‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 111 sur 280 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

XIV. Après avoir rangé son armée sur trois lignes, il parcourut rapidement une distance de huit mille pas, et arriva au camp des Germains avant qu'ils aient pu se douter de ce qui se passait. Ceux-ci, surpris et effrayés de tout, et de la rapidité avec laquelle nous étions arrivés, et de l'absence de leurs députés et de leurs chefs, ne pouvaient, faute de temps, ni délibérer, ni prendre les armes, et ne savaient, tant ils étaient troublés, s'ils devaient marcher à notre rentontre, défendre leur camp ou chercher leur salut dans la fuite. Leurs clamenrs et leur agita-

tion trahissaient leur épouvante, et nos soldats, irrités du

guet-apens de la veille, se lancérent à l'attaque du camp. Là, ceux qui avaient pu s'armer à la háte opposérent quelque résistance et combattirent au milieu des chariots et des bagages; le reste de cette foule, les enfants et les femmes, — les Germains avaient quitté leur pays et passé le Rhin avec leurs familles, — commencérent à fuir de tous côtés, et César lança sa cavalerie à leur poursuite. XV. Aux cris poussés derrière eux, et en voyant tuer les leurs, les Germains jetèrent leurs armes, abandonnérent leurs enseignes, s'élancérent hors du camp et arri-

XIV. Acie triplici instituta et celeriter octo millium itinere confecto, prius ad hostium castra pervenit, quam quid ageretur, Germani sentire possent. Qui omnibus rebus subito perterriti, et celeritate adventus nostri et discessu suorum, neque consilii habendi neque arma capiendi spatio. dato, perturbantur, copiasne adversus hostem ducere , an castra defendere, an fuga salutem petere præstaret. Quorum timor quum fremitu et concursu significaretur, milites nostri pristini diei perfidia incitati in castra irruperunt. Quo loco qui celeriter arma capere potuerunt, paulisper nostris restiterunt atque inter carros impedimentaque proelium commiserunt ; at reliqua multitudo puerorum mulierumque (nam cum omnibus suis domo excesserant Rhenumque transierant) passim fugere coepit; ad quos consectandos Casar equitatum misit.

XV. Germani, post tergum clamore audito, quum suos interfici viderent, armis abjéctis signisque militaribus relictis, se ex castris ejecerunt, et quum ad confluentem Mose et Rheni pervenis-

vérent au confluent de la Meuse et du Rhin. Un grand nombre avaient été tués pendant la déroute, et là, ceux qui restaient, désespérant de s'enfuir plus loin, se précipitérent dans le fleuve, et y périrent victimes de leur frayeur, de leur fatigue et de la violence du courant. Les nótres ne perdirent pas un seul homme; ils n'eurent que quelques blessés, et délivrés de la crainte qu'inspirait une guerre où le nombre des ennemis était de quatre cent trente mille, ils rentrérent dans leur camp. César autorisa les Germains qu'il avait retenus à se retirer; mais ceux-ci, craignant que les Gaulois dont ils avaient ravagé les campagnes ne les punissent par des supplices et des tortures, dirent qu'ils voulaient rester auprés de lui; ce qui leur fut accordé !5,

XVI. Aprés avoir terminé la guerre des Germains , César résolut, pour diverses raisons, de passer le Rhin; la plus importante était qu'en voyant les Germains se décider aussi facilement à venir dans la Gaule, il voulut les faire craindre pour leur propre pays, lorsqu'ils sauraient qu'une armée romaine pouvait et osait traverser le fleuve. De plus, cette cavalerie des Usipétes et des Tenctéres, qui avait passé la

sent, reliqua fuga desperata, magno numero interfecto, reliqui se in flumen præcipitaverunt, atque ibi timore, lassitudine, vi fluminis oppressi perierunt. Nostri ad unum omnes incolumes, perpaucis vulneratis, ex tanti belli timore, quum hostium numerus capitum ccccxxx millium fuisset, se in castra receperunt. Caesar his, quos in castris retinuerat, discedendi potestatem fecit. Illi supplicia cruciatusque Gallorum veriti, quorum agros vexaverant, remanere se apud eum velle dixerunt. His Cesar libertatem concessit.

XVI. Germanico bello confecto, multis de causis Casar statuit sibi Rhenum esse transeundum ; quarum illa fuit justissima, quod, quum videret Germanos tam facile impelli ut in Galliam venirent, suis quoque rebus eos timere voluit, quum intelligerent et posse et audere populi Romani exercitum Rhenum transire. Accessit etiam quod illa pars equitatus Usipetum et Tencterorum, quam supra commemoravi prædandi frumentandique causa Mosam trans-

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