‹ Guerre de la SécessionChapitre 7 sur 38 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

général Rranch. Ellej* rattaqueroiit vivenu ni et la cuUuitèrenl en iui enlevant un canon. Assaillies en queue à leur tour par (les troupes confédérées qui, cachées dans les bois, les avaient laissées passer à dessein, elles revinrent sur elles et les dispersèrent. Ce combat brillant, qui ne coûta aux fédéraux que 400 hommes, laissa entre les mains du général Porter un canon, 500 prisonniers et les ponts, non-seulement celui du chemin de fer de Fredericksburg, mais aussi celui de Gordon'sville. Les avant-postes de Me Dowell étaient auprès de Bowlingreen, à quinze milles de ceux de Porter. Il n^eût fallu que le vouloir, les deux armées se réunissaient alors et la possession de Richmond était assurée. On ne le voulut pas. Non-seulement les deux armées ne purent se n unii, mais Tordre an iva, par le téléj^raphe de \Va.sliin^^ton, de brûler les ponts dont on venait de se saisir. On disiiit pai" là aussi < lair<^jiienl que possible à l'armée du Potomac qui lle (levait renoncer au concouis désarmées de la Virginie septenliionale.

Mais pour bien comprendre les événements qui suivirent nous devons quitter un moment la Péninsule, et voir ce qui s*éiuit passé sur les autres théâtres de la guen'e, ainsi qu'à Washington.

Campagne du Tenessee ; bataille de Shiloh; prise de New- Berne et de la Nouvelle-Orléaus ; campagae de la Virginie septentrionale.

Dans rOaest les généraux Halleck et Buell n'avaient pas attendu les ordres du président et particulièrement celui du Si janvier pour ouvrir la campagne. Dans le Kentucky, champ naturel de guerre entre le Nord et le Sud, elle ne s*était même jamais férmée. Au cœur de Thiver, le 19 janvier, une iNitaiUe assez importante avait été livrée à Mill-Spring entre le général fédéral Thoina.s et les généraux confédérés CritendiMi et Zollikofer. Non-seulement ceux-ci avaient été cfunplétemenl battus^ niais h la lin de lu bataille lu vaiU.tnl Zollikofer étnit tonilx' uiortellcnient blessé, ce qui avait ainené une déioiite <:ouiplète, D'auti es affaires eurent lieu aux environs de Coinmhus et le lon^ de l'Ohio, non loin de Cairo.

A la lin de l'hiver, les confédérés b étendaient sui* une longue l^e d'une soixantaine île lieues, en avant de Nashville, en fidsant front à l'Oliio. La droite se trouvait à Bowling- Green sur le chemin de fer de Loui8viUe à Nasliville, et dans les montagnes plus en arrière. La gauche, sous l'évéque Polie, au Mississipi, à Golumbus et à Ttle n« iO, vers New-Madrid. Le centre, sous Floyd, l'ancien ministre de la guerre, était posté sur les deux rivières du Tenessee et du Cumberland, à rendrott où elles se resserrent. Tout cela, comme â*habitude, était fortifié. Au centre surtout deux forts, le fort Hem y, sur le Tenessee et le fort Donelson, sur le Cumberland, fermaient ces deux rivières, navigables sur un très long parcours jusqu'au pied des nioulii^jnes. Plus en arrière, NashvUle, la capi-

taie du Tenessee sur la large rivière du Cumberland , était

aussi occupée.

An-t!('là tiu Mississipi, un corps tonait l'Arkansas sous le içéïK'ral vau \kn'i\. Le commandant en chef do toutes ces forces résidait à Bowling -Oreen. G'étail le général Albert Juliiisii»!), un |>ai'(Mil éioij^né du jïénéral de la Virginie, homme d'un âge nuir et ancien élève de West-Point. Il s'était déjà rendu célèbre par les giierres du Texas, et avait été un des fondateurs de cet état. Il fit la campagne du Mexique comme commandant des * Rangers » du Texas, puis connue colonel de cavalerie fédérale. En 1857, il commanda l'expédition des Etats-Unis contre les Mormons, et il était resté depuis commandant du district militaire d'Utah. Au moment de la sécession, il donna sa démission d'officier fédéral, et accourut par terre à Richmond, où Davis lui donna Timportant commandement du Mississipi. Après la bataille de Mill-Spring, le général Beauregard avait été envoyé dans TOuest, et les deux généraux étaient convenus du plan fiitur de défense. Johnston resta avec l'armée du Kentucky; Beauregard prit spécialement le commandement du Mississipi, et se transporta à l'Ile n» 40.

Les confédérés avaient en effet à parer les coups de l'ennenii sur deux zones simultanément, car les armées fédérales s'étendaient parallèlement à la ligne de leurs adversaires sur une ligne pins longue encore, c'est-à-dire de l'Arkansas, h droite, jusqu'à (.ihii-\ illc, mu- TOhio, ;i gauche. Leur camp avec Houille, à Cano, menaçait également le Mississipi ou les afiluents tenessiens do l'Ohio.

Pendant l'hiver, le général Halleck avait eu soin de faire prendre possession de tout le cours inférieur de rohio, y compris les embouchures du Tenessee et du Cumberland-Ri-* ver, à Paduca et k Smithland. Cette opération avait été proprement exécutée par le brigadiei^énéral Grant, qui resta commandant de ce district. Grant était un ancien capitaine des réguliers qui avait servi avec distinction, comme beaucoup de ses camarades, dans la guerre du Mexique et dans les plaines. Il avait quitté l'armée pour devenir un bon fermier, puis un percepteur, et enfin un tanneur de l'Illinois.

Au début de la guerre, il avait pris du service dans les volontaires, d'atjord comme adjudant du département militaire de l'Etat d'Illinois ; il avait fait la première campagne comme colonel et commandé le poste de Gairo. Enfin, il était devenu brigadier^néral des volontaires, en attendant mieux. Jusquolà il n'avait pas promis grand'chose d'exceptionnel. Il avait été jadis un assez mauvais élève de West-Point ; tlepuis lors il ne s'était rien moins que cultivé; on lui reprochait d'èlrt' fle^iiiali«|ue, et de n'avoir un peu d'énergie que sous l'influence d'une double ration de wisk» y. Tel cpiel, r.ntiit devait conduire dans cette campagne la plus forte année du département du général Halleck.

De son côté, le général Buell, avec l'armée d'Ohio, avait avnnré ses forces le long du chemin de fer de Louisville Jusqu'à Miinifordville et environs.

Le général HalliM-k, assurément la meilleure téte stratégique des Etats-Unis, n'avait pas tardé à arrêter le plan le plus convenable pour frapper des coups décisifs. On percerait la longue ligne ennemie par son centre, ce qui ofnrait d'ailleurs l'avai^tage de pouvoir utiliser les grandes rivières du Gumberland et du Tenessee comme lignes d'opérations. Pendant que Grant et les canonnières remonteraient ces cours d'eau, des démonstrations seraient foites, sur les ailes, contre Bowling-Green d'un côté et contre Golumbus de l'autre, pour empêcher qu'il n'en partît du renfort.

Ce plan, parfaitement rationnel, fut mis à exécution dès le 1*"^ février. Des quatre divisions du généial (iraiit, une fut laissée h la garde de la bîise dii Cairo f»t en diMiiciistration devant (juliiinlms : les trois autres, Me (^leriiand, (m.-V. Sniilh et Lewis Wallaee, tiu ent transportées en secret à Paducah. La flottille , comptant une quinzaine de bâtiments snus le comniodore Foote, se dirigea aussi sur ce dernier point, dans la nuit du 3 février. Le mouvement commença aussitôt contre le fort Henry. Les troupes longeant la rivière sur de mauvaises routes fiirent retardées ; le commodore Foote arriva avant elles devant le fort Henry, qu'il s'empressa de cerner. Le mouvement avait été si secret et si prompt que la garnison régulière du fort, une compagnie d'artillerie sous le capi-

taine Taylor, ne put pas même être secourue par la garnison extérieure, qui campait à une demi-lieue de là, derrière des ouvrages de campagne. Celle-ci, une brigade de cinq régiments sous le général Tilghman, dut Êdre rapidement sa retraite pour échapper aux troupes du général Grant. Tilghman, ne pouvant pas joindre à ce mouvement rétrograde le fort qu'il aviiil «Hé c*har}zé de coiivi ir, l iicheta son peu de vigilance par un acte de bravuui t \ l aimtMit antique. Une fois sa britzade sur la route du fort Donelson, il prit quarante volontaires avtn- lui, f't rentra dans le fort liein y (xiury succoniber avec la compagnie du capitaine Taylor. I/agonie ne fut pas longue. Âpi^s deux heures de canonnade, par la flottille seulement^ la garnison, à bout de munitions, ai'bora le drapeau blanc et se rendit.

Le fort Donelson, à la même hauteur que le fort Henry, mais à une Journée plus à Test, sur la rivière du Cumberland, devint immédiatement robjectif nouveau du général Grant. Tandis que les canonnières redescendaient le Tenessee pour remonter ensuite le Cumberland, les trois divisions fédérales, moins une petite garnison laissée à fort Henry, s'acheminèrent ' sur le fort Donelson. I(!i la tâche devait être plus lourde. Cest soua le canon de cette forteresse que les généraux conlédérés étaient convenus qu'aïuait lieu la vc'^rilaljledéfense du Tene.>sei' et (le Nashville. Au^si la garnison vcnail d'y être renforcée nnii-stMih iiit iiL par le cor])> de Tilghnian, mais par trois divisions venant de Bowiing-Grecn, sous le général Pillow: jp» d'autres renforts accouraient encore. Ainsi une vingt^iinc do mille hommes devaient occuper la place et ^s abords. Trente-si.\ bouches à feu de gros calibre y étaient en position, sans compter les retranchements pour batteries de campagne. Les remuements de terre et les abatis s'étendaient fort loin tout autour du fort central.

Le lâ au soir, le général Grant arriva devant la position, et cette fois avant la flottille, qui avait eu à parcourir une distance à peu |ii ès décuple. Le 13 au matin apparut la première canoiiiiii're, le Cnrondelel, reçue par les acclaiiialions de la trouj)i\ FJIe alla aussitôt prendre sa place de coinliat et le feu commença. Le général Floyd, qui venait d'arrivei" lui-

mémo au fort avec un détachoinont de troupos do Russelville, fit répondre vigoureusement, et tonti^ l.i journée s*écoula en bruyantes canonnades. l«a nuit, une froide nuit d'hiver, se passa anssi sous les armes, car des deux côtés on se défiait d'une attaque. Les fédéraux s'étaient démasqués beaucoup trop tôt ; la moitié de leur monde et le gros de Fettcadre manquaient encore. Le 14, dans la journée, presque toutes les tbrces fédérales étaient réunies ; Grant et Foote firent commencer sérieusement l'action. La flottille eut Tattaque principale. Elle s'avança en forme de croissant contre le fort, et ouvrit un fou convergent terrible sur les batteries basse». Celles-ci furent assez promptement réduites au silence; mais les batteries f»lus élevées étaient plus solides et mieux armées; elles frapptTiMit les c.iiioiinipres de projectiles puissants ot si hin»! .■ijiist<''s ijiio qii.'itrc (i'cntr'cDi's l'urctit (l(''>on}paréos au bout (ruil* 1:- uiP. 1,0 coDiiiioilori» l-'ooto, hlcs-;*'' liii-iiiriii(% renonça à coiihiiin r plus lonfîtemps rctlo lutte et tit mettre ses bAtiments à couvert. Ijno diversion tentée par la troupe contre les retranchements de droite avait aussi été repoussée avec perle.

T,p :.Ténéral Grant s'était résigné à faire un siège en règle. Il prenait déjà ses dispositions à cet effet le 15 au matin, lorsqu'une vive fusillade sur sa droite lui apprit qu'il était h son tour attaqué par les confédérés. Ceux-ci avaient fait une vigoureuse sortie, et en peu d'instants ils s'emparèrent de deux batteries de Wallace. Un combat acharné s'engagea autour de ces pièces, qui fUrent plusieurs fois reperdues et reprises. Pendant ce temits, toutes les troupes fédérales avaient couru aux armes, Smith se porta vivement sur l'extrême gauche, pendant que Watlace et Me Clemand tenaient sur le front; après des péripéties très sanglantes, les fédér.iux parvinrent à refouler l'ennemi. Grant, ne se conttMitant pas d'un (lemi-sucfés, fit continuer le rnoin oincîit pu .iv.mt ; K's confédérés, rejetés sur leurs li;jncs iotr-rioiircs, durent céder deux ou trois positions domiiKuiles, où Ton s'oiajtressa d'aniciici- du canon ])our les ent-cindrc d'un cercle de feu. T. a jouniée avait été décisive, et quoique un moment les tédéraux eussent paru menacés au point que le général Pillow

avait déjà amioiicé h Nashville, par le télégraphe, une brillante victoin^, le gén<*ral r.raul. avec une ténacité imperturbable et eu einployauL tout son monde, avait finalenîeril obtenu ravanlage. Le succès était humhc bi\iu< ou|) plus ;j;rand qu'il ne se le ligurait. La démoralisation avait pénétré dans le fort, encombré de blessés presque sans soins; les perles 3*y montaient à 4 à 5 mille hommes, et il n'y avait pas d*es- |)oir d*Ôtre secouru à temps. Aussi les généraux confé<lérôs, réunis en conseil de guerre dans la nuit, résolurent d'évacuer la position et de Ëiire une trouée h travers la droite en* nemie pour sauver leur monde. Mais^ après les reconnais^ sances préalables, on vit que la chose serait très difficile. Le général Buchner, dont la division avait le plus souffert, se refusa à ce dernier effort et proposa d*entamer des négocia* tiens pour la capitulation ; la minorité du conseil fut de cet avis. Les généraux Floyd et Pillow, qui étaient d*avis opposé, ne voulurent pas encourir la responsabilité d*ttne reddition; ils se démirent de leur commandement et résolurent de tenter \ino trouée avec la brigade de cavalerie F(jnvst ; ils s'élaiicôicut bravement au travers des lignes fédérales et réus.sii t nt à gagner les i haïups. Un pçîi rViukuilerie parvint à niîui lu'i* sur leurs traces, i*l hcaiicoiii» d liommes isolés s'écbappèrent aussi de leur mieux. Le i^énéral Buelnier, à qui le commandement en chef revenait de droit, envoya un parlementaire au général Grant pour lui proposer de négocier une capitulation. Mais Grant, informé par les nombreux prisonniers faits pendant la nuit de la débandade générale de ses adversaires, répondit en exigeant une reddition immédiate et sans condition. Buchner n^avait plus qu*à se soumettre ; c*est ce qu*il fit en maugréant. Le 15 à midi, le fort fut rendu avec tout son matériel et tout le personnel, comptant encore 13 mille honmies, 65 bouches & feu, trois mille chevaux et une quantité d'objets d'armement et d'équipe* ment. Le surlMidemain, cette capture fut plaisamment augmentée de deux régiments tenessien8, envoyés en renfort par Johnston, et (jui, ignorant l'événement du 15, entrèrent dans kl place enseignes déployées et Lauibom ;» ballant pour devoir y poser leurs armes.

Fendant ce leiiips, iohjiston avait tenu tétc, avec une douzaine de mille hommes, h tout^^ l'année di» Biiell devant Bowling-Groen. Lorsqu'il apprit la chute du fort Donelson, il dut se replier plus en arrière et se retira sur Naehville ; de son côté, Polk se replia de GolumbuB sur Ttle w 10.

Le général Floyd était aussi arrivé à NashvtUe, et Toii discuta un moment si l'on défiandrait cette capitale ou non. L*émotton et le trouble qu*y avait eiLcité Touverture des deux rivières, rencouragement que la nouvelle situation apportait aux unionistes assez nombreux de la capitale et la rdvolution qui semblait sV préparer, la difficulté d'en défendre les abords sans une grande armée et sans des fortifications qu'on u'avait plus le temps d'élever, llrent pencher la balance en faveur de l'évacuation. MurlVesbnio, à une quaianlaitie de milles plus en arrière, deviendrait le nouveau [Kiint central de défense de ( ette zone et le sié^re du gouvoj jiemenl de l'état. NashvîUcfut dnnr évacué, non-seulement par les troupes et leurs magasins, mais aussi par toute l'administration civile et par un grand nombre de familles.

Si, ce moment, les fédéraux Vivaient pu pousser une pointe devant la capitale, nul doute qu'ils n'y eussent réalisé un immense butin. Mais les troupes de Grant avaient trop souffert eHe»4némes pour être remises aussi vite en marche. Trois à quatre mille hommes avaient été perdus; il fidiait d*aiUettrs laisser des garnisons dans les forts conquis, et , réorganiser les magasins et les parcs. Le 30, la marche put être reprise; les canonnières remontèrent la rivière du Gum> berland sur Nashville, escortées sur la rive occidentale par la division Smith. C'était peu pour s'énoncer dans Tintérieur d'un pays hostile ; mais de l'autre direction arrivait sur le même point rarniée de Buell. Les deux foives firent leur jonction à C.larkeshui-^', au carrefour de la rivière et du chemin de ft'f. on elles lr(»nvèrent enc()re d'immenses approvisionn^iin iiLs , de là clleà uiarehèrent sur Nashville, qui fut (Mîcupée et révolutiormée sans coup férir

En trois semaines la plus grande partie du Kentucky et du Tenessee était ainsi reconquise à l'Union, beau résultat du sage plan du général Halleck, habilement exécuté par le gé*

néral CIimiU (>t le coimuotlore loote, et bien secondé parle général lîuoll.

f général Halicck distribua toute cette zone en un nouveau dépnrteniont , dont il remit le commandement \\ Hmiil avec libellé de fixer son quartier-général où il lui plairait, lie gouvernement de Washington éleva Grant au grade de major-géfiéral) le Congrès lui vota des remerciements, et' des salves d*honneur, tirées du Capttole de Washington» célébrèrent solennellement la victoire de Donelson, la plus grande, en effist, que les Méraux eussent remportée jus* qu*ici.

L*eflret moral 6it considérable dans tout le Missouri en fiiveur de TUnion. A Saint-Louis surtout, la résidence du gé-

néral Halleck, les manifestations furent des plus vives. Il s'y mêla aussi un petit incident qu'on nous permet ti a do lappoii,er. Au imMiirMil où le «zéiit'-ral Halleck recevait la nouvelle do la pi-isf do l)(tnolson, il avait rhoz lui une députatioii d'une Sdciélé do toniporauce de llllinois, qui venait lui demander la révor.ition du général Granî, par la rais^nn qu'il était imprudent de confier la responsabilité de tant de vies précieuses à un homme adonné à la boisson des liqueurs fortes. Une p.irtio dos gens de l'hôtel, par esprit d'opposition politique, faisait écho à ces plaintes. Pour toute réponse, le général fit malicieusement poser dans le cadre des affiches, à la suite du bulletin militaire de Donelson, Tavis que puisque les gens qui buvaient des spiritueux faisaient de si belles choses, tout citoyen trouvé ce soir-là dans Thôtel en état de sobriété' serait mis au violon 1 Ajoutons, pendant que nous sommes sur ce sujet et pour n'y pas revenir, que la Société de tempé> rance ne se tint pas pour battue ; elle finit par porter ses réclamations jusrpi'au président lui-même, où elles arrivèrent à peu près en même temps qu'une autre victoire du ijonéral Tirant, dont nous aurons occasion de parler plus tard. Lincoln, (pli avait l'hahitiido de recevoir tout le monde avoi^ affalMlité. acoifillil aussi ladite députation. Après avoir cainiouK^nl ocoutt'» ses doléances, il dit à l'orateur : Cle quo vous jià'appienoz là est ^rrave ; iiiuis poinrioz-vous encore in'indiquer quelle espèce de wiskey boit habituellement le général

Granit — Non, M. le présidont, nos renscifniements ne vont pas jusque-là. — CTest Irès-fàcheux, Messieurs, car j'aurais envoyé un tonneau du niéine à tous nos autres généraux. — Sur quoi la députation se retira sans trop de mauvaise humeur. — Un trait qui valut mieux encore que ceux-là, fut celui du Commodore Footo. Ce vétéran des mers, aussi brave que pieux, alla complimenter sincèrement Grant de son nouveau grade de m^r-général, et tout en lui prédisant de hautes destinées, il le supplia, au nom de sa gloire et de son pays, de fcine taire ses ennemis et de s'abstenir dorénavant . de tout ce qui pourrait donner lieu aux accusations d'ivn.v gnerie lancées contre lui. Le géncml Giaiit, pi'nlVtndéinent louché, tendit la main au commodore, la lui serra avec effur*ion , et depuis ce inoîiieiit il se montra toujours (l'une sobriété exemplaire, malj^ré les bruits conti'aires répandus par SCS calomniateurs.

Revenons à la cainpîigne si bien commencée par les fédéraux. Le général Halleck, poursuivant sans désemparer TexécutioR de son plan, résolut de {>ercei- le centre de la seconde ligne ennemie comme il l'avait fait de la première. I^s canonnières recurent Vordre de redescendre le Cumberiand et de remonter de nouveau le Tenessee, par oti elles pouvaient pénétrer jusque dans VÀlabama. Les généraux Buellet Grant devaient s'avancer à leur suite. Devant ces dispositions, lohnston ne pouvait pas tenir h Murfresboro, et il évacua celte ligne pour en prendre une plus solide plus en arrière encore. A Ck)rinthe, important carrefour de chemins de fer, et à «piclques milles au sud de la rive planche du Tenessee, il établit le point central et la base de sa nouvelle ligne. Un grand camp y fut ti aeé sous la proLccliun de plusieurs redoutes et de f;es ouvra^zes usuels de campagne avec lesquels non- avniH déjà fait ample Cdunaissancp. Non-seulement l'année de .lolmston v fut c<»iicenlrée, niais il s'elTurca d'v réunir tous les corps épars dans les vastes territoires de l'Ouest. Beaurejzard, après avoir mis en défense l'ilf n" 10, rejoigtiit Gorinthe avec un détachement. De l'Arkansas, on retira aussi le général van Dorn avec une \ inf.'1aine de mille hommes. Celui-ci venait de livrer, les 7 et 8 mars, une

chaude bataille aux fédôr.uix , sous le commandement de C.urtis et de Sigel, à Elk-Horn. Longtemps dispiitô^, la victoire étiiit enfin restée aux fédéraux, mais avec de fortes pertes; les confédérés avaient, eux aussi, vu tomber un faraud nombre des leurs, parmi lesquels deux de leurs plus braves généraux, Mc GuUoch et Me Intosh.

Les forces concentrées aux environs de Corinthi? au commencenient d*a\Til donnaient un total de 45 mille hommes» répartis en seize brigades et quatre corps d'armée, à savoir : ceux de Polk, de Bragg, de Hardee et de Breckinridge. Avec van Dom et Priée, qui ne tarderaient pas à arriver, Tarmée • se monterait à 65 mille hommes.

De leur côté les fédéraux s'étaient avancés vers ce nouvel objectif. Savanna, à une dizaine de lieues de Gorinthe, de l'autre côté du Tenessee, était devenu le point de réunion de l'armée de Grant ; puis une base plus rapproehée encore de Corinthe fut prise h Pittsburg-landiii^', sur la rivière même. Les apprnvisioiineiiir'ïits commencèrent à y arriver par eau, et l'on pouvait continuer à opérer m commun avec Ips canonnières. Le 3 avril, Grant avait sous la main une quarantaine de mille hommes, soit 5 divisions: 1» Mc Clernand; "2" W.-II. Wallace; 3*» Lewi>î Wallace; 4' Hurlbut ; ^ Sherman. Quatre divisions étaient à Pittsburg-landing, et une, la 3"»**, à Grumps-landing, à six milles de là.

L'armée de Buell devait aussi se concentrer à Pittsburglanding; elle était en marche de Nashville par Colombia, et ses avant-postes étaient annoncés à une vingtaine de milles seulement de Savanna.

Les généraux confédérés apprenant cette prochaine jonction de leurs adversaires résolurent sagement de les prévenir et d'attaquer immédiatement le général Grant^ à Pittsburglanding. Le moment était d'autant plus favorable qu'une bonne partie des canonnières , engins si utiles dans toute cette campagne le long des fleuves, était occupée, avec le Commodore Foote, h assiéger l'ile n» iO.

Jobnston et Beauregard se disposèrent donc à Tattariue pour le 5. Malheureusement pour eux des lenteurs d'organisation et le mauvais temps les forcèrent de renvoyer au len-

demain. Le 5 au soir ii ne i)uL y avoir (jne ((iielqties escarmouches isolées. Le 6, à la pointe du jour, les confédérés s'avancèrent en une foite colonne contre l'année fédérale. Leur formation était assez singulière; leurs quatre corps étaient serrés les uns derrière les autres; en tète Hardee; en seconde ligne Bragg; en troisième Polk, et en réserve Breckinridge. La masse , entourée de tirailleuis et avec la cavalerie k Taile droite, se dirigea sur la gauche des fédéraux ; le second corps se déploya & la droite du précédent, et du premier choc, l'extrême gauche fédérale, formée par la division Prentiss, fut culbutée et enlevée ; le général Prentiss avec la moitié de sa division fut envoyé prisonnier sur les derrières. Les quatre divisions de Grant combattirent bravement mais avec beaucoup de décousu et sans direction générale; elles durent abandonner leur camp pour se replier sur la rivière; 1& elles se rallièrent autour d'une éminence qui leur donnait quelque avantage ; les deux seules canonnières présentes, Tylet- et Lexington, purent aussi entrer en lice ; la nuit vint mettre fin au coinliaL. Les confédérés étaient instuilc.s sur l'emplacement même de leurs adversaires; ils se mirent à piller à qui mieux mieux, le riche camp qui leur était aban- (JonHé. Ils avaient fait nt aiMiioins des pertes sensibles, entr'autres leur générai Johiiston. Le commandemeut passa au général Bcauregard.

Mais, pendant la nuit, cette situation changea du tout au tout. La division WaUace avait i-ejoint le gros de Grant. La division Ndson, avant-garde de Bueil, était aussi arrivée, et était suivie de deux autres divisions à peu de distance. La première ftit placée & la droite, la seconde à la gauche de Tarmée.

Le lendemain 7 avril, par unç matinée pluvieuse, le combat recommença vers 7 heures; cette fois, ce forent les lédéraux qui prirent l'oifensive. Ils refoulèrent les sécessionnistes sur les hauteurs de l'église de Sbiloh, où l'engagement fot acharné. Ces derniers tinrent bon sur leur droite et sur leur centre, mais vivement assaillis et déboi-dés sur iexu ^^anclie, aa iur et à mesure de l'arrivée des troupes de Buell, ils plièrent et conmiencèrent leur retraite vers midi. £ile se lit eii

assez bon ordre, Bragg restant en arrière-^'anio, et. vers 5 heures, l'armée confédén^e était rentrét^ tlans ses lij^mes de Corinthe. Elle einiuenait avec elle une dixaine de canons; 28 drapeaux et plus de 3 mille prisonniers. Elle avait perdu ii mille hommes, dont 18()t> tués, 8 mille blessés et 1200 man* qaants ; et auasî une dixaine de pièces et des dn^peaux.

Les fédéraux perdirent environ 14 mille hommes, dont 1800 tués, 9 mille blessés, le reste manquant. Des deux côtés on s'attribua la victoire ; mais il semble que les confédérés y avaient plus de droit que leurs adversaires.

Le 8, le général Sherman essaya d'une poursuite, mais il ne put aller bien loin ; il dut se bomèr à une es=«annonche contre l'arrière-garde et à recueillir les débris des campements.

Pendant ce temps avait eu lieu mie autre aHaire plus fatale aux confédérés. L'ile ii' 10, sdiis les ordres du général Makall avait été romplêtement investie, le G avril, par le ennunodore Foote et par des troui>es d'infanterie sous le général Pope; après une faible rétiistanco elle avait dû se rendre avec sagarnison de deux mille hommes, une soixantaine de pièces de gros calibre, quatre steamers et plusieurs barques. Ainsi l'un des plus importants barrages du fleuve tombait, et la* flottille 86 mit en mesure de porter ses coups contre les autres barrages, contre Memphis en particulier.

Le général Halleck, qui, à St-Louis, se trouvait maintenant un peu éloigné de la scène active, se molHlîsa à la nouvelle de ces succès, et il arriva le 12 avril devant Corinthe. Recueillant les divers corps épars, il réorganisa l'armée de l'Ouest en 16 divisions. Huit d'entr'elles fonaèrent dès loi s rai inée du Tenessee, sons le général G rant; quatre l'ai inéo di^ TOhio, sous le généi al Huell, et quatre rarniée du Mississipi, (loiinée au général Pope. Le 30 avril, le gros de l'armée essaya d'enlever les ouvrages de Corinthe, mais elle n'y put réussir: plusieurs tentatives d'assaut, faites dans le commencment de mai, échouèrent de même. Le 17 mai, on commença des tranchées et des travaux réguliera d'approche. Ceux-ci étaient arrivés à un point très satisfaisant et pouvant &ciliter une grande attaque, lorsque, les 27 et 28 mai, l'armée confédérée

s'éclipsa vers le Sud par le chemin de fer Mobile-Ohio, en rompant les ponts derrii i o elle. général Pope, envoyé non à sa poursuite^ mais à sa reclierche, partit le \] juin ol iic put constater qu'une cliose, c'est que tlaiis un iavrin d'une trenlame de milles au-delk deCoriiitlie il n y avait î>Iiis (Tannées conféd»^rées tenant la eampaime. Pupe captura des debi is de campement et quelques centaines de traînard», qui lurent décuplés dans de pompeux bulletins.

Ainsi le Uiéâtre de la guerre dans l'Ouest présentait aux fédéraux des avantages tr^ i u > i a bles.

Les entreprises cùtières n'avaient pas été inoins favorisées.

Le général Buruside était arrivé vers le milieu de janvier dans la baie de Halteras. Le 7 février, la flotte était en ordre de combat devant les fortifications de Roanoke-Island, et elle commença le feu, qui dura toute la journée. Deux bâtiments confédérés forent désemparés ainsi que plusieurs batteries du fort Bartow. En même temps, le général Bumside avait trouvé un point de débarquement, couvert par un marais, et où il mit ses troupes à terre, sans résistance. Le 8, il marcha sur une redoute à ({uebpies miUes de son camp, et s'en em-' para après un vif combat. La flotte fit évacuer par son canon deux autres redoutes sur la côte, et, de tous ces points, les sécessionnistes se retirèrent, a|irès avoir eneloué leurs pièces, vers leur eanqi pi inripal sur la cùle nord île Tile. Le générai Bnrnsiile marciia sans s'arrêter sur ce canq), l'entoura, le somma et lui lit poser les armes. En deux jours de combat, l'importante position de Hoanoke-Islaud, qui est la clef de deux détroits, Âibermale et Currituck, do huit embouchures de rivières, de quatre canaux et de deux chemins de fer, qui était indispensable à couvrir Norfolk sur ses derrières, était tombée aux mains des fédéraux, avec des fortifications qui avaient coûté des millions de dollars votés avec enthousiasme par le congrès de Richmond, avec un immense matériel et avec plusieurs milliers de {Mîsonniers.

Il fout dire li la justice du général Wite, qui commandait la place, qu'il avait prévenu à temps le ministre de la guerre, M. Benjamin, de sa situation. Mais celui-ci négligea d*envoyei; des renforts; il aurait été plus sage d'ordounei 1 évu-

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cuation de Roanockc, conimc on le lit de Norfolk, et plus sage encore, ai on ne pouvait pab (Mi faire un pivot de résistance, de ne pas disséminer autant (\p l'essourees sfireo point extnMne.

De Roanoke-Islauil, rdutonnénient à »es instructions, Burnside î*edescen<lil la baie pour se diriger sur New-Beine. Le 2 et ie 3 mars, il d<'l>;M ([ua une dizaine de mille hommes à 15 milles au-dessous de New -Berne, et le 4, il marcha sur cette ville, escorté de la flotte qui remontait la rivière. Le général Branch, qui défendait cette place, n'avait que quatre à cinq mille hommes de troupes, dont plusieurs bataillons de milices, éparsdans un grand nomdre d'ouvrages de fortification récemment élevés à grands frais, mais mai armés. Au premier feu des fédéraux, la milice iiit saisie d'une forte panique et lAcba pied. Deux ou trois régiments tinrent un peu plus longtemps autour du fort Thompson ; mais ils n'en ftirent que mieux^entourés et ùàiB prisonniers. La victoire des fédéraux ftit complète. En quelques heui'es de combat ils s'emparèrent de tous les forts avec une soixantaine de bouches à feu, dont un quart de pièces de eau i j » (|în(>, et d'un millier de prisonniers. La population presque entière de la s ili*' - 1 nfuil avec les troupes par le clieniin de fer, et Bumsidc y lit son entrée COnilTie dans fine \'ille flé<(M'te.

Quelqiii > soiiiMiiu s .ipi r<, le 12 avril, le fort Puiasky, devant Savannah, tut rendu aux fédéraux après un court mais destructif bombardement. Le fort Mâcon, à l'entrée de la rade de Beaufort, dans la Caroline-du-Nord , subit un sort sem* blable le 25 avril et se rendit au général Parker.

Mais un résultat plus brillant encore fut celui de l'expédi* tion de Butkr et de Farragut, contre la Nouvelle-Orléans. La flotte, ne comptant pas moins de 40 bâtiments, armés de 300[ boucbes à feu, arriva en mars et après une traversée aaset accidentée aux boucbes du Mississipi. Après avoir établi le dépôt à Pilottown, les passes extérieures fiirent franchies avec beaucoup de difficultés , mais sans résistance. Celle-ci ne devait commencer que devant les forts Jackson et St* Philip, à une trentaine de milles plus haut. Le 2S a"\Til, l'amiral Fan a^nLl rallia ses bâtiments de guerre devant ces forts et se prépara à l'attaque poui' le lendemain au soir.

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Leibrt Saint-Philipp, sur la rive gauche, est un ancien fort

espagnol irrégulier ; il avait été reconstruit, que1({ues années auparavant, pur le génie fédéral, et spécialement par le lieutenant Barnard, maintenant général, ([iii avait pu eu fournir le plan à l'amiral Farrajjut. Le fort Jackson, vis-à-vis de celui-ci, mais sur la rive droite, est beaucoup plus considérable et de constiuftion moderne. un n i-K» pentagone bastionné, awc. du larges fossés et dos deiinrs étendus. Le ( orninandant de Tartillerie et des (^ôtes, général Duncan, y avait son quartier-général. L'armement des dt ux foi ts montait à près de 300 bouches à feu. Une flottille de douze canonnières et de deux gros navires blindés, la Loumane et le Manaasas^ devaient agir en arrière des forts et concurremment avec eux pour défendre la passe. Plus en avant, celle-ci était barrée par de fortes chaînes et des estacades.

Le plan de l'amiral Farragitt était simple et brave. H vnulait forcer la passe en y laissant peut-être le quart de sa flot* . tille» s'il le fallait, et avec le reste prendre un point de débarquement vers la (piarantaine au-dessus des forts; les troupes de Butler pourraient y arriver fîBUiilement par le. golfe, et Ton remonterait ensemble sur la ville même.

Pour forcer la passe, il répartit sa flotte en deux divisions, une de droite, qui devait attaquer Saint-Philipp, et une de gauche contre Jackson. Celle de droite, sous le coinmodore Baiiey, ét;iit composée de si.\ canonnières, Caymja, Onéida, Vai'Uiuif Katahdin, Kinco, Wissahiekon, et de deux vaisseaux, Miasisftipi et Pt^nsmoiit. Celle de gaiK li''. m mi-; le capitaine Bell, cuniptait aussi six canoumèies, ^'c/o^(f , îronuois, Keanebec.j Pinolct, ïtnsra , Wirwna, et trois vaisseaux, Hart" ford, Brooklyn et /{irhuiond . Quatre^ autres i)âtiments portant les mortiers, sous le commandement du capitaine Porter, suivaient en réserve. N'oublions pas de dire que ceux-ci avaient bombardé les toits depuis cinq à six jours à grande distance, mais ne leur avaient fait aucun mal sérieux.

Dans la nuit du 23 au 24, le signal de Tattaque fut donné par deux lumières rouges ordinaires, pour ne pas attirer Tattention de l'ennemi, et toutes les forces s'ébranlèrent en même temps. Les lumières de l'ennemi servaient de point de

TOMS L •

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ilireclion. Vers 3 heures du mntiii le feu eommenea et se dévelo|)pa peu il peu, d'abord seulement contre les forts, puis un peu plus tard cunlre la llolille séeessionniste , dite de Moiit^^omery. A ce moment, la canonnade commença de gronder avec la ])lus jri ande furie. Les confédérés avaient été surpris, et il leur fallut un moment à se remettre. Mais nne fois leur tir commencé, ils le soutinrent avec une vive énei^ie; Teau fut bientôt couveite de débri:» et Fair obscurci d'une épaisse fumée, déchirée h chaque seconde par les éclairs de rartillerie. Le combat, après deux heures, n*eut plus rien de régulier. Nous n'entreprendrons pas plus de le raconter que Tamiral Farragut lui-même, qui déclare, dans sou rapport, qu'il ne put donner aucun ordre dans ce tohubohu iudescriptil'le, où les amis risquaient à cha(|ue instant de se tirer les uns >n\- U s autres; quo < \'tait une va^te et terrible guerre de guéi'ill:i.->, (laii> ImUrs les dii-.'ctiuiis ef au milii'U de l'ubseurité de la rniii»''i> ; niais (]u'en soiume tout le monde s'y conq)orta bien. Le lait est (|ue vers midi, le gros des bâtiments unionistes tenant encore bien l'eau , se trouva au-delà des forts, et qu'un drapeau parlementaire flottait sur II! furl Jackson. Une trentaine de na>ires divers étaient échoués ci et là ; d'autres tiraient l'aile péniblement 'ou se faisaient traîner à la remorque; un dizaine,, sombrés, ne laissaient voir que le sommet de leurs mâts. Les fédéraux perdirent quatre des leurs ; six furent désemparés plus ou moins gravement. On ne put savoir exactement la perte des confédérés par le combat lui-même, attendu qu'ils incendièrent ou firent sauter les bâtiments qui leur restaient, pendant les négociation.s pour la l eddition des forts.

Les eaiionnières fédérales contiimèieul leur route sur la >îouvelle-Oi l(''ans ; elles y arrivèrent dans la nuil suivante, après avoir drliud une un deux batteries sur les côtes, peu défendues, et capturé un régunent, colonel Siamski. La panique lu plus vive régnait dans la grande cité du Sud. Non-seulement la population, sui^prise dans une quiétude qui ne s'alliait guère avec la jactance dont elle avait fait preuve précédemment, ne voulut pas se défendre ; mais les autorités communales prièrent le gouverneur militaire, gé-

Déni Lawell, d*évacuer la viUe, afin de ne donner aucun prétexte à un bombardement. LoweU, qui aurait pu être ISncilement coupé de ses communications par- les canonnières si elles s'étaient portées en amont, au défilé de Kenner, ne demanda pas mieux que de se tirer de la nasse, et il s'empressa d'acc(^der aux désirs de raiitorité civile. Il donna rendez-vous à ses troupes au camp Moore, à 70 railles au nord la Nouvelle-Orléans, sur le. chemin de fer de Jackson. Avant de p.niir, il fil brûler les magasins nMlitairos; des bandes d* sécessionnistes ardents, qui entendaient raccompagner, mirent aussi le feu aux docks, aux dépots do coton, de charbon et à un grand nombre de navires. Cet incendie imposa une f^rande prudence à la flottille fédérale, remontant le fleuve, et permit à Lowell et h son monde défaire leur retraite mieux à couvert, par eau et par le chemin de fer.

Malgré cela les forces du commodore Bailey ne tardèrent pas à s'avancer en face et au<dessus même de la ville. Elles prirent po9ses.sion de plusieurs ouvrages qui avaient été abandonnés et où les canons étaient encloués. liO â6 au matin, Tamirat Farragut fit descendre à terre une escouade de marins du Pênsaeola, qui alla planter le di'apeau fédéral sur tous les édifices publics, le maire s*étant formellement refusé à ordonner cette opération lui-même.

' Dans ces entrefoites, le général Butler, débarqué à la quarantaine, avait fait occuper les forte Jackson et Philipp, capilulés entre les mains du capitaine Porter ; il occupa ensuite la gronde métropole, dont il prit eu malus le gouvernement. La tranquillité et le règne de l'Uniou y étaient tout à fait assurés di^s les premiers jours do niai.

V I I près en même temps, la flottille Foote obtenait un autre triomphe sur le Mississipi et s'emparait de Memphis. Le moment approchait donc, croyait-on, où tout le cours du grand tleuve serait de nouveau ouvert à la navigation. On ne prévoyait pas encore l'énergique lutte qu'il faudrait soutenir à cet eflet devant un dernier et héroïque boulevard confédéré, la place de Wiclssburg.

En somme, sur tous les points éloignés de Washington où

se poursuivait la guerre , les unionistes voyaient les choses »e dérouler à souhait. En revanche, dans la Virginie, sous les yeux du gouvernement, et 0(1 celui-ci prenait une paît

trop diiecio aux opérations, il en était autrement, La Shenandoah, cntr'autres, fut pour lui le théâtre de dures humiliations.

L'habile général Jacksoi), auquel il est temps de vouer quelques moments d'atteiilioii, in> disposait que d'une vingtaine de niillo lionnnes au plus; mais (-'(''lait réiitc des régiments du Sud, et il sut les quadrupler pai- sf>ii activité. Après ses enpa«,'«^ments rontre Banks, fi la lin de mars , il avait dû reinoiiler la vallée de Shenandoah pour ne pas se laisser tourner par les troupes du «ïénéral Fréniont, récemment mises en mouvement de la Virixinie-Oocidontale. Les fédéraux avaient divisé si bien leurs forces qu'ils formaient alors dans ces porage» trois groupes prinri])aux sans communication entre eux; Banks, danit la vallée; Fremont à la droite et Sigel à la gauche de Banks au-delà des montagnes , sans parler de Me Dowell , très loin de là sur le Rappahanock. Après quelques manœuvres adroites et des feintes de retraite dans la région montagneuse, Jackson, qui connaissait fort bien le pays et qui y était secondé par tous les habitants, parvint à se concentrer à Timproviste sur sa gauche et à frapper des coups décisife. Le 9 mai, il surprit les brigades Milroy et Schenk, du corps de Frémont, et les rejeta sur la petite ville de Franklin, au-delà des Allo|ihanis. Il ne les suivit pas l<m;jt»Mn|is. Apprenant (pie Uanks venait d'être allaibli de la division Shields, envoyée à Me Dowell, il se rabattit sur la Sbenari l()ali. Le 2!î mai, il apparaît à Front-M '\ li, où setrouvait'iil (i(Mi\ rt'^^iiiit'iits de Banks, sons 1*^ c-tlonei Kenly, pour tenir If « liPinin dt> IVt de Manassas-dap. Kenly tut surpris cl taillé en pièces. Banks, séparé maintenant de Sipel, connue la première affaire l'avait séparé de Fremont, s'avança néanmoins l>raveraent au-devant de Jackson ; mais il fut repoussé; il fit une bonne l'etraite jusqu'à Wincbester. Là une vire action eut lieu le 25 mai, h la suite de laquelle Banks dut se replier en désordre sur Martinsburg, puis au-delà du Potomac.

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Sous l'eiiipiiT fie ces fâcheuses nouvelles le gouvcrneiiieut de Washington donna l'ordre à Me Dowel d'un côlé et à Fremont de l'autre de s'avancer sur les flancs et sur les derrières de Jacktson; et c*est aussi à ce moment que, pour i^'a^isurer contre tout danger sur le firont direct de Washington et du Rappahanock, il lit couper par les troupes de Me Dowell et par celles de Me Clellan tous les ponts possibles entre Fredericksburg et Richmond, ainsi que nous Tavons dit au chapitre précédent (*). Sur ce nouveau champ d'activité McDowell ne fut pas plus utile que précédemment. Tiraillé entre TofTensive demandée par le général Me Clellan et de temps en temps autorisée par le gouvernement, et la défensive que celui-ci lui imposait à chaque mauvais bulletin de la Shenandouh, il fut complètement paralysé. La division Shields, (jui lui était envoyée, dut rétrograder vei*s le généial Baiiks, suivie de deux autres brigades du i*^'" corps.

Mais Jackson n'était pas homme ;'i attfiHh'c si-s ail\t'is;ures à brns croisés et à négliger les a\aii1a.ut'> df sa ixisitioii centrale au iniUeu d'eux. Fremont, qui était le plus inena^;ant sur sa gauche, fut son premier but. Le général fédéral avait fait une belle marche à travei*s les Alleghanis et s'était établi sur les derrières même de Jackson, à Hurrisonburg, au milieu de la vallée de la Shenandoah. Jackson se retourna et vint livrer bataille à Cross-Key, le 8 juin. L'engagement fut très vif; les fédéraux tinrent avec persistance, mais le succès de ce jour-là fut en somme pour Jackson. Il aurait pu le poursuivre, avec moins de chance peut-être, le lendemain. Mais il avait appris qu'un autre danger le réclamait. Shields accourait & tire d*ailes dans le but de rallier Fremont. Jackson lui épargne une partie du chemin ; il se dérobe habilement à Fremont, se iette sur Shields qui venait d'arriver à Fort-Républic, à une dizaine de milles en dessous de Cross-Key, et refouUî les fédéraux au-deh\ de \u rivière avec de rudes perles. Puis, rompanl les }ionls «lerrièrc lui, il se rctir*' jtar Ioh Montagnes-bleues sur la Viririnic centrale puui' aller renforcer rariiiéc priiii'ipale de Hicluiiuiul.

Ces brillantes et rapides opérations étaient chose aussi

(1) Voir pae«s 146.

notivollc pour le gouvornemenl fédéra! que l'.iv.iient été celles (K' lionaparte, en \l{)6y pour les ^jV-ikm ni\ .nilricliitMis. L'émoi (ju'oUes causèrent h Washuigloii ciiipccliu l oin m des renforts promis à rarinéc du Potomac et provoqua i'ibolement auquel on la condAmna par la ruiiture des ponts dont il a été parlé ci-desstts.

Nous pouvons retourner maintenaul à l'uiiiiéedu Potomac dans la Péninsule.

Im «méM en prteBM dertnt Hidunoml ; bataille de Falre-Oeks ; bataille des 8ept-Jenra.

Le général Me CleUaji ayant di't renoncer à rallier par sa droite les forces venant du front de Washington» se mit en devoir de s'approctier de Richniond avec toutes les mesures de prudence possible. H s'agissait de s'établir d'abord sur le Chickahominy. Ce n*étaitpasdiâicile, car on en tenait déj^ les deux rives. Mais la nature de ce cours d'eau marécageux et sa direction cpudée en faisaient un grave obstacle aux mouvements d'une vaste armée. Il la coupait nécessairement en deux, il n'offrait pas l'avantage d'une ligne de défense, et il compliquait singulièrement la protection due à la fois au front devant un ennemi à cinq ou six milles de ses ouvnigf^s, et à la base de White-Housê, à une douzaine de milles plus en arrière sur le cheinii> de fer. Toutefois le Chiekahoniiny pouvait être avantageux à une armée en défensive bien campée sur ses deux rives. Pour cela il taliuil y ;tvoir des ponts en grand nombre, < t c'c>t à celte besojine que le général Mc(;icllan se voua tout aiis^iint. î/oin)»l;ifriii(Mit de onze ponts fut reconnu et iléteniiiué. Leur construction, coinnicncct' \o '20 mai, subit beaucoup de Imtcurs. Elle fut vivement contrariée par les pluies (|ui enllêrent la rivière et changèrent tous ses abords en va&tes n»arécages où les travailleurs avaient de Teau souvent jusqu'à la ceinture. Jus((u'à ce qu'on pût terminer ces malheureux ponts et les nantir de quelques ouvrages protecteurs il y avait donc toute apparence qu'il s'écoulerait un certain temps.

X*ennemi laisseraitril faire?... 11 était alors renforcé, comme

noua Tavons dit plus haut, de deux <^rp5. Ainsi en raeaurc de prendre Toffensive, il ne pouvait pas, sans une grave fiiute, laisser s'accomplir tranquillement les travaux de Tannée fédérale, lohnston se décida à attaquer, et il mit en mouvement dans ce but, le 30 mai, quatre corps d*armée: Hill , Huger , Longstreet et Smith , montant à environ 60 mille hommes.

Le 30 mai, Tannée fédérale était disloquée comme suit :

Les corps de Keyes et de Heintzelman étaient sur la rive droitr. du Chikahominy ; les avaiit-pofites du côté de Uichluoud, tonnés par la division Casey, étaient à cheval sur le chemin de Ter et .sur la jurande route, avec des lelranehenients à droite à la Stîitiitn de Fair-Ofïk;*, et h trauehe sui" la grande roule, au carrelour «les Sej»t-Piiid. Le reste de faiinée était développé à peu près en seconile liprne de l'autre coté du Chikahominy : à droite Porter, aux environs de New- Bridge, qui venait de rentrer de sa belle expédition de Hanover-Courl-House ; au centre Franklin ; à gauche Sumner, h cheval sur le chemin de fer de York-Hi ver. Le quartiergénéral était aux environs de New-Bridge ; la cavalerie sur l'extrême droite. Entre ces deux lignes ou ces deux ailes de Tarmée, le Chikahominy formait un obstacle fort incommodant; elles n'avaient qu*un pont de communication, et celui-ci était situé à leur gauche : c'était Bottom-Bridge, sur lequel passait le chemin de fer du York-Biver. Plusieurs autres ponts étaient prêts & être jetés plus en amont, dans la journée du 31 mai. L'ennemi Tapprit-il par ses espions, ou vouluUl simplement profiter des pluies torrentielles tombées, la veille et le matin même, et qui devaient avoir enflé la rivière? C'est ce qu'il est diflu ile de dire.

Quoiiiu'il en soit, le 31 mai vers midi, la divibiuii Casey se vil tout à ( (Mil) c rilourée par une nuée de tirailleurs ennemis débouchant de tous les bois du voisina-ie. Une vive fusillade retentit de toutes paris ; les piquets ei les jxrand'gardes sont refoulés sur Fair-Oriks et sur les Sept-lMns. Là, les fédéraux surpris courent aux armes et se battent en désespérés ; mais les forces de leurs adversaires ne cessent d'augmenter et leurs pertes ne les arrêtent pas. La redoute des Sept^Pins est

ornpp ; ses iléfcnseiirs font tuer bravenionl. Le (.oloncl d"artillori(* Railey, Pîitr'autres, y trouve sur ses pioms imo mort glorieuse. La redoute prise, un peu de désordre se manifeste parmi les gens du Nord. En vain les généraux Keycs et Nagle s*é{misent en mille efforts pour retenir leurs soldats; ils ne sont pas é( diilés. Malgré deux belles charges du régiment de New- York dit les gardes Lafayette, la retraite se continue en déroute complète.

Cependant Heintzelman accourt à la rescousse avec ses deux divisions. Gomme h Williamsburg, celle de Keamey ar* rive au bon moment pour rétablir le combat. La brigade Berry de cette division, composée de régiments du Michigan et d'un bataillon irlandais, s'avance, fèrme comme un mur, au milieu de la niasse désordonnée qui flotte sur le champ de bataille, et elle fait plus par son exemple que les plus puissants renforts. Les fédéraux ont perdu un mille de terrain environ, quinze pièces de canon et tout le t anip de la division Gasev ; niais inainteii tut ils tiennent bon. Us forment une espèce de ligne de bataille à travers les bois, peipeiidiculaireniêut a la routf cl au ciM'iiiin de fer, et là ils résistent aux assauts répétés des masses euneinirs. (letle position ne l'cut être tournée par la iiaui fie, où se trouve le Whilo-Oak- Swamp, marécage impi alicahl»'; mais on peut ctri' tMivcloppé par la droite. A cette heure même, en effet, uue tbrle colonne de confédérés a été dirigée de ce côté. Si elle réussit à s'interposer entre Bottom-Bridge et les troupes fédérales qui tiennent en avant de Savage-Station, toute l'aile gauche est perdue. Elle n'aura plus de retraite et elle est condamnée à succomber sous le nombre ; mais précisément à ce moment, c'est-à-dire à six heures du soir, de nouveaux acteurs entrent en scène. Le général Sumner, qui a réussi à passer le Chikahominy avec la division Sedgwick, sur un pont construit par ses troupes, et qui, en brave soldat, a marché droit au canon à travers bois, arrive &Vimproviste sur le flanc gauche de la colonne avec laquelle l'ennemi s'efforce de couper Heintzelnutii et Keyes. 11 plante dans une clairière une batterie qu'il a réussi à amener avec ka. Ce ne sont point de ces canons rayés, objet de l'engouement moderne, bons jyour

des exploits (îe polygone f^eulement ou pour être Hiés de sang-froid dans un pays découvert ; ce sont île vrais canons de combat, des canons obusiers de i'2, vieux modèle, lançant soit un gros projectile rond qui ricoche et roule à plaisir, soit un gros paquet de mitraille. Le tir simple et rapide de ces pièces fait dans les rangs opposés de terribles ravages En vain iohnston envoie contre cette batterie ses meilleures troupes, celles de la Caroline-du-Sud, la légion d*Hampton entr*autres ; en vain il accourt lui-même : rien ne peut ébranler les fédéraus, et ce sont eux qui, k la tombée de la nuit, vaillamment enlevés par le général Sumner en personne, se jettent sur Tennemi à la baïonnette, le poussent avec fUrie en faisant un alfreux carnage, et le ramènent Jusqu'à la station de Fair-Oaks.

La nuit mit fln au c»jiiiJ)al. bos deux « ùtés on ne savait de l'issue de la bataille que ce que cliat^ un avait vu de j^es yeux. /Viais et ennemis, perdus dans des bois qu'ils ne connaissaient pas, couchèrent parmi des tas de morts et de blessés, là où l'obscurité les avait surpris. La tatigue de cette lutte opiniâtre, aussi bien que les ténèbres de la nuit, avaient imposé aux combattants une de ces trêves tacites si fréquentes à la guerre.

Evidemm^t Johnston s'était flatté, en jetant toutes ses forces sur les quatre divisions de l'aile gauche fédérale, de les anéantir avant qu*aucun seicours pût leur venir du gros de Tannée, demeuré sur la rive gauche du Chikahominy. Pour le moment, il avait échoué devant la résistance éner* gique de ces quatre divisions, et aussi devant Tattaque furieuse et imprévue des troupes de Sumner. Il est fâcheux qu aux 10 unlic hounnes de celui-ci on n'ait pas i)U joindre le-s 40 mille autres restés inactifs .>ui la nvv i^aucbe de la rivière. La vietoii'e eût été déci.sive et grandiose. Pour cela les I>onts manquèrent, li est vrai, et peut-être n'y travailla-t-on pas assez énergiquement pendant la canonnade. Rien, selon nous, n'eût dû empêcher de tentei' h tout prix cette opération. Ici encore on porta la peine de cette lenteur améri-

(i) GcUe descri|}Uun de la bataille de Fuir-Oaks est empruntée en nmjevu'e poi-Ue nn rèeil 4u Umoln oeotalr* cilé plvs haul.

i.'aine, qui apparlejuuL l)iea plus a.u caractère de TanTiée qu'à oMiii de son chef. Ce ne fut qu'à sept heures du î>*)ir qu'on j rit 1»; parti d'établir sims délai tous les pont< et de faire passer toute l'année au point dn jour sni' l;i l ive droite du Chikahoniiny. Il était trop t.nd. (Quatre iieuros avaient été perdues, et Toceasion, cet instant si fugitif à la guerre plus que partout ailleurs, s'était envolée. La crue sur laquelle iobnston avait en vain compté, et ({ui n'avait pas empêché Sumner de passer, survint pendant la nuit. La rivière a'éleva rabitement de deux pieds et continua de grossir avec rapidité, emportant les nouveaux ponts^ soulevant et entraînant les arbres qui formaient le taJolier de celui de Sumner, et couvrant toute la vallée de ses eaux débordées. Rien ne passa.

Aux premières lueurs du jour, le combat reprit avec acharnement sur la rive gauche. L'ennemi venait en ma8se,«mais sans ordre ni méthode, se ruer sur les fédéraux, qui, se sachant si inférieure en nombre et sans espoir d'être soutenus, ne prétendaient à rien de plus qu'à résister et ù garder leur terrain. On se battait avec une sauva^^e énergie de part et d'autre, sans bruit, sans cris; lorstju'on était trop pressé, on faisait une chartr*' a la baïonnette. L'artillerie, placée en arrière dans les clauieres, tirait à obus par-dessus les combattants. Vers midi, le feu diminua fa-adueiienient et s'éteignit ; Tenneini se retirait. Il avait fait une grave perte dans la personne de son chef, le général Johnston^ grièvement lilessé. C'est à son absence qu'était dû en grande parti«^ le décousu des attaques dirigées dans la matinée centime l'armée fédérale. Lorsqu'à midi le feu cessa, les confédérés, las de la longue lutte qu'ils venaient de soutenir, et n'étant plus commandés, étaient, dit-on (car au milieu de ces bois immenses on ne voit rien et l'on est réduit à tout deviner), dans un état de confusion inextricable. Qu'on juge ce qui fùt arrivé si, & ce moment, les 35,000 hommes de troupes fraîches laissés sur l'autre rive du Ghikahominy eussent paru sur le flanc de cette masse en désordre après avoir heureusement traversé les ponts !

Le conHit avait été sanglant, puisque i année du Nord avait

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perdu 6000 hommes, celle du Sud au moins âÛUO: mais <le part et d'autre les résultats étaient négatifs.

Le lendemain, 2 juin. Me Glellan reprit sans coup férir ses positions de Fair-Oak et des Sept-Pins ; la prudence ne permettait guère d*aUer plus loin ; les deux armées se retrouvèrent dans la même situation qu'avant la bataille. Elles restèrent ainsi en présence pendant près d'un mois sans autres incidents que de nombreuses escarmouches et recon* naissances armées. Chacun des deux belligérants attendait de,s renforts et espérait du temps unp meilleure situalioii. I/nrmée fédérale avait, en outre, à établir ses punis, travail sans bruit pour pai or aux cmes possibles , et qu'il fallait préalablement protéger par des retranchements sur 1<* fruiit.

Los travaux auxrpiels elle dut se livrer furent en réalité considérables. La bataille de Fair-oaks avait montré, du moment qu*on voulait rester en place encore quelque temps, la nécessité de nombreux passages sur la rivière et d'ouvrages pour affermir le front de larmée ; d'autres retranchements seraient nécessaires aux abords des ponts et le long de la ligne de communication. C'est à quoi le génie, aidé par de nombreuses corvées, se mit à travailler sans relAche. On recommençait à peu près les travaux d'Yorktown.

La tâche de la construction des ponts surtout n'étaitpasfacile. Le Ht même de la rivière n'avait pas plus de 2 à 300 yards de largeur, mais tous les abords étaient formés d'un lonaiii bas, marécageux, 'coupé de fossés et de l)uissons. Ce ten ain éUiit en temps onbnaiiv impraticable presqiio partout à la cavalerie et à l'aitillerie. l)ès que le lit de la l ivièro s'enllail |>ar les pluies, le tet rain bas était inondé, et tout le bassin du lui rent se changeait en un vaste marécage sur une largeur d'environ une (îeiui-lieue. C'est ce qui était airivé précisément pendant la bataille de Fair-Oaks. 11 était donc nécessaire de construire des ponts très-longs, puis d'en faire deux ou trois sur la même route, et d'en cwdurer (i) tous les abords. Les troupes du génie, sous l'active direction du général Woodbury, du colonel Alexanderetdu capitaine Doane, triomphèrent de tous ces obstacles.

<1) ndn> dM routes en tromos d'srlNreft Jeiés en travers sur la vole.

Dès le 2^ juin la ligne du Chickahominy ne comptait pas moins dei3passages en assez bon état sur une dislancii d'une fjuinmmede milles, ('/étaient les suivants: ATextrème droite des iiîznes fé(i»'>rales, les anciens ï>onts de Meailow et de Meehanicsville, qui avaient f'-it' l éparés; puis, eu deseendant . le )HMit supéripurde rhevalels; le New-bridge, ancien pnnldetruit, ivtiiplacé par deux beaux ponts de pontons; le pont inféîieur de chevalets; la passerelle pour rinfaaterie; le pont Duane praticable à toutes armes : le pont Woodbury pour rinfantene aeulement; le pont Woodbury- et Alrauider pour toutes armes; les deux ponts Samner, enfin le grand pont du chemin de ier York-River et le Bottoni-bridge. Ces quatre derniers existaient d^à et avaiefit pu fonctionner à la bataille de Fair43ak8, mais trois avaient été détruits par Tinondation du second jour, et il n*était resté qae le pont du chemin de fer pour seule communication entre les deux ailes de l'armée.

Les débouchés des ponb» de la droite jusqu*au pont Duane étaient tenus par l'ennemi sur la rive droite de la rivière. Le reste du front ét;iit couvei l pai- une longue lifîno d'onvrafîes, dont le centre était Fair-Oaks-station, et qui > ■ i i i iMii iMit ru arrière vers le Ghickahominy. Crt\>- ligne (run déveluppcnient de 5 à 6 milles comptait six redoutes très bieu construites et cfuatre batteries, le tout relié par des crémaillères et secondé des nfle-pits habituels*

Une tète de f)o?it rouvrait les deux passages de Bottom et et du chemin de ler^ mais cet ouvrage était très impaiiait et inachevé. Les autres ponts n'avaient pas de protection spéciale.

Des travaux aussi gigantesques ne s'étaient pas fints sans « de grandes fatigues, jointes aux, alertes journalières, à de fréquentes prises d'armes de nuit, h des chaleurs excessives pendant le jour et aux exhalaisons des marécages, ces (ati-

giio» avaient fortement éprouvé l'année. Des fièvres, d'un caractère typhoïde malin, i a\ aient assaillie. Jouissant d'une laripro compétence h cet égard, les clieis de corps, sur la demanda des luédecins, d(tnnai(.'nt de nombreux congés aux «îroldats et IVu) cite telle division r[ui avait à ce moruent près de deux mille hommes aux hôpitaux ou eu congé de conva-

leeoenoe. Âinai l'effectif primitif s'était trouvé sensiblement diminué.

En revanche, le gouvernement, sous la leçon des revers de la Shenandoah, était revenu sincèrement à des procédés meilleurs envers le général Me QeUan ; on lui avait envoyé du renfort et on lui en promettait d'autre. La forteresse

Monrœ, mise sous ses ordres directs avec un nouveau commandant, le général Dix, lui avait fourni 5 à 0 mille hommes. La division Me Call, du corps Me Dowell, l'avait aussi rallié vers le miliou i\o juin. McDowelI lui-même allait décidéuieut s'avancer sur iin liniond, par terre, mais tout en praniant un roniniMudcment intU^pondant, ce qui fut rol)jel d'une nouvelle et àcre polémique télégraphique euU'e le gouvorueinent et le quartier-général.

Quoiqu'il en soit, le général Me Glellan se sentait assez fort, à la fin de juin, pour tenter un mouvement en avant contre Richmond, et c'est à cela qu'il so disposa séneueement dès le ^ juin.

A ce moment l'armée occupait loujourg les deux rives du Ghikahominy ; le gros était sur la rive droite avec le quartiergénéral, celui-ci en avant d'Alexander-hridge. Sur la rive

gauche se trouvait le 5* corps Porter, avec la division Me Call et la cavalerie Stonemann. Celle-ci éttMidait fori au loin ses patniuilles depuis (ju'un corps de cavalerie confédéré, sous le colonel Lec, avait réussi, le et le 14 juin, à d.'h uder la droite des li|j:ncs et à tourner tout autour do rai inée fédérale, après lui avoir détruit sur ses derrières de nombreux approvisionnements.

Dans une telle situation Tannée était fort bien établie pour livrer une bataille défensive; le Chickabominy, qui n'était plus un obstacle pour elle, puisqu'elle y possédait tous les passages désirables, pouvait en être un redoutable h l'ennemi. Mais cette ligne, pour être complète et permettre. Toffensive, aurait dû offrir quelque part un ou deux points solidement résistants ; ils y eussent rempli, si parvalicet componere magnis, roflSce de Dresde et de Magdebourg sur l'Elbe en 1813. Au lieu de ce grand nombre de redoutes sur te liront et de ce luxe de ponts, disséminés sur une aussi vaste circonférence,

quatre on cinq ponts rassemblés aux environs de celui du cbemin de fer, sous une forte tète de pont renfermant aussi quelques magasins ; un autre & chaque aile, également couvert sur ses deux rives, eussent feit de cette zone, avec quelques épaulements d'avant-postes, un champ de bataille plus avantag»Mix à tous égards. Mais son prand inconvénient eût toujours suliMstc, ;i moins d'y bâtir lontr une forlei'osso ou nVn pouvait f;tiro ((iTune base très provisciin» ; il fallait dniic rester en cniiHiiunn ation constai)!- iv, t' ta liast» White- Honsr», oi'i arrivairiit par la i-ivièrc et d'où l'on lirait par 1<î chemin de fer tous les approvisionnements de l'année. Il fallait, en s'éloignant du Chickahominy, parder précieusement les ponts, en même temps que White-Uouse et son chemin de fer. C'est-à-dire que plus on avançait contre Richmond, plus Pcffectif .se réduisait forcément et plus la tftche se compliquait. Me Qellan, dont la qualité distincUve est essentiellement la prévoyance, avait pensé à tout cela. Comme il est toi^ours * bon d'avoir, en cas d'oifensive, une double base à sa manche, il avait accueilli fo\*orablement une sage ouverture du commodore Goldsborough. Après la destruction du Merrimae et la prise de Norfolk, le commodore avait demandé à opérer dans le James-Eiver. Mais le général Me Glellan avait d*abord préféré garder toutes ses ressources navales dans leTork-River, puisqu'il attendait toujours du renfort de ce côté. Me Dowell entr'autres. Toutefois, quand il se décida h marcher en avant, le 18 juin, il donna Tordre à la flottille ([o en"'er une autre ba.se sur le James Hiver, à liauteur de sa franche. En cas do nécessité on aui ail ainsi une corde de pins à son ai'c. Comme on va le voir, cette prudente mesure ne fut pas superflue.

Le 24 juin, le corps de Heintzelman, sur le front de Richmond, reçut l'onire de s'avancer le lendemain jusqu'au-delà d'une éminencp boisée. La possession de ce point faciliterait des débouchés ultérieurs contre les grands ouvrages de la place, dont on ne serait plus qu'à trois à quatre milles, et menacerait la droite des positions que l'ennemi occupait en foce des ponts du Haut^hicltahominy. Le 35 au matin, le corps de Heintzelman se mît en mouvement. La division

Hooker, qui devait marcher en tâte, déboucha sur la grande route des SeptrPins à Richmoud et refoula résolument les avant-^stes ennemis. Le ieu s*engagea bientôt sur toute la ligne ; les divisions Richardson, du corps, et Gouch, du 3">> corps, vinrent y prendre part successivement. Le terrain contesté fut pris et perdu plusieurs fois, mais il resta en finale aux mains de Hooker, qui combattit toute la journée de la manière lu plus brillante.

Un résultat de cette action plus important que le terrain conquis, fut de jeter du jour, par le moyen des prisonniers et des déserteurs recueillis, sur des nouvelles graves dont ou iivail (ieju vent depuis une somaine, — Le généial Beauregard, avec une partie d<^ Tarniee de lOuest, devait avoir rejoint le i^ros dos CDiiledùrés ; Jackson, avec rannée victorieus»' de la Slienaïuiual), nccouriUt aussi à I^iehmond et devait tomber sur les dn l icivs de l'ai-mée fédérale. Des rapports d'espions et de nègres, ainsi que des télégrammes de Washington, arrivés les uns sur les autres pendant et après le ("ombat, confu inèrent pleinement que les confédérés, notablement renforcés, étaient sur le point d'entamer une action générale.

Le £ût était vrai. Le général Lee, qui commandait en chef depuis la blessure de Joseph Johnston, avait foit opérer un mouvement général de concentration. Beauregard était, en effet, arrivé à Richmond, mais avec peu de troupes de son ancienne armée; en revanche, il en était venu desGarolines, de la Louisiane et de rAiabama, En outre Jackson, comme nous Tavons vu, était effectivement en route pour prendre part aux opérations de Richmond.

Le général Lee avait décidé de prendre l'offensive le jour même ofi Hooker venait l'attaquer; des relards accidentels firent ajuuiner la chose au lendemain. D'ailleurs, plus les iédéraux s'avanceraient vei*s Ilichmond, plus le i)lan de Lee aurait de chances de succès. Voilà pour([uoi d avait laissé se dérouler la journée du 25 sans combinaison décisive, (ie plan d'attaque consistait en ceci : Deux corps d'armée, Ma^'nultn* et iiuger, sans compter la garnison ordinaire des ou \ rages élevés autour de Richmond, resteraient sur le front, faisant

des démonstrations contre les lignes fédérales de Fair-Oaks et di^ Sept-Piii?i. Dpi IV .uitres cory)^ d'armée, Lonjïstreet et HilK franchiraient U* Itiiut-Chiekahoiniiiy à Meadow-bridgc et ou .miniit, puis descendraient la rive gauche de In rivière |>our attaquer la droite des unionistes. F'nfm Ja( k enfrant en ligne ?i la gauche de riMjx-ci, uhifc-ailiirait à revers cetUî droite et couperait les coiiiiimnieations d»' l'ennemi avec la base de White-House. Ainsi rariaco fédérale allait avoir environ 60 mille hommes sur son flanc droit et sur ses derrières, tandis ({u'une quarantaine de mille hommes restait sor son fiout.

Dès mifU le 26, cette situation commença de révéler ses dangers. Le matin, le général Hill avait firanchi le Ghickahominy à Meadow-lyridge et au-dessus sans aucnne résistance, ce qui ne révèle pas une grande vigilance de la part des avant-postes de Me Gall. Ce passage aurait dû être gardé. De là, taisant un à droite , Hill s*avanca sur Mecanicsville. Les piquets de Me Gall, vivement attaqués, durent se replier sur la position centrale de la division, solidement établie le long du BeaVer-Dam-GredE. Là un combat très chaud s'engagea ; Me Call y fut soutenu par deux brigades de la division Morell ; à la nuit et apivs denx tentatives infructueuses, l'ennemi renonça à franchir le ruisseau et s'arrêta. L'artillerie, qui tira encore jusqu'à dix heures du soir, le força de se replier plus en arrière. Mai^ c»» n'était là qu'une affaire d'avant-ganle. Porter n'avait en sur les l>ras (jue le eorps de Hill, reîiforcé des têtes de colonne du général Brandi et de quelques cavaliers de Jackson. C'était assez toutefois pour que le général Me Clellan, renseigné comme il Tétait, sût désormais à quoi s'en tenir.

Déjà la veille il s'était décidé à changer sa base et à la transporter sur le iames-River. Il avait donné Tordre au général Gasey, qui tenait White-House, et spécialement au colonel Ingalls, le quartier-mattre du dépét, d'envoyer hnmédiatement des vivres en masse sur le liront, puis d'évacuer tout ce qu'on pourrait par eau sur le James-Biver et de détruire le reste. Le général Stoneman ftit envoyé battre la campagne dans cette direction pour concourir, avec les trou-

pes de Casey, à arrêter l'ennemi aussi longtemps que po&si])le et à faciliter le cfilonel Ingalls dans ?;a lourde corvée. D'autre part, dos ofticiers du ^iénie furent charfîés de reconnaître les routes dans la dir^n tion du James-Hiver, oii il y avait un cours dVau et un grand niaiais à passeï-, le \\ tiilo- Oak-Swainp, et les premières mesures furent prises pour rassembler tout le gros matériel et les \v:igons en un seul ti*ain. Quant à Tarmée, une fois débarrassée de ses impedimt^nta, elle se tirerait assez d'affaire ; elle était apte & livrer de rudes oombats. Restait h choisir la voie par ob Ton gagnerait le James-River, et entr*autres la rive du Chîckafaoïniny sur laquelle on marcherait. Gela n'avait pu être décidé le S5 et devait naturellement dépendre des circonstances. Des deux c6tés il pouvait y avoir les mêmes dangers. Si c'était par la rive droite, on découvrait plus tôt la base, et l'on aurait à fiiire une marche de flanc d'un© vingtaine de milles avec rennenii et les ouvrages de llicliinond d'un côté, et une rivière sans ponts de l'auti n. Si r'éiait par !a rive j^^auche, on i ixjuait dp ne pouvoir pas traverser le iias-Chiekahominy et d'être mené jusqu'à son emL)oucluire, c'est-à-dire à envii on trois h quatre jmirnéos de iiiarche. Kn tout ras, le mieux était de filer par la rive opposée à celle où Tennemi se pré* senterait en force.

La journée du 26 se chargea de trancher la question. L'en* nemi paraissant vouloir porter ses coups décisife sur la rive gauche, l'armée fédérale marcherait par la rive droite. En même temps, elle ferait bonne contenance de l'autre côté, pour laisser le temps à la longue file des bagages et du gros matériel de traverser le marais du WhiteOak, et pour empêcher que l'ennemi ne profitât de la libre disposition qu'on lui laisserait de la rive gauche pour aller passer le Bas-Ghtckahouiiny quelque part et barrer le chemin du James-River. Le général Me Clellan ordonna donc au j^t nei ai Porter de prendre, pour le 27, une position plus concentrée que ne l'était l ell»^ du Beaver-Dam-Creek , qui couvrit mieux les p()nt>i, et où il siMait mieux à même de recevoir di - ^rr.imi^ du front de Richmond. A cet effet, Porter se reln a un peu avant le jour de Beaver4)am et s'étabht aux environs de Gai-

— il» -

nes-Mill. Pendant la nuit, la plupart des impedimenta avaient été diri;,'és sur la rive droite, et Tordre avait été expédié à Stoneman de se replier sur White-ïïouse et où il vf»udrait. On le pensait déj?ï coupé, mais on n'avait pas l'habitude, à part reîa, d'être irifiiiietsur sou eonipte.

Vers 11 heures du matin, le 5"'« corps était dans ses nouvelles positions. Elles formaient un arc de cercle autour des approches des ponts de jonction; à droite, en arrière de Coai-Harbor, la division Sykes ; h gauche la division Morrell, appuyée à gauche au Chickahominy ; en réserve la division Mo Call, ayant la brigade Roynolds à droite, sur la route de Coal-Harbor aux ponts Sumner et à Dispatch-Station; la brigade M eade vers le Ghickabomîny et la brigade Seymour au milieu, en seconde ligne. Plus en* arrière encore, dans un repli de terrain, i2 escadrons de cavalerie sous le général Cooke. CSiaque brigade était sur deux lignes ; Tartillerie divisionnaire dans les intervalles et sur quelques points dominants ; une batterie à cheval de la réserve était à Pextréme droite et une à l'aile gauche, dans la vallée du Chickahominy. Cette aile était encore soutenue par des batteries placées de Tautre côté de la rivière.

Un peu après midi, l'ennemi fut découvert en forces, et il devint évident que toute la position serait attaquée. En effet, Longstreet avait passé le Cluekahominy à Mecaniesville le matin et avait fait sa jonction avoe les deux autres corps. A une heure, les tirailleurs contetiérés développèrent un front trés-étendu et s'avancèrent rapidement. A deux heures, le feu était ouvei-t sur toute la ligne, à travers bois et clairières, ainsi que dans la vallée même du Chickahominy. Le général Porter, voyant grossir fi chaque instant les masses qui marchaient sur lui, demanda du renfort au commandant en chef. La division Slocum, du ^ corps, lui fut aussitôt envoyée. A 3 heures, rengagement était devenu si vif et l'assaillant si supérieur, que Porter avait dû porter en avant toutes ses réserves. A 8 heures Vi la division Slocum entra en ligne et fiit répartie sur deux ou trois points aflSublis. À la gauche fé« dérale on luttait vivement pour un bouquet de bois qui descendait à angle droit jusqu'au Chickahominy ; plusieurs fois

rennemi essaya de s^en emparer, mats sans succès. A la droite, les réguliers de Sykes tenaient comme une muraille ; ils repoussèrent une dizaine d'assauts tentés contre eux de tous les côtés. Mais les pertos, sévères dans les deux canips, étaient &tales aux fédéraux, qui combattaient en nombre très inférieur. Le général Porter adressait officier sur officier au pônéral Me Clellan pour obtenir des renforts ; mallieureuseuient sur le front on se croyait aussi nicuacé, et ou ne put lui envoyer que deux brigades vers 5 lieures du soir.

Ces renforts, les brigades French et Meaglier, do la division Richardson, arrivèrent fort à propos. La retraite était commencée. JLe petit bois de la gauche venait d'être enfm enlevé par les confédérés ; une charge de la cavalerie fédérale avait été des plus malheureuses; la brigade Reynolds, débordée et enveloppée, avait perdu la moitié de son monde, dont son chef ùài prisonnier ; toute la ligne était obligée de se replier sur remplacement primitif des réserves pour parer à la trouée de la gauche et préserver les ponts, c II n'y a pas encore panique, dit le témoin oculaire que nous avons déj& cité, on ne court pas avec reflbrement de la peur ; mais, sourds à tout appel, les hommes. s*en vont délibérément, le fusil sur l'épaule, comme des gens qui en ont assez et qui ne croient plus au succès. En vain les généraux, les offieiei^s de l'état-major géncVal, le comte de Paris, le duc de Chartres, se jettent-ils dans la nu'^lée le s;il»re à la main pour arrêter ce mouveuient désordonné, la l)ataille de Gaine's-Mill est perdue. Il ne s'agit plus que d'empêcher un désastre. L'ennemi, en effet, s'avance toujours résolûment, toujours dans le même ordre, son infanterie déployée par régiments en échelons, et à chaque minute serrant de plus près la masse confuse des troupes fédérales. La fosillade et la canonnade sont telles que la grêle de projectiles qui lirappe le sol y soulève une poussière permanente. On commande alors à la cavalerie de chaiiger. Je me trouvais par hasard auprès d'elle en ce moment. Je lui vois mettre le sabre à la main avec cet élan électrique de gens résolus et dévoués. Comme elle s'ébranlait, je demandai à un jeune officier quel était le nom de son régiment. « C'est le 5'w cavalerie ! » me répondit-il

en brandissant son ealnre avec tout Torgueil de Tesprit de

corps. Infortuné jetme homme! Je revis son régiment le lendemain. De la charge de la veille il n'était revenu <fae deux officiers: il n'en était pas! Celte charjïe ne })(>uvait réussir contre les épais bataillons de l'infanterie etnifiiiie, rt h\s débris des régiments, pdopant dans des mu.il'bs de pou>sière au milieu des l'anniis et des fuyards de l'infanterie, ne liront qu'au;jiiH<*nter l i < ( infusion. Les rhevîuix d'artillerie soni tués, et je vois avec uni* ti iste émotion des pièces qu'on ne peut plus emmener et que des artilleurs servent avec un couraj^'e désespéré, lis tombent les uns après les autres. Deux sont encore debout, et iUt continuent à faire feu presque à bout portant. La brume du soir qui s'épaissit ne me permet plus alors de rien voir. Toutes ces pièces étaient .perdues. Le gé- Butter Aeld avait fait inutilement des efforts surhumains pour les*sauver. À pied, son cheval ayant été tué, un éclat d*obus dans son chapeau, une baUe sur son sabre, entouré de ses aidesnle-camp qui tombaient & ses côtés, il avait essayé de rallier de Tinlanterie autour d*un drapeau planté en terre. 11 avait réussi, mais ce n*avait été que pour quelques instants: 1^ mouvement précipité de la retraite l'avait entraîné. »

Heureusement la nuit arrivait; à peu près en même temps arrivent les deux brigades du S"»^' corps. Celles-ci marchent on parfait ordre ; les Irlandais de .Meiigher, entr'autres, sont admirables d'aplomb et de rpsttlntion. De tontes parts on les salue de vives acclamations, an.\<iueiics ils répondent j)ar d'énertrnjue:- hourras el en agitant leurs vertes bannières; leur ijjarcije (lôcidée relève les courages; les fuyards, qui se précipitaient déjà sur les ponts, sont refoulés par elles; ils se rai- //>nf «mtour de leurs flancs et se portent de nouveau sur le front. Devant cette attitude et sous les coups bien ajustés d une batterie de la rive droite, l'ennemi hésita, puis s'arrêta i«^»ut a fait au pied de la colline qui couvrait immédiatement ^cs ponts . Du reste la nuit était là ; le carnage avait été grand, et de part et d'autre les troupes avaient besoin de se reformer et de se reposer.

lH>ur les fédéraux la journée était honorable. Quarante-

deux mille hommes avaient tenu téte à environ 60 mille. Mais pendant ce temps, la plus grosse moitié de l'armée fédérale était restée inactive de l'autre côté du Ghickahomtny, à la garde de ses précieux retranchements et dupe des démonstrations de Tennemi. Aucun des chefs de corps ne crut pou* voir se séparer de plus de troupes qu^il n'en avait envoyé. Peut-être trois à quatre, môme cinq ou six brigades eussent* elles pu, avec un peu de bonne volonté, venir encore au secours de Porter ; mai.s, à moins qu'elles n'eussent rencontré des chances exceptionneîlomcul favorables, elles n'auraient probableiaenl point rhaiij.;*' sensiblement la situation des cliu^es et trandioiiiié une déteiise dilïicile en une victoire dt'H'isive. En revaiiclie le retrait de ces troupes de la rive droite aurait pu conq)romettre singulièrement la grande retraite projetée par cette rive et déjà en voie d'exécution. De leur côté les confédérés, chose plus inexplicable, ne tenté* rent rien de sérieux sur la rive droite. Â la nuit seulement ils firent entendre une vive fusillade, mêlée de quelques coups de canon, mais rien de plus.

Quoi qu*il en soit, il fut fftcbeux qu^après avoir pris tant de peine à améliorer les positions du Chickahominy, un meilleur parti n*ait pu en être tiré par l'armée fédérale au jour même de la bataille.

Ce n'est pas qu'elles furent inutiles à celle-ci. Dè.^ la iiuit du 27 au 28 elles servirent à mettre un fort obstai;le entre elle et rennemi. Sous la proteclioii de la division des réjîiiliers en arrière-pardc, tous les régiments passèrent Mir l'autre rive. Le matin du 28, vers 6 heures, Sykcs franchit à sou tour les ponts et les détruisit derrière lui. Les pertes des fédéraux dans cette sanglante bataille, dite de Gaine's-Mill, furent d'une dizaine de mille hommes et de 22 canons. Les blessés durent presque tous être laissés sur le champ de bataille. Les confédérés eurent à peu près autant de monde hors de combat.

Pendant ce temps les troupes du front de Richmond avaient été concentrées dans les lignes intérieures, celles occupées avant le 25 ; tous les trains et le çrros matériel avaient été rassemblés et se prépai aient à pdi lu ; le général

avftît réuni ses cbe& de carps en conseil de guerre le 27 au soir, pour leur exposer son plan et les détails d'exécution. Le

corps de Keyes ferait l'avant-garde vei-s le James-River. Il se poi terait do ^rancl matin, le lendemain, au-delà du White- Oak-Swanip, avec toute son artillerie et ses baG:a£?es ; il aurait avec lui des troupes du g<^nlp, qu'il laisserait ensuite en arrière pour réparer et construue les pouls iiécesssaires, en partieulier le j^M-.ind pont de White-Oak-Streain ; ilnernpprait les débouchés du maïai.s, atin de protéger le passage des autres troupes et des trains. Il aurait soin d'envoyer de fré^ quents rapports. Quand on serait sûr du débouché, une partie des trains serait alors expédiée, et ce n'était pas peu de chose que d'écouler par une seule route 5 à il mille voitures, toute ' kt grosse artillerie, à laquelle le général Me Oellan tenait particulièrement, et un troupeau de 2500 hœufe. Dans la même journée du 28 et dans la nuit, Porter rejoindrait Keyes ; il veillerait plus spécialement à couvrir les flancs du passage, soit du G^té de Richmond et de New-Market, soit du c6té du Bas-Ghickahominy et du Long-bridge. Me Gall suivrait Porter. Dans la nuit du 28, Sumner et Heintzelinan quitteraient peu à peu ieui's positions et s'acheniineiaifiit aussi a Ij avers le marais. La division Smith occuperait la deruière les anciens retranchements de Keyes, et la division Slocuni resterait en arriêre-j/arde h Savaprc-Station jusqu'au soir du 29. Les chefs de corps reçurent l'ordre de chai'ger convenablement leurs chars de vivres et de bagages, et de brûler tout le reste. Les blessée et les malades qui ne pouvaient pas être transportés seraient laissés aux hôpitaux avec des chirurgiens, des aides et des provisions en suffisance,- sous la seule sauvegarde du drapeau jaune et de l'humanité.

La journée du 28 se passa en conformité complète avec ce programme; et quoique peu bruyante, comparativement à celles de la veille, elle n'en fut pas moins une des mieux remplies et des plus remarquables de toute la guerre. À midi déjà Keyes, avec le gros de son corps, était en position de l'autre côte du marais. Le génie, qui venait de travailler toute la nuit à r ompre le^ ponts si péniblement Liiiliés , fit encore des eilorts surhumains pour assurer le passage des

voitures, kpré» Keyes, Porter, fHiîs Me Gail avec une partie des trains, s*écouIèrent heureusement â travers les défilés. Pendant que cette importante opération s'effectuait 9ur la

rive droite du Chickahominy, le généra! Lee cherchait l'ai*^ méc Ic'déiale partout où elle n'était pas. 11 n'avait pas supposé que Me Clellan abandonnerait sa base, et il s'éLail contenté, le 28, de se cunrcnti er à pruxiuiilc des cliemias tondant du Chickahonuny sur \\ hite-Hotiso. Il le gut'ttuit sur ses communications mêmes, et en attendant il faisait capturer par ses coureurs tout ce que le colonel Ingalls n'avait pu emlsarquer ou brûler. Le butin fut encore très grand. Dans la nuit du 28 au 20 seulement, et à la suite de quelques escarmouches sur le front de Smith et de Slocum prés de Old-Tavem, il commença à se douter de la vérité, qui peu à peu devint une certitude. Il essaya alors de rétablir les ponts détruits ; il fit rétrograder une portion de Jackson et de Long- Street sur MecanicsviUe pour y fhmcliir la rivière et redescendre ensuite par la rive droite. Il ordonna h Magruder sur le IVunt de sortir <fe ses positions pour serivi- de près les fédéraux sur leur liane diuiL Le reste descendit la l ive pfauche pour pîisser le Ghickahoniiny au Long-bridjie ul arriver sur le tlanc gauche des colonnes en retraite, si possible pour les prévenir sur le James-River.

Malheureusement pour Lee, il subissait alors le même inconvénient qu'avait eu le général Me Clellan à la bataille de Fair^Oaks. Entre les deux fractions de son armée se trouvait toute la vallée du Chickahominy, sans ponts, sauf sur. les derrières; par-dessus le marché, cette vallée était encore tenue par trois corps fédéraux , Heintzelman y Sumner et , Franklin.

Le 29 au matin, le quartier-j^énéral de Me Clellan ijiiitta Savap:e-Siation avec le ^rrund train et trav(M sa heiuensenient le marais. Dans rai)rès-nii(li, le général Kevi's i*ei;nt Tordre d'aller prendre position sur les liauteurs de Malvem-Hill vers le James-River ; le général Porter dut suivre ce mouvement et se placer à la droite de Keyes; le grand train .serait derrière lui. LA canonnières, déjà arrivées à cette hauteur, el qui annonçaient un grand nombre de navires en route, ap-

paieraient le.s ailes, surtout la droite. Le général iiaijuiiti avait été envoyé en avant pour faire jalonner l'emplnceni^nt des troupes et de quelqrics épauleinents. Le général Me Call avait été lai.sst' aux lit ljouchés du \^^îite-Oak-^?^vanlp, sur remplacement que venaient de (juittcr les corps de Keyes et de Porter ; il avait surtout ii veiller du côté de Richmond, et il ne tarderait pas à être relevé par Sumner et par Heintzel* mail, qui avaient Tordre de partir dans la journée sur doux routes diiTérentes : Suinner par la grande route, Heintzelinan sur un petit chemin plus au nord, tendant de la gauche des retranchements Keamey au gué de Braskett.

Mais on ne pouvait pas espérer de fiiire toute l'opéraition du changement de base sans contre-temps et sans autre combat. Dans Taprès-midi du 29, les confédérés recommencèrent Fattaque, et cela avec la lîireur de gens voyant près de leur échapper une proie qu'ils croyaient sûre.

Le général Sumner avait évacué les ouvrages de Fair-Oaks, le 29 au point du jour, pour se replier sur Savage-Stution. 11 s'était an*été près d'Aliens'fai in entre les stations d'Orchard et de Savajjfe. Les (livisi()ns llieliai U-;nn et Sedgwiek étaient h droite du cheiuiii de fer, front contre Richuiond; a la fiauehe de Sedgwirk le corps de Heintzelmann s'étendait sur la route de Williamsbiu g, qui était la route de retraite à travers le marais. Vers 9 heures du matin, le 29, ces positions furent attaquées de tous côtés. Sumner, qui était le plus avancé, fit un feu très-vif d'artillerie et de mousqueterie, qui contint l'ennemi pendant plus de deux heures. Vers midi, il dut se replier sur Savage-Station, où se concentrait aussi, venant de la droite, la- division Smith du corps Franklin, engagée avec l'ennemi. Heintzelman se replia également en arrière; mais, soit par malentendu soit par une autre cause, Heintzelman, au lieu de prendre de nouveau sa position à la gauche, fit sa retrait^à travers le marais dès trois heures de l'aprèsmidi, guidé par un aide de camp du général en chef qui venait de lui être envoyé pour lui indiquer sa route particulière^ du gnt'^ Brackett.

Cic départ niaileiidu de Heintzelman étaii doublement contrariant pour Sumner. Sa gauche, direction de la ligne de

relraiLe, était inauitenant à découvert pI vivement menacée par de nouvelles colonnes ennemies venant du tVontde Uichmond. En ontre Franklin, qui venait de le rejoindre, Tavisait r]\io l'cMnieini se montrait en forces sur la droite, où il commençait à franciiii' le (ihiekahominy snr les })onts fédéraux rétablis. Néanmoins Sumner et Franklin firent bonne conte* nance et prirent toutes leurs dispositions pour tenir jusqu^à la nuit, conformément à leurs ordres. A 4 heures l'action s'engagea autour du chemin de fer et sur la gauche, le long d'an fourré dominant avantageusement une vaste clairiftre. Quatre batteries d'arttUerie, en position derrière de petits épaulements, semèrent la mort dans les rangs de raesaillant. En môme temps la brigade Hancock, sur la droite, fit plu* sieurs charges heureuses, et la brigade Bums, sur la route de Williamsburg , maintint obstinément chaque pouce de terrain. La luiit ne mit pas même fin au combat ; la liisillade se continua jusque près de 10 heures du soir. Alors les confédérés, qui avaient fait de très fortes pertes, et dont deux briprades entr'autres avaient été complètement abîmées par T irtiUerie, relevèrent leurs lignes et s'arrêtèrent pour recommencer le lendemain avec des troupes fraîches amenées par Magruder. Mais Sumner etîectua aussitôt sa rotmile, lais- . sant en arrière-garde la brigade French. A minuit toutes les troupes étaient en marche, et à 5 heures du matin, le X, Tarmée entière se trouvait de Tautre côté du marais; French en détruisit le pont derrière lui.

Tout n'était cependant pas fini. L'autre ailé de l'armée avait à eiécuter les ordres du général Me Glellan cités plus haut, pour prendre position autour de Malvern-Hill. Déjà le 29, quelques vives escarmouches de cavalerie avaient eu iieu sur la route des Quakers, aux environs de New-Market, et sans la précaution d'y avoir préalablement acheminé de bonnes avant-^zardes, les trains se fussent trouvés sérieu^pment compromis. Le 30 au matin, les troupes de Hoi*ter et de Keyes se mirent en marche pour gagner le James-River. Les autres corps fùrent postés sur les divers chemins de Richmond, front oontre la place et aux débouchés du maraie. Franklin, & droite, continua à veiller à ceux-ei et resta en arrière^arde

vis-à-vi> (\u [luiit; il lui lut adjoint dans ce bul la division Richardson et lu brigade Naglee. Heintzelman, aver la division Me Call, fit front ii Richniond. Me Cal! fut arrêté sur la route de New-Market, au carrefour flo r(>«j:lise des O"îiko!*s. Cinq batteries étaient réparties sur la ligne de Tinfanterie. A droite de Me Gall se trouvait Kearney ; à gauche Hooker ; en arrière Stocum, en potence, et Sedgwiok en réserve entre les deux corps.

Cest dans ces poaitione que les fédéraux, pendant que leurs trains continuaient à iUer vers le iames-RWer, reçurent le choc de Tennemi. Celui-ci attaqua k la fois Franklin par le marais et Me GaU par la route de New-Market, à une heure après-midi. La division Me GaU, surprise par des forces très supérieures, fut mise en déroute après une heure ou deux de combat ; elle perdit la moitié de son canon, son bagage et son chef h»-mème , fait prisonnier avec TartiUerie. Hooker et Kearney rétablirent l'équilibre siii' ce point. Contre Franklin, secondé de Sumiier, les confédérés avaient concentré une forte cnni niiaiie, qui obligea ces deux corps de se retirer, ce (pi ib in exïl en combattant pied à i>iif<l, et eu ouvrant aussi le feu de leurs btf furies de plusieurs positions successives. Ce mouveiiieiil (te retraite força aussi la gauche sous Heintzelman de se rapprocher de la rivière ; sur l'ordre du général Me Clellan elle vint pendant la nuit s'établir le long des pentes de Malvem-Uill, dans une forte position préparée par le général Barnard.

Aux environs de cinq heures du soir. Porter avait aussi été attaqué dans ses nouvelles lignes, vers la rivière, où il couvrait les trains encore fort en désarroi. Mais une trentaine de pièces en batterie dans des situations fiivorables accablèrent l'assaillant d*un feu si vif^ qu'il dut promptement renoncer à son attaque. Quelques bordées des canonnières et une sortie du régiment Warren, le firent disparaître d'un champ de ba< taille jonché de ses morts eu quelques instants.

Ainsi le 1' ' juillet au matin, apr^»s l'arrivée de Heinlzelman, ] u iiiée iédérale s«' trouvait t t lidio sur le James-Uiver, avec tout son i^ros matériel i t son bagage, et en communication avec la llottiUe des canouiiières et les traneports d'approvi-

sionnomcnt. On s'.Mnil <léjîi occupé ot l'on s'occupa eiicoro rie perfectionner la position, de mettre en batterie le fort calibre, d'ouvrir des communications entre les corps et de déblayer le terrain en avant des lignes de feu. La gaucho et le centre étaient étagés sur le?^ linuteurs de Malvem-Hill, un peu en avant de la rivière et descendant à pic dans celle-ci ; c'était un front naturellement fort; il fut rendu inexpugnable par quelques travaux de campagne. La droite, moins fovorisée, devait se recourber vers le fleuve; là elle était flanquée par les gros canons de la flottille, sous les ordres du commodore Rodgers.

Lee troupes forent réparties comme suit mv la ligne : h la gauche, qui semblait devoir être le point objectif de l'ennemi, vu qu'elle était à portée des routesdeRichmond etduWhite- C)ak-S\viunp, fut placé le corps de Porter, à savoir les réguliers de Sykes à l'extrême gauche, [mh- I i .livisior] Morrell ; Tartillerie du coi*ps, renforcée de celle de la réscne, était disposée en une dizaine de places et de manière h pouvoir luire converger presque sur tous les points un feu d'une soixantaine de pièces; à la droite de Morrell, la division Gouch; puis Keamey et Hooker; Sedgwick et Richardson ; Smith et Slocum, enfin le reste du corps de Keyes, dont partie de la division Gasey. La divi^on Me Call fot placée en réserve entre Gouch et Porter.

Comme on s*y attendait, Tennemi vint attaquer cette position, et porta surtout ses coups contre la gauche, qui en était en eflèt la clef. Entre neuf et dix heures du matin, le juillet, son artillerie et ses tirailleurs dirigèrent un feu très vif contre les rampes de Malvern-Hill et jusqu'à la droite de llooker; il lui fut répondu de la niénie manière, et jusqu'à raprés-midi le> heures se passèient en tireries. Vers deux heures, une loric cni(»mic (*onféd(MV(> fut remarquée se dirigeant contre la dioito; le général Me C.h'Uan fit renforcer cette droite; mais la colonne signalée ne vint point à portée. Ce n'était qu'une diversion. Vei*s 3 heures, au moment où une bruyante fusillade se faisait entendre sur la droite, Couch et Keamey, au centre, furent subitement assaillis par une forte canonnade, Hentôt suivie de colonnes d'infanterie s'élan*

çant à fiiflsaal. L*artillerie et les tinôtteurB furent ehvfséa de recevoir d'abord ces colonnes. Quant à la première ligne de

Couch, elle avait été exertée, ainsi que les autres troupes, à une défense régulière des crêtes ; déployée et couchée derrière lo soiiiiiicl d Liiie lampe, elle ne se leva que quand l'ennemi fut à courte portée ; alors elle lui lâcha rapidement deux ou trois tVuix, ([iii couvrirent le:* pentes de cadavres et firent réliograder les confédérés jusque derrière leurs premiers abris. Un mouvement en avant de la droite fut alors ordonné pour que son tir pût être mis k profit. Vennemi se retira un peu plus en arrière, mais pour préparer une autre attaque plus formidable. Des hauteurs de lialvem-UiU on pouvait suivre tous ses mouvements ; c'était toiqûurs le centre qu*il menaçait, avec un autre effort sur la gauche* Me Qellaii y para en déplaçant quelques régiments; la brigade Galdwell fut retirée de Richardson pour renforcer la droite de Porter. Vers 6 heures les coniSêdérés marchèrent de nouveau en avant; ils ouvrirent le feu de toute leur artillerie sur Couch et sur Porter, et lancèrent, un peu après, trois colonnes d'infànterie dans la même direction. Ils furent reçus comme la preniière fois. D'autres brigades accoururent pour relever les premières; mais toujours la mitraille des pièces de campagne, jointe aux volées des bataillons, empêcha les colonnes «l'nrriver au haut des talus. Les confédérés nesedécouraj^^èrenl [jas; l'enjeu, il est vrai, était grand; s'ils élaieni ajfivés à couronner le haut du plateau ils auraient pu faire un nouveau et immense Balls-bluft'. Refoulés sur le centre, ils se contentèrent d'y entretenir les fédéraux et se rejetèrent sur Porter. Celuici les refouia de même au bas des rampes à plusieurs reprises, si bien qu'à bout de munitions, il demanda & foire relever une bonne partie de ses troupes. Des régiments de Sumner et de Heintzetanan lui furent envoyés, et dès lors tous les efforts de l'ennemi se consumèrent en sanglants échecs. La nuit mit fin au combat; les fédéraux ne cherchèrent à poursuivre que de leur artillerie, qui, des hauteurs et de la flottille, laboura les bois environnants et força les troupes sudistes à se retirer au loin. Les grosses bombes de 100 livres, lawcéas par le Galena et le MonUor entr'autres, firent merveiUe pen-

dant toute la soirée, comme pendant la journée, et les confédérés romprircnt que rien ne pouvait être tenté avc^c succès contre lUR' |i<i>iir ii) anssi forte < [ aussi l>ien défendue. L'armée fédérale, qu'Us avaient cru un moment leur appartenir et faire passer sous les fourches-caudines, leur était décidément échappée et pouvait dé* lors braver toutes leara menacée.

Maie la flottille d^approvisionnement et de guerre s'augmentait à chaque instant. De magnifiques bateaux de rivière venaient encore de lui être Joints pour les ambulances et les hôpitaux ; l'ancrage de Malvem-Hill n'était pas des meilleurs,

non plus que ses communications avec les campements. Il y avait toute apparence que Tarmée devrait rester un ( (Tlain temps en rléfensive sur le .Tnmes-River. Il convenait de s'installer mieux qu'à Malvern-liill.

Le général Me Clellan ayant fait reconnaître, par le Commodore Rodgers et par le général Barnard, les bords de la rivière, une localité excellente fut trouvée un peu en aval de Malvem-Hill, à Harrison-Ianding. C'était une petite presqu'île formée par le James-Riveretpar deux de ses affluents, le Kimage-Creek en amont, et le Herring-Creek en aval, située à5à 0 milles en dessous de Malvern-Hill, t'tàpeu prêt? autant de City-Point. î.e 2 juillet, l'armée commença son mouvement Yei*s ce nouvel ancrage, sous la protection de Porter en arrière-p:arde et spécialement delà liri^jrade Averilî; et elle l'atteignit dans l'après-midi sans être inquiétée par l'ennemi. On travailla aussitôt à fortifier le front et les flancs, à établir l'artillerie sur tous les abords derrière des épaulements, et dès le 4 juillet l'armée du Potomac était parfaitement assurée contre toute attaque.

Mais elle avait perdu dans les sept journées une vingtaine de mille hommes et beaucoup de matériel; elle n'était en aucune façon ù même de reprendr e l'ofTensive sans avoir été considérablement auj^menlée, et cela ne pouvait «lépcndre que des vues du gouveruement et de la situation générale.

Le gouvernement, qui n'avait consenti qu*à regret à la campagne de la péninsule par crainte de dégarnir le front de la capitale , ne pensa dès lora qu'à revenir à ses premiers

plans, et Yoalat voir twe praim de leor sagessê dansrécbee de l'armée du Potonuc.

Péiidaiii les émouvantes journées du Ghidcahominy l'échange habituel de dépêches avait continué entre le quartiergénéral ot Washington. Me (Uellan s'était vivement plaint, le 28 au soir, en faisant rapport au ministre de la guerre sur la bataille do Gainos-Mill , de l'abandon où on l'avait laissé. Dans cette lettre, sorte do testament plein de <irandeur dans des rircoTiritances aussi solennelles, mais pou hiérarchique par ses récriminations, il annonçait sa marche vers le James- Hiver et répudiait solennellement toute responsabilité quant aux désasti'es qui pourraient encore le frapper.

c Entouré, disait-il en terminant, de tant de camarades morts et blessés, je ne puis m'empécher de vous dire que si la partie est perdue c*est par votre îmie ; si je sauve Tannée c'est tout ce que pourrai faire, et ce ne sera pas grâce à tous ni à personne à Washington. Vous avez, au contraire, fait de votre mieux pour sacrifier cette armée. »

Le gouvernement répondit de même encre, cela se comprend, et cette déplorable polémique se prolongea pendant plusieurs semaines. Le général Me Clellan demandait une quarantaine de mille hommes et des canonnières de plus, pour pouvoir reprendre l'olTensive, et il proposait de se baser sur le James-River, soit h Hai rison-bar. soit h City-Point. 11 avait assurément raison au point de vue essentiellement stratégique , ainsi que l'avenir le prouva par les opérations du général Grant.

A cela le gouvernement fit la sourde oreille , et opposa d'autres vues qui ne manquaient pas non plus de justesse à ce momentplà. On voulait concentrer à nouveau toutes les forces disponibles et cela ne pouvait matériellement s'eifeotuer que dans les environs de Washington.

D'ailleurs les rapports de plus en plus aigris entre le commandant en chef et Vadministration pouvaient bien ISaire prévoir que celle-ci , à moins d*y être absolument forcée, ne s'empresserait pas de reconstituer une nouvelle grande armée sous les ordres d'un général aussi revêche. On lui envoya juste le renfort nécessaire pour assurer sa position dé-

fensive, 5 à 6 mille hommes détadiés^^piiis le oorfiBde Bitmside, mais pas assez pour rouvrir la campagne. Le président, le général Halieck , nommé commandant en chef des Etats- .Unis, vinrent s'enquérir eux-mdmes de la situation de Harrison-landing. Enfin , dans le mois d'août, et après de longs pourparlers de plus en plus discordants, Tarméede Me Caellan fût rappelée sur le front de Washington. Des événements graves qui venaient de surgir , et que nous verrons au chapitre suivant, rendaient cette mesure indispensable.

En résumé la campagne de la péninsule s'cHait terminée à Harrison-landing, le 2 jiiillet. L'honneur s.iiis ditiite restait sauf; mais la déception était grande et ki legon sévère. On avait cru s'eiDparer d'emblée de lliehmond et de retle première ét'ipe pouvoir pénétrer sans désemparer au cœur même de la rébellion et la frapper à mort dans les Garolinei et en Géorgie. Au lieu de cela il fallait tristenu^it ramener les débris de la grande armée fédérale devant Washington, pour empêcher que la capitale de rUnion ne fût capturée par l'ennemi.

• Défaites du général Pope dans la Virginie septentrionale; l'armée du Potomac rappelée deYant Wasàingtoa.

Les vicioii'cs répétées de Jackson dans la Shenandouh, provenant du morcellement des forces qui lui avaient été opposées, les plaintes incessantes de Me Clellan sur Tabandon oh on le laiss«iit et sur le manque d'unité dans les opérations engagèrent enAn le gouvernement à une nouvelle et importante mesure. Il consolida les armées successivement si bien battues par Jackson en une seule, dite de Virginie, et il en donna le commandement à ce général Pope, que nous avons vu remporter ipielques succès dans TOuest et savoir surtout en faire grand bruit.

Ce général prit son nouveau commandement dans le courant de juin. 11 devait s'avancer pur terre contre Riciimond pour joHidre ses efforts à ceux de Me Clellau, mais en agissant comme armée indépendante, cela va sans dire. Sun armée, qui devait s'élever à environ 70 mille hommes, sans compter les rései vçs de Washington innuédiatenicut derrière elle, aurait été plus importante que celle de Me Clellan ; elle itérait même la principale, tandis que l'autre serait plutôt l'auxiliaire. Si Pope arrivait devant Richmond, on pouvait prévoir des débats et des polémiques entre les deux généraux alliés et concurrents. La difficulté avait été prévue. Dans ce cas, un autre général qu*on tenait encore en réserve, le général Halleck, viendrait prendre la haute main comme commandant en chef des forces des Etats-Unis. Ce poste était vacant depuis rentrée en campagne de Me Clellan, et les

TOMB t.

fonctions en avaient été plus ou moins remplies, comme on sait, par le gouvernement et par ses conseillers.

Les lenteurs habituelles de radministratibn, divers incidents et tiraillementiï personnels vinrent retarder Texécution

de ce premier projet. Ce fut malheureux ; car cette combinaison, tout en continuant à faire les alTaires spéciales du gouvernement coiiiiiit (jai-ti, am-ait pu tout aussi bien avancer celles du pays. Une parlii^ tics forces (|ui devaient C(»ii.-.lil>ier la nouvelle armée en fut distraite, et h^s elioses ne se liront qu'à moitié. I.a fni de juin, les é\ l'iu nients des Sept-Jours arrivèrent avant que rien fût bien en train. Le 10 juillet, le général Halleck fut appelé au poste qui lui était réservé, et chargé de conduire de Washington les opérations de toute la guerre. U devait aussi organiser une nouvelle armée. Le pays, vivement ému des revers de Me Clellan, ne s'était pas tenu pour battu. De presque tous les états des offres de troupes étaient parvenues au président Lincoln, et celui-ci avait ordonné , en date du 2 juillet » une nouvelle levée de 300 mille hommes.

Un des premiers actes de Halleck fiit de mettre en mouvement Tarmée de Pope. Elle était rassemblée en avant de Manassas au milieu de juillet, et elle porta aussitôt le gros de ses forces sur le Hapidan. Elle se composait alors de trois corps d'armée, Me Dowell, Banks et Si<iel, ce dernier avant remplacé Fremont qui n'entendait s(M \ ii mhis les oniri-s de personne (pif du gouvernement. D'autres eoi-{)S devaient lui être adjoints au fur et à mesure qu'ils seraient retirés de l'armée du Potomac, où Me Glelian s'efforçait, en attendant, de les retenir de son mieux. La cavalerie était peu nombreuse, et à peine sufnsante pour le service d'avant-postes et d*éclaireurs. Elle devait avoir cependant une lourde tâche avec le nouveau genre de guerre que Pope voulait entreprendre.

Le moral de Tarmée passait pour être excellent et pour avoir été complètement remonté par son nouveau général et par les récentes manifestations patriotiques de tout le Nord. Pope

s'était, en effet, annoncé à ses amis et à ses ennemis avec une énergie d'ordres du jour peu commune. Il disait à ses

soldats qu*il n*tfvait jamais vu que le dos des rebelles et qu'il en serait encore ainsi ; au pays, en fiûsant une méchante allusion aux discussioas qui couraient alors sur le changemeni de hase et le mouvemeni Blratégiqiie de Me Glellan, qu'il ne ferait pas tant de stratégie; qu'il ne s'occuperait que d'une seule liL^iie de retraite, celle de rcnncmi ; qu'on trouverait tuujûurù son quartier-général sur la seU«' dt; son eoursier! (^s belles choses et beaucoup d'.mtres à l'avcnaaL avaient eomplétei lient discrédité I*opç auprès des iiomnies sensés et de la plupart de ses i^ctM'raux. Le ()résidenl Lineoln, dans sa • malicieuse bonhomie, avait déjà dit de lui : « qu'il possédait de grands talents, une grande insouciance et un grand manque de véracité. » Mais Pope passait pour un original dont il fallait savoir pardonner les excentricités, et sa naïve forfanterie, jointe à la réputation qu'il rapportait de l'Ouest, ne laissait pas de séduire un peu les foules. Il avait annoncé en outre rinauguration d'une guerre plus énergique ; il vivrait sur le pays ; il ferait prêter le serment de fidélité à tous les habitants , armés ou non, et il punirait en traîtres et en rebelles ceux qui se soustrairaient à ce serment. Cette politique accentuée lui avait valu les applaudissements de tout le partj républicain.

C*est sous cette impulsion que l'armée marcha en avant le long du chemin de fer d'Orange, et les premières marches furent bien l'aile.^ i)oiu' acenulrc sa confiance. Il n'y avait point encore fie troupes eoiifédérées dans la rentrée; sans coup férir l'av;int-uanle de l'op'^ attei^niit , le 17 juillet, Orange-Gourt-Huuse sur le cheaun de fer, à cinq ;i six milles en avant de Gordonsville. Lfi des avant-postes ennemis furent signalés ; on n'en continua pas moins, le lendemain, la marche sur Gordonsville; mais ce jour-là l'avant-garde dut s'arrêter et fut rejetée en arrière par des détachements de cavalerie confédérée.

Pope rallia son monde, jusqu'ici en colonnes de marche fort allongées. Enfin concentré au commencement d'août, il allait se porter en force sur Gordonsville, lorsqu'il fut informé que des masses considérables s'avançaient contre lui. Craignant d'iHrp enveloppé par l'armée ennemie tout onlîiVe, il

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se retira à la distance de quelques milles, derrière le Rapidan, en attcnclant d'avoir des données plus certaines sur les projets lie son ativci >an*e. Celui-ei n'était autre que le corps d'armée de .lackson, qui semblait se trouver partout, et qui avait été détaché de Richmond pour arrêter les progrès du général Pope. Remarquant que l'armée fédérale présentait Un front très^tendu, Jackson, dont les forces étaient à peine de moitié en nombre, fit passer le Rapîdan à quelques détachements de ses troupes, et à une assez grande distance sur sa gauche, dans le but d^obliger Pope à une diversion, tandis que lui-même, se conformant à sa tactique habituelle, prendrait l'offensive. Pope s'attendait à être attaqué sur sa droite, où il avait placé Sigel en observation près de Madison ; mais dès le 8 il inclina h croire que l'attaque aurait lieu sur la grande route qui conduit d'Orantie n Culpepper. Plein de cette idée, il ramena son armée vers cette dt im re ville ; il y établit son quartier-général et porta en avant la division de Banks vei-s le Rapidan. Dans la journée du 9, Banks continua lentement son mouvement, appuyé par le corps de Me Dowell. Mais dans l'intervalle Jackson avait jeté tout son monde de l'autre côté de la rivière et occupé une colline boisée appelée Cedar-Mountain. Les troupes forent postées sur la partie septentrionale de la colline, detondant en rampes douces à travers des champs de blé dans la direction de l'armée fédérale. Banks n*avait pas reçu l'ordre d'attaquer ; mais ses tirailleurs ayant engagé la fhsillade avec les tirailleurs ennemis, il suivit bientôt le mouvement et entama une alTaire générale sur la position des cfuifédérés. C'était aller au-devant de leurs désirs. Après une liinire de combat, l'armée fédérale fui reponssée de toutes parts, et Jackson, portant rapidement sa gauche en avant, surprit et mit en dé" route une brigade qui était sous les ordres du général Prince. Ce dernier fut fait prisonnier avec quelques centaines de ses hommes. La nuit fit cesser le combat, qui n'avait commencé qu'à six heures de l'après-midi. Le général Pope, arrivé un moment avant la fin de l'action, fit bivouaquer les troupes de Banks aussi près que possible du champ de bataille, en vue de recommencer l'action le lendemain. Mais Jackson

s'apeiçul, vers le milieu de la nuit, des faibles forces qu il avait devant lui, et il iiL ouvrir sur elles un feu violent. Les fédéraux, qui se reposaient de leurs fatigues et de leurs pin tes, furent subitement pris d une telle panique qu'un pnmd nombre s'enfuit à plusieurs milles en arrière et chercha un refuj^^e à (iulpep})er, Jackson envoya tous ses prisonniers à Hichmond. Il tit incarcérer les officiers, à teneur d'une proclamation du -{^résident Davi», annonçant de sévères représailles pour le cas où les menaces de l^ope contre les habi* tants de la contrée seraient mises k exécution.

Pendant quelques }ot|rs les deux armées restèrent en observation pacifique Tune vis-à-vis de Tautre, et môme un armistice ftit conclu entre elles en vue . des soins & vouer aux blessés et aux morts.

he gros de Tarmée confédérée ayant fort bien employé ce délai à rallier le corps de Jackson, le général Pope leva ses cantonnements le i7 août et repassa le Rappahanock.

Lee avait abandonné le général Me Clellan à ses débuts contre son gouvernement sur le meilleur inuyen de reprendre l'ofTensive ; en attendant qu'ils se missent d'accord, li avait résolu de suivie Jackson dans son expédition au Nord avec toutes ses forces disponibles. Dès le 5 aoilt, l'armée du Potomac avait remarqué une grande diminution dans les forces ennemies devant elle ; la division de Hooker avait lancé ses reconnaissances jU8q\i*à Tancien champ de bataille de Mal- • vern-Hill et repoussé un petit corps de Tarmée confédérée, qui avait été laissé là en observation. Mais cette escarmouche ne fut suivie d'aucun autre résultat.

L*armée du Potomac resta dans ses lignes de Harrison- Landing jusqu'au moment où le président Lincoln, alarmé de la retraite des fédéraux derrière le Rapidan, lui envoya Tordre de se concentrer sur le f^nt de Washington. Me Qellan se mit aussitôt à l'œuvre, et il combina si bien ses mouvements que son armée put marcher par Wîlliamsbnrg jus- ' qu'à Yorktown sans être inquiétée en aucune manière, et être embarquée et transportée par eau à Alexandrie et ii Washington. Les dernières colonnes atteignirent la capitale le 20 août. Elles étaient destinées à renforcer l'armée de

Pope, el elles lui turent expédiées au fur et à inesiu'e de leuiarrivée. Le général Heintzclmann fut le premier envoyé ; puis Porter , et un peu plus tard les généraux Sumner et Franklin. Keyes s'était retiré momentanément du ser%ice. Me Ciellan resta chargé du commandement des troupes d'Alexandrie Jusqu^à la fin d'août ; sa principale fonction était limitée à l'organisation des régiments de volontaires nouvellement levés et à PexpédlUon des renforts sur le front.

Pope, après sa retraite, porta son attention sur les divers gués dn Rappahanock ; il les fit surveiller et barrer soigneusement, tandis que Lee, sur la rive méridionale, finissait de se concentrer et se préparait à franchir la rivicTc. Les confédérés i)oiivaic,nt uieltrc on ligne enviion 70 nnile honnin Cette année, dite de Virginie, fut divisée en deux corps distincts. L'un, Il çranclip, sous le commandement de Jackson; l'autre, plus tort en nombre, sous le général Longstreet. On avait joint h ce dernier une réserve cf>mmandée par le général Hill. Enfm quelques brigades détachées étaient destinées à opérer isolément en arrière et sur les flancs de la réserve. Pope comptait environ 60 mille hommes ; mais les renforts que devaient lui amener d'Âleitandrie les généraux Heintzelmann et Porter se monteraient h une quinzaine de mille hommes, et il les attendait, cela se comprend, avec une grande impatience. Il y eut quelques esr;armouches de peu d'importance pendant la première semaine de cette obsei-vation réciproque des deux armées. La rivière était haute, et toutes les t» ntatives de Lee pour surprendre un lieu de pas- .Sti|(e échouèrent. Peut-être ne furent-elles (m'aulant de teintes pour distraire rattentioii de son ennemi pendant que Jackson s'en allait secrètement sur l'extrême gauche de l'armée, à une très-grande distance, en remontant les sources du Rappahanock. Il s'agissait pour lui d'une opération qui devait être décisive.

Dans la journée du 22 août, le commandant des troupes fédérales échappa '& grand'peine à l'une de cqa surprises de cavalerie que le nom de Stuart a rendues si célèbres. Cet officier, passant la rivière à gué sur la droite de Tarmée fédérale avec environ mille chevaux, et sans doute guidé par quel-

qu'on de ces habitants qui, après avoir servi la cause du

Nord, était revenu à celle du Sud, dirigea sa course en ligne droite vers le quartier-général de Pope, qui était alors à UilHtt-Station. La j^;irnison , comitusée de quatre coaipaiinie? de carabiniers, fut liit'utùt eiuoloppée et prise ; mais Fope et la uiujeure pai'ti»^ d»* ^oa ('tat-major, qui rentraient d'une reconnaissance, purent échajiper au désastre. La capture que Stuart fit à cette occasion n'en fut pas moins importante, car outre un assez grand nombre de prisonniers, il s'empara de tout le bagage personnel et de la correspondance officielle du général fédéral. Le tout fut ramené en triomphe au camp des confédérés, sans qu'ils eussent à déplorer la perte d*un seul homme.

Cet exploit D*était cpie le prélude d'un autre raid de même nature, et accompli sur une échelle assez large pour décider de la campagne. Cet honneur était réservé au corps de Jackson. Nous avons dit que le corps d'armée de Jackson, qui était composé de trois divisions de 6000 h<iriiiiies chacune, avait été porté à l oxlrcnie gauche de rarmét\ 11 s'.'iail inseusibleiaent aciieminé vers les bauteuis eu itMiHudant le eoui's de la rivière, et sans que les tédéraiix t iissent le moindre soupçon de cette marche. Le 25 août, il avait atteint les sources; puis de là il avait côtoyé la ciète des Montagnes- Bleues, et était parvenu dans une contrée habitée par de paisibles colons que la guerre avait épargnés jusqu'ici. Jackson ne traînait avec lui que les charriots destinés au transport des munitions et les canons attachés aux divisions; il se contenta pour toute nourriture du maïs encore sur pied trouvé le long du chemin et de quelques vivres fournis par les paysans ; ainsi rien ne s'opposait à la- rapidité de la mar» che. Il eut bientôt dépassé la petite ville d'Orléans, traversé le district înontatifneux de Fuu((uior, aiu.>i que la région élevée wiiprise entre les Montagnes-lUeues et celles du lUiirs-run. A la nuit tondjante, le 25, il atteignait le chemin de 1er de Man;issas-(.lap à la sfatiim de Salem, Le jour suivant il siiivil la lipiie ferrée jusqu'au col; de là, eblif^uant un peu à droite, il descendit directement sur la petite ville de Gainsvdle, qu'il traversa pour arriver au chemin de fer d'Orange, à la station

— MO

de Bribtow, ayant ainsi tait une niarclie do 45 iiiilk-^ «'u deux joîii's. A Briîîtow confédérés tiouvèreiit des wagons remplis de provisions destinées à Tannée de Pope. Toutfiit bientôt pillé ou détruit.

Dans la relation quMl fait de ces événements, le général Pope prétend qu'il avait connaissance du mouvement de Jackson, et qu'il avait confié l.i défense des dépôts de vivres qui se trouvaient près de Manassas-Junction & une division qu'il attendait d'Alexandrie. Toutefois il n'explique pas comment cette division pouvait se rencontrer là pour repousser les 25 mille hommes qu'il supposait à Jackson, à en croire sa dépêche. Quoi quMÎ en soit, ce IVit le 27 août seulement qu'il apprit d'une manière certaine ([ne la Vv^iio ferrée étiiblie sur se^ derrières se trouvait enliérernentaux niainsdeson ennemi.

Cette fâcheuse nouvelle suggéra il Pope une résolution qui lui fait honneur, et qui prouve qu'il n'était point aussi dépourvu de science militaire qu'il l'avait allklié dans ses ordres du jour. Son armée, en y comprenant les 10 mille fantassins que Porter et Heintzelmann venaient de lui amener, pouvait s'élever à près de 70 mille hommes. Le général comprit que ces forces n'étaient pas suffisantes pour lui permettre d'attaquer avec succès les troupes ennemies quHl avait derrière lui, et de tenir tète en même tempe à Lee et aux ibrces inconnues cpii pouvaient se trouver sur le Rappar hanock. fl prit, en conséquence, le seul parti qui convenait à sa situation. Il ordonna un mouvement izénéral du côté de Washinfîton, avec l'espoir d'attirer Jackson à sa suite et de le battre avant que Lee pùl le secourir. L'armée se mit en marche sur trois colonnes. Nîc Dnwell se diri^-ea de W -.wrenton sin- Oainsvilie, le l«jn^' de la grande n)ut<\ formanl l'aile gauche avec son corps et celui de Sigel. Le général en chef formant la droite, avec les troupes de, Banks et une partie de celles direintzelmann et de Porter, suivit la voie ferrée. Le général Reno, avec la seule division «{u'il avait amenée et celle de Keamey, qui était la seconde du corps d'Heintzelmann, se tint entre les deux colonnes en suivant les chemins de traverse. Ce fiit le 27 août que commença cette retraite.

Dans la malinéedu même jour Ja(;kson, apn'^s avoir terminé son oeuvre de destruction à Bristrtw , s<> disposait h aller surprendre, de la mémo manière, lesilépot ^h mvi ;s (]ui devaient t*e trouver h Manas> i^- lunction et luarcliait déjà dans ce but le long de la voie terrée. C^tte tentative fut de même couronnée du succès le plus complet. Une brigade fédérale, sous les ordres du général Taylor, qui avait été envoyée à cette station sur la nouvelle qu*on avait aperçu rennemi dans les environs, tut surprise et promptement dispersée ; Taylor fût morteUement blessé. D'immenses approvisionnements, ainsi qu'une grande quantité de bagages personnels, tombèrent entre les mains de Jackson. Ses soldats purent se dédommager largement des privations qu'ils avaient endurées pendant leurs marches fbre^ ; ils se rééquipèrent et se réjouirent à lenr aise aux dépens du vaincu. Cependant Jackson n'était pas sans inquiétude au sujet d'une de ses divisions, celle d'Ewell, qui avait été la dernière à quitter Bristow ; elle avait eu pendant son trajet pour rejoindre le corps d'armée un vif engagement avec l'avant-garde de Pope, alors sous les ordres du général Hooker. Heureusement pour Ewell la nuit avait mis fin à cette escarmouche sans autres Buit(?> Lu ln ii-;es. Jackson livra aux llamines tous les magasins, les bara({ues, les dépôts, ainsi qu'un grand nombre de wagons ; puis cette œuvre de destruction accomplie, il s'achemina avec sa troupe du côté du nord , traversant le BuU's Bun et évitant avec soin d'en venir aux mains avec le gros de l'armée fédérale. Il ne se foisait pas d'illusions sur sa position, qui au fond était fort critique, placé, comme il l'était, entre l'armée de Pope et celle de Me aellan débarquant à Alexandrie. Déjà il était suivi de près par Me Dowell, qui, arrivant par la route de Warrenton, menaçait de l'isoler complètement, en se plaçant entre lui et Manassas^ap. Mais Jackson avait pris une forte position près de la route, il pouvait s'y défendre avec avantage. La journée se termina pai" uu enj^^ageinent assez sérieux qui eut lieu entre ravant-K irde de la colonne fédérale de gauche et Taile droite de Jackson.

Dans la matinée du 29 ce général avait ses trois divisions réunies à peu près sur le luèiue terrain qu'avait occupé Me

DoweU le matin de la première butaïUo de BuU's Run. ba gauche, sous les ordres d'ËweU, s'étendait aux environs de CentreviUe ; ie centre formé de sa vieille division était soua son cominaiMlemeiit immédiat; la droite était |>lacée eo arrière de la rivière, dans la direction de Manassaa^ap. Cest sur cette division, aux ordres du général A. Hill, que reposait le succès de la journée. Jackson savait que Longstreet marchait !k son secours ; c*est pour cette raison qu*il tenait surtout à conserver une position prenant en flanc la route par laquelle les troupes de Pope devaient déboucher vers le Potomac ; cette position lui permettait aussi de tendre la main aux confédéi és qui viendraient se joindi e à lui par la iuoulagne. Pope de son cùté cherchait à accabler son advt^rfiuire, avant l'arrivée des socuui -, et à le refouler au-delà des moaU. Il comptait sur un suclos éclatant, si, comme il Tespérait, il parvenait à s'ouvrir le passage désiré. Ses troupes, qui étaient entrées la veille à Centreviile, avaient h la vérité assuré les communications de cette place avec Alexandrie, mais d'un autre côté l'ennemi avait malheureusement trouvé le moyen d'intercepter la route de Warrenton à Gentreville.

Heintzelman s'avança sur la gauche de Jackson et Sigel sur son centre, tandis que McDowell, soutenu par Porter, devait manœuvrer pour tourner la position sur la droite de l'ennemi. Mais cette manœuvre ne put pas être exécutée ; Porter, qui devait prendre en flanc la division du général Hill , fui clans l'impossibilité, ensuite de taux ordres et d'embai ras divers, d'atteindre sa destination. Il fut accusé de désobéissance, lie fait est (jue son absence au point indiqué décida de Tinsuccès de la journée. Jackson, après avoir repoussé toutes les attaques contre ses retranchements, se retira lentement, en bon ordre, et en faisant éprouver de gi'andcs pertes aux troupes qui le serraient de trop près. Mais en finale Jackson avait dû se replier et Pope s'empressa d'annoncer cette victoire à Washington. Le même soir d^ il dut en rabattre. Un détachement du corps de Jackson, sous les ordres de Ricket, qui était chargé de défendre les approches du passage de Manas* sas-Gap, tomba sur le poste fédérai qui avait la garde du passage , et firaya ainsi la voie k l'avant-garde de Longstreet

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qui descendait à ce monienl des eollines, amenant un renfort de troupes sur lu droite de Jackson, après avoir suivi exactement la même route (^n'avait prise ce prénéral.

T/armée fédérale avait épuisé ses vivrez et ses iniiriition.s et le général eu chef n'avait ]m s'entendre avec Me Clellan, qui commandait à Alexandrie, sur les moyens d'apin ovisionner de nouveau les ti-oupes pour qu'elles pussent continuer la lutte. Gelies-ci étaient fatiguées et découragées à l'excès ; les généraux de division n'avaient aucune confiance dans leur chef; quelques-uns d'entr'eux n'étaient nullement disposés à lui obéir ou à Tappuyer. En un mot , Tannée tout entière sentait 'vivement les humiliants effets d'une retraite dans laquelle on Tavait laissé tourner par rennemt. Le bruit' courait déjà dans le camp que des renforts considérables étaient arrivés aux confédérés et que les généraux D. HtU et Longstreet allaient être mis à la tète de 900 mille hommes pour prendre en flanc l'amiée fédérale et la couper d'Alexandrie. D'autre part les confédérés étaient pleins d'ardeur et de ronliance; les trois divisions de Jackson qui venaientde livrer (le si vives affaires avaienl trouvé, dans les dépôts dont elles s'étaient empai'ée.s, toutes les provisions et munition» qui leur étaient nécessaires. Tous, à la vue de nouveaux l eiifoi-ts, brûlaient du désir de renouveler une lutte qui devait leur as* surer la victoire.

C'est dans ces conditions qu'eut lieu la seconde bataille de Buirs-Run , bataille qui fut gagnée par les confédérés sîins engagements sérieux pour ainsi dire. Lee était aussi arrivé : il avait relevé Jackson à temps donné et pris e commandement en chef. Dans la matinée du 90 il fit commencer Tattaque par ses tirailleurs, de manière -à masquer le mouvement en avant de Lon^street, dont le corps , pivotant par sa gauche, sur la droite de Jackson , avait, vers le milieu du jour , accompli son évolution et formait un crochet sur le flanc des fédéraux. ï.a bataille ne ftit sérieusement engagée que vers une heure do raprès-ruidi. Dès les premières décharifes l'armée fédérale, qui n'avail pas encore pu prendre pi».^ition, commença Ji lâcher pied ; elle eut beaucoup à souffrir de feux convergents et bien soutenus. Le corps de Porter en

particulier, qui se trouvait ce joui^là à TaUe gauche» subit de fortes pertes. Heureusement tout le terrain h Toccident de Cenirevillc, dans la direction du Potomac, était libre et

occupé par les dernières lignes sur la route de Fairfax à Alexandrie. A la nuit tombante ils achevèrent de se replier en grand désordre sur le terrain très accidenté qui entoure Centrevillc, pâ'éciséinent à la mémo place où un petit nombre de brave» troupes s'étaient dévouées pour* ( ouvrir la fuite des vaincus à la bataille de iS^. Franklin et Somner an ivèrent presque en même temps, dans la soirée, avec une vingtaine de mille iionmies de renfort. Ce nombre aulîûaait à peine, d*après le propre aveu de Hope, pour réparer les pertes qu'on avait essuyées les jours précédents. A rezoeption de Sumner et de Keamey, qui ne pouvaient supporter Vidée d*une retraite, les autres généraux opinaient pour cesser la lutte. Mais les confédérés avaient aussi leur bonne part de lassitude et d'épuisement, et Lee laissa passer la journée du 91 sans faire aucune tentative pour poursuivre ses avantages.

Le jour suivant il se contenta de porter en avant le corps de Jackson, sur sa gauche, à travers les collines, dans le but d'obliger Pope à continuer sa retraite, au risque d'être pris en flanc Le général fédéral n'attendii pas la réalisation d'une telle éventualité ; il opéra sa retraite par Fairfax, en se bornant simplement a des afl'aii'os d'ai-i iére-garde.

Lee serra de près celle-ci et continua à gagner du terrain, au prix de i"udes combats. Les troupes fédérales, malgré les nombreux désaF^tres qu'elles avaient éprouvés, se comporté* rent encore très bravement ; la confusion était grande parmi éUee, mais les actions d'éclat furent nombreuses aussi. Aux environs de Qiantilly entr*autres quelques groupes ralliéd autour de leurs drapeaux opposèrent une énergique résistanee. Deux des meilleurs généraux de Varmée fédérale, Stevens et Kearney, ftirent tués dans cette circonstance, pendant qu'ils cherchaient à remettre de l'ordre dans les rangs et à reprendre l'offensive. Le bouillant Kearney, que nous avons déjà eu l'occasion de signaler plus haut, tomba comme un brave entre tous. Agonisant d'une balle qui lui avait traversé la poitrine et le dos, tenant encore de sa seule main ses rênes

et son épée, il demandait qu'on le rmit en a^e. Sa mort

prématurée fut vivement sentie par tous les soldats ; elle détruisait de grandes ospéraiices et mettait fin à une glorieuse carrière, exercée déjà ilaii.s trois des quatre jiarlies du inonde, lorsque la guerre actuelle le rappela au servic e de son ]>ays.

La retraite de l'année fédérale continua, et le 2 septembre au soir les derniers débris atteifînaient le refiiLîe des ouvrages d'Alexandrie et du Potomac que nous connaissons.

On eut de nouveau l'occasion de rendre justice à la prévoyance de Me Clellan , qui , pendant l'automne précédent, n'avait épargné ni temps ni travaux pour élever les meillears de ces forts, ceux qui couvraient les ponts. Sans ces lignes de défense , rien .n'eût empêché ie général Lee d'entrer à Washington et de porter un coup terrible au prestige du pouvoir fédéral. Peut-être même malgré ces lignes, qui étaient plus ellhtyantes que réellement solides, Lee, avec un peu plus d'initiative, aurait-il pu s'emparer de ces abords de la capitale de l'Union. Il ne le tenta même pas ; il se borna à y reconduire les arrière-gardes fédérales et à recueillir des traînards pres(iu(^ sous les canons des hauteurs d'Arlington. Quant aux coups décisifs, il préféra les porter plus à gauche.

Ces événements précipités avaient, connnii on le pense, causé une prande panique h Washington. Lorsqu'on y entendit ■ le bniit des canons du Sud, la terreur et la confusion s'emparèrent du pouvoir exécutif. Le président et son conseil durent se convaincre que le général dont ils avaient fait choix pour raccommoder les prétendues bévues de Me Qellan s'était montré d'une déplorable ineptie, et que ses bulletins mensongers n'avaient servi qu'à rendre la réalité de la débite phis pénible. 11 fallait promptement quelqu'un qui pût remettre l'année çn bon ordre et organiser les nouvelles recrues; le gouvernement ne put ieiire autrement que de prendre pour cela l'homme qui, quoiqu'on en voulût dire, venait de iiiire ses preuves dans la péninsule , et qui auparavant «viit su créer, en fort \)e\i de temps, une grande et excellente armée.

Assurément si le jeune connuandanten chef de l'année du Potomac avait pu être plus sensible aux satisfactions de l'amour-propre qu'aux revers des armes fédérales , les péripé-

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tifis des dernières flemaineB Tauralent bien vengé des mauvais procédés employés à son égard. Tous les rivaux qu'on

avait cherché à hii susciter au drli inient de sa propre armée avai. iii été successivempnl battus à platp couture, et en Un de conipto c'était k iui on revenait puur le faire l'arbitre de la Bitiialioii.

Comme on Ta vu. Me (-lollan, aussitôt après son retour de Harrison-iandmg, avait été laissé avec deux ou trois centaines d'hommes seulement pour surveiller les travaux d'Alexandrie et de Washington. H avait même été résolu qu'on le mettrait tout à fait de côté dès que les succès de Pope auraient permis de le faire. En attendant, et par décret du 20 août, les fbrces devant le front de Washington avaient été réparties en trois commandements : ceux de Pope, de Bumside et de Me Glellan. Ces deux derniers ne devaient guère servir qu'à alimen- 1er le premier ; et pendant quelques jours les fimcUons du chef de Tarmée du Potomac se bornèrent à acheminer ses troupes .^ur l»!s lij^iu^s du {général Pope. Mais en quelques jours aussi la roue de la fortune fil un tour coiuplel, ut Mcdlellan, au fur et à ruesun^ des revers sur le front dcManassas, sortit de ^!.a (iisi^n'ice pour redevenir une aneic i\o salut. Le gouvernement fut moralement obligé de le réiutegier à la tète de l'armée en campagne. Il apparaissait au public comme le seul général capable de rétablir les affaires. Le vif aitachc^nient à sa personne des vétérans de la péninsule semblait avoir gagné les soldats de tous les corps. S'il n*eût songé qu'à sa personne, il aurait pu dicter ses conditions en conséquence. Il accepta purement et simplement le poste de commandant en chef de toutes les forces réunies autour de la capiule, qu'on lui oflfKt avec Fautorisation d'user de tous les moyens en son pouvoir pour la garde et la défense de la ville; le gouvernement se réservant toutefois de lui donner d'antres instruction- '{uand il le jugerait eouvenaMe. il prit smu commandement le 2 septembre, ensuite d'un ordre verbal du général lialleck ; puis voyant »[u On ne se pressait nullement de lui faire connaître officiellement la ligne de conduite qu'il devait suivre dans sa nouvelle charge , il se mit à agir selon ses propres vues. U était certain que, pour le moment

du moins, ta terreur insi^rée par Tapprocbe des confédérés le prdBerverait de toute interventioii de la part de radnliiwtration. En effet, pendant quelque temps , epectaele étrange chez une nation libre , Me Glellan resta inTosti de pouvoirs absolus eomme généralissûne, ne devant oette autorité suprême qu'au laisser-aller du gouvernement et à la conflanee des troupes. Mais avant de songer à la réorganisation complète de >«)a année, le pins pressant était de régler ses mouvements sur ceux de son adversaire , et c'est à cela que le général Me Clellan s'appliqua aussiiùl.

Le malheureux Pope fut hrusquenient eonf^édié; on renvoya dans le Nord-()ue55t reniplii- une mission obscure contre les Indiens du Minnesota, qui venaient de s'insurger et de se livrer à d'horribles massacres. Me Dowell, qui avait secondé Pope de son mieux, ainsi qu'il l'avait fait pour Me Clellan dans le temps, bien que sans succès, et quoi qu'il eût pris la plus grande part au dernier engagement de BulPs-Run, ne put échapper cette fois-ci au blâme attaché à toute retraite. Il lut accusé d*ineptle, de trahison, de lâcheté par la voix publique, et cela avec une telle persistance qu'il se crut obligé de résigner son commandement et de demander une enquête sur sa conduite passée. Les dépositions qu'il fit à cette occasion furent celles qu'on pouvait attendre d'un honnête soldat et d'un homme d'honneur. Elles le réhabilitèrent pleinement plus tard, tn attendant il l'ut remplacé par le général Hook»'']*.

Un autre corj)s, composé en partie des troupes de Burnside et de Banks, fut confié au général Keno, officier de l'ancienne année régulière et divisionnaire de Burnside, qui s'était distingué par son activité dans la retraite. De tous les officiers qui avaient servi précédemment sous Me Clellan, deux, Stoneman et Keyes, s'étaient retirés du service pour raison de santé. Les troupes de Keyes furent réparties entre les autres corps. La cavalerie fut mise sous les ordres de Pleasanton, jeune officier de grande énergie, qui avait toutefois une rude tâche pour tenir tête à Stuart et à ses hardis compagnons.

Quelques nouvelles divisions fiirent formées avec les levées récemment ordonnées. La levée du 2 juillet, de 300 mille

volontaires pour trois ans, avait été suivie, le 4 aoftt, d'une seconde de 300 mille hommes pour neuf mois. Les échecs de Pope firent consolider ces deux mesures en une levée générale de 500 mille hommes pour trois ans ou pour la durée de

la (^'uerre, qui seraient fournis, si besoin en était, soit par un tirage au sort, soit par la conscription. Mais dès ronpiiie, cette conscription rencontra dans la plupart des étals une forte répulsion. La plupart d'entre eux, iunsi que les villes et les corporations, préférèrent donner des primes extraordinaires aux volontaires, qui montèrent peu à peu jusqu^à 400 et 500 dollars en sus des 100 dollars donnés par le gouvernement.

Plus loin nous verrons comment fut répartie le nouveUé armée du général Me Qellan. En attendant retournons aux confédérés, du c6té desquels était Toffensive, et qui se disposaient cette fois à envahir le Maryland.

InTasion da Maryland par lea eonfédéréa; clmta de

Harper'S'Feny ; bataille d'Antietam.

Arrêté dans l'élan de sa poursuite par les lignes fortifiées d'Alexandrie, le général confédéré ne renont:a pas cette fois, comme en 1861 , à la pons('o de mettre à profit les avantages qu'il vonnit d'obtenir. Lee et son po?ivernement jugeaient que le moment était venu d'.iî);uuiuHn*^r le système de défense ((iTils avaient toujours suivi jusqu'à ce jour, et de pénétrer plus avant dans l'intérieur du pays, au nord de Washington, Un bon accueil leur paraissait assuré partout où ils se présenteraient. Si le mouvement échouait contre les contrées mômes du Nord, le Maryland, en revanche, serait focilement acquis à la cause esclavagiste. Sous le rapport militaire, un avantage direct serait Voccupation de la voie ferrée sur la rive gauche du Potomac* Les nombreuses troupes réunies dans les environs de HarperVFerry et dans le bas de la Shenandoah, avec tous leurs magasins militaires, seraient isolées de Washington et de Baltimore, et deviendraient une proie lacîle.

La difficulté principale de Tentreprise était dans rallonge-

ment de la ligne (h* communication, qui serait d'autant plus exposée qu'on s'avancerait davunLige dans le Noi*d. Mais les confédérés avaient l'espoir qu'en payant comptant ils trouveraient (laiK le Maryland toutes les subsistant es nécessaires; ils ne supposaient d'ailleurs pas que l'armée fédérale, reroulée sur Washington et obligée de garder les ouvrages, fût en état de les inquiéter gravement.

TtWS I. 14

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Cette armée avait été réellement démoralisée par -;os dernières défaites ; elle avait abandonné tous ses dcpuLs d'approvisionnements sur \o front de Manassaset mêin»^ '^«^s blessés, dont le nombre s'élevait à environ 7 mille. Outre cela, les confédérés avaient fait (> mille prisonniers et enlevé 30 canons dans divers combats. L'orgueil qu'ils en éprouvaient leur montrait déjà la concpiète du Maryland et d'une partie de la Pensylvanie comme chose aisée. On allait pouvoir réaliser le plan conçu aux premières semaines de la crise et isoler la capitale du reste des états du Nord.

Dans cette pensée, Lee fit aussitôt ses dispositions pour le passage du Potomac. Le général Hill lui avait amené la réserve, et en ajoutant à ce corps d'armée celui cpii avait été victorieux dans le combat de Buirs-Ruii et quelques brijçades ' indépendantes, les forces de Lee pouvaient s'élever à envir(ni 80 mille boniines. 11 diii;^M?u sa nian he par Drainsviile sur Leesburg et passa le Potomac, dont les eaux étaient basses, à différents gués aux environs de cette dernière ville; des détachements franchirent le fteuve plus en amont, aux environs de Williaraspoil. Cela avait lieu le 5 et le 6 de septembre. Une fois sur la rive marylandatse, les conlédérés s'emparèrent immédiatement du chemin de fer et ils s'établirent particulièrement à Point of Rocics ; par cette occupâtion, les forces fédérales qui se trouvaient autour de Harper's-Ferry et dans le bas de la Shenandoah furent isolées du gros de Tarrnée fédérale.

La cavalerie sudiste marcha rapidement sur Frederic-City, et Lee» en personne lit son entrée dans cette place le 8 septeml)re. Les habitants se inonii-érenf <iénéi'aleiaent froids envers les confédéri''< o[ s'alislinrent de toute démonstration. Lee chercha par une proclamation h exciter leur zèle et les appela à se joindre à la cause du Suri ; mais bien peu répondirent h son appel. Ce qui les rendait circonspects et les empêchait de manifester publiquement leui*s sentiments, c'est que le grand état de Pensylvanie pesait de tout son poids dans la balance (Frederic-City n'étant qu'à 30 milles de la frontière) et venait de mettre sur un bon pied toutes ses milices. Les Marylandais doutaient aussi que l'invasion des

confédérés fût autre chose qu*un raidmr une grande échelle.

Quelques centaines de recrues à peine vinrent grossir les rangs de rarmée de Lee.

Le général sudisfo ii'(>>i)»'iant pas tl'autres effets de sa proclamation , s'api>li<|ua aloi s h mettre à exéciilion le secoiul projet qu'il avait lunué, la réduction <le Harper's-Ferry. Ola iui léussit jiiii'UN. Il pous<.i (r;i)Hinl sa cavalcini sur Hag»;rstown, vers la frontière pensylvanienne, puis sur Chaml>rrsburg, à vingt milles plus au nord, dans le but d'accentuer une diversion du côté du nord. Celle-ci eut un plein suc<;ès. Le gouverneur de la Pensylvanie sonna ralanne, demanda des secours à grands cris et ordonna une levée de 50 mille mili-' ciens de la contrée. Me Clellan, qui se trouvait à Washington, et qui avait vu le danger oii il était réellement, insista à plusieurs reprises pour que Ton retirât saniï délai les troupes cantonnées à HarperVFerry ; mais ce fut en vain. L'administration était un peu revenue de sa panique. Autant, dans les premiers moments de danger, elle avait inconsidérément exagéré les pouvoirs du général Me. Clellan, autant maintenant elle semblait disposée à les restreindre de nouveau. Llle se confiait surtout dans l'efiet iinnal que l'invasion du Marylîind produuait sur le Nord, (tii les démonstrations patriotiques avaient reiMouiienct'' de ]»lus iielle.

De ff'la Lee s inquièlait assez iieu. Le il septembre il envoya Jyckson opère»- Tinveslissement compilât de llarper's- Ferr)'. Il suffit d'un seul jnur de marche aux troupes de Jackson pour attiHndre Willianisport. Là elles repassèrent le Potomac , et le lendemain déjà elles se dirigèrent par Martinsburg sur Harper's-Ferry. Les fédéraux avaient, peu de jours auparavant, réuni des forces assez considérables près de Winchester. Le colonel White qui les commandait, informé de rinvasion du Maryland, avait livré aux flammes tous les magasins et les parcs qu*il était chargé de garder, et il avait même poussé la passion de la destraction jusqu'à comprendre dans cette incendie beaucoup de propriétés privées. Il 8*était ensuite retiré sur HarperVFerry , où stationnait le colonel Miles avec une forte garnison. Les deux corps réunis présentaient un effectif de. ["2 mille hommes.

Me Qellan leur avait aussitôt prescrit de resserrer leurs positions et de se concentrer mv les rives môme du fleuve, autour des ponts, et de prendre toutes les mesures pour repousser une attaque ; qu'ils ne tarderaient pas dans ce cas

d'être secourus. La lâche de ces deux chefs n'était pas des plus rai il(>s, vu la position étendue et très coupée qu'ils devaient garder. Toutefois av^^c un peu d inlelligence et d'initiative, et avec la unt\ cnuc (le courage demandée de tout soldat, ils pouvaient faii e face au danger, au moins pendant quelques jours. Malhetireuscmeat ils montrèrent une grande ineptie. Non seulement ils ne .suivirent pas les sages instructions du général M( Ch Uan, mais ils ne surent rien foire en lieu et place; ils oublièrent môme de chercher à assurer leurs communications d'une manière quelconque avec Varmôe qui se disposait à les secourir, en sorte que Jackson, arrivant par le sud et par Vouest, put commencer et compléter & son aise rinvestissement. Jackson s'établit sur la rive droite, et un détachement du corps de Longstreet aux ordres de Me Laws se plaça sur la rive mary landaise. Ces dernières troupes, qui ai rivaient directement de Fredei"ie-( iitx , ai)parurcnt devant 1 larper's-Kerry au jiiumeul utOuK' oii Jackson si^ di'veloppait «le l'autre coté fie la rivière, l/npci alion avait éh- si bien menée que l;i i^aruixiu fédérale se trouva bloquée avant d'avoir pu se i endi «' compte de ce qui .se passait. On propo.sa alors de faire une trou('»e pour rejoindre Washington ; mais cette idée ne prévalut pas. Seule la cavalerie du colonel Davis, inutile dr'rrière les ouvrages, essaya de se frayer passage. Elle y réussit; elle franchit le Potomac à Williamsport, et captura même une partie des trains de Lee. Le gros des forces des généraux White et Miles eut aussitôt à se défendre contre les attaques de Jackson. Celui-^ri fit surtout établir des batteries sur la rive mary landaise qui commandaient complètement les lignes fédérales, plus étendues que réellement fortes. En môme temps il fit développer d'autres batteries sur tous les points dominants, ouvrit un feu vi«i<iureu\ et somma les unionistes de se rendre sans délai s'ils voulaient avoir la vie sauve.

11 lui importait beaucoup en effet d'aller vile en besogne.

car en quelque^ jours, eu quelques hr-ures peut-ôtrc, la situalion pouvait clro chancrée (hi tout au tout.

Après un mouvemeul ^^v^iéral v«m"s le Nord, l'ai iiKM- liste s'était arrêtée et n'avait laissé continuer dans cette direction, comme nous l':ivons dit, que la cavalerie. Tandis ([ue celle-ci faisait de belles razzias jusqu'au-delà de Chambcnsburg et que Jackson se trouvait autour d • H irper's-Ferry, le gros de Loe s'était campé aux environs de Middletown avec avant-gardes à Frederick et sur le Monocacey. Une telle dislocation ne pouvait évidemment être que provisoire et n*avoir d'autre but que de donner momentanément le change à Tennemi sur le point où se porteraient les coups décisifs. Lee ne pouvait pas sans danger rester longtemps éparpillé sur un front d'une vingtaine de Ùeues et coupé par le Potomac.

Une douzaine de jours s'étaient déjh écoulés depuis que l'armée fédérale était rentrée dans ses lignes de Washington, et ce temps avait été mis à protit par les généraux II;illt'( k et Me Clellaii pour ivprendrc rnllVtisive. N'ayant pu «>l)li'iiir le retrait des troupes de TlarptM''>-Kerry, Me Clellan s';tvaueait pour les secourir, aussi vite ijue le penuettail l'état foit imparfait de son matériel.

Il se trouvait maintenant à la tète d'une centaine de mille hommes, répartis en sept corps principaux, à savoir : Ileintzelman restiint à Washington avec la division Sigel; le corps, général Hooker, comprenant les trois divisions Meade, Hatch et Rickett; le 2"« corps, général Sumner, comprenant les trois divisions Richardson , French et Sedgwick ; le 5"» corps, général Porter, comprenant toujours les deux divisions Morell et Sykes, et rartillerie de réserve ; le Ô"» corps, général Franklin, comprenant les deux divisions Smith et Slocum ; le 9^ corps, général Bumside, puis Reno, comptant les quatre divisions Ck»x, Wilcox, Rodman et Sturgis; enfin le corps, général Banks (puis Mansfleld, puis Williams), comprenant les deux divisions Williams et Green. En outre la division Couch et la division de cavalerie sous le général Pleasanton.

A part le eorpjs de Ili'intzeliiiaii, loule Tanuée se mit en mouvement pour chasser les confédérés au-delà du Poto-

mac. Dès le 7 sepleînbiv, elle s'avanra vers Fivdorirk-Cily sur cinq rolonties principales et en teiiAnt sa gaui he sur la rouit' qui luiis^e le Poti^iuac. Peut-être eette «zauelie nnraitelle dû être rtMifoi vée et plus active, car elle avait la (liiul)ie tâche de délivrer Harper's-Ferry et de coupei' les eoJiiiiiuuicatious de reufjeiiii sur le fleuve. Mais, d'autre part, les eonfëdén^s étaient sij^nalés vers la Pensylvanie, et si l'on voulait livrer prompte bataille c'était là qu'il convenait de les chercher en force.^. Puis l<'s routes étaient très-mauvaises ; la grande voie de Washington à Fi*ederick>(aty passerait tout au plus en Kurope pour une rautc de seconde classe. Par ces raisons Tarniée, avec Timmense train qu'elle traînait après elle, ne put se mouvoir que lenleuient. Elle fît néanmoins ses dix à douze milles par jour. Le 11 septcmbœ la cavalerie fédét*ale eut un premier engagement avec avant-postes ennemis le long du Monocacey, qui fut bientôt traversé malgré la rupture du pont principal. Ce fut le prélude de roccupatien de Krcdi-rick, ({ui eut lieu le lendemain par Huriiside.

\.oe venait de quittcM* celle plac»' peu d'instants auparavant. O général ne voulait pas al»andonner le Marylaml ni le tcrrilùiiv an nord du Potninnc a\ant d'avdir tenté de nouveau le sort de-; Imtailles ; jiiai^ il lui importnit de f^^niiKii-iseï jusrpi'au moment où le- divisions «pii assiéj^eaient llarper'.s- Ferry pourraient, après avoir accompli leur tâche, venir le rejoîndi'i\ Fn cnnsérpiencc il se replia, tout en escarmouchant, dans la direction de Hagerstown. Toute la contrée, à traversiez South-Mountains, les cours d'eau du Kittoctan, puis, plus en arrière, de FAntietani, offrait d'excellents terrains de chicanes. 11 s*agi3s<ùt de n'avoir pas besoin de trop s'éloigner de HarperVFen7 pour ne pas laisser Jackson h découvert, et surtout que celui-ci piU teiiDîner promptement le siège de cette place. Dans ce double but Lee prit solidement position aux défilés des South-Mountains, espérant attirer sur lui Tattention des fédéraux et préserver dVutant son lieutenant Jackson d'une attaque qui aurait pu être Sort contrariante.

L'événement juslilia cette conjecture. Me Clellan s'altacha sui tout au.\ pas de Lee, désireux de livrer enfin une grande

bataille à ce constant adversaire^ et de répondre ainsi aux TOBtix de ropinion publii^ue et du gouvernement. Dans ce louable but il laissa, en revanche , passer le moment opportun de dégager Miles et White. Il semble, dit avec raison le . rapitaino Chesney dans un oxccllent résumé de la campajxne du Maryl.'nid auquel nous eiiipruiitiiii> plusicur.s traits, qun le général Me (iiellan aurait pu taire ol)servor le Soutli-M >wiitain par son [)rincipal cùi'ps d'annéo et en inênie temps porter des secours à la place assiégét' ; ihmis il préféra réunir toutes ses forces pour attaquer ce qu'il su{>posait être l'armée entière des confédérés, plutôt cpie de courir le moindre risque pour ses communications.

Le 13 au soir, après plusieurs escarmouches sur toute l'étendue du front, Tarmée fédérale occupait les positions suivantes :

Le corps de Reno, le 9»», à Bliddletown, excepté la division Rodman encore à Frederick.

Le corps de Hooker, sur le Monocacey, à deux milles en arrière de Frederick.

Les corps de Sumner, de Banks et la division Sykes près de Frederick.

Le corps de Franklin, plus à gauche, à Buckeystown.

La division Couch, plus en arrière, vers llyatlstown.

Le (général Pleasanton, avec une p<iriioii de sa (•a^•al(M•ie, battait la cauipagDe sur l'extrême droite, dans la dii-eetion de Getlysbur;,^ Une autre brigade de cavalerie, sous )•> général Rûsh, afjfissait sur la gauche et entretenait les communications du gros de l'armée avec Franklin.

C'est ainsi que l'armée arriva devant les collines des South- Mountains, qui constituaient une forte position pour l'ennemi. Mais le corps de Uill, qui les occupait, n'avait pas seulement h défandre la route qui conduit directement à Boonesboro ; il était aussi chaiigé de surveiller celle plus au sud, qui mène de Burkettsville h Sharpsbm'g au travers et le long des hauteurs. Les forces de Hill étaient peu en rapport avec la tâche qui lui était assignée pour tenir ces sept milles de terrain accidenté. U ne put qu'apporter quelque retard à la marche des fédéraux.

Le 14 à midi, l'armée du Nord s'approcha des coUines, venant de Middletown, sa dernière étape. Le corps dé Reno formait Tavant-garde et s*appuyait sur les troupes de Hooker, car Me Glellan connaissait par expérience la solidité de Tarmée du Sud et la force de son artillerie ; et d'ailleurs il était • dans ridée, comme nous l'avons dit, qu'il avait devant lui Lee et la plus grande partie de ses forées. — Reno commença bon altacîue vers les trois heures; elle fut conduite avec beaueuup de vi<îueur. Hooker porta sa droite eu avant, et en progressant toujours dans la direction des collines, il tourjia la position de l'ennemi et l'obligea à battre en retraite, iiill laissa entre les mains de Hooker quelques centaines de [)risonniers, mais il rallia ses gens sur des détachements de la division de Hood, arrivés de Boonesboro vers cinq heures du soir. Les fédéraux, de leur côté, eurent & déplorer la mort du général Reno , tué au moment où il faisait remarquer à son état-major la confusion produite dans les rangs des confédérés par la perte d'un de leurs généraux. Singulier rapprochement : ce général était le capitaine Garland, de l'armée régulière, maintenant brigadier-général des confédérés, et qui , peu d'années auparavant , avait été le compagnon de classe à West-Point et 1 auu uitime de Heno !

On a beaucoup exagéré le jiombre des troupes que Ilill commandait à celle rencontre de South-Mountain ou de Boonesboro, roinrjH» rappellent les sudistes. Cette erreur fut due en grande pai tii^ aux dénominations contuses employées dans les récits des soldats et même des oûiciers. On ne faisait pas toujours la distinction entre un corps d'armée et une division, «t les joumaiLv du Nord et du Sud propagèrent cette confusion. Le général Hill ne commandait pas ce qu'on ap» pelle un corps d'armée ; mais les services signalés qu*il avait rendus l'avaient fait distinguer entre tous les généraux dhri* sionnaires, et c'est pour cela que sa division était toiQours plus forte en nombre que les autres. Cet officier, excellent commandant d'ailleurs, avait un caractère qui soulDrait peu le contrôle d'un supérieur; c'est pour cette raison qu'on lui confiait de temps à autre un com mandement séparé et indépendant.

Tandis que Hill se retirait sur Boonesboro et allait rejoindre Longstreet, Franklin, selon Tordre qu'il avait reçu de Me Qellan, s'était avancé au-delà de Burkettsville et avait attaqué ie col appelé Crampton*s-Gap. Cette forte position . était tenue par des troupes de Hill et de Longstreet réunies. Après une action de trois heures seulement, mais trèe-meurtrière, Franklin réussit à s*emparer des crêtes, et il se porta le même soir, sur les talons de Tennemi , jusqu'à environ 4 milles'des Maryiand-Heights, ofi aurait dû se trouver une partie de la garnison fédérale de llarpLi 's-Ferry. Dans cette brillante et rapide affiiire, Franklin captura 4<X) honinips, une pièce d'artillerie et truis drapeaux. Il eut enviioii (jOO humnies [lors de combat et ne crut pas pouvoir pousser du coup jusqu'à Harpei- r--Ferry.

Quant aux autres corps de Me Clellan, ils étaient encore trop en arrière pour pouvoir aider à recueillir iininédiatement les fruits des succès obtenus. La journée du 14 se passa en majeure partie à attendre et à rallier les traînards.

Avec quelques efforts de plus, il aurait peut-être pu atteindre le ruisseau d*Antietàm et empêcher que l'ennemi n*y prit solidement position. Alors Jackson à Harper^s-Ferry se serait trouvé isolé des autres troupes. Lee n'étant pas contrarié se choisit une nouvelle position défensive aux environs de Sharpsburg sur TAntietain. Tout près de sa droite, vers Sfaarpsburg, il s*était ménagé un passage du Potomac couvert par Fembouchurc de TAntietam. De cette manière il s'assurait une communication direele avec Shepherdstown, où était son arrière-jiarde, et Harpcr's-Ferry par le côté sud de la rivière.

l*e général do l anuée féilérale avait bien, il est vrai, ordonné une maiclie en avant ii scm armée pour le i5; mais ce mouvement se fit avec tant de lenteur que les opérations de l'ennemi n'en avaient pas été entravées. Quelques engagements de cavalerie sans importance avaient eu lieu dans les environs de Boonesboro. l-.e quartier-général avait été porté à Kecdysville, hameau situé sur le côté occidental du South-Mountain et au sud de Boonesboro. Le corps de Hooker prit position dans cette demièro ville, bientôt suivi de

ceux de Banks et de ÎMimner. Quant aux corps de Reno, actuellement sous les ordres de Mansfield, et de Porter, ils furent dirigés sur Sharpsburj? pur la route de 1 unior s-Cip, où le plus fort de la bataille du 14 avait eu lieti. On ordonna à Franklin de pieiidre un clieiniii plus au sud, sur Harper's- Ferry. A peine celui-ci s'était-il mis en marche qu'un aidede-camp confédéré qui se rendait auprès de Lee, qu'il supposait à Boonesboro, lui tomlïa entre les mains, et ce fut par lui que Me Glcllan apprit, non sans chagrin, que la garnison de Uarper's-Ferry, à laquelle il allait porter secours, avait lâchement capitulé dans la matinée même. Le général Jackson avait recueilli 11 mille prisonniers, 60 canone, âO mille fiisils et d'immenses magasins (>). Ck>mprenant toute la valeur du temps à ce moment-là, il ne se laissa pas arrêter par son butin. Il rompit d*abord le beau pont du chemin de fer nouvellement reconstruit ; envoya dans la Slienandoah, sous la garde d'une centaine d huiiinie.s, le matériel facilement transportable, y t:oin[)ris un certain noiultre d esclaves nèini^itifs tiouvés à HariuM's-Fern'; il fil brûler tout le gros njatériel et les magasins, el se contenta de désarmer et de paroler ses embarrassants prisonniers, c'est-à-dire de les renvoyer sous promesse qu'Us ne serviraient plus pendant cette campagne.

Après cela, il se mit au8:iit6t en mouvement pour rejoindre Lee, avec lequel il n*avult pas cessé d*étre en communication. Il marcha par ShepherdstownetSharpsburg; il atteignit cette dernière place dans la nuit du 16 au 17, et prit immé* diatement position sur la gauche de l'armée confédérée.

Lee n'avait eu d'abord là que le corps de Longslreel, auquel !=:e rallièrent peu à peu les autres. Les marches forcées qu'avait faites l'armée confédérée dés les rives du Happahanock à la frontière pensylvanienne lui avaient causé plus de pertes qu'elle n*en avait éprouvé dans ses enjragemenls avec Pope. Les foiH^es actuelles s'élevaient il environ 70 mille hommes, en y comprenant les 25 mille détachés sur Harper*»»

(1) Ix> colonel Mileit fut tué dans une des canonnades; le générai NVliiteiMUMa plus tard en coui* martiale, mais fut acquitté. Quelques oQlciers supérieurs de régiments twrwi CM$i-s.

Kerry. tl nV»s! donc pas étonnani <iue l'arrivée de c6s derniers à point ddiiné ;iiiiélioràt iiotablonitMit la sitiiation.

Les événemeiil.» ilo cfs d«Mïx dcrniLnes journées changeaient bien sensiblement les conditions respect ivf's des belligênints. ï.e général Me Clellan, que nous avons laissé le 15 k Keedysville, à cinq milles des avaiit-|M»<tcs confédérés, y reçut le soir les navrantes nouvelleii de Harper's-Ferry ; il comprit qu'il était arrivé trop tard pour remplir un des principaux bute de 8on expédition. Le même coup qui venait de lui ôter tout espoir de sauver le gi^and dépôt et sa garnison rendait aussi disponible contre lui te corps confédéré qui avait fait Hnvestissenient de la place. Ces circonstances lui faisaient une nécessité d'attaquer avant que rennerot e<kt réuni ses diverses forces.

UAntietam, qui séparait les deux armées, a un courant rapide et ses eaux étaient généralement trop profondes pour qu'on pAl passer à gué. Sur les deux côtés, le terrain est ^.'énéralement très-accidenté ; sur la live droite il s'élève lii iisqiiciiit'tit cl lurmc mie série de rampes qui s'étendtMil eiilr«' 1.1 petite ville de Shai pslnirtr cl l;i riviciv. nu.ilrc ponts de pierre traversaient l Antietam. Le siipérieiii- >e trouve sur la ic.ute de Keedysville à ^YiUiamsp(•^l; le second, à deux nulles et demi en dessous, sur la route de Keedysville à Sharpsburg; le troisième, un mille plus bas, sur la roule de Kohrersvilie à Shurpsburg; le (juatrième, environ trois milles plus bas, sm* la route de Harper's-Ferry h SbarpstHirg, tout près de rembouchure de rÂntietam-Creelc.

Cest le long des élévations de terrain bordant \eé trois premiers ponts que Loe avait posté ses troupes.

On pouvait aborder la position par les trois ponts; mais le plus abordable était oelui d'en bas, situé & un coude de la rivière.

!.a journée du 10 tte passa, du côté des fédéraux, en reconnaissances et en caîioimades, sans autre i"ésultat que de bien lâter l'eimemi. Enfin, après ces préliminaires, le général Me Clellan s'arrêta délinitivement au plan suivant :

Snii îtile dioile devait forcer la rivière sur le preniier pont, et, coupant l'ennemi d'FIagerslown, elle devait ensuite iaire

— MO

une aUaiiuc de flanc sur »a franche. Si ell» rt ussissait. elle devait pousser sa pointe jusqu'.uix «Maii ioros qui sont au nord fie Sharpsburg, cl inenaror ainsi la rcti aitc de Lee sur Shepherdstown. Hooker était désigné pour l'exécution de cette mantruvre, que les généraux Mansfield, puis Sumner et Franklin étaient chargés d'appuyer (').

Me Clellan n'entendait pas f;iire avancer son centre de bataille , parce que la position de Tennenii lui paraissait très forte sur ce terrain trop découvert aux approches du pont. Il Y garda Porter en réserve et fit ouvrir sur ce front une violente canonnade afin de détourner Tattentton des manœuvres de la droite. Là Mansiield renaît de rejoindre Hooker et appuyait sa gauche à Sumner. droite de Franklin se reliait à la gauche de Sumner.

A l'aile gauche , Burnside en face du troisième pont devait * faire une altacjuo décisive sur ce passage, puis sur le flanc

droit de Tennenii dès que Hooker aurait marqué ses progrès sur l'aufiv aile.

Vers li'ois lioiiro api t\> uudi, le 16, ces mouvements furent commencés vi il(»iinérent lieu sur toute la li^^iif, mais surtout sur la droite, k des ieux assez vifs de lii ailleurs et d'artillerie. Quelques canons Parrott de -2ii livres, placés dans d'avantageuses positions, se distinguèrent par une justesse de tir merveilleuse.

I.ec avait dans ces circonstances à résoudre un problème délicat, demandant un rapide examen et une prompte décision. Gomment agir en présence d*un ennemi supérieur en nombre, qui, de propos délibéré, déborde vos deux ailes? Avec un peu plus de monde il aurait naturellement dû chercher à faire une trouée sur le centre des fédéraux. Il n'osa pas et se borna aux demi-tuoyeas. Il renforça peu à peu sa gauche et fit occuper par ses tirailleurs les bois et autres abris qui se trouvent de ce côté, dans Vespoir de retarder

(1) Le général MausûeUI, déjà d'un cx't Liiii .'ik<>. «'Uiit sous-ac^uaMii Uans rfUlmiOor génënd d« rarmto dw Etats-Unis lors^iuo raajtid.ani géaéiml Cooper quitu le bureau, au coininoiu-eiiu'nl de In iiipturo, iH>ur hIIci', aux mêmes rondilions, sen'ir la cause du Hnà. Maiisfleld avait em;>lovi>, dans lus quaitiei^-gcnérauXt à l'urganisatlon des levées, et n'avait pas servi sous Me. Clellan dans la précédente camiMkgnc. Maint4>nant, Ayant élè appelé au commandement de l'une des divisions récemmeni orguaisées. Il rimait de reni]M«oer Beno par drtit d'andeimeié.

seulement \v> prof?rès des fcderaux, en attendant l'arrivée dea troupes de Har^ter s-Ferry et Shepherdstown.

Vers les 4 heures de 1 après-midi Hooker avait i-éussi in passer la rivière à divers gués au dessus du pont supérieur , de manière à être placé tout-à-fait sur rextrème gjauche de Lee. Puis il convergea lentement mais résolument verscelle-ci pour exécuter sa manœuvre. Les feuK de tiraïUeura forant soutenus avec grande vivacité par les confédérés, qui trou* Taient dans les bois un abri fecile. La nuit vint toutefiNS mettre un terme à ce premier engagement. Les postes avancés des divisions Hooker et Lonsgtreet étaient tellement rapprochés les uns des autres cpie lorsqu'on relevut les sentinelles, il s'en suivait de fréquentes collisions. Pendant cette même nuit Jackson accouriiit ; il avait niarch"^ tonte la nuit, et il dél»ouclui ilaiis les lignes en si grande hâte que l'on crut un lli^lanl à une attaque soudaine des fédéraux. Ainsi qu'il en rivait •Hé convenu d'avance, il alla prendre position à l'aile gauche , ou il remplaça le corps de Uood. Geiui-ci alla renforcer les positions du centre.

Un soleil dans tout son éclat annonça la journée du 17, si grande par ses résultats. C'était la première Ibis que l'on Toyaitdes armées aussi considérables dans le Nouveau-Monde allant engager une lutte qui devait décider soit de la retraite des envabisseurs au-delà de leurs frontières, soit du progrès de leur invasion dans les paisibles états du nord, accompar gttée peut-être de représailles pour les excès commis dans VÂlabama ou bien pour les inutiles rigueurs exercées à la Nouvelle-Orléans.

Hooker marchait en téte de fie.s rttlonues, avec cet air de bravoure et de bonhoniie qui lui e^t propre, hp Ficfhtinfj Joe, comme l'appelaient ses soldats qui le suivaient avec confiance et l'auraient suivi au bout du monde, sentait 1 importance de la mission qui lui avait été confiée par le général en chef, et il avait pris toutes ses dispositions pour la mener à bonne fin. U ne se laissa point arrêter par les tirailleries de Tennemi, et, tout en leur répliquant, il continua sa marche. Après quelques heures de combats incessantSt ™^ sans grand résultat, il arriva en présence de lignes résistantes composées surtout

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