‹ Guerre des frontières du Rhin, 1870-1871Chapitre 10 sur 18 · SO · texte numérisé non relu

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se rendit à Reims et mît sqïi quartier général à Gourcelles, au nord-ouest de la ville, dans les environs de laquelle il

resta jusqu'au et il se rendît ce jour-là h Réthel.

Mac-Mahoii mit son armée en marclie sur Rétliel le 24 août» et le 26, il la dirigea vers Test sur TArgonne, qu'il traversa entre Tourteron et le Ghéne-Populeuz.

C'est là que Mae-Hahon apprit, le 27 août, d'une manière certaine que les armées allemandes avaient quitté le cliLiuiii de fer de Strasbourg à Paris pour marcher au nord et le suivre, — mouvement dont nous parlerons dans le chapitre suivant. Mac-Mahon, revenant alors à sa première idée, voulut se retirer sur Paris en descendant la vallée de l'Aisne» par Réthel et Soissons.

Des ordres dans ce sens étaient déjh donnés ; mais Mac- Mahon avait en même temps informé de ce dessein le comte de Palikao. Il en reçut bientôt Tordre formel de marcher au secours de Bazaine, ordre arrêté en conseil des ministres. On luî assundt de nouveau que sa retraite sur Paris aurait pour résultat certain une révolution dans la capitale.

L'Empereur» qui vint au Chène-Populeux le 28 au matin, appuya l'avis des ministres» ce qui donna lieu à une scène assez vive. Mac-Mahon céda et fit marcher son armée, le 28» dans la direction de Mouzon, sur la Meuse.

xVvant d'abandonner pour un instant l'armée de Mac- Mahon, nôus ferons quelques réflexions sur les mouvements que venait d'exécuter cette armée.

Après que Mac-Mahon s'était décidé à marcher au secours de Bazaine, il devait chercher avant tout que le prince royal de Prusse n'en fût point informé. Pour cela, il pouvait former un rideau autour du camp de Chàlons avec une partie de sa cavalerie ; il devait ensuite faire marcher le plus rapidement possible la masse de ses troupes pour avoir la pro-

habilité de ne combaUre, de concert avec Bazaine, que la pFemîèra ekla deiudème armée allemandes, sans avoir afiaire en même temps à la troisième et à la quatrième armée. Dans ces circonstances^ il fallait exiger des troupes des marches forcées. Maïs cela n'eat pas lieu et Ton ne fit que des marches très^ordinaires.

D'après la direction de la marche, de Réthelau Chêne- Populeux, on pouvait croire que Mac-Mahon voulait marcher sur Hontmédy par Stenay. Da camp de Ghàlons à Montniédy par Réthel et Stenay il y a 100 kilomètres. En faisant SO kilomètres par jour, ce n'était pas une trop loTi£^e marche dans les circonstances actuelles. Les tètes de coioiines de Mac- Ifahon pouvaient dans ce cas arriver à Montmédy le 25 août et les dehnières troupes le 26. H pouvait ensuite opérer sa jonction avec Bazaine avant le 29, ou le 30 au plus tard, en avant de Metz, et livrer bataille au prince Frédéric-Charles qui n'aurait plus des forces égales à opposer aux deux armées françaises. Mais au lieu dhine semblable opération, nous voyons les têtes de colonnes de Mac-Mahon n'arriver qu'à Mouzon le 28 août.

11 résulte de ce que nous avons dit à la fin de la deuxième partie que les dispositions prises par les Allemands le .19 août favorisaient singulièrement une semblable opération de Mac-Mahon. Nous retrouverons encore plus tard cette faveur du sort dans d'autres circonstances. Ici plus que jamais le temps valait de For. La lenteur de la marche de Mac-Mahon ne peut s'expliquer que par les doutes qu'il avait intérieurement sur la situation générale, doutes qu'il avait rapportés d'Afrique en France, qui n'étaient du reste que trop justifiés et dans lesquels il avait été confirmé par les premiers événements de cette guerre.

D'après la situation générale» telle que l'avaient faite les

Français en se précipitant follement dans cette guerre, il est (lifTicile d'admettre qu'une victoire deMac-Mahon devant Metz aurait pu avoir une grande influence sur le résultat final ; mais elle pouvait dans tous les cas causer un temps d'arrêt dans les opérations des Allemands et relever le courage de la population française.

En 1866, les Prussiens avaient subi au moins deux échecs, sans importance, li est vrai, ceux de Langensalza et de Trautenau; en 1870» ils n'en avaient pas encore eu un seul: autant de combats, autant de victoires.

Lorsque Mao-Hahon abandonna le camp de Ghftlons, il en fit incendier les établissements militaires. Les journaux de Paris affirmèrent que cet incendie devait être un signal pour Bazaine et lui annoncer que Mac-Mahon marchait à son aide. Mais comme la distance de Mets au camp de Ghft- Ions est d'environ 130 kilomètres, ce signal n'aurait pu être aperçu de Metz, qui est en outre séparé du camp par des hauteurs.

Cet incendie eût été plutôt un signal maladroit pour les partisans de la troisième armée allemande, qui du reste ne l'aperçurefit point.

m. Marche de la troisième et de l,i «piatrième armée allemandes «ar le camp Châlaw. — Changemeot de direciiou des opératious 4 la nouveUe da dépntdslbfraiilHNi.

Pendant que l'armée du prince royal de Prusse s'avançait sur le chemin de fer de Strasbourg à Paris, nous savons que les Allemands avaient formé devant Metz une nouvelle arméCj la quatrième» ou armée de la Meuse, avec la destina*

tion de marcher à droite du prince royal de Prusse, et en même temps que lai, contre Mae-Mahon et le camp de Ghàions. Cette année fut également chargée dé chercher àprenr dre en passant la place de Verdun, sans se laisser néanmoins arrêter par elle si une surprise ne réussissait pas.

L'armée de la Meuse, commandée par le prince royal de Saxe, se composait du corps de la garde prussienne, du 4* corps, du lâ* (Saxons), de la 5* division de cavalerie, Hheinbaden, et delà 6* division de cavalerie, duc Guillaume de Mecklcnbourg.

Le prince Georges de Saxe prit le commandement du 12^ corps à la place du prince royal, et donna sa division, la 23*, au général-major de Montbé.

Le 4* corps d*armée se trouvait déjà sur le chemin de fer de Strasbourg à Paris, en communication avec l'armée du prince royal de Prusse; il forma donc naturellement la gauche de l'armée de la Meuse*

Les autres troupes de cette année, la cavalerie en avant, quittèrent, le 22 août, les environs de Metz ; le 12* corps à l'aile droite, la garde prussienne entre le 12* et le ¥ corps.

Le 12'* corps se dirigeait sur Jeandelize, Haudiomont, Dieue et Jubécourt*

La tentative contre Verdun eut lieu le 23 août ; la23* divi* sîon d'infanterie marcha contre la place par la route d'Etain, la 24" division par la route de Fresne. Pendant que Tavantgarde de la 23*^^ division occupait le faubourg Pavé au nordest de la ville, Tin&nterie s'établit sur les hauteurs et bomr barda la pkce qui fut aussitôt sommée de se rendre. Cette sommation fut repoussée, et les Saxons se convainquirent que rien ne pressait le conimandant de capituler. Ils continuèrent alors leur marche. La 47^ brigade resta, le 24 août, pour observer la place, et elle passa, le 2$, sur la rive gau-

che de la Meuse, braque le quartier général du 12* corps se transporta à Jubécourt.

La 6® division de cavalerie et, à sa droite, la 5^, battaient le pays peudaai ce temps vers Chàlone- sur-Marne et dans rArgonne.

Les premières troupes de la division de cavalerie, de

ruiiiiee du prince royal de Prusse, paraissaient devant Yitry dès le 24 au soir. Le 25, une plus grande partie de cette division étant arrivée, Yitry fut sommé de se rendre» capitula à il heures du matin, et fut occupé par un escadron du régiment de dragons— du 11" corps, armée du prince royal de Prusse.

11 n'y avait dans la place que àOO gardes mobiles non équipés. Les Âllemands y trouvèrent 5,000 fusils, 3,000 armes blanches et 17 canons.

La plus grande partie de la garnison, uniquement eom^ posée de gardes mobiles, s'était retirée à l'n} proche des Allemands pour rentrer dans ses foyers. Uno traction de la 0^ division de cavalerie rencontra, le 25 août, à £pense, 30 kilomètres à Test de Ghàlons, un détachement d'environ 1000 de ces gardes mobiles. Après qu'on leur eut envoyé quelques oIjus, le 15' réiiiment de uldans attaqua ces gardes mobiles, les dispersa et les lit en grande partie prisonniers. Un grand nombre furent sabrés ou tués à coups de lance. Les Allemands ont dit que ces gardes mobiles avaient voulu se rendre, mais que ne sachant pas par quels signes conventionnels maiiilester ce dessein, ils s'étaient arrêtés et avaient formé le carré du mieux qu'ils pouvaient. C'est lit ce qui aurait été cause de la <^arge inutile des cavaliers prussiens.

La colère habilacUe de l'envahisseur contre les corps de troupes irréguiières , contre un soulèvement national.

n'a-t-elle pas joué un certain rôle dans le drame d'Epense ?

£t dans le fait, si un tel soulèvement national était préparé de longue main par un peuple énergique et résolu à une résistance à outrance,— ce qui n'était pas le cas de la France, — il rendrait impossible une guerre d'invasion.

Napoléon l^"" n'avait pas moins ùe colère contre la landwehr et le iandsturni prussiens» et les corps francs de 1813, que contre les guérillas espagnoles*

Le 28 août, quelques jours après TéTénement d'Epense, le roi de Prusse lanra la proclcuiialion suivante de son quartier général de Clermont en Argonne.

€ Le général en chef porte à la connaissance des habitants de rarrondissement, que tout prisonnier qui yeut être traité en prisonnier de guerre devra justifier de sa qualité de soldat Irançais par un ordre émanant des autorités légales, prouvant qu'il a été appelé sous les drapeaux, et qu'il est inscrit sur les contrôles d'un corps organisé militairement par le gouvernement français* Il faudra, en outre, que la position qu'il occupe dans l'armée puisse se reconnaître à des marques d'uniforme inséparables de son vêtement et visibles à l'œil nu à une portée de fusil. Les individus qui prendraient les armes en négligeant une de ces conditions ne seront pas traités en prisonniers de guerre. Ils seront traduits devant un conseil de guerre et, s'ils n'ont pas commis d'actes qui entraînent une peine plus forte, ils seront condamnés à dix ans de travaux forcés et détenus en Allemagne jusqu'à l'expiration de leur peine. »

Cet ordre écrit, dont parle la proclamation du roi, le gouvernement français ne pouvait pas le donner aux gardes mobiles sans les exposer au danger de le perdre bientôt. Il eût mieux valu, pour tout je monde, donner à ces jeunes gens, au Ueu du misérable accoutrement dont nous avons

parlé plus haut, runiformc adopté en principe pour la garde mobile. Mais ce point imporlaiU fut justement l'objet d'une négligence impardonnable et de lenteurs incroyables dont nous avons eu de nombreuses preuves jusqu'à la fin d'octobre.

L*armée du prince royal de Prusse s'avançait sur le chemin de fer de Strasbourg à Paris* Les tètes de colonnes de son infanterie arrivèrent, le $5 août, aux environs de Yitryle-Français. Le prince royal de Prusse, laissant Toul de Gôtéy l'avait fait observer par un détachement du 4*^ corps d'armée qui fut promptement relevé. Nous relaterons plus tard l'attaque de cette place.

La cavalerie prussienne, précédant le prince royal, occupa Châlons sans résistance, le 24 août, à la grande terreur des Parisiens, qui auraient voulu que cette ville ouverte se défendit. Le lendemain il y eut à la gare d'Epemay une petite échauffourée entre une patrouille de cavaliers prussiens et quelques soldats français du génie et des turcos qui se trouvaient là par hasard et dont les journaux de Paris louèrent fort la conduite. Les habitants d'Ëpemay n'avaient pas plus pris les armes que ceux de Châlons.

Le roi de Prusse voulait assister de sa personne aux opérations des deux princes royaux d'abord contre Châlons puis, comme on le supposait encore, contre Paris. Il transféra donc, Itï 23 août, son quartier général à Commercy, sur le cliemin de fer de Strasbourg, et le 24, à Bar-le-Duc.

U s'y trouvait encore le 25 lorsqu'arriva dans la soirée la nouvelle que Mac-Mahon avait évacué le camp de Ghàlons et iiiui chuit vers le nord.

Mac-Mahon avait donc le bonheur inestimable d'avoir une avance de quatre jours. Mais nous savons déjà qu'il ne sut point en profiter.

On prit immédiatement au quartier général du roi de ' Prusse la résolution de suivre le maréchal pour chercher

à l'empêcher de s'approcher de Metz, et si Ton n y parvenait pas, de rester au moins sur a$& talons.

 cet effet» les deux armées du prince royal de Saxe et du prince royal de Prusse, qui marchaient sur Paris en faisant front à l'ouest devaient faire front au nord. Ces deux armées étaient déployées, le 25 août, sur un front dont la droite, le corps saxon, était à Clermont-en-Argonne et la gauche, 11^ corps, à Vitry-le-François.

L'opération demandait une immense conversion à droite, dans laquelle le 12® corps serait le pivot, et qui porterait les deux armées du front Clermont-en-Argonne, — Yitryle-François à peu près sur le front Clcrmont-Suippes.

C'eût été une faute incontestable de laisser l'aile droite immobile jusqu'à ce que l'aile gauche eût terminé sa conversion. Cette aile droite était en effet la plus rapprochée des Français, et bien qu'elle ne put point songer à livrer une action décisive, il n'était pas moins opportun qu'elle harcelât l'ennemi qui marchait vers le nord, afin de ralentir son mouvement, pendant que le centre et l'aile gauche se rendraient par la ligne la plus directe dans les positions qu'ils devaient occuper sur le nouveau front.

De nouveaux ordres furent donnés dans ce sens aux deux princes royaux dans la nuit du 2S au 26 août.

Le 26 août, le roi de Prusse transporta son quartier général à Clermont-en-Argonne, pour être le plus près possible des événements qui allaient se passer,

Paris, qui s'attendait à voir l'ennemi à ses portes le i«r septembre, gagna au moins quinze jours à ce changement des opérations.

IV. Combats de Buzancy, 27 août, de Notiart, 29 août, el de fienunoDt, 30 tatL

Le 12* corps (Saxons) marcha, lei20aoiit, de ses positions de Glennoiit et de Jubécourt dans la direction du nord sur Varennes et de là» le 27, sur Dun, pour gagner la ligne de la Meuse, descendre cette rivière et en disputer le passage aux Français qui cliercheraieut probablement à la traverser.

Pendant cette marche la 24' brigade de cavalerie fai^ une reconnaissance au nord^ouest sur Youaiers et Buasancy. Elle y rencontra le iS" régiment de chasseurs français, du 5* corps (de Failly), contre lequel elle fit avancer sa batterie à clicval, et qu'elle lit ensuite attaquer par le 3* régiment de cavalerie.

Les Français furent battus. On apprit par les prisonniers qu'une grande partie de l'armée de Mac^Mahon se trouvait encore aux environs de Vouziers. C'étaient leS^et le V corps

français ; nous savons déjà que le 1" corps se trouvait depuis longtemps sur la rive droite de la Meuse et que le 12^ corps arrivait ce jour-là au Ghène*Populettx.

B'après les renseignements fournis par les prisonniers du combat de Buzancy, le 12* corps allemand reçut Tordre de rester, le 28, àDun, pendant que les autres corps de l'armée de la Meuse et toute la troisième armée étaient dirigés sur Buzancy et Vouziers.

Le 29 août, le 12^ corps français arrivait àMmison. Le 5* et le 7* le suivaient de Buzancy sur Bcaumont, par Nouart.

Le roi de Prusse mii ce jour-là son quartier général à Grandprë ; celui de Napoléon était à Stonne, village sans importance sur la route du Chéne-Popuieuz à Mouzon par Beaumont.

Le quartier général du prince royal de Prusse était à Senne, sur l'Aisne, à 6 kilomètres an sud -ouest de

Grandpré.

Les Saxons marchèrent, le 29 août, dePun sur Nouart. Ils trouvèrent dans cette dernière localité le corps de Failly, et il s'engagea entre les troupes les plus avancées un combat que soutint, du côté des Allemands, la 46^ brigade d*infantene. Les Français se retirèrent, sous la protection àc leur arrière-garde, sur Beaumont, par le Bois-des-Dames.

La veille, 28 août, la 4^ division de cavalerie, de l'armée du prince royal de Prusse avait rencontré à Youziers les Français en marche qui n'avaient point accepté le combat.

D'après les événements des jours précédents et les nouvelles qu ii recevait, il ne semblait pas impossible au quartier général allemand que Mao-Mahon cherchât un refiiga sur le territoire neutre de la Belgique, dès qu'il verrait qu'il ne pourrait pas arriver à Metz. Afin de l'en empêcher, on résolut de le poursuivre vigoureusement et de le forcer à livrer bataille dans Tangle formé par la Meuse et le canal des Ardennes.

Les dispositions nécessaires furent prises en conséquence

le 29 au soir, pour le 30 août.

Voici quelles étaient les positions des armées allemandes le 29 au soir, de la droite à la gauche :

1^ Armée de la Meuse :

corps, à Test de Nouart, k la Neuville; 4*^ corps, au nord de Landres, ail kilomètres à l'ouest de Dun ;

Corps de la garde, en seconde ligne, derrière les deux premiers, à Dun.

!^ Troisième armée, prince royal de Prusse;

l*' corps bavarois, de Tanii, avec ia 2' division à Som-

merance, derrière l'aile gauche du A" corps, et la l'*^ division, plus àTottest, à Saint4uvin, sur la route deVarennes à Grandprë;

2*^00 rpsb&yarois, Hartmann» derrière lepremier^èFléville;

5' corps, Kirchbach, à Briquenay et Authes ;

Division wurtembergeoise Obemitz, à Yoult-au-Bois, à l'ouest de Briquenay ;

11* corps, Gersdorff, à Vouziers ;

Le 6' corps allemand, Tumpling, qui était récemment arrivé d'Allemagne et avail élc donne à la Lroisième armée, était à une journée de marche au sud de Vouziers, sur les routes de Sainte-Ménehould et de Suippes;

Quatre divisions de cayalerie : la 2% qui arrivait d'Allemagne avec le 6* corps ; la 4*, la 5* et la 6*, étaient ensemble à l'extrême gauche, autour de Vouziers et vers l'Aisne entre Semuy et Réthei.

Les corps reçurent, pour le 30 août, les directions suivantes :

Le 12^ corps marche sur Yillemontry, par la Neuville et

Létanne;

Le 4^, de Landres sur Beauraont, par le bois de iJieulet ; le corps de la garde prussienne suit ces deux corps, comme réserve, en deseendantia Meuse ;

Le 1^ corps bavarois, suivi par le 2S marche sur Beaumont;

Le 5' corps, à gauche du l*"" corps bavarois, sur Pierremont et Oches ;

La 2^ diviision de cavalerie, sur Buzancy, pour appuyer le centre ;

La division wurtembergeoise, sur le Cliène-Populeux ; Le 11* corps allemand, également sur le Chène-Populeux, par Vouziers et Quatre*Champs ;

La 4* division de cavalerie suit le 11' corps jusqu'à Quatre-Champs, et marche de là au nord-est sur Ghâtillon et Oches :

La division de cavalerie marche sur Semuy, envoie des troupes avancées au nord jusqu'à Bouvellemont et observe de là la direction de Mézières;

La 5* division de cavalerie s'avance sur Tourteron et surveille la route du Chêne-Populeux ;

Le 6^ corps marche sur Youziers et se cantonne autour de cette ville, en fidsant face au sud et au sud-ouest, contre Reims et le camp de Ghfllons.

Le roi de Prusse transporte son quartier général à Varennes, célèbre par l'arrestation de Louis XVI.

Les deux princes royaux de Prusse et de Saxe se rendirent dans la matinée sur le champ de bataille présumé.

D'après ce que nous savons de la marche des Français et des desseins actuels deMac-Mahon, la direction indiquée à l'aile gauche allemande doit nous paraître trop à l'ouest ; mais les Allemands ne pouvaient pas savoir, le 29 août, ce que nous savons aujourd'hui. Bans le fait, Hac-Mahon ne voulait-il pasencore, leSTaoût, se retirer sur Paris? Ne pouvait-il pas, s'il connaissait sa véritable situation, revenir à cette idée et chercher à l'exécuter d'une manière ou de Tautre? C'est un malheur à k guerre d'avoir à dire plus tard : je n'avais pas songé à cela.

La position d'observation du 6* corps d'armée contre Reims et Chàions avait également sa raison d'être.

Immédiatement après avoir formé le 12' corps (Trochu puis Lebrun), on s'était occupé à Paris d'un 13^ corps, qui devait se composer de 3 divisions d'infanterie et d'une division de cavalerie, sous le général Vinoy. On avait déjà réuni, le 23 août, les deux divisions d'infanterie d'Exéa et Polhes,

composées de quatrièmes bataiilots» et la division de cavalerie du général lléyau.

Le 23 août, rempereur Napoléon télégraphiait de Gour^ celles près de Reims, au comte Palikao :

a II est essentiel de diriger des forces importantes sur Reims, qui est le nœud principal des chemins de fer, afin d'cmpèchcr que les partis ennemis ne coupent nos communications ».

Palikao envoya aussitôt à Reims, par Laon, des fractions du corps Vinoy, notamment la division d'£xéa. £lie arriva du reste beaucoup trop tard pour prendre part aux opérations ; mais les Allemands avaient raison de supposer que l'armée de MaoMalion pouvait recevoir des renforts de Paris.

Du côté des Français, il y avait à Moucon, le 30 août, le 12* corps, Lebrun, avec sa division de cavalerie, Lichtlîn,

et la division de cavalerie Fénelon, sur l;i rive droite delà Meuse ; la division Lichtlin fut placée sous les ordres du général de Fénelon. Le maréchal de Mac-Mahon se trouvait également à Houzoa où l'empereur Napoléon porta, le 30, son quartier général.

A 11 heures du malin, le 7* corps français marchait sur Remilly et Yilliers-devant-le-Poût, au-dessous de Mouzon, et il n'avait plus qu'une faible arrière*garde entre Oches et la Berlière.

Le 5* corps, de Pailly, faisait, à la même heure, la soupe •d Lîeauiiiont, en ncghgeant de se garder.

La tète de colonne du l^' corps bavarois, 4* brigade, de la â' division, venant de Sommauthe, arriva vers 11 heures du matin dans la plaine qui sépare les bois de Dieulet et de Beaumont. Elle aperçut de là le camp de Failly. De Tann fit aussitôt avancer quelques batteries pour tirer sur ce camp.

Les obus vinrent troubler le repos des Français qui se trouvaient cette fois surpris par l'artillerie. De Failly ordonna

la retraite comme il put.

De Tann lança la 4" brigade h sa poursuite, ainsi que la 3* brigade qui se dirigea à gauche de la 4* dès qu'elle parut sur le champ de bataille. A droite de la 4* brigade bavaroise se montrèrent en même temps les troupes du 4* corps allemand qui s'avançait à Test de Bcaumont.

De Failly se retira, tout en combattant, sur Yoncq, où les Bavarois lui enlevèrent deux canons.

Lorsque la 1*^ division arriva, de Tann la dirigea sur la Besace pour attaquer les Français sur leur flanc droit. Ce mouveiaenl se lit un peu trop tard; mais celui du 4'- corps qui menaçait de couper de Failly de la Meuse fut plus df'cîsif. De Tann appuya ce mouvement avec 4 bataillons et 2 batteries de sa 2* division. La 1'* division ne rencontra au nord de la Besace qu'un détachement français qui se retira rapidement et qu'elle poursuivit jusqu'aux Huttes de Raucourt.

En se voyant pressé sur son flanc gauche par le 4* corps allemand, de FaÛly, au lieu de se retirer directement sur Mouzon où il pouvait trouver le secours le plus proche, marcha, par Pouron et Brouhan, sur Villers-dcvant-Mouzon.

De Failly ne reçut aucun secours du 7* corps qui poursuivit, sans s'arrêter, sa retraite vers la Meuse.

Lorsque le combat entre de Failly et le 4* corps allemand se rapprocha de Mouzon, le général Lebrun voulait aller le soutenir, en faisant passer tout son corps d'armée de la rive droite sur la rive gauche de la Meuse. La division de cavalerie Lichtlin et la dividon Grandchamp étaient déjà sur la rive gauche, lorsque le maréchal de Hao-Mahon fit arrêter ie mouvement.

La division Lichtiin attaqua les Prussiens, mais elle rencontra de l'infanterie en bon ordre, dont le feu, joint k celui

de l'artillerie, lui fit subir de grandes pertes, et elle fut forcée de se retirer.

Cependant cette attaque et Tartillerie française» en positions sur la rive droite de la Meuse, dégagèrent un peu de Failly, qui put gagneir Yillers-devant-Mouzon sans être serré de trop près, et passer sur la rive droite.

Le feu du canon ne cessa près de Mouzon qu'à S heures du soir.

A gauche des Bavarois, Tavant-garde et une partie de l'artillerie du S* corps allemand, venant de Buzancy, ouvrirent le feu vers midi contre Oches; mais le détacheiiieiil français qui occupait ce village n'accepta point le combat. Dès qu'il entendit le canon sur son flanc gauche et presque sur ses derrières, il se mit aussitôt en retraite sur Stonne.

L'avant-garde prussienne s'avança jusqu'à Stonne.

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