‹ Guerre des frontières du Rhin, 1870-1871 (volume 2)Chapitre 16 sur 39 · XI. — OecupatioD de Dijon^ la 31 octobre · texte numérisé non relu

XI. — OecupatioD de Dijon^ la 31 octobre

Beyer quitta la Vingeanne le 30 octobre au matin, la brigade du prince Guillaume partant de Mirabeau, la brigade Keller de Talmay.

Contrairement aux rapports qu'on avait d'abord reçu^, le prince Guillaume rencontra dès Magny-Saint-Médard une résistance, assez faible il est vrai, mais qui augmenta peu à peu àmesure que les Badois, poursuivant leur marche sur Dijon, arrivèrent à Axc-sur-Tille, Borois et enfin Saint-Apollinaire.

Dans le fait, les troupes françaises qui occupaient Dijon l'avaient évacuée le 28 octobre, siu* la demande des autorités de la vUle. C'était, en effet, une absurdité de vouloir défendre, comme une place forte, cette ville ouverte qui n'a conservé que quelques vestiges d'anciennes fortifications, principalement du côté de l'est par oîi les Badois arrivaient. Si les forces françaises qu'on avait formées jusqu'à ce moment avaient été régulièrement concentrées, au lieu d'être disséminées pour la défense de quelques localités, elles auraient pu rendre de plus grands services.

Toujours est-il que les ouvriers de Dijon s'opposèrent à la décision prise par les autorités de la ville ; ils se portèrent à la préfecture et forcèrent le nouveau préfet à promettre que Dijon serait défendue. Des bataillons de marehe de la ligne arrivèrent en toute hâte de Beaune, d'Auxonne et de Langres, et U s'y joignit des gardes mobiles de la Côte-d'Or et de la Lozère, ainsi que des gardes nationaax mobilisés de Dijon. Ces troupes réunies furent placées sous les ordres du colonel Fauconnet, qui prit des mesures de défense; il envoya jusqu'à Magny-Sainl-Médard un détachement qui opposa aux Badois la première résistance ; il occupa Saint-Apollinaire et les faubourgs de Dijon, notamment ceux de Saint-Nicolas et de Saint-Pierre, situés à Test, qu'il mit facilement en état de défense, grâce aux murs qui

entourent chaque propriété, et il forma du reste de ses troupes une réserve extérieure au sud de la ville.

Le GoloiLel Fauconnet tomba, au commencement de Tapràs-rmidi, dans le combat de Saint-Apollinaire, ce qui fit faiblir la défense de cette localité. A 3 heures les Allemands purent attaquer les ianbourgs Saint-Pierre et Saint- Nicolas.

Le combat d'infanterie fut sur ces deux points extraordinaisement acharné ; les Allemands y subirent des pertes considérables, et, vers 4 .heures, le général de Beyer reconnut qu'il Csdlait préparer plus complètement avec rartillerie l'attaque de l'infanterie. Sous la protection de l'artillerie qui se mit à bombarder la ville, l'infanterie se retira donc pour se rallier.

L'artillerie badoîse canonna Dijon jusqu'à la nuit. La brigade prince Guillaume se concentra pendant ce temps-là à Saint-Apollinaire et Barois, où Beyer mît son quartier général ; la brigade Keller s'établit plus à gauche, entre Goutemoa et-Queligny.

Fendant que les troupes badoises opéraient leur mouvement >dB concentration, un bataillon français, arrivant de Langres pendant la nuit, tomba sur le flanc droit des Allemands où il livra un combat très-court, mais très-violent, à la suite duquel il fiit obligé de se retirer.

A 7 heures du soir Dijon était en feu sur sept points différents. Le général de Beyer fit alors cesser le bombardement.

A3 heures et demie du matin, le 31 octobre, une députationdela municipalité se présenta aux avant-postes de la brigade prince Guillaume et demanda, au nom de la ville, à capituler. Les troi^pes françaises avaient été invitées à quitter Dijon et se retirèrent pendant la nuit.

La capitulation fut signée à 10 heures du matin/ La condition principale imposée à Dijon était de pourvoir aux besoins des 20,000 hommes de troupes allemandes, au moyen de réquisitions régulières faites par les auto/ités de la ville. Comme gage de sa conduite vis-à-vis des Aile-

mands, la viUe devait payer 500^000 francs, qui lui seraient rendus si elle tenait sa promesse d'être tranquille.

A une heure du soir, Beyer entra dans la ville à la lèle de ses troupes. Ses pertes s'élevaient à 245 hommes tués ou blessés, celles des Français à peu près au double. Du côté des Badois, il n'y eut réellement d'engagée que la brigade prince Guillaume, car Keller, ayant beaucoup de chemin à faire, n'arriva que fort tard devant Dijon. Pendant que Beyer occupait cette ville, Werder porta le reste de ses troupes disponibles de Gray sur Vesoul, le 1" et le 2 novembre, pour chasser les francs-tireurs qui déployaient de nouveau dans cette région une grande activité.

XII. — Opérations de la 4« division de réserve; prise de Schlettsud^

et de Neuf-Brisach.

Nous avons déjà fait mention précédemment de la 4' division de réserve (landwehr), sous les ordres du général de Schmeling. Après s'être réunie à Fribourg-en-Brisgau, cette division passa le Rhin en bac à Neuenbourg le l" et le 2 octobre et entra en Alsace. Son premier objectif était de s'emparer des petites places fortes de l'Alsace. Schmeling envoya un détachement à g)iuche vers la riche ville industrielle de Mulhouse, et il marèba ensuite au nord sur Neuf-Brisach, pendant que ses uhlans livraient aux francstireurs des escarmouches sans importance. Cette petite place de 3,300 habitants à peine aéte fortifiée par Vauban, en 1699, sous la forme d'un octogone; elle fut sommée de se rendre, refusa, et un bombardement de pièces de campagne, dans la nuit du 7 au 8 octobre, ne fit pas changer d'avis le commandant.

Schmeling résolut alors de se porter d'abord contre Schlettstadt, et il ne laissa provisoirement qu'un détachement devant Neuf-Brisach et le fort Mortier, situé prés du Rhin, à l'est de la forteresse.

Schlettstadt, qui a 10,000 habitants, est beaucoup plus importante comme ville que Neuf-Brisach ; comme place forte, elle est également un octogone bastionné. Le siège en parut d'abord plus facile que celui de Neuf-Brisach, parce qu'elle est plus près de Strasbourg, d'où Schmeling pouvait faire venir plus aisément le matériel de siège nécessaire.

n reçut, en effet, de Strasbourg des pièces de siège, des divisions d'artillerie et du génie de places, et un régiment de landwehr (Ostrowski), de la division Treskow.

Le commandant de Schlettstadt, chef d'escadrons de Reinach de Foussemagne, fut sommé de se rendre et répondit à cette demande d'une manière assez hautaine. Lorsque Schmeling eut reçu ses renforts et pris ses dispositions, il établit d'abord à l'est des ouvrages de la place et du terrain submergeable del'Dl et delà Bind une batterie de 4 pièces, qui ouvrît son feu le 20 octobre avec un certain succès.

Dans la nuit du 22 au 23 octobre, la première parallèle fut ouverte à 500 ou 700 pas seulement à l'est de la place, et l'on construisit en même temps derrière cette parallèle 6 batteries pour 32 pièces de canon qui purent ouvrir leur feu, dès le 23 au matin, contre les ouvrages de la ville. L'ouverture de la parallèle et la construction de ces batteries s'exécutèrent avec fort peu de pertes pour les assiégeants.

Le 24, à 9 heures du matin, Schlettstadt hissa le drapeau blanc ; la capitulation fut signée à midi, et des bataillons prussiens entrèrent dans la ville sur la demande formelle du commandant pour y rétablir l'ordre, parce que la garnison, sans vouloir continuer la défense, se livrait à tous les excès possibles.

A 4 heures du soir, on était parvenu à faire sortir de la place la garnison d'environ 2,000 hommes, la plupart gardes mobiles, qui était prisonnière de guerre d'après la capitulation, et Schmeling entra dans la ville le 25 octobre.

Les Prussiens trouvèrent à Schlettstadt 120 bouches à feu. Le régiment de landwehr, Ostrowski, fut laissé provisoirement en garnison dans la place.

Le 26 octobre, Schmeling partit pour Neuf-Bnsach a\ee une grande partie de sa division et l'artillerie de siège qui avait été amenée devant ScblettstadU

Le 2 novembre, plusieurs batteries prussiennes furent établies contre Neuf-Brisacb, tu nord de la ville, à W'olfganzen et ^esheim ; en même temps, trois batteries badoises, sur la rive droite du Rbin à Yieux-Brisacb, ouvrirent leur feu contre le fort ilortier, qui n'avait que 6 pièces de canon.

Le fort Mortier, commandé par le capitaine Gastelli du 74*, capitula le 8 novembre au matin. Lie iO, le commaivdant de la place, lieutenant-colonel Lostie de Kerbor, arbora le drapeau blanc. Le il, à 9 heures du matin, le:» Prussiens occupèrent les portes de Neuf-Brisacb, et une heure après, les prisonniers de guerre français, environ 5,000 hommes, sortirent de la ville. Les Prussiens y trouvèrent de grands approvisionnements et 108 pièces de canon.

XIII.— Opéra tioDS da 14* corps aUenuad pendant la mois de novembre.

Dijon était tombée aux mains de Werder le 31 octobre ; mais ce général avait été forcé de revenir a Vesoul pour établir ses communications, par les Vosges, avec l'Alsaco et les corps de troupes qui arrivaient d'Allemagne. Quand le succès est obtenu, des opérations qui semblaient gigaiitesques paraissent souvent très-mesquines» Le général de Werder fit, à l'ouest des Vosges, une guerre telle qu'il avait à peu près appris à la faire au Caucase contre des <c bandes insaisissables», d'après le langage militaire actuel de l'Europe, contre le peuple, d'après le langage militaire de l'avenir. En outre, cependant, il eut à mener à bien des opérations stratégiques qui, môme dans l'ordre de choses actuel, demandent des talents militaires.

Il avait à réduire les places fortes d'Alsace qui tenaient encore. Nous venons de raconter comment la indivision de

réserve prit Schlettstadt et Neuf-Brisach« Sur ces entrefaites, une nouvelle division de landi^ehr s'était réunie à Kebl, sous le général de Debschitz. Elle suffisait peur feuiv nir les garnisons de l'Alsace^ et la division Tr^skow devint alors disponible pour d'autres opérations. .

Elle reçut l'ordre de faire le si^e de* Belfort et mareha contre cette place à la fin du mois d'octobre.

Belfort, sur la Savoureuse, qui, réunie à TAllaine,. verse ses eaux dans le Doubs, est une petite ville de 7,S00 habitants. Un petit nombre de ceux--Gi habitent la ville propre* ment dite, la plus grande partie sont daos les faubourgs r celui de France à l'ouest, celui de Montbéliard au sud et oeloi de Brâsach au nord-est.

Les fortifications primitives de la ville datent de* Yaiiban^ Elles sont de la troisième manière de cet ingénieur, avec des tours-réduits, et formeraient un pentagone oéguliers'il n'y avait pas à la place d'un des bastions la citadelle fanant saillie,, et si un autre bastion n'avait pas reçu une forme iiT^ulière dans l'intérêt de sa défense mutuelle avec la ci-* tadelle.

La citadelle, la Roche, fait saillie à. l'angle sud-est de reoceinte continue*; elle a la forme d'un- petit ouvrage à cornes casemate qui offre trois enœintes terrassées et dont les fossés sont creusés dans le roc Elle présente l'image imposaate d'un immense château fort du moyen âge» C'est Vaoban qui l'a construite dans sa forme actuelle.

Le soi-4lisant eamp retranché s'avance au nord-est de la place des deux côtés de la route de Cdmar. H consiste en deux ouvrages principaux, deux forts t la Justice au sud- et la Miotte au noodt de la route de Gohnar. Ces deux forts sont réunis entre eux par une ligne continue de retranchements, et deux autres lignes fortifiées, de construction très-simple^ les relient àl'eneeinte de la place*. La Miotte porte une tourobservatoire d'où TcHi voit très-loin. L^intérieur du camp retranché est beaucoiq) plus bas que les forts et les lignes fortifiées qui rentourent.

Le chemin de fer de Bâle à Paris, venant de Mulhouse^

court d'abord au sud de la ville, de l'est à l'ouest, jusqu'au village deDanjoutin, sur la Savoureuse ; il se dirige ensuite presque au nord, en traversant la Savoureuse, et passe dans une tranchée profonde à l'ouest du faubourg de France. Lorsqu'elle construisit le chemin de fer, la compagnie fut obligée d'élever un ouvrage pour couvrir le faubourg de France et le pont qui y conduit sur la tranchée du chemin de fer. Cet ouvrage reçut la forme d'un ouvrage à cornes très-plat avec un front très-étendu. C'était un ouvrage en terre, sans aucun espace couvert, et ne répondant pas du tout aux exigences actuelles de l'art de la guerre.

Lorsque le système des places fortes françaises fut soumis, en 1867, à une révision, on projeta de construire à Belfort de nouveaux ouvrages détachés. L'un d'eux, le fort des Barres, devait être élevé tout près de l'ouvrage à cornes dont il vient d'être parlé ; un ou deux autres devaient être construits sur la chaîne de hauteurs des Perches.

La construction du fort des Barres fut commencée en 1868 ; elle se trouvait terminée dans toutes ses parties essentielles au début de la guerre de 1870 et n'avait plus besoin que de perfectionnements sans importance. Ce fort reçut la forme d'un grand ouvrage à cornes, fermé à la gorge par un mur du côté de l'ancien ouvrage du chemin de fer ; on y construisit de grandes traverses et des cavaliers dans les bastions et les courtines, particulièrement dans sa partie nord, pour le défiler des contre-forts du mont du Salbert qui, avec la portée de l'artillerie actuelle, étaient très-près du fort des Barres. Ce fort fut abondamment pourvu d'espaces couverts parfaitement installés.

La chaîne de hauteurs des Perches s'étend sur la rive gauche de la Savoureuse, en avant de la citadelle et, par conséquent, au sud-est de la place, entre les villages de Danjoutin et de Pérouse. On a, de ces hauteurs, une vue très-étendue sur le Jura et la véritable « trouée de Belfort » . C'est sur cette chaîne que le général Lecourbe fit construire, en 1815, plusieurs ouvrages en terre qui contribuèrent beaucoup h la défense de la ville contre les alliés. Depuis

1867, on n'avait pas fait moins de six projets pour fortifier les Perches d'une manière permanente. On devait d'abord y construire deux forts détachés, puis on voulut les réduire à un seul, et il ne s'agissait plus que de la forme à lui donner.

Lorsque la guerre fut déclarée à l'Allemagne, en 1870, rien n'était encore décidé à cet égard. Après la déclaration de guerre, on commença sur ces hauteurs la construction de deux ouvrages de campagne, l'un siu» les hautes Perches, à l'est; l'autre sur les basses Perches, à l'ouest, contre Danjoutin. Un autre ouvrage semblable fut également construit au sud du fort des Barres, à Bellevuc (la ferme) ; et, en outre, le fort des Barres fut relié au camp retranché, vers la Miotte, par une ligne fortifiée.

Le Gouvernement de la République donna le commandement de Belfort au chef de bataillon du génie, Denfert-Rochereau, qu'il fit en même temps colonel. Ce choix du Gouvernement de la défense nationale était excellent, ce qu'on ne peut pas dire de tous ses autres choix. Le colonel Denfert dirigeait depuis plusieurs années les travaux de fortification de Belfort ; il connaissait bien la place et ses besoins, et c'est, en outre, un homme simple, calme, réfléchi, qui se souciait beaucoup plus de son pays que de l'Empire.

Belfort est, par ses fortifications, une place beaucoup plus forte que Schlettstadt, Neuf-Brisach et même que Strasbourg ; mais beaucoup moins forte que ne l'ont faite des journaux officieux prussiens .♦Il ne s'agissait que de trouver le point faible que l'on ne découvrit pourtant pas plms à Belfort qu'à Paris. Il semble que des montagnes, — qu'on appellerait collines dans les pays de montagnes, — en imposent beaucoup aux gens du Nord qui habitent des pays de plaine, et que cela leur fait prendre, malgré toute leur habileté, des dispositions défectueuses.

Les troupes de Treskow parurent devant Belfort, le 2 novembre, et le 3, la place était investie, fort incomplètement, il est vrai.

Le 4 novembre, le général de Treskow envoya h Den-

fertiine lettre très^uricuse. Il ne voulait pas lui demander de rendre Belfort sans combattre, mais il lui donnait des conseils de toute sorte sur la manière d'amoindrir «itaBt que possible les horreurs du siège dont Belfort était menacé.

Denfert répondit avec esprit que le moyen le plus sûr d'éviter à la population de Belfort les horreurs du siège, c'était que Treskow s'éloignât de la place, mais qu'il comptait peu sur l'adoption de oe moyen certain, «et qu'il avait pris, en conséquence, d'autres mesures de précaution.

Belfort devant plus tard acquérir dans cette guerre une plus grande importance, nous aurons occasion de revenir à cette place. Nous la quitterons provisoirement en ^ema^ quant que, pendant plusieurs semaines, il n'y eut devant Belfort que des engagements entre les troupes allemandes qui cherchaient à former et à défendre leur ligne^e blocns, et les troupes françaises qui voulaient inquiéter et briser cette ligne. L'investissement fut d'abord fort incomplet et l'échange de lettres avec l'extérieur ne fut même pas inte^ rompu pendant longtemps.

Ajoutons encore une observation qui n'a pas absolument de couleur locale. U y avait dans Belfort un tout jeune capitaine du génie, appelé Thiers, et pas plus grand que son illustre homonjTue. C'est ce capitaine Thiers qui critiqua dans les journaux, de la manière la plus vive, la conduite du général Uhrich, commandant de Strasbourg,

Pendant que la division Treskow était chargée d'investir et d'essayer de prendre Belfort, ce qui était fort important, puisque les Gouvernements allemands avaient déclaré qu'ils voulaient conserver l'Alsace après la paix, la quatrième division de réserve, Schmeling, put être employée, après la prise de Neuf-Brisach, à garder les routes d'étape et à former la réserve des troupes du corps de Werder qui iwtaient disponibles pour les opérations en rase campagne.

Werder pouvait, dès lors, agir plus hardiment avec ses troupes d'opération, et il les concentra sur la Sadiie, entre Pontarlier et Auxonne. Il y fit venir également de Kjon les

brigades badoîses, dans le dessein de s'emparer d'Auxonne. Cette petite place de 7,000 habitants n'avait pas d'importance, mais, à cause de sa cîtadeHe, eUe était encore conservée, dans Fancîenne classification française, comme place <le troisième classe. Werder s'assnra parles reconnaissances de ses troupes avancées qn'Auxonne était occupée, que la garnison était faible, mais que la place ne pouvait pas être enlevée par un coup de main.

Sur ces entrefaites, les troupes françaises des environs avaient mis à profit l'éloignement des troupes allemandes de Dijon pour occuper de nouveau cette ville. Cela déplut fort à Werder, qui marcha de nouveau sur Dijon le 14 novembre.

Les troupes françaises qui se trouvaient maintenant aux environs de Dijon appartenaient au corps de Garibaldi. Celui-ci, qui avait d'abord mis son quartier général à Besançon, avait eu aussitôt des conflits avec le général Cambriels et s'était retiré jusqu'à Dôle, et ensuite à Autun devant la pression énei^ique des Allemands. Son corps comptait à peine 10,000 combattants. Son chef d'état-ma* jor actuel était un général Bordone. C'était , d'après (les rapports français, un pharmacien d'Avignon, auquel un amour immodéré de son art avait attiré des démêlés avec la justice, et qui s'était alors réfugié en ItaUe oii il avait transformé son nom français de Bourdon en celui de Bordone. iNous ne savons pas ce qu'avait de fondé l'action mminelle intentée au sienr Bourdon^ mais nous pouvons dire ^i tout oas que monsieur Bordone était un chef d'état-major étrangement choisi pour un corps qui devait être porté à 20,000 hommes, et qui, par sa répartition pour faire la petite ^rre, devait avoir l'action d'environ 50,000 booîmes. Ûans le fait, il semble n'avoir fait la guerre qu'aux prêtres ^t aui anciens partisans de l'empereur Napoléon lU.

Si l'entourage immédiat de Garibaldi était assez mauvais, il n'en comptait pas moins dans son corps quelques braves officiers de partisans, entre autres ses deux fils Menotti et

Riccîotti, qui étaient prêts à tenter toutes les entreprises audacieuses.

Un détachement de Garibaldiens occupa Dijon dès que les Badois Tévacuèrent.

Werder, informé de ce fait, remit à plus tard de s'emparer d'Auxonne, et marcha le 14 novembre sur la capitale de la Bourgogne que les partisans garibaldiens abandonnèrent aussitôt. D concentra le gros de ses forces autour de Dijon, et il dirigea deux colonnes au sud de la \ille, l'une sur Nuits, l'autre sur Dôle.

La première fit une marche charmante le long de la Côte-d'Or, dans les contrées où mûrissent le chambertiu et le clos-vougeot, et s'installa volontiers dans le pays, buvant du bon vin qui lui faisait facilement perdre de Mie les dangers que lui faisait craindre le voisinage des partisans.

La colonne envoyée sur Dôle eut à soutenir un combat plus important à Saint-4ean-de-Losne, sur la Saône, dont elle trouva le pont détruit.

Werder, conservant son centre à Dijon, se borna du reste à de petites entreprises contre les corps francs, sans cesse attaqués mais reparaissant aussitôt sur d'autres points.

Il avait envoyé dès le 10 novembre un détachement sur la Seine, pour cherher à se reUer à l'armée du prince Frédéric-Charles. Ce détachement arriva jusqu'à Châtillonsur-Seine, en se battant continuellement contre les francstireurs, mais il dut ensuite se retirer et revint heureusement à Dijon par la Côte-d'Or sans avoir perdu beaucoup de monde.

Bientôt après, Châtillon fut occupé par un bataillon (Unna) du 16* régiment de landwehr et 2 escadrons du 5* régiment de hussards de réser\'e. Ces troupes s'y établirent un peu trop comme chez eUes ; dans la nuit du 19 au 20 novembre elles furent surprises dans la ville par un détachement garibaldien sous les ordres de Ricciotti Garibaldi, se reformèrent à grand'peine au nord de Châtillon

après avoir perdu 120 hommes et 70 chevaux, et se retirèrent au nord-est sur Château-Villain.

Il avaitété question, dès le mois d'octobre, dans letatiiiajor français d'une grande opération dans l'Est. Une îirmée devait y être réunie, marcher du sud au nord, in- ([uiéter l'Alsace et couper le chemin de fer de Strasbourg à Paris qui était l'artère principale de l'armée allemande sous Paris. Sans aucun doute une telle opération était bien conçue. Mais au mois d'octobre les nouvelles organisations étaient encore fort peu avancées, et comme on n'avait pas trop de troupes françaises, il semblait tout naturel que l'on conservât réunies toutes celles qu'on avait pu former pour la grande opération, la plus urgente de toutes, qui était de tlébloquer Paris par la voie la plus directe.

En effet, l'opération dans l'Est fut différée, et nous verrons qu'elle ne fut reprise sérieusement que beaucoup pluj^

XlV.^Opérations de la 1'* et de la 2' armée allemandes après la chute de Metz. — Capitulations de Soissons et de Thionville.

I^i simplicité des opérations des armées allemandes, qui caractérise les premières périodes de la guerre, ne pouvait |>as toujours durer. Plus le théâtre de la guerre s'étendait, plus cette guerre prenait le caractère d'une guerre nationale, plus nombreuses devenaient les opérations secondaires que Tétat-major allemand devait exécuter.

Il est opportun, pour cette raison, de remettre de temps *tn temps sous les yeux le tableau général de la guerre que l«v nombreux faits isolés tendent h voiler.

Voici ce qu'il était à peu près au milieu de novembre :

Il existe dans Paris une armée considérable, au moins fium ^riquement. La capitale tient bon. Elle se soumet d'une manière admirable et inattendue aux dures conditions 'm'entraîne l'état de siège, et toutes les ressources de l'în- JHligence s'épuisent à trouver de nouveaux moyens de»

résistance pour prolonger la lutte. Malgré cela, on peut prévoir que la faim, sinon la force, obligeira la grande viik de se rendre, si elle n*est pas débloquée à temps.

Les troupes allemandes devant Paris scmt supérieures e» qualité aux troupes françaises de nouvelle formation, t^ plus eUes gagnent de temps pour se retrancher, plus eib seront à même, malgré leur infériorifcé numérique, de repousser les sorties de la garniscm de Paris, quelqne bien conduites que soient ces sorties. Tout dépend de Tarrivée» temps d'une armée de déblocus. Si cette armée réussit à parvenir jusqu'aux lignes allemandes, une sortie de rarraée mobile de Paris peut contribuer alors efficacement au «icblocus. Mais il est impossible que cette année mobile di' Paris puisse faire à elle seule ce que la France entière devrait chercher à accomplir.

L'armée de la Loire, sous le général d'AureUe de Paladines, est maintenant prête à marcher au secours de Paris La marche de cette armée d'Orléans vers Paris et le combat de Coulmiers ont forcé le général de Tann à se retirt " dans la direction de Paris. Mais déjà des renforts lui arrivent de tous côtés, comme nous allons le voir, et il deviendrù très-difficile au Gouvernement de la défense nationale dt renforcer assez à temps l'armée de d'Aurelle pour qu'ell* puisse être victorieuse des Allemands. L'armée d'obsen^tion opposée à d'Aurelle est maintenant sous les ordres du t^rand-duc de Mecklenbourg.

D'Aurelle peut chercher et réussir à se relier avec Tariiiôe de l'Ouest qui se forme au camp de Conlie, raêmeavo» l'armée du Nord qui s'appuieà Lille et Amiens ; il peut, o" outre, être renforcé par toutes les troupes nouvdles qui sont en formation dans le sud-ouest de la France et se réunissent dans les camps de Bordeaux, de Toulouse et deNever?. D'Aurelle et ceux qui doivent lui organiser et lui amener des forces pour accomplir sa grande mission réussi ront-il-^ h prévenir les AUemands ?

Dans l'Est, les choses sont à peu près en équilibre. Il c>^ impossible que Werder obtienne de grands résultats po-

si tifs avec les forces insuffisantes dont il dispose ; mais, sur cette zone d'opérations, les Français ne sont pas plus forts que lui. Ils lui sont numériquement et matériellement supérieurs, mais ils sont divisés par des considérations locales : les départements voisins de la Méditerranée ne font pas ce qu'ils pourraient faire, parce qu'ils voient l'ennemi trop loin d eux. Le Rhône et les départements voisins ne songent réellement qu'à défendre Lyon. Par suite, Werder n'a jamais affaire qu'à des détachements français isolés qui le harcèlent, mais qu'il tient en bride. Son but le plus important serait la prise de Belfort ; mais ses opérations secondaires semblent le lui faire perdre de vue, parce qu'il trouve beaucoup plus agréable de prendre en rase campagne' de grandes viQes sans défense que de faire 'le siège d'une place forte.

Cependant Metz et l'armée de Bazaine ont capitulé.

Devant ce boulevard de la France, il y avait, jusqu'à la fin d'octobre, les 1'* et 2^ armées allemandes, réunies depuis le commencement de septembre sous les ordres du prince Frédéric-Charles.

Après la prise de Metz, ces deux armées sont de nouveau séparées.

La 1" armée, placée sous les ordres du général de Manteuffel, se compose des 1", T et 8* corps d'armée. Elle devait s'avancer de l'est à l'ouest, entre la frontière de Belgique et la basse Seine, pour combattre l'armée française du Nord, s'emparer des places fortes de cette région et établir, en outre, les communications avec la mer, afin que les armées allemandes pussent, en cas de besoin, faire venir des provisions par l'Angleterre.

La 2* armée, sous le prince Frédéric-Charles, devait marcher au sud-ouest, gagner la Seine et établir les communications entre Werder à l'est et l'armée de la Loire que le grand-duc de Mecklenbourg-Schwérin avait concentrée à l'ouest, après le combat de Coulmiers.

En raison des circonstances, le prince Frédéric-Charies pbuvaît porter ses forces soit à l'est, soit à l'ouest, et, en sa

quaJîtè de féld-maréchal depuis la prise de Metz, il prendrait le commandement en chef soit des troupes de Werder, soit de celles du grand-duc de Mecklenbourg.

Le 2® corps, Fransecky, de Tarmée du prince Frédéric- Charles, fut donné à l'armée du prince royal de Prusse et arriva devant Paris le 12 novembre. La division wurtembergeoise lui fut alors réunie. Le prince marcha d'abord au sud avec le reste de son armée, 9% 10' et 3* corps, ce dernier à Taile gauche, pour gagner la haute Seine et le chemin de fer de Mulhouse à Paris. Son quartier général fui établi successivement à Pont-à-Mousson, Commercy, Ligny, Montier-sur-Saulx (S novembre), Joinville, Doulevent (8 novembre), Brienne etTroyes oiiil entra, le 10 novembre, avec une partie du 9' corps et de la 1" division de cavalerie.

L'avant-garde du 3' corps eut, le 6 novembre, un engaîçement avec des francs-tireurs à Bologne, sur le chemin de fer de Blesmes à Chaumont. Les Français, mis en désordre, se représentèrent le lendemain à Berthenay, audessous de Chaumont, et opposèrent une résistance acharnée à la nouvelle attaque des Prussiens ; ils furent néanmoins forcés de plier et se retirèrent sur la place forte remarquable de Langres. Une brigade fut aussitôt détachée pour observer cette place.

Le S et le 6 novembre, les pionniers de la 2" armée allemande rétablirent le chemin de fer de Blesmes à Chaumont que les Français avaient coupé sur plusieurs points.

A la suite du combat de Coulmiers, le prince Frédéric- (]harles fut appelé sur la Loire, avec la plus grande partie (le ses troupes, pour y combattre l'armée qui se formait dans l'intention de débloquer Paris. Son quartier général quitta Troyes, le 14 novembre, avec le centre de son armée pour marcher sur la Loire, par Villeneuve-l'Archevéque et Sens. Nous le retrouverons bientôt.

De l'armée de Manteuffel, le 7* corps d'armée resta d'abord sur la Moselle ; une division de ce corps occupa Metz et ] autre alla assiéeer Thionville. Une division du 1*' corps

— mi —

fut envoyée devant Mézières, une brigade de Fautre division devant la Fère, pour s'emparer de ces places fortes. Enfin, le 8* corps, la 3* brigade d'infanterie et la 3* division de cavalerie marchèrent sur Amiens pour y combattre Tarmée française du Nord. L'avant-garde de la 3' division de cavalerie rencontra pour la première fois les Français le 23 novembre au Quesnel, entre Royc et Amiens, et nous suivrons plus tard les opérations de ces troupes. Pour le moment, if nous reste à dire quelques mots de la chute des places fortes qui capitulèrent avant la fin de novembre.

Depuis que les Allemands étaient devant Metz, ils avaient obsené et parfois inquiété la petite place de Thionville. Les troupes chargées de ces opérations changeaient constamment et il n'est pas très-intéressant de les citer.

Après la chute de Metz, l'attaque de Thionville fut résolue, et le général lieutenant deKamecke, chef de la 14* division [ en fut chargé.

Kamecke, né en 1817, entré dans le corps du génie prussien en 1834, ne fut nommé capitaine qu'en 1830 et passa la même année dans l'état-major. A partir de cette époque, il fut employé, tantôt dans l'état-major général, tantôt à l'ambassade de Prusse à Vienne, tantôt au ministère de la guerre; il commanda aussi dans l'infanterie, fut nommé colonel en 1861 et général en 186S. Pendant lu campagne de 1866, il était chef d'état-major du 2» corps d'armée. Il rentra l'année suivante dans le corps du génie à là tête duquel il fut placé la môme année. Il fut promu général lieutenant en 1868, et, malgré^cela, il prit le commandement de la 14* division au commencement de la guerre de 1870. Il parut certainement étrange de voir le chef du corps du génie quitter sa position juste au commencement d'une lutte dans laquelle la guerre de sièges devait selon toute apparence, jouer un rôle important.

Le 23 novembre, Kamecke compléta l'investissement do Thionville. Il mit son quartier général à Hayange et un poste d'observation fut installé au château de Serre. Le 26 novembre on commença la construction des batteries et

les pièces de siège arrivèrent de Metz le 19 et le 20. Les batteries furent alors armées et la ligne d'investissement se rapprocha de la place.

Le bombardement commença le 22 à 7 heures du matin. Les batteries qui foudroyaient la malheureuse petite ville étaient les suivantes :

1** 4 batteries de campagne, — 18 pièces de 6 et 6 de 4 — à la Haute-Yutz ;

2** 4 pièces de 24, 4 de 12, et 4 mortiers français de 12 pouces, pris à Metz, au bois d'IUauge ;

3^ 4 pièces courtes de 24 rayées, à Gassion ;

4'' 8 pièces longues de 24 rayées, en deux batteries, à droite et à gauche du ch&teau de Serre ;

S** 4 pièces courtes de 24, au bois de Weymarange;

6* 8 pièces de 1 2, en deux batteries, devant Weymarange ;

7"" 12 pièces de 12, en trois batteries, à la Maison-^Rouge sur la route de Grande-Hettange à Thion ville.

13 compagnies d'artillerie de jrface avaient été ^éunie^ pour le service de ces batteries, qui étaient entre 2,000 et 5,000 pas de la place.

Le feu s'ouvrit le 22 novembre à 7 heures du matin et les assiégés y répondirent d'abord très-vivement : il continua jusqu'à midi et, après une pause d'une heure, il recommença jusqu'à 4 heures et demie du soir avec la même vivacité. A partir de ce moment, les Allemands tirèrent pendant toute la nuit, lentement mais sans interraption, et ils ouvrirent la première parallèle dans la nuit du 23 novembre à 800 pas à l'ouest de la place.

Le 21 novembre, les assiégés arborèrent le drapeau blanc, à 1 heure et demie du soir ; ce n'était pas pour capituler mais bien pour demander un armistice pendant lequel les femmes et les enfants pourraient sortir de la place. Cette demande fut refusée, et Kamecke n'accorda qu'un délai, jusqu'à 6 heures et demie du soir, pour que la ville se décidât à capituler. Mais aucune capitulation n'ayant été demandée à cette heure-là, les Prussiens recommencèrent le bombardement.

Le 24 novembre, à 10 heures et demie du matin, les assiégés hissèrent de nouveau le drapeau blanc sur le clocher de Thionville, et la capitulation fut bientôt conclue, le 25 au matin ; les Prussiens occupèrent les portes de la vUle et, à 2 heures du soir, la garnison prisonnière de guerre déposa les armes devant la porte de Sarrelouis. Les Prussiens prirent dans Thionville 4,000 hommes environ et 200 bouches à feu.

Nous avons vu que la place de Verdun avait été bombardée, en passant, à la fin du mois d'août. Depuis le 25 septembre elle était investie étroitement par un détachement de Ja 3* année, et les Allemands se préparèrent à attaquer plus sérieusement Verdun, parce qu'ils virent que Paris tiendrait plus longtemps qu'ils ne l'avaient cru, et qu'il devenait trèsr-important d'assurer les communications de leurs armées avec l'Allemagne.

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, les Allemands occupèrent les villages de Thierville sur la rive gauche de la Meuse et deBelleviUe sur la rive droite. La nuit suivante, ils construisiarent des batteries sur ces deux points. Bien que l'on eût admis la nécessité d'un siège en règle de la place, un bombardement fut néanmoins suffisant pour l'amener à se rendre. Ai:fôsitôt après la capitulation de Bazaine, une grande quantité d'artillerie put être amenée devant Verdun et le bombardement prit alors un caractère très-violent. Verdun capitula le 8 novembre; 4,000 prisonniers, 136 bouches à feu et 23,000 fusils d'infanterie tombèrent aux mains des Allemands.

Soissons s'était rendu, dès le 16 novembre, àlalandwehr du corps du grand--duc de Mecklenbourg, après quatre jours de bombardement. Les Allemands y firent 4,700 prisonniers ; ils y trouvèrent en outre 128 pièces de canon richement approvisionnées, une caisse de guerre de 92,000 francs, un magasin approvisionné pour une division pendant cinq mois, et enfin des dépôts d'habillement et d'équipement.

Le château de Hara, célèbre par la captivité de Napo-

léon III aprèS) Tattentat de Boulogne, fut abandouDé par sa garnison et occupé le 21 novembre par un détachement de la 3' division de cavalerie prussienne.

La Fère, connue surtout parce que Napoléon I** senit d'abord comme lieutenant d'artillerie dans le régiment de ce nom, capitula après deux jours de bombardement, aver 2,000 hommes et 70 pièces de canon.

Nous parlerons bientôt de la prise d'Amiens qui se rattache étroitement aux opérations de l'armée de Manteuffel.

Toutes ces petites places fortes, sans ouvrages détaches, ne sen'irent pour ainsi dire pas à la défense, et leur capture augmenta sans grandes difficultés les trophées de> Allemands. On peut dire en outre que leur résistance aurait duré moins longtemps si les Allemands n'avaient pas faii avec une certaine négligence la guerre de sièges.

Mais autant les petites places fortes se montrèrent inutiles dans cette guerre, autant fut grand le rôle qu'y joiii^ rent les places importantes. Nous nous réservons de revenir sur cette question. Si ces grandes places fortes n'eurentpa.de résultats funestes pour les Allemands, cela tient uniquement à ce que l'organisation militaire française était mauvaise et que, grâce à cette oi^anisation, la France ne pouvait mettre en campagne dès le mois de septembre que de^ armées improvisées.

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