‹ Guerre des communeux de Paris, 18 mars - 28 mai 1871Chapitre 28 sur 34 · LADMIRAULT · texte numérisé non relu

LADMIRAULT

Il est regrettable que les commandants des autres corps de l'armée n'aient point fait paraître des ordres semblables, lesquels , livrés à la publicité , eussent permis à chacun de restituer l'ensemble des épisodes de cette bataille de huit jours. On assure que les rapports des généraux de division sur les opérations dont l'exécution leur a été confiée viennent d'être adressés aux commandants des corps d'armée, qui préparent leurs rapports au maréchal commandant en chef.

Ces rapports ne tarderont pas à être ransmis à l'étatmajor général, et l'on pense que le rapport d'ensemble du maréchal sera très-prochainement terminé. Ce document, qui sera publié, doit présenter un intérêt considérable, et le lecteur y trouvera des éléments propres à rectifier, à compléter les pages de ce récit, pages rapidement écrites dans le but de donner immédiatement un aperçu des événements qui viennent de s'accomplir.

Il était indispensable de procéder immédiatement au désarmement de Paris et, le 29 mai , le chef du Pouvoir exécutif faisait publier le décret suivant :

« Le chef du Pouvoir exécutif de la République française ,

« Considérant que les armes de guerre répandues dans Paris à profusion, et sans contrôle, sont tombées dans les mains des factieux et des malfaiteurs, et que le désarmement peut seul, en ce moment, garantir la sécurité publique,

« Arrête i

« Art. 1 er . — Par les soins de l'autorité militaire , les armes de guerre de toute nature seront reportées dans chaque mairie , pour être ensuite versées dans les arsenaux de l'État.

a Art. 2. — Les gardes nationales de Paris et du département de la Seine sont dissoutes. En attendant que PAssemblée nationale ait statué sur leur réorganisation, les citoyens qui ont apporté leur concours à l'armée pour le rétablissement de l'ordre pourront continuer leur service sous les ordres et la direction de l'autorité militaire.

« Art. 3. — Les ministres de la Guerre et de l'Intérieur et le maréchal commandant l'armée de Paris sont chargés de l'exécution du présent arrêté.

« Fait à Versailles, le 29 mai 1871. »

Et, dès la veille, le général commandant le 2 e corps avait déjà fait afficher ce qui suit :

« Conformément aux ordres du maréchal commandant

en chef de l'armée de Versailles, le désarmement de la ville de Paris est général et ne comporte aucune exception.

« Au moment où le général commandant en chef le 2 e corps de la rive gauche de la Seine fait exécuter rigoureusement cette mesure, il tient à exprimer publiquement toute sa satisfaction pour le concours empressé et patriotique que certains groupes de gardes nationaux ont prêté à l'armée, en combattant pour la cause de Tordre et de la civilisation; ces braves compagnons d'armes ont donné un noble exemple à leurs concitoyens, et montré ce qu'aurait pu faire la population parisienne contre une minorité d'aventuriers et d'anarchistes qui Popprimait.

« Au nom de la France, au nom de la société menacée, le général commandant le 2 e corps les remercie et leur serre cordialement la main.

« Au quartier général du Luxembourg, le 28 mai 1871.

« Le général commandant le 2 e corps,

« E. de cisset. »

Ce désarmement général ne s'opérant pas assez rapidement, l'autorité militaire prescrivit, dans divers quartiers de la ville, des perquisitions qui amenèrent la découverte d'un grand nombre d'armes de toute espèce, notamment dans les VIP, XIV* etXV e arrondissements. Un avis officiel enjoignit aux habitants d'avoir à rendre leurs

armes dans les quarante-huit heures, sous peine d'être traduits par-devant la cour martiale , et les généraux commandant dans Paris tinrent la main à la rigoureuse exécution de cet ordre. C'est ainsi que le général Berthaut, commandant la ,4 re division du 4 e corps, écrivit au maire du II e arrondissement :

« Monsieur le maire ,

« Il y a encore une grande quantité d'armes qui n'ont pas été rendues par les particuliers qui en étaient détenteurs. Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien rappeler aux habitants de la portion de votre arrondissement placé sous mes ordres que toute personne qui, dans les circonstances actuelles, est trouvée en possession de fusils ou carabines de guerre, est passible des tribunaux militaires.

« Je viens de donner les ordres les plus précis pour qu'à l'avenir toute personne chez laquelle on trouvera des armes de cette nature soit immédiatement arrêtée et traduite devant un conseil de guerre. »

Afin d'assurer le retour absolu de l'ordre et d'obtenir une harmonie indispensable au fonctionnement de tous les rouages de la machine sociale, le maréchal de Mac- Mahon prit l'arrêté suivant qui fut porté, le 30 mai , à la connaissance des Parisiens :

a AVIS.

« Jusqu'à nouvel ordre, la ville de Paris sera divisée en quatre grands commandements militaires, savoir :

a 1° Celui de l'Est, comprenant les XI e , XII e , XIX e et XX e arrondissements, sous les ordres du général Vinoy, commandant l'armée de réserve ; quartier général au couvent de Picpus ;

« 2° Celui de Nord-Ouest, comprenant les VIII , IX e , X% XVF, XVII e et XVIII e arrondissements, sous les ordres du général Ladmirault, commandant le 1 er corps ct'armée; quartier général à l'Elysée;

«3° Celui du Sud, comprenant toute la rive gauche,c'està-dire les V e , VI e , VIP, XIII e , XIV e et XV e arrondissements, sous les ordres du général de Cissey, commandant le 2 e corps d'armée ; quartier général au petit Luxembourg.

a 4° Celui du Centre, comprenant les I er , II e , III e et IV e arrondissements, sous les ordres du général Douay, commandant le 4 e corps; quartier général place Vendôme.

« Conformément à l'article 7 de la loi de 1849 sur l'état de siège, tous les pouvoirs dont l'autorité civile était revêtue pour le maintien de l'ordre et la police passent tout entiers à l'autorité militaire.

« Au quartier général, le 30 mai 1871.

« Le maréchal de France , commandant en chef,

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