brillante, au moins lerliio en résultats. En dépit de toutes les contrariétés. Me (Clellan était parvenu à conduire son armée sous les murs de Richmond; mais il n'avait plus les moyens de frapper le grand coup qui très probablement eût terminé la guerre.

Le général Wool, de Norfolk, Bumside; de la Caroline-du*

Nnnl, jMtiâVilicnl l'iivoyor (iuel<iUPs h-oiipes, mais ('•'était pêU de cliose ; lamlis cpic dans la Vin'iiut' soptt lili loiialc, aux ahonîs de \Vashi!i;^'ton, plus df H<>,(MM) Imii - rt.nrut rassemblés sans t^ande utilité. Sur 80,000 humilies, il y eu avait la moitié employée à tenir tête au partisan Jackson, dont on signalait partout la présence. Le reste était réuni, sous les ordres de Me Dowell, à Frederick sburg, à vingt lieues seulement au nord de Richmond. Ils avaient rebâti le pont sur lequel le chemin de fer qui va du Potomac à Richmond traverse le Rappahanock. En suivant ce chemin de fer, il leur était possible de joindre en trois ou quatre jours l*armée de Me Qellan. Celui-ci demanda donc à plusieurs reprises au gouvernement, et par dépêche du ^ mai entr'autres, que le corps de Me Bowell lui fût envoyé, et cela par eau plutôt (|ue par terre, afin qu*il arrivât plus vite et plus sûrement, tout en laissant l'ennemi dans le doute sur le» mouvements des forces fodérales. Il voulait aussi que ce corps fût sous son tomiJi Ml lemeiit direct, et non à titre de simple auxiliaire. Le président, en continuant contre son général la polémique habituelle, répondit que Me Dowell ne pourrait être r\|trdié par eau, vu le manque de transports nécessaires, mais (pril allait chercher h se joindre ])ar terre à l'armée principale. Me Dowell, en eliet, qui brûlait d inipatience de prendre une part plus active à la campagne et de démentir de mauvais bruits ({ui l'accusaient de contrecarrer, par esprit de jalousie, les opérations du commandant en chef de l'armée du Potomac, fit aussitôt ses préparatife pour quitter Fredericksburg le S5 mai, afin de rejoindre le général Me Clellan. Celui-ci, de son côté, résolut de foire une tentative pour établir avec Me Dowell ses communications.

Il fit partir dans la nuit du 26 au 27, par un orage afRreux, le général Porter, avec une division d'infonterie et quel(iu('s escadrons de cavalerie, pour Hanover-Court-Uouse, village situé à vingt milles environ au nord de Richmond, 1& où le chemin de fer qui vient de Fredericksburg tiaverse le Pamunkey. Les troupes de Porter marchèrent rapidement, et vei*s le milieu du jour arrivèrent auprès de Hanover-Courtilouse, qu'elles tiouvèrent gardé par la division ennemie du

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