Déploiement des armées
L'armée française d'opérations, telle qu'elle fut d'abord
formée, se composait de 8 corps d'armée et d'une grande réserve de cavalerie.
Les corps d'armée étaient :
1^ Le corps de la garde : général Bourbaki, avec 2 divisions d'infanterie sous les généraux Deligny et Picard, et une division de cavalerie. Desvaux, de 6 régiments;
^ Le 1^' corps : maréchal de Mac-Mahon, duc de Magenta, avec 4 divisions d'infanterie, Ducrot, Âbel Douay. Raoult, de Lartigue, et une division de cavalerie, Duhesme, de 7 régiments;
3^ Le 2^ corpS/.* général Frossard, avec 3 divisions d'infanterie. Vergé, Bataille et de Laveaucoupet, et une division de cavalerie, Lichtlin, de 4 régiments ;
4° Le 3' corps : maréchal Uazaine, avec 4 divisions d'iniantenc, Montaudon, Castagny, Mettmann et Decaën, et une division de cavalerie, de Glérembault, de 7 régiments;
5*» Le 4* corps : général de Ladmirault, avec 3 divisions d'infanterie, de Cissey, Rose et de Lorencez, et une division de cavalerie, Legraud, de 4 régiments ;
6» Le 5« corps : général de Failly, avec 3 divisions d'in- 1 10
fanterie, Goze» de l'Abadie d'Aydren et Guiot de Lespart, et une division de cavalerie, Braliaut, de 4 régiments;
70 Le 6*^ corps : maréchal (laiirobort, avec 4 divisions, Tixier, Bisson, Lafont de Villiers, Levassor-Sorval, et une division de cavalerie, de Salignao-Fénelon, de 6 régiments;
go Le 7^ corps : général Félix Douay, avec 3 divisions d'infanterie, Conseil Dumesnil, Lidjeil cl l iiimuai, et une division de cavalerie, Ameil, de 5 régiments.
Le corps de réserve de cavalerie devait renfermer 3 divisions : du Barrail» Bonnemains et de Forton, chacune de -4 régiments.
Ces forces pouvaient être estimées à 260,000 hommes d'inâuntehe et de cavalerie, si Ton avait pu compléter les régiments en y versant les réserves des dernières classes et les hommes en congé. Mais la plupart des régiments étaient partis sur le pied (h; paix et n'avaient reçu leur complément qu'à la frontière ; des détachements complets, venant des garnisons éloignées, n'étaient mêmepas encore arrivés lorsque les hostilités commencèrent, si bien qu'on ne peut pas estimer les Ibrces françaises en ligne au commeacement d'août à plus de 200,000 hommes d in^^nLerie et de cavalerie.
Elles étaient en outre disséminées. d*une manière qu'il
eût été possible d'éviter.
La frontière sur laquelle les deux partis ennemis pouvaient se rencontrer avait par rapport à la France la fbrme d'un angle s&illant, dont le côté gauche, la ligne de Sierck à Lauterbourg a 448 kilomètres, et le coté cboit, de Lauterbourg à iluiùague, 10i> kilomètres.
A gauche, le Luxembourg et la Bcicrique étaient neutnH lisés, et nous avons vu que la neutralité de laBelgique venait d'être à nouveau formellement reconnue; à droite était la
Suisse, neutre également La Belgique leva quelques troupes pour remplir ses devoirs de neutralité. La Suisse avait, sans hésiter, appelé aux armes dès le io juillet, o divisions de milices, environ 37>ÛOO hommesr en partie pouv garder ses frontières du Jura et du Rhin, en partie pour protéger le pont de Bâle contre un coup de main. Bàle était occupée militairen)ent le \ o au soir, et le 18 juillet, avant même que la déelaration de guerre fût arrivée à Berlin,, presque toutes les milices appelées étaient à leur poste'à la frontière. Seule, la brigade du Tessin, qui avait à passer le Saiut- Gothàrd, n'arriva que huit jours après.
Cequijustifiaitla vigilaiice des autorités fédérales suisses, c^est que la France s'était informée antérieurement si la Suisse serait en état de défendre sa neutralité dans le cas d'une guerre entre la France et rAllemagne. Il avait même été question alors d'envoyer un générul ii ançais voir do plus près les forées fédérales, les mettre un peu en ordre, et en faire peutr-ètre Dieu saH quoi. Ces eâres avaient été poliment refusées, et la Suisse avait assuré qu'elle saurait remplir les devoirs que lui imposait sa situation politique en Europe. — Maigri' cela, le conseil fédéral avait dû prendre note de cet incident. En outre, les Français avaient choisi en 1870, pour centre de formation d'an corps d'armée, Belfort, tout près de la frontière suisse et notamment dans le voisinage de Bàle.
Voici quelles étaient les positions dans lesquelles les corps français établirent leurs forces disponibles :
Sur le côté gauche de la frontière le 4* corps, Ladimirault, à Thionville; le 3* corps, Bazaine, d'abord àMeiret, bien*
tôt après, pins en avant, à Bouzonville; le :2 corps, Frossard, à bamt-Avold; le 5' corps, de Failly, à Bilche; — plus en arrière la garde, Bourbaki, d'abord à Nancy»
puis à Metz, et le 6*^ corps, Canrobert» au camp de
Chùlons.
Sur le côté droit de la frontière, le 1*'" corps, Mac-Mahon, entre Haguenau et Strasbourg ; le 7^ corps, Félix Douay, à Belfort.
La portion concentrée de l'armée, forte d'à peu près 90,000 hommes, vers le i"" aout, occupait un triangle, formé par Metz, Thionville et Saint-Avold, sur un front d'environ ^2 kilomètres, ou deux fortes journées de marche; à droite de ces forces se trouvait de Failly, à Bitcbe, à 52 kilomètres de di^slaacc ; à gauche était Canrobert à Chàlons, à 126 kilomètres, ou 6 jours de marche.
Entre Bitche et Haguenau, où se trouvait l'extrême gauche de Mao-Mahon, il y a environ 44 kilomètres ; la distance entre Strasbourg, extrême droite de Mac-Mahon, et Belfort (Douay) est de 120 kilomètres. Vers le 1^' août, de Failly pouvait avoir 25,000 hommes, Mac-Mahon 35,000, Canrobert 30,000 au plus; le corps de Félix Douay n'était pas encore organisé, Belfort n'était réellement qu'une station de mai'che pour les troupes qui se rendaient du raidi au nord.
La disposition de l'armée française est en elle-même inexplicable. Pour la comprendre il faut en venir à des idées
anciennes et, en partie, très-perbuniiGllcs.
La France était en face de deux alternatives principales : ou elle aurait affaire à la Prusse seule, ou TAllemagne du Sud se joindrait à la Prusse et à la Confédération du Nord.
Dans le premier cas, la ligne de McU à Mayence était la chose principale. On s'avançait par cette ligne, on s'emparait de la forteresse de Mayence par un coup de main, on y passait le Rhin pour prendre ensuite position afin de repousser un retour ulfensif des Prussiens, et l'on se contentait, du
reste, de balayer la rive gauche du Khin. Le Luxembourg et la Belgique tombaient ensuite sans coup fërir.
Dans celle occurrence, l'aile droite, représentée parMac- Mahon et Félix Douay, était complètement inutile; elle ne pouvait avoir de signification que si les Allemands du Sud voulaient sortir de leur neutralité pour mardier activement contre TAIlemagne du Nord, et s*ils avaient besoin d*un corps français pour les aider à recouvrer leur « indépendance ».
Au contraire, Taile gauche française avait, dans notre ] y[)othèse, une importance toute particulière. Elle devait se composer de deux éléments : la flotte, portant de nombreuses troupes de débarquement, et un corps d'observation contre la Belgique, pour envahir ce pays aussitôt après les premières victoires du centre français sur les Prussiens; — ce dernier élément est représenté par le corps de Ganrobert dans la disposition que nous avons donnée.
D'après les caJculs, la flotte devait trouver des alliés dans le Danemark, qui avait tout à regagner, et dans le Hanovre, qu'on supposait devoir être une Vendée prussienne. Les troupes françaises de débarquement, ainsi renforcées par des Danois et des Allemands, devaient remporter de trrnnds succès sur les derrières de Tarmée prussienne du Khin et la forcer ainsi d'abandonner ce fleuve.
Dans le deuxième cas, alliance du sud de l'Allemagne avec le nord, le centre et l'aile gauche dos Français conservaient leur première signification, mais l'aile droite avait plus d'importance que dans le premier cas. Immédiatement après les victoires que le centre français devait remporter sur la ligne Metz-Mayence, elle devait passer le Rhin aux environs de Strasbourg et battre à son tour les forces de l'Allemagne du Sud.
Cependant, même dm ce cas, la position du 7" corps à Beifort est encore aases énignuttîque; on ne peut se l'expliquer que par des réminîsoenoes historiques et ptr la valeur
que l'empereur Nnpoh'on, par suito de ses recherches dans la géograplue ancienne, attachait à la trouée de Belt'ori.
JNous n'avons parlé jusqu'à présent que d'idées offensives des Français, «et» dans le fait, c'étaient les idées dmnînaaies. Si la France était rejetée sur la défensive, l'aile gauche, la flotte, conservait encore de l'importance. Elle allait menacer avec ses troupes de débarquement les côtes de la mer du Nord et de la Baltique, et elle empêchait ainsi les Allemands de déployer des foroes trop écnsintes sur la frootiàre du llhin.
L'aile droite devenait alors complètement inutile ai l'on n'avait aâaire qu'à l'Aliomagne du Nord. l'on avait à combattre aussi TAllemagne du Sud, l'aile droite conservait la valeur d'un corps d'observation et, en cas de besoin, elle
pourrait arnHor l'aile t^auchc allemande sur le chemin de 1er de Strafiibourg à Paris et ensuite sur celui de JittUiouse à Paris.
Le centre restait, dans tons les cas, la chose principale;
il devait soit prendre l'offensive et battre les Allemands, soit les arrêter dans leur marche sur Paris.
Dans rhypothèse actuelle, rien ne justifie encore la place d'un corps d'année à BelFort. Il n'aurait eu de raison S'être là que si l'Autriche avait pris part ù la i^iierre comme alliée de la France, et si les armées autrichiennes et françaises avaient voulu se donner la main dans l'AUemafpae du Sud.
déploiement d'une armée doit répondre à peu près à la pensée stratégique du chef de cette armée. Si l'on observe notre exposé succinct, on trouvera que la clart*' et la décision de la pensée militaire manquent complètement dans la
première disposilioii de Tannée firtnçftise, que la oenfiision y règne.
Tous les éléments^ force, temps et espace sont né-
i on veut combattre l'Allemagne sur terre, où trouvera-t-on, dans roi^nisalion adaeUe de Tarniée ivusk^ise, des troupes de débarquement pour les flolîes de la mer du
^ord et de la Baltique?
Après avoir déclaré la guerre k Berlin, le 19 juillet, sans avoir néme eommenoë une seule organisation nouvelle, comment le f^uvemeroent français poum^il marcher
contre l AlU uiagiie avec des forces à peu pi(^s écoles, puisque rAlIemagne, grâce à son organisation militaire, est beaucoup plus à même que la France de mobiliser en trèspeu de temps des forces considérables?
Si, malgré tout cela, les Français es]>èrcnt vaincre, comment y parviendrout-ils en dispersant d'une manière inexplicable le peu de forces dont ils disposent?
Certes, jamais guerre plus frivole ne fui le résultat de calculs plus insensés! L'attitude agressive du gouvernement français vîs-à-vis de rAllcmagne, h partir du G juillet 1870, n'avait de sens que s'il était vrai, ainsi que l'affirmaient le Figaro de M. de Villemessant, et ia Liberté de M. de Girardin, qu'il suffisait d'un Français pour faire repasser le Rhin à cinq Allemands h coups de crossi^ dms le dos. Dans ce cas, en etl'et, la supériorité des Français était assurée, et la France avait assez de troupes de débarquement pour inquiéter les c6tes de la mer du Nord et de la Baltique.
L'empereur îNapoléon prit lui-même le commandement en cbef de la grande armée qui fut baptisée officiellement Armée du Rhin.
Le 23 juillet, il adressa aux Français la proclamalioa suivante :
c Français,
« Il y a dans la vie des peuples des moments solennels où l'honneur national, violemment excité, s'impose comme une force irrésistible, domine tous les intérêts, et prend seul en mains la direction des destinées de la patrie.
« Une de ces heures décisives vient de sonner pour la France.
€ La Prusse, à qui nous avons témoigné pendant et depuis la guerre de 1866 les dispositions les plus conciliantes, n'a tenu aucun compte de notre bon vouloir et de
notre longanimité.
« Lancée dans une voie d'envahissements, elle a éveillé toutes les défiances, nécessité partout des armements exagérés, et fait de rËurope un camp où régnent l'iocertitude et la crainte du lendemûn.
« Un dernier incident est venu révéler l'instabililé des rapports nationaux et montrer toute la gravité de la situa* tion,
c En présence des nouvelles prétentions de la Prusse, nos
réclamations se sont fait entendre.
« Elles ont été éludées et suivies de procèdes dédaigneux. Notre pays en a ressenti une profonde irritation, et aussitôt un cri de guerre a retenti d'un bout de 1) France à l'autre.
« Il ne nous reste plus (ju à confier nos destinées au sort des armes. Nous ne faisons pas la guerre à l'Allemagne, dont nous respectons Tindépendance.
< Nous faisons des vœux pour que les peuples qui cornposent la grande nationalité germanique disposent librement de leurs destinées.
< Quant à nous, nous réclamons rétablissement d'un état de choses qui garantisse notre sécurité et assure l'avenir.
Nous voulons conquérir une paix durable, basée sur les vrais intérêts des peuples, et faire cesser cet état précaire où toutes les nations emploient leurs ressources à s'armer les unes contre les autres.
« Le glorieux drapeau que nous déployons encore une fois devant ceux qui nous provoquent, est le même qui porta à travers FËurope les idées civilisatrices de notre grande révolution.
« Il représente les mêmes principes, il inspire le même
dévouement.
« Français, je vais me mettre à la tète de cette vaillante armée (|u anime l'amour du devoir et de la patrie.
€ Elle sait ce qu'elle vaut» car elle a vu dans les quatre parties du monde la victoire s'attacher à ses pas.
« J'emmène mon fds avec moi, malgré son jeune Age ; il sait quels sont les devoirs que son nom lui impose, et il est fier de prendre sa part dans les dangers de ceux qui combat* tent pour la patrié.
« Dieu bénisse nos efforts ! Un grand peuple qui défend une cause juste est invincible.
« Napoléon. »
Il n'est certainement pas nécessaire d'analyser cette proclamation. Il est toujours difficile de bien défendre une mauvaise cause, beaucoup plus difficile que ne le croient des avocats subtils. L'Empereur emmena, en effet, à l'armée son jeune fds, né le 16 mars 1856, qu'il avait nommé lieutenant en 1870» et pour lequel il se précif>itait dans cette guerre dont l'issue lui semblait toujours douteuse. Le 28 jaillel, il adressa à cette, armée le proclamation suivante, de Metz (hdtel de TEurope)» où était son quartier général :
« Soldats,
«r Je viens me mettre à votre téte pour défendre Ifionneiir
et le sol (le la patrie.
« Vous allez combaUrc une des meilleures armées de l'Ëuropo; mais d'autres, qui valaient autant qu'elle, n'ont pu résister à votre bravoure* Il en sera de même aujourd'hui.
€ La guerre qai commence sera longue et pénible, car elle aura pour théâtre des lieux hérissés d*obstacles et de forteresses ; mais rion n'est au-dessus des elibrts persévérants des soldats d'Afrique, de Crimée, de Chine, d'itdie et du Mexique. Vous prouverez une fois de plus ce que peut une ;irrm;c ii aiiçaise animée du sentiment du devoir, maintenue par la discipline, enflammée par Tamour de la patrie.
c Quel que soit le chemin que nous prenions liors de nos frontières, nous y trouverons les traces glorieuses de nos pères. Nous nous montrerons dignes d'eux.
« La France entière vous suit de ses vœux ar«lonts et l'univers a les yeux sur vous. De nos succès dépend le sort de la liberté et de la civilisation.
c Soldats, que chacun fasse son devoir, et le Dieu des armées sera avec nous !
« Au quartier impérial de Metz, le 28 juillet 1870.
« Napoléon. »
Cette fois encore, tout commentaire parait superflu. L'empereur Napoléon avait pris pour major général le
maréchal Lebœuf, assisté des généraux de division Lebrun et Jarras conune aides-majors généraux. Le général Sokille reçut le commandement en chef de l'artillerie, et le général Coffînières de Nordeck celui du génie.
Parmi les commandants de corps d'armée, les plus oonnus sont les maréchaux Mao-Maiioa et Bazaine.
Mac-Mahon, né en 1806, sortit de TÊcole militaire de Sainl-Cyr dans l'état-major et pas.^a plus tai'd dans l'infanrie. U servit presque coiistaniment en Afrique, et fut nommé géaértl de farî^uie en 1B48. Rappelé d Algérie en 1855, il reçQt ea Crmiée le oommandemeiit d'une dÎTision du corps de Bosquet. La prise et la conservation du bastion Malakoff, lofft de l'assaut de Sébaslopol, le 8 septembre, i>endirent le nem de Mae*Mahon «élèbre dans r£arope entière. La part brillante qa'il prit à la bataille de Magenta lui valut, en 1859, le tiù^e de duc de Magenta. En 1861, Mac-Maiion représenta la France au couronnement du roi Guillaume 1*' de Prosse, et Téclat extraordinaire qa'il déploya en cette ctrcowtance Htbetueonp parier de loi. Le maréchal reçut à SOD retour le conuiiaiidement du 3*' corps d'armée, et il fut ensuite nommé gouverneur général de l'Algérie en 1864. II ne réussit point dans ce postej et il s'éleva contre lui les plaintes les plus vives qni cependant auraient dû être, à ce qu il parait, dirigées plutôt contre la situation générale que contre la personne du maréchal. L'empereur Napoléon étail^ en eiet» dominé à cette époque par la pensée de faire de TAlgérie nne sorte de royaume arabe, ce qui reculait au second plan la colonisation européenne. Cela eut pour conséquences l'éniigratioa d'un grand nombre de colons et une diminution considérable des ti ansactions. A cela vint s'ajouter, en 1868, la grande fiimine de l'Algérie avec toutes ses horreurs, et œ n'est qu'à partir de ce moment que le gouvernement français se décida sérieusement à songer à donner à la colonie un meilleur système d'administration. On n'avait pas encore fait un grand pas dans cette nouvelle voie, lorsque le maréchal fut rappelé en Europe, au mois de juillet 1870, et placé à la tête du 1" corps d armée. Il jouissait toujours du respect et de la confiance de l'armée.
Le maréchal Bazaine, né en 1811» entra au service, en 1831, comme engagé volontaire; servant en Algérie, il
devînt oÛicier en 1835 ; il fut envoyé en Espagne en 1837, avec la légion étrangère, pour combattre avec les christinos contre les carlistes, ce qui lui fournit l'occasion d'apprendre l'espagnol. Aprè^ son retour, en 1839, il obtint un avancement très-rapide ; il était général de brigade, en 1854, au début de la t^uerrc d'Orient, et fiit iioiauié général de division en 1855. 11 commanda l'expédition contre Kmbum. Ënvoyé au Mexique en 1862, il prit, Tannéesuivante, le commandement en chef de Texpédition française. Ses rapports avec l'empereur Maximilien furent si mauvais qu'on a prétendu souvent que Bazaine avait voulu devenir lui-même empereur du Mexique. Maréchal de France depuis 1864, il ramena, en 1867, les débris de l'armée française et fut assez mal reçu par la nation. Cependant il était aimé de l'armée, d'une part jjarce que, de tous les marcchaux, il était le seul véritablement troupier et qu'il en avait les allures ; d'autre part parce qu'il sut se créer un entourage convenable qu'il traitait assez doucement. H était aussi aimé à la cour qu'à l'armée. Après avoir résidé quelque temps îi Nancy comme chef du 3" corps d'armée, il fut mis à la tête de la garde, en 1809, et reçut, en 1870, le commandement du 3* corps de l'armée active*
Son successeur h la tète de là garde fut le général Bourbaki, né à Paris, en 1816, d'un pc'^re d'origine grecque. Il servit presque toujours en Afrique dans la légion étrangère et dans les zouaves, devint général de brigade en 1854 et général de division en 1857. Il combattit avec distinction en Crimée et en Italie et se fît un nom dans l'armée par sa brillante bi'avoure. En 1869, il commanda la seconde sene du camp de Chàlons. *
Ld maréchal Gaarobert, né en 1809, sortit de Saint-Cyr en 1828. Il servit presque toujours en Algérie, fut nommé général par le prince-président et se fit remarqner dès lors par son attachement à iVapoléon IIL 11 joua un grand rôle dans le coup d'État de 1851, et fut nomme général de division en 1853. On lui sut gré de la modestie avec laquelle il se démit> en 1855, du commandement de l'armée d'Orient. En Italie, il ne prêta pas à temps, au maréchal Niel, l'appui que ce dernier lui demandait à la Lalaiile de Solférino. — Dans ces derniers temps, Canrobert commandait le 1^^ corps d'armée, ou armée de Paris ; en 1870, il fut mis à la téte du > 6* corps, qui, d'après ce qui précède, pouvait être considéré provisoirement comme une armée de réserve.
Le général de Ladmirault, né en 1808, sortit de 1 École de 8aint-Gyr en 1829 et, comme la plupart des officiers d'alors, passa la plus grande partie de sa carrière militaire en Afrique. H fut nommé général de brigade en 1848. Comme général de division, il put une part décisive à la bataille de Solférino, dans laquelle il fut blessé. En 1870, il commandait le 2* corps d'arméeXLille), lorsqu'il fut mis à la tête du 4® corps de l'armée active. Il avait dans l'armée française la réputation d'un tacticien, et c'est pour cette raison qu'il reçut le commandement du camp de Chàlons, en 18b7, lorsqu'on songeait à faire des changements dans la tactique. Ses manœuvres du camp excitèrent un vif intérêt, quoiqu'il ne soit rien resté de leurs résultats qui soit digne de passer k la postérité.
Le général Félix Douay est également un vieil otiicier d'Afrique. £n 1859^ il commandait une brigade dans le corps de Niel et fut grièvement blessé à la bataille de Solférino. Avant la guerre de 1870, il était chef d'une division de l'armée de l^aris.
Le général de Failly, né eû 1807, est sorti de TÊcole de Saint-Gyr. £n 1854, il fut envoyé en Crimée comme général de brigade ; en 1859, il eommanda avec honneur one
division du corps de Niel et se distingua particulièrement à Solférino. Eu 1807. il reçut le commandement de TexpéditicMn chargée de pro léger le Pape contre l'invasion garibaldienne, et il eut le malheur de signer,— probablement sans Tavoirlu, — le rapport sur le combat de Mentana, dans lequel il est dit que « les cliassepots ont fait merveille », On ne lui :\ ]';• ! lais pardonné cela, et par suite, de i:' aiUy, qui est un officier brave et honnête,, a été ehoîsi pour boue émis-» saire des revers des Français en 1870. En 1868, il coin— manda la première série du camp de Chàlons; à la im de 18G9, il avait succédé à Dozaine dans le coDimandement du 3^ corps d'armée (Nancy)*
Le général Froasard, né en 1807, sortit de rËeole polytoclinique. en 1827, dans le corps du génie. 11 assista au siège d'Anvers, servitensuite en Algérie et prit part, en 1849, au siège de Rome, après quoi il remplaça Lebœuf comme commandant en second de TEcole polytechnique*
En 1855, il dirigea les travaux du génie contre Karabelnaia, puis la construction des lignes de Kamicscii après la prise de Sébastopol. Il avait été nommé général de brigade dès le mois de mai 1854. £n 1850, il assista, dans la suite de Morny, au couronnement de l'empereur Alexandre de Russie; plus lard il reçut le commandement du génie à Alger et fut nommé général de division en 1858. Commandant en chef du génie de l'armée d'Italie, en 1850, il dirigea les travaux du siège de Peschiera. Le 15 mars 1867, il devint gouverneur du Pi incc impérial, en 1809, président du Gomité des fortilications, et il commandait, en 1870, le camp de Chàlons, où nous avons dit qu'un grand exerdee de
sî^e devait svoir lieu. Dans les denuer» temps^ Frossard était trop prèsde la eour et trop lois de r&rmée poor pouvoir porter un jugement eiaet sur l'opportunité d'une guerre entre la France et l'Allemagne. Son opinion était que la France seiiiit tôt ou tard attaquée par T Allemagne, sinon du vivant du roi GuUlaume, au moii» par son successeur. Les idées du général sur la guerre- en rase campagne n'étaient pas toujours justes, et le contact des troupes ne senblaitpas lui être très-agréable.
Dans les conditions de la guerre de 1870» la trontière allemande était embrassante contre la France. Les Allemands fi>rmèrent trois armées pour attaquer dîreetenient leur adversaire.
La première armée, sou& les ortlres du général d'infan* terie de Steinmetz, se composait des
7* corps d'armée : général de Zastrew, avec la division d'infanterie» Glûmer, et la 14*, Kamecke;:
8^ corps d'armée : général (jœl)on, avec la io" division d'infanterie» Weltaien, et la 16% Barnekow;
La division de cavalerie, général-iieutenantr comte de Groeben.
Chaque division d'infanterie a\ait un lé-midni de cavalerie divisionnaire; la 3*^ division de cavalerie comptait 4 régiments. La force de la armée était de 55,.0ÛG hommes d'infanterie et de cavalerie.
La deuxième armée, sous le prince Frédéric-Charles de Prusse, était composée de la manière suivante :
Corps de la garde prussienne ; prince Auguste de Wurtemberg, avec les divisions d'infantecie Pape et Budritzki, et la division de cavalerie de Goltz (6 régiments);
Le^l' oorpsallcniaiiiiduNord : généra Wieutenant d'Alvcnsleben,aYcc la 5! division, Stulpnagel, et la 6% Buddenbrock;
Le 4* corps d'armée : général d'infanterie d'ÂlTensleben, avec la 7* division, Schwarzho£f, et la 8*, Schœler;
Le lO** corps d'armée : général de Voigls Rhetz, avec la 19* division, Schwarzkoppen, et la 30% Kraatz-Koschlau;
Le 12' corps d'armée : prince royal de Saxe, avec la 23* division» prince Georges de Saxe» et la 24^ Nerhoif ;
La 5^ division de cavalerie» Rheinbaden, 9 régiments;
La G"' division do cavalerie, duc de Alecklembourg- Schwerin, 5 régiments ;
La division de cavalerie saxonne» comte de Lippe» 4 régiments. ,
Toute la deuxième année comptait 143,000 hommes d'in* iantcric et de cavalerie.
La troisième armée» sous le prince royal de Prusse, renfermait :
Le 5* corps d'armée : général-lieutenant de Kirchbach, avec la 9® division d'infanterie» Sandrart, et la lO', Schmidt;
Le 11*" corps d'armée : géncral-lioulenant de Bose» avec la 21'' division» Schachtmeyer, et la "lit, Gersdorff ;
Le 1^' corps bavarois : général de Tann» avec les divisions d'infanterie Stephan et Pappenheim ;
Le 2' corps bavarois : général de Hartmann, avec les divisions WalUier et comte Bothmer;
La division wurtembei^eoise , général -iieutenaut d'Obemilz;
La division badoise, général de Beyer;
La 4*" division de cavalerie allemande du Nord» prince Albert do i^russe, 6 régiments ;
La division de cavalerie bavaroise, 6 régiments.
La troisième armée comptait 140,000 hommes.
La Bavière; cl Bade avaient donné, le 16 juillet, l'ordre de mobilisation de leurs troupes.
— IGI —
Lq 20 juiilel, iaiiavière déclara au chancelier de la Goniédéi^tion du Nord que, par suite de la déclaration de guerre de la France à la Prusse et de l'entrée des Français sur le terlitoiio allernanti, — c'était une patrouille — elle prendrait part à la guerre sur les l)ase.s des traités d'alliance qui l'unissaient à la Prusse et à l'ÀHemagne du Nord. Le roi de Prusse répondit qu'il prenait immédiatement le commandement (le l'armée bavaroise, et qu'il plaçait les corps buvaroi6 dans iatroisiènio armée, coniiuandée par le prince royal de Prusse. — Le ii juillet, Bad3 se déclara en état de guerre avec la France.
Le 21), le roi de Wurtemberg mit ses troupes à la disposàiuu du roi de Prusse.
Le 27 juillet, le prince royal de Prusse se rendit à Munit^h et prit le commandement de Tarmée bavaroise ; le 28, il était à Stuttgart, le 29 à Karlsruhé, et le 30, à Spire d*où il devait commencer les opérations de son armée.
Les trois armées que les Allemands réunissaient sur la frontière française avaient une force totale de 338,000 hommes. Elles étaient donc fort supérieures à Farmée active française, même en admettant pour cette armée Teffectif le plus fort de ceux que nous avons donnés.
En outre, il restait encore en Allemagne, indépendamment des troupes de remplacement et de garnison, des corps d'armée mobilisés qui pouvaient rejoindre, successivement et selon les circonstances, l'armée active d'opérations, c'étaient :
Le 1*' corps d'armée : général de cavalerie de Manteutïel, avec la l""" division, Bentheim et la 2*^, Prilzelwitz;
Le 2' corps d'armée : général de Fransecky, avec la 3^ di* vision, Hartmann, et la 4^, Hann de Weyhern ;
Le G'' corps d'armée : ^criL'ral de cavalerie de Tumplm^, avec la H'-' division, Gordon, et la 12% lioilinaim; I il
Le 9** corps d'armée : général de Manstein, avec la 18' division, Wrangel, et la 25* (de Hesse-Darmstadt), plus la
25*^ brigade de cavalerie (de la Hesse-Darmstadt);
La 47*^ division d'infanterie, général-lieutenant Schimmelmaan, avec la 17® brigade de cavalerie ; la division de garmson de Mayènce, général-lieutenant Kummer;
La i** division de cavalerie, général-lieutenant de Hartmann, 6 régiments ;
La 2" division de cavalerie, générai-lieutenant comte Siollberg, 6 régiments ;
En outre, 3 divisions mobilisées de landwehr, savoir :
La division de landwehr de la garde, géuéral-major de Loën, 4 régiments à 3 bataillons;
La 1"" division de landwehr, générainnuajor de Treskow, 4 régiments à 3 bataillons ;
La 2* division de landwehr, général-major de Sclchow, 4 régiments à 3 balaillous ;
La 3* division de landwehr, général-major Schuler de Senden, 4 régiments à 3 bataillons.
Chacune de ces quatre divisions de landwehr avait, comme une division d'inianterie de ligne, un régiment de cavalerie divisionnaire (régiment de réserve) et une division d'artillerie (de réserve).
Les troupes ci-dessus représentent encore une force mobilisée de au rnoius 170,000 hommes d'infanterie et de cavâlerie.
Mais on reconnaîtra» d'après les explications que nous avons données dans la première partie de ce livre, qu'il res-' tait encoreenAlleniagne des troupes facilement mobilisables d'une manière régulière.
Le territoire de la Confédération du r^ord fut divisé, le 22 juillet, en cinq gouvernements généraux pour Tadminis-
tr&tion militaire et des opérations secondaires pour la défense du territoire, s'il y avait lieu :
Le premici' gouvernement général comprenait les districts des 1", 2% 9^ et 10* corps d'armée;
Le 2% les districts des 7', 8' et 11® corps;
Le 3% les districts des 3* et 4* corps;
Le ¥, les districts des 5* et 6* corps;
Le o , le district du 12' corps (Saxons).
Le premier de ces goîivernements généraux était, ou sem- .blait être, tout d abord, le plus important dans îles circonstances actuelles. C'était le gouvernement des côtes de la mer du Nord et de la Baltique. Si le gouvernement français avait réellement préparé cette guerre de longue ukiiii, comme on l'a tnnt allirmé, li devait avoir cherché à protiter de la supériorité de sa marine pour transporter des troupes de débarquement. Cette hypothèse ne se réalisa pas, mais les gou* vemements allemands n'avaient pas le droit de supposer que la France se jetterait dans celte cfuerre aussi légèrement qu'elle le lit. Ce premier gouvernement général fut donné au général d'infanterie Yogel de Falkenstein, qui avait prouvé en 1866, qu'il savait conduire seul une armée. — ~^Le com** mandement des Iroupes mobilisées de ce gouvernement fut donné au grauti-duc de Mecklembourg-Schwérin, auquel on attacha un bon chef d'état-major général, le colonel de Krensky.
Le général Herwarlh de Bitienfeld fut nommé gouverneur
générai du deuxième ^«[ouvernenient ; c'est lui qui commandait, en 1806, l'armée de l'Elbe, aile droite de l'armée qui entrait en Bohême. Ce gouvernement devait acquérir deTim* portance si les Allemands étaient rejetés sur la défensive et
forcés de défendre la du llhiii. Si invi ai semblable que fût cette éventualité d après la situation générale et la pro- '
portion des forces militaires» il n'en faut pas moins penser à
tout quand on commence une guerre, leçon que les Français ont eu grand torl de ne pas suivre.
Le quatrième gouvernement général, général-lieutenant de Loewenfeld, et le cinquième (Saxe)» devaient acquérir de l'importance si TAutriche ne restait pas tranquille. On ne sait jamais ce que feront les gens. Si insensé qu'il eût été pour TAutriche de prendre part à cette guerre, les événements dé la guerre entraînent souvent des changements importants dans la politique, contre lesquels 11 faut prendre ù temps ses précautions.
Le troisième gouvernement général n'était, dans tous les cas» qu'un poste honorifique» qui fut donné au général de Bonin.
D'après le plan général d'opérations, les trois armées allemandes devaient marcher sur Paris, centi e (îe l'administration et de la puissance de la France. Trois lignes de marche leur étaient d'abord indiquées :
La 1'"*' armée, Sleinmetz, de Coblenlz sur Sarrelouis, par le duché de Trêves.
La 2^ armée, prince Frédéric-Charles de Prusse» de Mayence par Kaiserslautem» à travers la partie occidentale du Palatinat bavarois.
La 3*^ armée» prince royal de Prusse» de Spire sur Landau, à travers la partie orientale du Palatinat bavarois.
Nous avons déjà dit que le prince royal de Pruss»' arriva à Spire le 30 juillet. Le prince Frédéric-Charles était à Mayence le 26 juillet ; et le général Steinmetz était déjà à Goblentz avant cette date.
Le roi de Prusse se rendit à Mayence le '2 août, quand le prince rrtMlrric-Charles avait déjà quitté cette ville.
Avant de quitter Berlin» le 31 juillet» le roi de Prusse
adressa aux Prussiens et aux Allemands la proclamation
suivante :
c Avant de rejoindre l'armée pour combattre avec ellepoulr Fhonneur de l'Allemagne, et la conservation de nos biens
les plus chers, je veux reconnaître l'élau unanime de mon peuple en accordant une amnistie pour les crimes et délits politiques. J'ai chargé le ministère d'Ëtat de préparer un décret dans ce sens. — Mon peuple sait comme moi que ce n'est pas nous qui avons troublé la paix. Mais, étant provoqués, nous sommes résolus u soutenir la lutte, avec une entière confiance en Dieu pour le salut de la patrie. » .
Le 2 août> il adressa de Mayence* à l'armée, les paroles suivantes :
0 Toute r Allemagne est unanime à prendre les armes contre une puissance voisine qui nous a déclaré la guerre à rimproviste et sans raison. 11 s'agit de défendre la patrie menacée» notre honneur et nos foyers. Je prends aujourd'hui le commandement en chef de l'armée et j'accepte avec confiance une lutte que nos pères ont autrefois soutenue avec gloire. Votre roi et la patrie ont foi en vous. Dieu bénira notre juste cause. »
Par un décret du 19 juillet, le roi Guillaume avait rétabli la croix de fer pour la guerre de 1870-, avec les mêmes statuts qu'en 1813. Cette mesure était destinée à rappeler aux esprits une grande époque et à représenter la guerre actuelle comme un acte de légitime défense contre un ennemi puissant.
Quelques renseignements sur les principaux chefs de l'armée allemande trouveront ici leur place.
Le général de Steinmetz, né en 1796, sortit en 1813 du corps des cadets» et fit avec honneur les campagnes de 1813 à 181$. En 181 4, il mérita la croix de fer. Dans la campagne
de 1848, au Schleswig, il C4)mmaada les deux bataillons de mousquetaires du ^ régiment d'infanterie et obtint Tordre
pour le mérite, La même année, 1848, il reçut le commande* ment du 32* régiment d'infanterie; en 1851, il fut mi? comme colonel à la léte du corps des cadets ; il fut ensuite nommé, en 1854, général-mijor et oommandant de La {daioe de Magdebourg; en 1857, oommandant de la 4* brigade d'infaiiLeiie du la garde , et, la méuie année, commandant de la 1*^ division d'infanterie.
L'année suivante, il fut nonuné général-lieutenant ; il resta assez longtemps à la tète du 2* oorps d'armée, et il fat appelé, en 1854, au commandement en chef du 5' corps d'armée, avec lequel il accomplit des faits glorieux dans la campagne de 1866, comme général d'infanterie. Steinmetz était extrêmement populaire. Le Landtag lui aecorda avec empressement une riche dotation. Il fut ensuite nommé député au reichslag en 186T, et fut moins heureux dans ses propositions d'économie nationale. Cependant ni cet échec, ni son âge avancé ne Tempéchèrent de recevoir un comoumdément dans l'armée active en 1870.
Le prince Frédéric-Charles, né en 1828, général-lieutenant en 1856, fut nommé, en 1860, h 32 ans, général en chef du 3' corps d'armée; il avait fait la campagne du Scfaleswig, en 1848, dans l'état^-major du général Wrangel, et celle do Bade, en 18i0,comracclicf descatlron. En 186^, il coniuianda le corps combiné prussien dans la guerre contre les Danois, et toute Tarmée alliée après le départ de Wrangel. n oommanda ensuite, en 1866, la première armée prus* sienne, gagna les victoires de Muachengraetz et de Gitschin. et soutint la bataille de Kœniggrsetz contre des forces autncbiennes supérieures jusqu'à l'arrivée du prince de Prusse. ^ Le prince excita vivement l'attention par une brochure
sur la manière de combattre les Français, qui fat publiée
en Allemagne sans son consentement et traduite aussitôt en français.
Le prince royal de Prusse, né en 1S31» fut nommé g^éral-lientenant en 1860, d'après les traditions de la dynastie; il fit la campagne du Danemarck, en 1864, dans Tétat-major
do \Vrangel , l'ut ensuite nommé général d'infanterie en i8t>6> et commanda, en cette ({ualité, la deuxième armée prussienne. Le prince royal de Prusse est marié, depuis 1858, avec la princesse Victoria, fille atnéede la reine d'Angleterre, et cette union est des plus hcareuses. H n aime pas la guerre, et il a bien raison. On lui prêtait en France des vues ambitieuses; du moins, l'auteur lui-même a entenda dire en France, trois semaines avant la déclaration de gaerre du 10 juillet, que la paix durerait tant que vivrait le rcd Guillaume, mais que la guerre aurait certainement lieu dès que Tambitieux prince royal succéderait à son père. — Puisse € rambitieux prince royal » avoir le bonheur de voir ces grandes questions réglées avant de monter sur le trône et ouvrir ensuite une ère de paix en Europe, sans orgueil, mais avec l'entière conscience de la force du peuple allemand.
Le général de Zastrow est surtout connu du monde militaire par ses écrits laborieux, mais parfois étranges sur la fortitication. Ces écrits doclrinaires n'ont pas peu contribué à porter, dans les questions les plus simples de fortitication, la confusion qui y règne actuellement en Europe, et ils sont, pour ce motif, vraiment remarquables. Ce général, né en 1801. .«sortit du corps des cadets dans l'inlaiiterie en 1810, ot commença, dès 1828, à écrire sur la fortitication. En 1848, il fut attaché à l'armée sebleswig-holsteinoise, etabandonna alors les idées doctrinaires pour passer au romantique. Après avoir commandé, dans le Schleswig-ilolstein, une bri-
fjade et même une division, il rentra en Prusse en IS^iO, et redevint simple chef de bataillon dans le 2* régiment d'infanterie. Huit ans plus tard, il était cependant général-major, et, en 1863, il fut nommé général-lieutenant et commandant de la 11^ division. Il fit avec elle, d'une manière glorieuse, la campagne de 18GG. A la fin de cette année, il fut nommé commandant du 1^ corps d'armée, et général d'infanterie en 1868,
Le général de Gœben, entra dans Vinfanterie prussienne en 183;^ et fut nommé officier en 18o(). L'année suivante, il donna sa démission pour aller combattre en Espagne du côté des carlistes. 11 y devint lieutenant-colonel , et rentra comme lieutenant dans l'armée prussienne en 1840.11 y fut aussitôt attaché h l'état-major général et ne tarda pas à passer dans ce corps. Il (il la campagne de 1849 dans le Palatinat du Rhin et la Wcstphalie ; il passa ensuite dans l'infanterie mais revint dès 18ë0 dans Tétat-major général en qualité de chef d'escadron. Colonel en 1860, il fut attaché à l'armée espagnole pendant la guerre du Maroc. En 1864, il commanda, comme général-major, la^G' brigade d infanterie dans la guerre contre le Danemarck ; à la tête de la 13* division depuis 1865, il s'acquit une renommée européenne par la manière brillante dont il dirigea cette division de rarméc du Moin ; en 1870, il fui nommé général d'infanterie. Gœben a publié un livre intéressant sur ses campagnes d'Espagne pendant la guerre civile, ainsi que plusieurs brochures sur quelques combats de la campagne de 1866 que sa division livra seule ou dans lesquels elle joua le rôle principal.
Le prince Auguste de Wurtemberg, né en 1813, quitta l'armée vurtembergeoise en 1831 pour entrer dans l'armée prussienne en quidité de capitaine de cavalerie; il devint
général-major en 1844, général-lieutenant en 18.^0, commandant du corps de la garde en 1858, et général de^cavalerie en 1859. Il fît la campagne de 1866 à la tête du corps de la garde.
Le i,^énéral (luslavc d'AlvensiebcM, né en 1803, sorti du corps des cadets en 18i21, passa dans l'ctat-major en 1847 comme chef d'escadron et fit la campagne de Bade en 4849. Devenu gënëral-major en 1858 et gënéraMîeutenant en 18G3, il fît la campagne de I8GG au c^rand quartier général du roi. 11 reçut après la guerre le commanilementdu4®corps et fut nommé général d'infanterie en 1868.
Le général de Voigts-Rhetz, né en 1809, entré dans l'armée l;i ItiiiT, devint officier en 1829 et capitaine d étatmajorcn 1841 ; promu major en 1847, il assista en 1848 au combat de Xionz dans le grand-duché de Posen. Il fut promu général-major en 1858, après avoir exercé auparavant le commandement d*un régiment d'inlanterie, puis celui d'une brigade. De 1859 à 1860, il f at chef du département général de la guerre au ministère de la guerris, et il reçut en 1860 le commandement de la forteresse de Luxembourg et de la brigade de garnison qui s'y trouvait. Conmiandant de la 7*^ division en 1863, général-lieutenant la même année, il fut commandant en chef de la garnison fédérale de Francfort*8ur-le-Mein en 1864, puis au printemps de 1866, plénipotentiaire militaire de la Prusse auprès de la diète. Au début de la guerre il abandonna cette position pour devenir chef d'état-major général de la première armée-(prince Frédéric-Charles); il fut nommé, après la guerre, gouverneur général du Hanovre, et chef du \0' corps d'armée, nouvellement formé, puis, en 1^08, général d'infanterie.
Le général-lieutenant de Kirchbach, né en 1809, sorti du corps des cadets en 1826, devint officier en 1827. Après
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avoir servi longtemps dans Tinfanterie et rempli les fonctions d'aide-de-camp, il fut nonniné major en 1850 et passa l'année suivante dans rétat-major. général. Général-majer en 1863 et général-lieutenant en 1866» il commanda a:?ee distinction la 10^ division d'infanterie dans le corps du général Steinmetz.
Le général de Bose, né en 1809, entra en 1826 an service prussien et fut nommé officier en 1829. Employé sucœsaivement clans riniantcrie, le service d'aide de camp, l'ctatmajor général et au ministère de la guerre, il fui nommé général-major en 1864, et commanda en 1866 la 15* brigade d'infanterie, à la tète de laquelle il prit une part glorieuse h tous les combats qu'eut à livrer l'armée du prince
V Frédéric-Charles. 11 se fit particulièrement remarquer au combat de Presbourg, Après la guerre de 1866» il fut nommé commandant de la 20* division» et, à la fin de la même année, général-lieutenant.
Le général de Tann, né en i8io, entra de bonne heure au service militaire etf après être devenu capitaine d'étatmajor dans l'armée bavaroise, il alla comme volontaire au Schleswig-Holstein, en 1848, pour se mettre à la tète d'un corps franc. Il fut chef d'étal-major général de Willisen en 18^, et chef d'état-major du prince Gharies de Bavière en 1866. Après la guerre, il reprit le commandement d'une division, et lorsque l'armée bavaroise fut divisée en deux
• commandements généraux en 1869, il reçut celui de Munich.