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IX. Siège et prise de Strasbourg

L'antique cité de Strasbourg continua d'élre ville impériale allemande après que TAlsace eut été cédée à la France par le traité de Westphalie. Les Français l'occupèrent en

4081. Il existait depuis longtemps, dans k ville, un parti français considérable, ce qui s'explique par la situation de Strasbourg sur la rive gauche du Rhin et par les circonstances déplorables où se trouvait alors l'empire d'Allemagne. Le parti français, représenté surtout dans le eonseil, travaillait depuis des années à faire renvoyer les troupes mercenaires et à laisser dans rabaudon les choses militaires de la ville, de sorte qu'en 1081 les Français trouvèrent Strasbourg sans défense.

On a beaucoup parlé dans ces derniers temps de h

trahison française qui enleva Strasbourg à Tempirc d'Allé^ magne. Il serait beaucoup plus juste, au point de vue historique, de parler de la trahison par laquelle le soi-disant empire d'Allemagne livra Strasbourg à la France. Par la paix de Ryswîck» 1697, TEmpereur et TEmpire cédèrent formellement Strasbourg à la France. Elle conserva, du reste, jusqu'à la Révolution française ses privilèges et sa constitution spéciale de ville impériale. En perdant alors ces privilèges, elle s'unit, comme toute TAlsace, de la manière la plus intime à la grande France, et, bien que le petit bourtrcois et l'ouvrier y parlent encore allemaiid aujourd'hui, on peut dire qu'en raison des sentiments de ses habitants, Strasbourg est une des villes les plus françaises qu'il y ait. Et dans le fait, que pouvaient lui offrir ces petites dynasties allemandes, conservées jusqu'à nous comme un bijou pré* cieux, avec tout ce qui s'en suit, en comparaison de Tappartenancc à une grande nation qui, si elle n'a pas toujours eu la liberté politique, a du moins su conquérir et conserver le bienfait inestimable de l'égalité.

Strasbourg avait, au dernier recensement (4868), environ 85,000 habitants. L'extrémité orientale de ses ouvrages n'est pas à beaucoup plus d'un kilomètre du grand Rhin. Le petit Rhin qui se sépare du ûeuve au-dessus de Strasbourg, pour le rejoindre ensuite à 4 kilomètres plus bas, forme avec lui rtle des Ëpis et passe très-près de la citadelle.

L'ill dont le cours, au-dessus de Strasbourg, est presque parallèle à celui du Rhin, et n'en est pas éloigné de plus de 7 kilomètres, se partage dans la ville en deux bras, celui de l'ouest s'appelle canal des faux remparts, — et se jette dans le Rhin au-dessous de Strasbourg, à Wanzcnau. L'Ill reçoit au-dessus de la ville la Brusch, en partie canalisée.

L'IIl se réunit, au sud de Strasbourg, avec le canal du Pihùnc au Rhin, au nord de la ville, avec le canal de la Marne au Rhin qui se prolonge jusqu'à rextrémilc inférieure de l'ile des £pis.

Toutes .ces eaux formeot, au nord et au sud de la partie orientale de la ville, une foule d*fles dont les plus reroar* quables sont l'île de Wacken, la Robcrlsau et Tile de Sporen.

La ville s'étend de l'ouest à Test, dans le sens de sa plus grande longueur, qui est d'environ 3,600 pas. La largeur de la ville, à Touest, est de 2,300 pas, du saillant du bastion n** 7 h celui du bastion n** 12; elle n'est que de 800 pas à l'est, à l'esplanade, qui sépare la ville de la ciiadelle.

La gare principale est dans l'intérieur de la vdle, près des ouvrages de Touest. Le chemin de fer sort de la ville par des passages voûtés auxquels on travaillait encore au mois de juillet 1870, et il se divise près de la lunette 44 : une voie se dirige au nord, pour se bifurquer ensuite à Wendenheim en deux lignes, l'une qui mène à Paris par Saverne,. l'autre à Haguenau ; une seconde voie va d'abord au sud, puis se dirige à l'est en contournant la ville ; elle a une station à la porte d'Âusterlitz et traverse ensuite le Rhin sur un mac^nifique pont, monument d'architecture moderne, pour rejomdre, par Kehl, le chemin de fer badois. Le pont a, entre piliers, 817 pieds (suisses) de longueur, il porte deux voies et deux sentiers de piétons. La partie du milieu est fixe, les deux extrémités sont des ponts tournants qui permettent d'interrompre des deux cùlés la circulation. H existe des postes fortifiés aux extrémités badoise et française. La construction du pont, commencée en 1858, fiit terminée le 6 avril 1861. Nous avona déjà parlé de sa destruction partielle, le 22 juillet 1870. Au sud du pont

du chemin de fer se trouve l'ancien pont de bateaux.

De la ligne de Strasbourg à Kehl se détache, près de la ville, la ligne de Bàle par Mulhouse et, de cette dernière, les chemins de fer qui conduisent aux Vosges, k W asseionne, Mutzig et Barr.

Gomme établissements militaires ne dépendant pas directement des fortifications, Strasbourg renferme des casernes pour L-nviion 10,000 liommes, une école d'artillerie, un hôpital militaire de 1800 lits, avec une clinique militaire, une école de médecine mililaire« un grand arsenal et de nombreux ateliers militaires pour l'artillene et le régiment de pontonniers en garnison à Strasbourg. La fonderie de canons qui s'y trouvait est transférée à Courges depuis plusieurs années.

Le monument le plus célèbre de Strasboui^ est la cathédrale, commencée en i0i5 et terminée en 1439. La seule

tour qui ait été construite s'élève h 502 pieds au-dessus du pavé de la rue ; c'est le monument le plus élevé d'Europe et elle n*a que 7 pieds de moins que la grande pyramide d'Egypte. De la plate-forme» qui n'est qu'à 239 pieds audessus du pavé, on a déjà une vue charmante des plaines de l'Alsace et de Bade. La tour est donc un excellent observatoire militaire. — La bibliothèque de Strasbourg est célèbre par le grand nombre de ses manuscrits précieux.

Les fortifications de Strasbourg ont été construites, dans leur forme actuelle, par le strasl)ourgeois Daniel Speckle, qui écrivit le premier bon Uvre allemand sur la fortification permanente, — Ârchitectura von Festungen, — publié l'année de sa mort, en iS89.

Lors([ue Strasbourg passa h la France, Vauban construisit (1682*84) la citadelle, pentagone régulier bastionné, d'un espace restreint, renforcé au nord et à l'est par deux ou-*

vrages à oomes. C'est également à Vauban que sont dus la plupart des ouvrages extérieurs» ouvrages à cornes et lu*

nettes.

L'enceinte principale a, — sans la citadelle, — 17 bastions et, avec elle, 22. Le càt(5 du sud en a 7, numérotés de l*est à Touest, de 1 à 7 (fort Blanc); le côté de Touest 5, numérotés du sud au nord, de 7 à 12 (fort de Pierres) ; le côté du nord a les bastions de 12 à 17. Des cinq bastions de la citadelle, les numéros 18 et 22 regardent la ville.

Parmi les ouvrages extérieurs, les plus importants sont les ouvrages à cornes 40-4â devant le front 8-9, et 47-49 devant le front 10-il ; les lunettes 52 et 53 devant le front

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