‹ Guerre de la SécessionChapitre 9 sur 38 · tOME 1. i · texte numérisé non relu

tOME 1. i

comme dans mainte antre dreonetance que nom avem déjà

vu(?. Mais si Ton considère que les confédérés se virent conu .iints, en rlélinitive, d"al»aiidonncr leurs positions; que l'aile droite tics fédéraux ne reperdit plus le terrain que le mouvement en avant de Franklin lui lit gagner; que plusieurs drapeaux et une douzaine de canons lurent capturés par H n^ker et Sunnier, on toiuprcnd que Me Clellan ait des droits tondes à s'attribuer la victoire, Inen qu'on puisse lui reprocher de n'en avoir pas profité autant qu'il aurait pu le faire. Il est vrai que le triste incident de Harper's-Ferr^' et l'état fort incomplet et hétérogène d'une année improvisée au moment du besoin lui imposèrent une prudence peut-être trop grande, mais qui répondait au premier but du gouvemement, & savoir de mettre complètement à Tabri la capitale de TUnion.

Quant au général confôdéré, qui avait su conserver sa première position pendant près de quarante-huit beures, peu* daot leequellee Harper'a-Ferry avait été c^ituré, el qui s*était retiré au-delà du fleuve en ne laissant à Tennemi que quelques canons et un petit nombre de blessés , il pouvait , lui aussi, réclamer des titres réels à Testime de ses adversaires, quoiqu'il n'eût pas répondu aux sentiments d'orgueil qui avaient dceidé l'invasion.

Les pertes des fédéraux à la b.iiailie de South-Mouniaui, selon le rappoit de Mr (llellan, s'élevèrent à 2:î00 hommes, et celles de la bataille d'Antietam , ou do Sharpsburg seiim les sudistes, à 12,500, dont lOCK) tués, 7(HKj blessés, le reste manquant. Il n'est point aussi facile de lixer les pertes des confédérés ; elles furent d'abord évaluées par les fédéraux à une trentaine de mille hommes; mais ce chiffre fot reconnu être exagéré de près du double, ensuite d'erreurs de calculs sur les morts enterrée et sur les fiisils recueillis.

Les officiers généraux et autres pay^^t un fort tribut dans les deux batailles et des deux c6tés. Outre M ansfield et fteno, qui furent tués, les nordistes eurent douze généraux blessée. Dans les rangs des confédérés, il y eut sept généraux mis hors de combat, dont trois tués, Garland, Branch et Starke.

Quelques jours après, et sans autre aiîaire d'importance,

Jes deux principales armées bellijxérantes se trouvaient de nouveau séparées par le Puiomac seulement, comme au début de la campagne qui venait de se dérouler avec des péripéties

SI diverees.

Les fédéraux y avaient perdu en résumé un grand nombre d'hoinnit's, un immense matériel, mais qu'ils pouvaient remplacer aisément, et le prestige de leur supériorité, qui n'était pas si facile à retrouver. 11 leur restait comme avaola^SB trèe^positifs, et pouvant CebCtlit^ grandemeot âne aatt'e casu- •pagne offensive contre Richmoad, la poseesaion de sûrs délMKicliés en avant de Washington et d'Alexandrie, celle d'antres débouohéa dans la Péninsole^ y compris Yoiktoiniv le York-River et le lBmes4^er juscia'au fbrt Darling, et enfin la oonnaissanee du terrain sur lequel ils auraient à agir de nouveau. Ces profits paraissaient avoir été chèrement achetés ; ils eussent étd nuls si le Nord eût M accèssihie an découragement ; mais grâce aux nouvelles levées et à la résolution énergique du peuple de l'Union de continuer la guerre jusqu'au bout, le^ avantages acquis en 1862, si minimes ({u ils parussent en regard des espérances, laissèrent de précieux germes à d ultérieures opérations couronnées de plus de succès,

Tl y aurait certes de nombreuses observations et critiques à présenter sur les faits militairps de ces deux premières années, en dehors de celles qui ont pu trouver leur place naturelle dans le récit des événements.

Mais nous nous en sentons peu le goût, tout comme nous y voyons peu de profil au point de vue spécial de Tart militaire. H fmi se rappeler que nous parlons ici d*une guerre civile entre confédérations de républiques , guerre se développant sur d'immenses espaces, avec des ressources fort diverses et peu régulières, avec des terrains très dissembla> bles et des forces constituant ici des armées et là seulement des bandes de guérillas. Qu'en outre les 90 centièmes des combattants, soldats, officiers, généraux, hauts fonctionnai* res, gouvernements, disaient leur apprentissage de la grande guerre, et que le petit nombre de ceux qui n'étaient pas

aveuglés par l'ignorance et par les illusions, étaient rendu» défiants par la connaissance de la défectuosité de leurs moyens de lutte.

Nous conviendrons pleinement qu'un commandant en chef moins expert que Me Clellan, qui supposa toujours chez ses adversaires autant de prudence et d'habileté quIL en avait lui-même, et cela souvent à tort, eût en gêné* rat mieux répondu aux exigences de la situation, aux vues du gouvernement, aux sentiments du pays et aux conditions mêmes de ses Imtves et patriotiques volontaires.

Son idéal était d'avoir à manier une armée de réguliers, une année à Peuropéenne; mais il lui fût impossible d*àtteindre à ce but, soit par la force des habitudes individuelles, soit par l'effet des institutions libérales et républicaines de la nation, qui ne se pliaient quo difficilement aux exigences militau'os, surtout pour l'otlensive.

î.os clisr?îssions interminables et les indiscrétions qui entouraient tous le« plans de campafrne, depuis leur élaboration première jusqu'à la transmission des ordres et à l'exértTtmn de détail, jointes aux défiances politiques, donnaient forcément aux opérations un caractère tout particulier et complètement différent de celles enregistrées dans les annales européennes.

La suite de cette gigantesque lutte nous montrera toutefbis que la nation américaine tout entière, civile et militaire, sut profiter des leçons de Texpérience, et nous verrons que les opérations des années i808, 4864 et 4865, sans qu^elles aient précisément montré plus de talent de conception de la part des généraux et du gouvernement, arrivèrent, par une meilleure entente entre les parties coopérantes, ii un degré intiniment supérieur d'exécution.

Fm ou TOME PREMIER.

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