V. -* Événements maritimes
Il ne pouvait pas être question d'une guerre maritime pendant la grande lutte dont nous avons entrepris le récit, mais il devait y avoir cependant des événements de mer. Nous voulons en dire quelques mots, non pas seulement pour compléter notre récit, mais pour prouver une fois de plus qu'il eiiste dans la conduite de la guerre, comme en toutes choses, certaines vérités qu'un enfant comprendrait sans qu'elles lui soient prouvées par l'expérience, et qui sont négligées cependant d'une manière étonnante par les gens que le hasard aveugle place à la tête des Etats.
La flotte allemande était beaucoup trop faible pour oser accepter la lutte en pleine mer contre la flotte française. Les faits ont prouvé qu'elle aurait peulr^tre pu le faire, mais la marine allemande ne pouvait pas supposer d'a^ vance une telle négligence des choses les plus nécessaires pour la flotte du second empire.
Dès que la guerre fut certaine, les navires de guerre allemands reçurent donc Tordre de se réfugier dans le port de guerre de la baie de la Jahde ( Wilhelmshafen) ; ceui^ qui étaient dans des stations éloignées, ainsi que les bfttiments de commerce, furent avertis par les consulats. Comme on parlait depuis longtemps d'un débarquement français sur les côtes allemandes dans le cas d'une guerre semblable, l'Allemagne prit des mesures pour défendre les côtes de la mer du Nord et de la Baltique. Le commandement en fut donné au général Vogel de Falkenstein. On laissa sur- ces côtes au début de la guerre d'importantes forces mobili- :»ées, bien que les Allemands songeassent surtout h battre la flotte française sur terre, entre le Rhin et la Moselle. On
créa une Seewehr volontaire pour garder les côtes. Le^ ports et les points de débarquement furent protégés par de^ batteries et des torpilles ; mais ces dernières ne firent d^ mal qu'aux défenseurs, jamais à la flotte française.
Ce n'est que le 22 juillet 1870, trois jours aprèslaguerre déclarée, mais IS jours après la guerre résolue, que Tamiral BouëtrWillaumez fut nommé commandant en chef delà flotte de la Baltique ; elle devait, — dans Fimagination do ministre de la marine, — se composer de 14 frégates cuirassées, d'un grand nombre d'avisos rapides, de baiterift flottantes d'un faible tirant d'eau, etc., etc.
Cette première flotte devait être bientôt suivie d'une se conde, sous les ordres de l'amiral de la Roncière le Noury. composée de bâtiments-transports, qui devaient recevoir 30,000 hommes de troupes de débarquement sous leso^d^e^ de Bourbaki, puis de canonnières et de batteries flottante pour protéger un débarquement.
L'amiral Bouët-Willaumez arriva à Cherbourg le 2i juillet et mit son pavillon sur la frégate cuirassée la Smveillante (14 canons), mais il se convainquit aussitôt que la réalité resterait bien loin derrière les plans fantaisistes qui avaient été formés dans les boudoirs du parti de la guenv et de la cour. Non-seulement le matériel manquait, mai? même le personnel. Les matelots inscrits, qui, d'après 1» loi, devaient être appelés immédiatement, étaient à la pécht^ sur les côtes d'Ecosse ou de Terre-Neuve, preuve que Top n'avait pas préparé d'avance cette guerre déclarée si légèrement.
S'il ne voulait pas envoyer aux calendes grecques son départ de Cherbourg, il fallait que Bouët-Willaumez se décidât à prendre la mer avec 7 frégates cuirassées et un seul aviso, en attendant la prochaine arrivée des renforts cof^sidérables qu'on lui promettait.
Il leva donc l'ancre le 24 juillet. Ses instructions lui prescrivaient de se rendre d'abord au Sund. De là, il devait envoyer à Copenhague la corvette cuirassée la Thétis(ScB' nous) rejoindre le capitaine de vaisseau de Champeaux qui
y avait enrôlé des pilotes, noué des intelligences, réuni des approvisionnements et causé une certaine agitation politique. Aussitôt après, Bouôt-Willaumez devait revenir du Sund avec le gros de ses forces et bloquer Wilhelmshafen. C'est là que les renforts annoncés devaient le rejoindre. Il devait ensuite laisser devant la rade de Jahde Tamiral Dieudonné avec une division de la flotte, et passer dans la Baltique avec l'autre division pour y observer les ports allemands, en même temps que les mouvements de la flotte russe.
Lorsque Bouët-Willaumez quitta Cherbourg, il espérait encore trouver en pleine mer laflotte cuirassée prussienne. Dans cette idée, la grande frégate cuirassée prussienne le Roii-Guillaume lui causait quelques inquiétudes. Parmi les navires qu'il emmenait le 24 juillet, il n'en avait pas un seul qui égalât le Roi-Guillaume sous le rapport de l'arrae- Tnent et de l'épaisseur de la cuirasse. Le seul vaisseau de la flotte française qui parût valoir le Roi-Guillaumey c'était le lioehambeau^ construit en Amérique sous le nom de Dunderberff, et vendu à la France pour 2,300,000 dollars. On avait fait à ce navire des modifications incessantes, si bien que ce Rochambeau coûtait certainement à la France 15 millions de francs au milieu de 1870 ; il devait être armé de 16 canons dont 4 de 37 centimètres et 12 de 27, maïs il n'était pas encore prêt à prendre la mer lorsque la guerre éclata.
Bouët-Willaumez se proposait, s'il rencontrait le Roi- Guillaume, de l'attaquer avec ses navires à épenm, au. premier rang desquels était la Surveillante, On se souvient du rôle malheureux que l'amiral Persano fit jouer à Lissa au navire à éperon t Affondaiore. Bouët-Willaumez voulait mieux faire que l'amiral italien. Mais l'occasion lui manqua.
Bouët-Willaumez se rendit au Sund et il revint ensuite à la baie de la Jahde ; il ignora pendant plusieurs jours si la flotte allemande était dans le port de Kiel, ou si elle s'était réfugiée à Wilhelmshafen ; — il manquait du reste
absolument de cartes marines de la mer du Nord et de la Baltique. On lui rendit compte, dès le 26 juillet, que la plupart de ses bâtiments allaient bientôt manquer de charbon. Il passa alors en toute bâte de la^mer du Nord dans la Baltique, pour aller prendre du charbon dans la baie de Kiojé (île de Seeland, au sud de Copenhague), où le capi* taîne Champeaux en avait réuni.
Cbampeaux, qui rencontra l'amiral, le28 juillet, à hauteur de Skagen, lui fit un tableau surprenant de Tenthousiasme des Danois pour la France : Bouët-Willaumez n'aurait qu'à entrer dans le Sund pour que le Danemark prit aussitôt les armes contre l'Allemagne. L'amiral savait qu'il n'avait pas encore de troupes de débarquement ; en outre, ses bâtiments tiraient trop d'eau pour pouvoir manœuvrer près des côtes difficiles du Danemark et pour donner la chasse à des navires de commerce allemands. Il demanda par le télégraphe de nouvelles instructions à Paris. A peine sa dépêche étaitelle partie qu'il reçut Tordre de choisir un poste d'observation d'où il pourrait observer les côtes allemandes et pourvoir facilement aux besoins de sa flotte, de respecter la neutralité du Danemark et de continuer le blocus de Wilbelmsbafen.
Le 1®' août, Bouët-Willaumez reçut la visite du marquis de Cadore, qui avait été envoyé près des cours du nord après la déclaration de guerre, afin de les engager à s'allier avec la France. Plus on entre dans les détails, — et nous ne donnons qu'un petit nombre de ceux que nous connaissons, lorsque l'occasion s'en présente — plus on est frappé de la folie du second empire byzantin devenu vieux. Mais quel est l'homme sensé, ayant un peu vécu et étudié l'histoire, qui voudrait en rendre responsable le peuple français, ainsi qu'on l'a trop de fois essayé en Allemagne? Que les Allemands veuillent bien se rappeler quel état de choses ils ont supporté chez eux pendant de longues années saii^^ qu'on les en ait rendus responsables.
Cadore voulait entraîner Bouët-Willaumez â Copenhague, mais ce dernier refusa de l'y suivre pour de bonnes raisons.
Sur ces entrefaites, il apprit que le monitor allemand Armi* nitds (4 canons) et la corvette Elisabeth (26 canons) entraient dans le grand Belt pour se rendre à Wilhelmshafen. Bouêt détacha pour leur donner la chassé la frégate cuirassée la Guyenne (14 canons) et les deux corvettes cuirassées la Jeanne^dArc et la Thétis (8 canons), avec Taviso le Cas-^ sard. Les navires cuirassés français ayant un fort tirant d'eau ne purent atteindre les navires allemands : rArminius chercha un refuge sur les côtes du Jutland et r Elisabeth revint à Kiel. Le Cassard aurait pu suivre rArminius dans les eaux peu profondes, mais il était si faiblement armé qu'il n'osa pas se mesurer avec le monitor allemand.
Le 2 août, Bouët reçut Tordre formel d'entrer dans la Baltique, Il ne pouvait prendre que larouteduGrand-Belt. Son plus lourd navire, la frégate cuirassée r Océan (12 canons), avait un tirant d'eau de 28 pieds et ne conservait, sur certains points du Grand-Belt , qu'un pied et demi d'eau sous la quille.
Le 7 août, Bou6t était dans la baie de Marstall, et il se montra ensuite devant Nëustadt, Wismar, Bostock, Swinemunde et Colberg.
En même temps, espérant toujours faire sortir le Danemark de sa neutralité, il s'occupait de chercher un point de débarquement sur les côtes du Schleswig allemand. Celui qui lui semblait le plus favorable était le détroit d'Aar, à l'est d'Hadersleben.
n reçut à cette époque plusieurs dépêches du ministre de la marine. L'une, du 7 août, expédiée sous Tinfluence de Wœrth et de Sarrebruck, lui annonçait que l'amiral Fourichon se rendait dans la mer du Nord. Bouët devait se borner dans la Baltique h bloquer étroitement les ports, sans bombarder de ville ouverte.
Bouêt se rendit alors devant Kiel où il se convainquit qu^'il n'avait rien à faire avec les moyens dont il disposait : il fit ensuite une promenade à l'est vers Bugen. Sur ces entrefaites, il reçut deux dépêches dont Tune, en retard, était du 6 août et lui prescrivait de revenir immédiatement en
France ; la seconde, de date plus récente, lui disait de rester dans la Baltique.
Le mécontentement de l'amiral est facile à comprendre. D revint d'abord à la baie de Kioge, oîi il convoqua le 12 août une commission, chargée de décider si Ton pouvait faire quelque chose d'important dans la Baltique, sans troupes de débarquement ni bateaux cuirassés à fond plat.
Les conclusions du rapport de la commission furent que, s'il était défendu de bombarder les villes ouvertes, on pouvait du moins bombarder Colberg et les forts de Weichselmunde et de Neufahrwasser, en avant de Danzig, avec quelque chance de succès. Lorsque Bouét-Willaumez voulut en conséquence se diriger sur Colberg, il reçut la nouvelle que la flotte prussienne avait quitté Wilhelmshafen pour se rendre dans la Baltique.
Cette nouvelle était complètement fausse. Au contraire, l'amiral Fourichon était arrivé le 12 août devant Helgoland avec une division de 8 navires cuirassés ; il obsenait Wilhelmshafen et il annonça le 13 août qu'il bloquait les ports de la mer du Nord à l'est de Baltrum, c'est-à-dire, outre Wilhelmshafen, l'embouchure du Weser et de l'Elbe.
Par suite de la fausse nouvelle qui lui était parvenue, Bouët s'était aussitôt dirigé vers le Grand-Belt ; mais il ne tarda pas à recevoir des nouvelles plus exactes, et il revînt dans la Baltique où il partagea sa division en deux escadres. La première, sous le contre-amiral Dieudonné, devait bloquer la partie occidentale de la Baltique depuis Kieljusqu^à Arcona, l'autre, sous ses ordres directs, bloquait d'Arcona jusqu'à Memel. Le blocus fut déclaré sans retard.
L'aviso français le Jérôme-Napoléon rencontra sur ces entrefaites l'aviso prussien t Aigle {Adler) et avertit la flotte. Bouët envoya la Thélis et PHermite à la poursuite de /* Adier ; mais ce dernier s'échappa dans le Vitter-Bodden, à l'ouest de Bugen, sous la protection de l'île d'Hiddensoe. Le 17 août, le yacht Grille et 3 canonnières prussiennes sortirent du Vitter-Bodden et livrèrent un combat d'artillerie aux navires français qui les poursuivirent. Les bâti-
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ments français furent impuissants contre ces petits navires allemands, d'un faible tirant d'eau et armés d'une excellente artillerie.
Bouët-Willaumez laissa la Jeanne-d Arc en surveillance devant Hiddensoe et il s'occupa, à partir du 23 août, de bloquer les ports et les rades de Kiel, de Neustadt et de Rugen, ainsi que les bouclies de l'Oder. Deux frégates cuirassées restaient disponibles pour croiser dans la Baltique.
11 était a\ec ces deux navires dans la rade de Danzig, lorsqu'il fut attaqué, dans la nuit du 2i août, par la corvette en bois la Nymphe qui réussit ensuite, grâce à la force de sa >apeur et à son faible tirant d'eau, à se réfugier dans l'embouchure de la Vistule. Les Français étaient furieux et découragés de voir que les moyens formidables dont ils étaient armés étaient impuissants contre les côtes de la Baltique.
Fourichon, qui était arrivé à Helgoland avec 8 navires cuirassés et 4 avisos, partagea sa flotte en trois escadres. Avec l'une, le vice-amiral Deroux bloquait l'embouchure de l'Elbe, avec la deuxième, Jauréguiberry surveillait l'embouchure du Weser, et Fourichon observait Wilhelmshafen avec la troisième. Il n'y eut dans ces eaux-là aucun événement remarquable. Fourichon, nommé ministre de la marine par le Gouvernement de la défense nationale, revint à Cherbourg au mois de septembre. H avait aussitôt informé l'amiral Bouêt qu'il abandonnait la mer du Nord.
Sur ces entrefaites, Bouët dut renvoyer en France fOc^an qui tirait trop d'eau, et la grande frégate cuirassée la Flan-dre qui avait des avaries dans sa machine : il reçut en échange le fameux Rochambeau et la conette cuirassée VArmide (8 canons). Il était le S septembre à l'île danoise Langeland, lorsqu'il apprit la catastrophe de Sedan. Il réunit alors toute sa division dans le Grand-Belt, en attendant d'autres nouvelles et, peut-être, de nouveaux ordres. Ces derniers, qu'il reçut le 9 septembre, lui prescrivaient de maintenir le blocus des ports de la Baltique.
Sur ces entrefaites, le mauvais temps était sunenu et il lie redevînt beau que le 13 septembre. Bouët détacha alors Tamiral Dieudonné pour reprendre le blocus des rades de Kiel et de Noustadt. Lui-même fit voile pour Colbcrg afin de tenter quelque entreprise. A la hauteur d'Arcona, où il passa h Tancre la nuit du 14 septembre, il fut surpris par un orage qui fit courir les plus grands dangers à la Thétis et au RochambeaUj particulièrement à ce monstre marin.
Bouët revînt alors à la baie de Kiôge. Ce n'est que là qu*îl reçut des nouvelles de Fourichon dont nous avons parlé plus haut. Elles lui firent espérer que là flotte allemande allait quitter Wilhelmshafen pour se rendre dans la Baltique, et il se disposait à observer et à fermer le Grand- Belt lorsqu'il reçut l'ordre de retourner à Cherbourg avec toute sa division.
En entrant au ministère de la marine, Fourichon slwlH résolu d'abandonner le blocus de la Baltique et de conserver deux escadres de la mer du Nord. Pendant que l'une d'elles croiserait dans cette mer, l'autre reviendrait chaque fois à Dunkerque ou à Cherbourg pour se ravitailler. Bouët, revenant en France, se présenta, le 25 septembre, devant la baie de la Jahde pour oiïï'ir le combat h la Qotte allemande qui s'y cachait; mais son défi ne fut point accepté et il entra le 29 en rade de Cherbourg. Pendant ce temps, l'autre escadre, sous le vice-amiral de Gueydon, se rendait de Dunkerque dans la mer du Nord. Bouët devait aller la relever le 10 octobre, mais il tomba gravement malade et fut remplacé par le contre-amiral Penhoat.
Le séjour des mers d'Allemagne devenait de plus en plus difficile à l'approche de l'hiver, d'autant plus que les Allemands avaient enlevé les phares et les bouées. La flotte française était donc toujours forcée de passer la nuit en pleine mer. Si l'activité militaire des Français en mer était presque nulle, ils s'emparèrent néanmoins facilement d*un grand nombre de navires de commerce allemands. La formation des deux escadres de la nier du Nord qui se relevaient alternativement les y aida, en faisant croire aux Aile-
mands que ia guerre maritime avait complètement cessé. Ainsi le général Vogel de Falkenstèin permit, le 4 novembre, de rallumer les phares et de replacer les bouées ; mais cette autorisation dut être retirée dès le 6 novembre, parce que Tescadre française qui relevait la première paraissait devant Helgoland.
Chaque fois que ce remplacement avait lieu etqu*il semblait que les flottes françaises quittaient les mers d'Allemagne, des navires de commerce entreprenants sortaient des ports allemands et d'autres cherchaient à y rentrer, ce qui ne leur réussissait pas toujours.
Les Français ont avancé que chaque jour de blocus causait au commerce allemand une perte de cinq millions de francs ; cela ferait 150 millions par mois et 600 millions pour les quatre mois de blocus efTectif pendant la durée de la guerre. Nous pensons que les dommages causés au commerce allemand n'ont pas même atteint le tiers de cette somme. Mais en admettant que nous nous trompions, il n'était pas habile de la part des Français de dire ces choseslà à la fin de novembre. Us devaient bien prévoir en effet qu'on les ferait valoir contre la France à la conclusion de la paix. Une cupidité malsaine s'était éveillée en Allemagne, et des milliers de commerçants rapaces ne songeaient qu'à profiter du malheur public, et des malheurs particuhers qui les touchaient de plus ou moins près^ pour faire « une bonne affaire » .
Les deux partis ennemis avaient des navires de guerre dans des stations lointaines; et ces navires, lorsqu'ils se rencontraient dans un port neutre, évitaient généralement d'avoir aucun rapport entre eux. Il y eut cependant une exception.
Le 12 novembre 1870^ la canonnière prussienne le Météort et l'aviso français le Bouvet sortirent du port de la Havane pour se battre en duel en dehors des eaux neutres. La supériorité de l'artillerie du navire allemand força bientôt le bfttiment français à chercher un refuge dans le port de la Havane. Le combat d'artillerie s'étant continué jusque
dans la zone neutre, les autorités espagnoles furent obligées de prier les deux coqs de combat de cesser la lutte.
Les Allemands s'étaient d'abord abstenus — et pourcaus** — de faire la course comme les Français ; mais lorsque l'activité de la marine française vint à se ralentir, les Allemand^ annoncèrent qu'ils cesseraient également d'obéir sur mer aux principes d'humanité, et ils envoyèrent aussitôt des navires de guerre faire la chasse à la marine marchande française.
Le 12 décembre 1870, la frégate non cuirassée TAtt^Ms/û (14 canons) entra dans la mer du Nord. Elle était commandée par le môme officier, capitaine Weickhmann, qui, à bord de la Nymphe^ avait causé une désagréable surprise à l'amiral Bouët devant Dantzig, dans la nuit du 20 au 21 août.
Depuis le 26 décembre 1870 jusqu'au 2 janvier 1871 tAugusta croisa dans le Canal et devant Brest sans pouvoir faire une prise. Le 3 janvier, elle se dirigea vers l'embouchure de la Gironde et se glissa la nuit suivante entre le phare de la Pointe de la Courbe et la tour de Cordouan. Le 4 janvier, elle fit trois prises dont l'une, le paquebot-posle Max^ fut incendié et coulé par ordre de Weickhmann. A la suite de ce coup d'audace, CAugmta se réfugia dans le port espagnol de Vigo.
Ce fut le dernier acte de la soi-disant guerre maritime entre la France et l'Allemagne.