‹ Guerre des frontières du Rhin, 1870-1871 (volume 2)Chapitre 15 sur 39 · X. — Combat sur l'Oignon, le Si octobre · texte numérisé non relu

X. — Combat sur l'Oignon, le Si octobre

Le 22 octobre, Werder marcha vers l'Oignon sur im colonnes :

A l'aile droite, sur le Pin, le prince Guillaume de Bade ;

Au centre, sur Etuz, Degenfeld ;

A l'aile gauche, sur Voray, le général de Keller.

La réser^'e, sous le général de Krug, devait sui>Te Ifi centre sur Oizelay ; de plus petits détachements couvraient et éclairaient les flancs.

Degenfeld et Keller rencontrèrent bientôt une résistance considérable, le premier surtout, après qu'il eut forcé le passage de l'Oignon à Gussey. H combattit presque seul toute la journée et ne fut réellement soutenu que par la brigade de réserve prussienne de Krug.

Keller et le prince Guillaume étaient en retard.

Malgré cela, les Allemands furent vainqueurs, le 22, contre des forces très-supérieures en nombre.

D'après ce qui s'était passé sur l'Oignon , Werder «e pouvant songer à surprendre Besançon, devait opérer plus à l'ouest, et iMirigea ses troupes sur Gray, sur la Saône, ville très-animée de 8,000 habitants. U y réunissait, le 24 octobre, la plus grande partie de ses troupes, et il envoya des détachements à l'ouest et au nord-ouest, sur les

pentes méridionales du plateau de Langres. Ces détachements livrèrent plusieurs petits combats, ils firent beaucoup de prisonniers dans la population des campagnes et fusillèrent militairement une foule de gens qui défendaient leur pays.

Le 28 octobre, Werder déploya ses forces disponibles sur la Vingeanne, affluent de droite de la Saône où il se jette un peu au-dessus deTOignon. C'est sur la Vingeanne, à Prauthoy, que se livra très-probablement, entre César et Vercingétorix, la bataiUe qui força le dernier à se retirer sur Alesia (Alise-Sainte-Reine) et à se renfermer dans cette ville, dont le siège occupe une place si remarquable dans l'histoire de tous les temps.

Werder mit son quartier général à Renève. Le 29 octobre, il voulait s'avancer jusqu'à l'antique capitale de la Bourgogne, Dijon, pour occuper cette ville de 40,000 habitants, qui n'était qu'à une forte journée de marche de ses positions de la Vingeanne. Dans ce dessein, il avait envoyé dès le 28 la brigade du prince Guillaume de Bade à Mirebeau-sur-la-Bèze.

Mais Werder reçut le 29 au matin l'ordre de s'établir fortement à Gray, pour balayer de ce nœud important de chemins de fer la région du plateau de Langres, afin de couvrir le flanc gauche du prince Frédéric-Charles qui, après la capitulation de Metz, devait marcher de Metz sur Troyes.

Werder résolut, en conséquence, de marcher sur Gray avec une partie de ses forces ; mais le prince GuiUaume l'ayant informé, sur ces entrefaites, que les troupes françaises avaient évacué Dijon, il voulut faire marcher sur Dijon les deux brigades badoises prince Guillaume et Keller, î^ous les ordres supérieurs du général de Beyer, qui avait repris le commandement de la division badoîse.

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