‹ Guerre des communeux de Paris, 18 mars - 28 mai 1871Chapitre 27 sur 34 · LES FUNÉRAILLES · texte numérisé non relu

LES FUNÉRAILLES

La guerre des comrauneux était bien finie , mais le théâtre de cette longue et abominable lutte présentait encore quelques points dangereux et il était urgent de poursuivre l'insurrection jusque dans son dernier repaire.

Trois cents gardes nationaux, dix-huit de leurs officiers supérieurs et une quinzaine de hauts fonctionnaires de la Commune tenaient encore le fort de Vincennes et ne paraissaient pas vouloir s'empresser de le rendre k l'autorité légale reconstituée. Éperdus, cependant, et affolés, ils s'étaient adressés au commandant des forces prussiennes, en avant du fort, afin d'en obtenir la vie sauve et un passe-port pour la Suisse.

Informé de ces faits, le général Vinoy fit connaître aux

insurgés bloqués dans le réduit de Vincennes qu'il entendait voir la garnison se rendre, et se rendre à merci; que, auras d'un refus, il s'emparerait de vive force de leur donjon. Et, en même temps, il procéda ostensiblement aux premières opérations d'un siège en règle. Ces dispositions énergiques produisirent leur effet. Le 29, à six heures du soir, les derniers défenseurs de Vincennes se rendaient purement et simplement à discrétion. A ce moment, le général de Ladmirault, commandant le l rr corps de l'armée de Versailles, publiait cet ordre du jour :

« Officiers et soldats du 1 er corps !

a Les défenses des lignes de Neuilly, Courbevoie, Bécon etAsnièrcs ont été pour vous un apprentissage. Votre énergie et votre courage se sont formés aux travaux et aux périls les plus grands; tous, dans la mesure de vos grades, avez donné l'exemple de l'abnégation et du dévouement les plus complets; artillerie, génie, troupes de ligne, cavalerie , volontaires de Seine-et-Oise , vous avez tous rivalisé de zèle et d'ardeur.

<( Ainsi préparés, vous avez abordé, le 22 mai, les insurgés, dont vous aviez pu connaître et mépriser les coupables desseins et les criminelles entreprises. Vous vous êtes élancés pour sauver de la destruction les monuments de notre vieille gloire nationale et les propriétés de vos concitoyens, menacés par une rage sauvage*

« Le 23 mai , la position formidable de la butte Montmartre ne pouvait résister à vos efforts , malgré tous les obstacles dont elle était couverte.

« C'était aux l re et 2 e divisions et aux volontaires de Seine et Seine-et-Oise que cette tâche avait été confiée, et leurs têtes de colonnes arrivaient ensemble au sommet de la position.

« Le 24, la 3 e division, qui seule avait été chargée de chasser les insurgés de Neuilly, Levallois-Perret et Saint- Ouen, rejoignait les autres divisions, et s'emparait de la gare de l'Est, pendant que la l re division entrait de vive force dans celle du Nord.

« Le 26, la 3° division occupait la rotonde de La Ville tte.

« Le 27, les l re et 3 e divisions, avec les volontaires de Seine-et-Oise , par un mouvement combiné, ont enlevé d'assaut les buttes Ghaumont et les hauteurs de Belleville dont l'artillerie, par son tir habile, avait préparé l'occupation.

u Là, les troupes donnaient de nouvelles preuves de leur audace et de leur courage et, par leurs efforts, prenaient une part considérable à la répression de l'insurrection.

« Enfin , le 28 , les défenses de Belleville cédaient au dernier effort, et le 1 er corps achevait brillamment la tâche qui lui était confiée.

« Dans ces journées de luttes et de combats, vous avez rendu les plus grands services à la civilisation, et vous

avez acquis des titres à la reconnaissance du pays. Recevez donc tous les éloges qui vous sont dus.

« Paris, 29 mai 4871.

« Le général commandant le 1 er corps,

Page 1