V. GomlntdeSarrebnick,le6aoùt
Le jour môme où l'aile gauche des Allemands gagnait la bataille de Wœrth et mettait en désordre les troupes de Mao- Mahon, leur aile droite remportait une autre victoire contre le 2* corps français, celui du général Frossard.
La {ireniière armée allemande marchait vers la Sarre. Le (i août, ses avant-gardes devaient atteindre cette rivière sans que Ton crût avoir à livrer combat ce jour-là.
Le 7* corps d'armée, Zastrow, avait Taîle droite, le 8^ Gœden, l'aile gauche.
La 13*^ division, Giumer, du 7* .corps, se dirigeait sur
PuUlingen, et ses troupes avancées devaient arriver jusqu'à la Sarre» à Yœlklingen et Kockershausen, au-dessous de Sarrebruek. La i¥ division, Kaniecke> du même corps, devait aller jusqu'à Guehenbach, en envoyant ses troupes avancées jusqu'à Sarrebruek et à Louisenthal, à l'ouest de Sarr^^bruck. Ce n'est que le' août que le gros du 7* corps d'armée devait arriver sur la Sarro.
La 16* division du 8* eorps d'armée arriva le 6, au matin, àFischbach, à 9 kilomètres au sud de Sarrebruek, et la 15'^ division plus en arrière, à Holz.
L'extrcme aile droite de la deuxième armée, prince Frédério-Cbarles, composée du 3' corps d'armée, Alvensleben, et de la 5* division de cavalerîei Rheinbaden, déboucha du Palatinat occidental, s'avançant également dans la direction de Sarrebruek.
Les troupes avancées du 3* corps d'armée devaient atteindre, le 6, cette ville, où la division de cavalerie Rhein^ baden était déjà en partie arrivée le 5. La ^ division d'infanterie, Stiilpaagel, devail camper à 8 kilomètres au nord de Sarrebruek, la division à Neunkirchen, à 19 kilomètres de Sarrebruek.
Le 6 août, de très-bonne heure, le général Kamecke fut informé, par la division Rheinbaden, que les Français avaient abandonné les hauteurs du terrain de manœuvres de Sarrebruek pour se retirer sur les hauteurs de Spicheren (Speichem), et que cette nouvelle position ne semblait ellemême destinée qu'à couvrir une retraite plus prolongée, au moyen du chemin de fer.
Le général Zastrow, qui était en marclie de Lebach sur Bilsbourg, reçut la même nouvelle directement un peu plus tard» et une seconde fois à di^ heures du matin, par Tinter* médiaire de Kamecke.
Le général Kamcckc résolut alors d'attaquer l'arrièregarde de rennemi; il ordonna à sa division de marcher sur Sarrebruck, et il se rendit lui-même à Tavant-garde, qu*il rejoigml vers onze heures du malin. A cette heurc-Ià, il fit avancer» par Sarrebruck, la division de cavalerie llheinbiH den, qu'il fit suivre par l'infanterie de Favant-garde de la 14'' division.
£n effet, le général Frossard était sur le point d'évacuer la position de Spicheren*Forbach. Un grand trouble s'était emparé du commandement en chef de l'armée française depuis la première nuiivcUe du combat de VVissembourîr. D'un côté» l'on voulait que de FaiUy restât en communication avec Mac^Mahon» et, pour cela, ce maréchal devait êtfe rapprocliéducorpsdeFailly, avec lequel Frossard chercherait également à se relier par Sarreguemines. D'un autre coté, on se promettait un grand succès d'une attaque contre la [ lace prussienne de Sarrelouis. On ne doit pas trop accuser les commandants de corps d'armée, ainsi tiradlésd'un cùlôet de 1 autre. Le malheur, c'était que la France avait entrepris cette guerre sans réflexion et avec des forces insuffisantes. Le général de Failly devait donc soutenir Mac-Mahon à droite, rester en communication avec Frossard ù i^auclie, et, avant tout, conserver en même temps sa position de Bitche. Le général Frossard devait conserver ses communications avec de Failly, couvrir tout l'espace compris entre Bitche et Saint-Avold, et avoir cependant des troupes disponibles pour appuyer une grande expédition contre Sarrelouis.
Gomment suffire à tout eela avec 30,000 hommes?
Le 6 août, Frossard était sur le point d'envoyer un fort détachement à Sarreguemines ; la division Vergé devait rester provisoirement sur les hauteurs de Spicheren, et le reste du corps se retirerait sur Saint-AvQld, pour être employé
ensuite contre Sarrelouis, en connexion avec Bazaine, Ladminuit et la garde.
A onze heura passées, le gros de la division Kamecke arriva sur la rive droite de lal^rre, près de Sarrebruck, et reçut ronlre de suivre aussitôt, de l'autre côfé de la rivière, l'avant-garde, qui occupait déjà le terrain de manoeuvres, et 86 trouvait engagée dans un combat d'artillerie contre les hauteurs de Spicheren.
Kamecke fit avancer sa division des deux côtés de la route de Sarrebruck à Forbach contre cette dernière localité et les hauteurs de Spicheren.
Dès qae Frossard fut informé de ce mouvement, il arrêta' les troupes qui étaient déjà en marche sur Saint-Avold et leur fit faire front vers les Allemands; il en informa en même temps Bazainc qui se trouvait le plus rapproché de sa gauche. Le corps de Frossard occupa très-rapidement les hauteurs de Spicheren et celles de Stiring, situées à l'ouest des premières. La division Kamecke rencontra en conséquence une résistance énergique.
Aux premières nouvelles qu'il reçut de Kamecke, le gé-néral Zastrow donna les ordres suivants à une heure : toute la division Glumer devait s'avancer jusqu'à Wehrden et Yoelklingen sur la Sarre, envoyer son avant-garde sur Forhaeh et Ludweiler et avoir des nouvelles des desseins de l'ennemi ; le gros de la division Kamecke, lequel était engagé dvjii depuis lonp^temps ainsi que nous l'avons vu, devait aller jusqu'à Hockershauscn sur la Sarre; l'artillerie de réaerve du corps devait marcher sur Puttlingen.
D'après cet ordre de Zastrow, Glumer fit partir sa division, dont l'avant-garde était à Vœlklingen à 2 heures et ileniie de l'après-midi ; le gros de la division partit à d heures de Puttlingen pour Vœlklingen — près de cinq
.kilomètres — sans rien savoir de ce qui se passait h Sarrobruck, à cause des collines boisées qui l'en séparaient et de la direction du Tent qui empêchait d'entendre le canon. Lea troupes qui se trouvaient plus à l'est entendirent le canon
el \ riiarchèrent.
Parmi ces troupes était d'abord la 16* division, du 8^ corps d'armée. Le commandant de cette division, géné* ral fiamekow» fit aussitôt marcher son avant-garde sur Sarrebruck et, à ,3 heures du soir, il arriva au sud de la \iile avec le 40'" régiment d'infanterie et o escadrons du 9* hussards.
La 9^ brigade d'infanterie, Dœring, qui avait la iéte de l'avant-garde du 3* corps d'armée, était arrivée dans la matinée à Fest de Sarrebruck. Dans une reconnaissance
qu'il fit au sud tle la Sarre, le général Dœring s'aperçut vers 11 heures que des troupes prussiennes (la 14" division) étaient engagées dans un combat contre les hauteurs de Spicheren. Il envoya aussitôt sur la rive gauche de la Sarre au secours de la 14* division les 2 balaiiioiis et l'escadron qu'il avait sous la main, et il ordonna au reste de sa brigade qui était à Dutlweiier, à 5 kilomètres au nord de la Sarre, de se porter en avant, pendant qu'il informait de ses dispo* sitions le général Stulpnagel, commandant la division. Ce dernier en instruisit à son tour le général d'Alvensieben, chef du 3* corps d'armée.
Alvensleben reçut ce rapport à 2 heures de Taprèsmidi, et il fit partir aussitôt toutes les troupes de son corps d'armée qui pouvaient un iver sur le champ de bataille.
Le 12* régiment d'infanterie, de la iOf^ brigade, suivit la ligne du chemin de fer, de Neunkirchen où il se trouvait jusqu'à Saint-Jean, près de Sarrebruck. Le lii*" régiment
d'infanterie, de la même brigade, reçat Tordre de marcher de Saint-Ingbort sur Sarrebruck.
Le 20' régiment d'inlànterie, de la H' brigade (6* divisïon, Buddenbroek), devait prendre le chemin de fer à Saînt-Wendel pour arriver plus rapidement sur le champ de bataille.
La réserve d artillerie du corps, qui élait à Ottweiler» reçut également Tordre de marcher sur Sarrebruck.
La division Kamecke resta seule jusqu'à près de 3 heures du soir, soutenue par la division de cavalerie Rheinbaden.
Kamecke dirigea la 28'" brigade d'infanterie, Woyna, sur btiring et la partie occidentale des hauteurs de Spicheren où se trouvait l'aile gauche de Frossard. Il envoya vers la gauche la 27^ brigade d'infanterie, François, pour escalader les hauteurs escarpées à Test du chemin de Sarrebruck à Spicheren. Il disposa son artillerie sur la hauteur de Folst et le Galgenberg, en face de Spicheren. — Dans le ravin situé au nord du Galgenberg et de la Trëfilerie, se plaça la cavalerie de la 14« division, W hussards, auquel vint se joindre le 11'' hussards, de la divisît)n Rheinbaden.
Une partie de la division de cavalerie lllieinbaden, se déploya dans le ravin entre le Winterberg et les hauteurs de Spicheren.
Kamecke gagna du terrain sur sa droite avec la 28® hri*
i^ade, et s'empara successivement, quoiqu'avec de grandes pertes, du bois situé entre la Tréhlene et Stiring ; à Taile gauche» les choses allaient moins bien et l'attaque contre le bois de Spicheren ne réussissait pas. C'est là que tonib^. le brave général François, chef de la S7® brigade d'infan** terie.
A 3 heures du soir, paraissaient sur le champ de bataille les premières troupes du 8' corps d'armée, notamment le
40® régiment, et, sur le Wînterberg, les premières troupes
tlu corps d'armée, brii^adeDœring.
Bientôt âprès arriva le général Gœben qui prit le (3ommandement en chef. 11 envoya le 40* régiment soutenir la 37* brigade d'infanterie en se joignant à son aile gauche. A gauche du 40*^, opérèrent ensuite les troupes du 3' corps d'armée, qui arrivèrent sur le champ de bataille, et dont la première fut la brigade Dœring.
Lorsque ces troupes arrivèrent, h 3 heures à peu près, le général Kamecke n'avait plus de réserve d'infanterie ; sa seule réserve était son régiment de hussards et l'artillerie du Galgenberg, laquelle fut renforcée de deux batteries de la 10^ division^ Barnekow.
Lorsque Kamecke fut complètement engagé, i( en informa le général Zastrow, en lui représentant sa situation aussi favorable que possible; il lui disait que la 14^ division était engagée dans un violent combat d'infanterie, mais qu'elle gagnait du terrain et que leâ batteries françaises se retiraient des hauteurs de Spicheren.
Zastrow reçut ce rajypoit a ô lieures de l'après-midi, et jugea convenable de se rendre de sa personne à Sarrebruck. Avant d'y arriver, il entendit le canon, et il envoya un officier au général Glumer pour Tinlormer de la situation.
A 4 heures et demie du soir, Zastrow arriva sur le Galgenberg, au sud de Sarrebruck ; Gœben, moins ancien gé^ néral que lui, lui donna le commandement. — AS heures, arrivait Alvensleben qui avait déjfi indiqué à ses troupes disponibles la direction de Darlen au bois de Spicheren et, k travers ce bois, contre Taile droite de Frossard. Le bois de Spicheren fut enfin pris. Les Français , renforcés sur leur aile gauche par une division du corps lia^aine, reprirent
«noore Toffensive sur ce point mais sans réuseir à se faire jour.
Mais d'un autre côté les Allemands ne pouvaient parvenir à déboucher du bois de Spicheren dont ils étaient maitres. Il leur fallait absolument amener de rartiUerie sur le pla^ teau pour pouvoir y gagner du terrain et, en effet, deux batteries de la S' division réussirent h gravir les pentes escarpées des hauteurs de Spicberen. Ces batteries, réunies à l'infanterie tinrent les Français en échec. Leur aile droite fut mise dans l'impossibilité d'avancer.
Sur ces entrefaites» le £rénéral Zastrow ordonna un mou* vemcnl oiïensif contre l uilc gauche frauçaibe qui ctaitpostée sur le Kreuzberg.
Comme les trompes du 3® corps d'armée qui venaient d'arriver formaient déjà une bonne réserve d'infanterie» 6 bataillons et 2 batteries de la 5« division d'infanterie étaient prêts à 6 heures pour celte offensive. Mais avant qu'ils eussent attaqué, l'aile gauche française fit elle-même un mouvement offensif à 6 heures et demie. Ce mouvement tourna à l'avantage des Allemands en ce qu'il amena leur adversaire sous le feu de leur artillerie. Lorsque cette artillerie eut tiré pendant quelque temps, Tiniantcrie \)vussienne attaqua et, après un combat très-court, elle rejeta l'aile gauche française sur Spicberen et Alsting.
Ce mouvement décida l'affaire principale à 7 beures du soir. Les Français transportèrent toute leur artillerie sur les hauteurs de Kerbach^ au sud du champ de bataille, pour couvrir la retraite. Quelques régiments isolés r^rirent bien encore Toffensive, ce qui ne pouvait avoir d'autre résultat que d'arrêter la poursuite des Prussiens. Ce n'est qu'à 8 heures et demie que le combat cessa couiplétemenl, et le <ïorps de Frossard ne se retira pas en très-bon ordre.
La tète de colonne de la iZ^ division en était un peu causo. î/avant-garde de celte division était arrivée, coimne nous l'avons vu, à Yœlktingen vers 2 heures et demie, sans
douter du oombat qui se livrait sur les hauteurs de Spicheren ; ce n'est qu'à 5 heures que l'officier envoyé par Zastrow arriva à VœlklinLren. L'avant-garde composée de 2 bataillons, partit aiissitul par Ludweiler et Rosseln pour Forhach où elle arriva à la nuit tombante. Ces deux batail-" Ions étaient très-fatigués et ne songeaient pas à faire une attaque de nuit. Mais ils furent aperçus parles Français qui les prirent cci laincmciit pour un corps d'aniiée entier, car ils évacuèrent en toute iiàte Forbach qu'ils occupaient jusqu'alors. Par suite de la marche des Prussiens sur la route de Forbach à Saint-Avold, la retraite du corps de Frossard s'opéra vers le sud, d'abord sur Puttelange, de sorte qu'on ne sut pas pendant quelques jours, au quartier général de Metz, ce qu'il était devenu.
La 16^ division arriva également le soir à Sarrebruck, en ' même temps que le général Steinmetz, chef de la première armée, qui la mit aussitôt à la disposition de Zastrow. Elle ne fut cependant pas employée.
Les Prussiens avaient engagé 27 bataillons, c'est-à-dire environ 27,000 hommes. Le corps de Frossard avait à peu prè» la même force, et si on lui ajoute une division de Bazainc (1) qui, à la vérité, fit peu de chose, la supériorité
(1) U division Metmann, du 3* corps (BazaiiM), avail été réellenient déttchéevers Foibseh« poar y être mise k la disposition do général Frossard. le 6 aoAt. Cette division, n'tijm point reçn d'ordres de Frossard, erot k une canonnade d'avant-posles et resta dans les environs de Moffsbacb, sans paraître snr le ebamp de bataille où elle ne fot point appelée. Elle ne brAla donc pas un» cartouche et ne pent éire comptée parmi les tronpes engagées;
(A Ole in fnitMtwr.)
numérique était celle fois pour les Français. Cela donne une importance particulière à la victoire longtemps contestée des Prussiens, d'autant plus qu'ils étaient les agresseurs et que les Français occupaient une position naturellement
très-forte, qu'ils avaient encore fortifiée par des traachéesabris.
Les pertes des Prussiens étaient grandes. La 5* division
seulement perdit environ 2,000 tués et blessés, dont 239 tués. La perte de la i¥ division ne fut cerlainorncnl pas moins considérable; le 40' régiment perdit aussi beaucoup de monde, enfin la perte totale fut d'au moins 4,000 hommes Au nombre des morts se trouvait le général de François et, parmi les blessés, le colonel de Reuter, commandant le 12^ régiment d'infanterie.
Les Français doivent avoir eu autant d'hommes tués et blessés que les Allemands,, et ils perdirent en outre, 2,000
prisonniers.
Les Allemands s'emparèrent d'une colonne de pontons, de beaucoup de voitures de vivres, d'un magasin dans Forbacli et des tentes de la division Vergé qui occupait au début les hauteurs de Spicheren.
Le 6 août était un grand, jour de victoire pour les armes allemandes : deux corps d'armée français étaient battus et
hors d'élal du conibaltre pour quelque temps, des fraclions d'autres corps, notamment du3*' et du 7% élaientaussi atteintes par ces combats. Les masses des trois armées allemandes pouvaient maintenant se réunir sans obstacles à l'ouest des Vosges et tomber avec toutes leurs forces sur les corps frangeais encore disponibles.
Avant de continuer le récit des opérations militaires, il nous faut jeter un coup d œil sur Paris, pour examiner les
modifications que les événements de la guerre avaient apportées dans la politique, et qui réagirent à leur tour sur la marche de la guerre.
YI. ReiraiM du ministère OUirier. — Le ministère Palikao.
Le jour même des grandes affaires de Forbach et de Wœrth, une dépêche, aflicliée à la Bourse de Paris, annonçait une grande victoire des Français, en disant à peu près que Tarmée du prince royal était })i esque détruite. C'était une manœuvre de bourse. Cependant la nouvelle se répandit dans Paris avec la rapidité de l'éclair et les Parisiens crurent volontiers ce qu'ils désiraient. La ville se pavoisa de • 4rapeaux tricolores et l'on prépara des illuminations pour le soir.
Mais le bruit courut bien tût que la nouvelle affichée à la Bourse était fausse, et Ion ajouta bien vite que certains ministres n'étaient pas étrangers à cette manœuvre sur laquelle ils basaient une spéculation. Gela produisit une irritation générale; il y eut des troubles à la Bourse, et une foule considérable se rendit, vers 3 heures du soir, au palais du ministre président pour lui demander quelles nouvelles officielles il avait reçues.
Ollivier ne revint qu'à 3 heures et demie de Saint-Cloud où il s'était rendu auprès de la régente, à la nouvelle du combat du Wissembourg, la seule mauvaise qu'il eut encore reçue. Il eut de la peine à traverser la foule pour arriver à son hôtel, et il parla de son balcon à la multitude : souvent interrompu, il affirma (|iie le ministère coniomniquait immédiatement aux journaux toutes les nouvelles oâicielles qu'il
recevait ;que la dépèche aâîchée à UBaurse était une manœuvre indigne dont les auteurs seraient recherchés, et 'qu'on prendrait les mesures pour empêcher un pareil fait de se reproduire. 11 ne pouvait fermer la Bourse, comme on le Vn demandait, sans consulter auparavant le conseil des ministres.
L;i. vi'rité, ajoutail-il, c'était qu'une MUile division de G,OUU à 7,000 hommes avait été battue après s être défendue héroïquement contre deux corps d'armée prussiens. Mais le maréchal Mac-Mahon se disposait à faire payer cher à Tennemi le succès momentané qu'il n'avait dû qu'à la supériorité du nombre. S'il arrivait d'autres nouvelles^ — bonnes ou mauvaises, — elles seraient immédiatement communiquées aux Parisiens. — « Ayez confiance en nous, — concluait Ollivier, — connue nous avons contiance en vous. Pendant que nos frères se battent à la frontière, ayons assez d'empire sur nous pour les soutenir par notre patience. Béunissons-nous dans un cri unanime de : Vive la patrie ! Vive la France ! »
Les Parisiens sont bons enfants. Après ce discours, la foule se dispersa lentement, mais sans être complètement revenue de son abattement et de son irritation.
Le 7 août, arrivèrent les tristes nouvelles de Wtiîrth et de Forbach. L'Empereur télégraphiait de Metz que si l'armée pouvait se maintenir sous cette place, Paris et la France devaient se résoudre à de grands efforts de patriotisme.
L'Impératrice accourut de Saint*Gloud. Le Gouvernement, qui avait déjà résolu, le 6 août, de convoquer les Chambres pour le H, avança celte date au 9 août. 11 l'annonça aux Parisiens dans une proclamation où il faisait appel aux forces et au patriotisme de tous.
Deux faits dignes de remarque : c est que les journaux
furent exaspérés de voir les Allemands envahir la France,, tandis qu'ils avaient déclaré que l'invasion de l'Allemagne
par les Franriiis élail chose lûute naturelle, et papfaitemenl dans roptlre ; le second, c'est que tout le monde prévit aussitôt un siège de Paris dans un avenir prochain, ce qui ne devait pas être cependant la conséquence inévitable de trois batailles perdues.
Le 7 août, le général Dejean, ministre de la guerre par intérim, lit paraître un décret en trois articles :
1 . — ' Tous les citoyens de 30 à 40 ans, en état de porter les armes, qui n'appartiennent pas à la garde nationale sédentaire y seront incorporés ;
2. — La garde nationale de Paris sera employée à défendre la capitale et à mettre ses ouvrages en état de défense.