‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 114 sur 280 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

de ces faits, César mit ordre aux affaires pour lesquelles il avait conduit son armée au delà du Rhin, c'est-à-dire pour effrayer les Germains, pour punir les Sicambres, pour faire lever le blocus du pays des Ubiens; et après avoir passé dix-neuf jours sur l'autre rive du fleuve, persuadé qu'il avait assez fait pour la gloire et les intéréts de la république, il revint dans la Gaule et fit couper le pont.

: XX. L'été était déjà fort avancé, et quoique dans la partie septentrionale de la Gaule les hivers soient précoces, il se disposa cependant à partir pour la Bretagne, parce qu'il savait que dans la plupart de nos guerres contre les Gaulois, les Bretons leur fournissaient des secours. 1l pensait d'ailleurs, quand bien méme la saison ne lui permettrait pas de faire la guerre, qu'il lui serait fort utile de se rendre dans cette ile", d'en reconnaitre les habitants, le sol, les points de débarquement, qui étaient presque entiérement inconnus des Gaulois. En effet, personne, excepté les marchands, ne s'aventure dans ce pays, et les marchands euxmémes n'en connaissent que la cóte et la partie qui fait face à la Gaule. 11 en appela donc de tous côtés auprès de lui, mais il ne put rien savoir sur la grandeur de l'ile, sur

delectum medium fere regionum earum, quas Suevi obtinerent : hic Romanorum adventum exspectare atque ibi decertare constituisse.» Quod ubi Cæsar comperit, omnibus rebus his cpnfectis, quarum rerum causa traducere exercitum constituerat, ut Germanis metum injiceret, ut Sigambros ulcisceretur , ut Ubios obsidione liberaret, diebus omnine decem et octo trans Rhenum consumptis, satis et ad laudem et ad utilitatem profectum arbitratus, se in Galliam recepit, pontemque rescidit.

XX. Exigua parte æstatis reliqua Csesar, etsi in his locis, quod omnis Gallia ad septentriones vergit, maturz sunt hiemes, tamen in Britanniam proficisci contendit, quod omnibus fere Gallicis bellis hostibus nostris inde subministrata auxilia intelligebat, et, si tempus anni ad bellum gerendum deficeret, tamen magno sibi usui fore arbitrabatur, si modo insulam adisset et genus hominum perspexisset, loca, portus, aditus cognovisset; qux omnia fere Gallis erant incognita. Neque enim temere prxter mercatores illo

les nations qui l'habitaient; si elles étaient ou non habituées à la guerre; quelles étaient leurs institutions, et s’il existait sur les côtes des ports assez vastes pour recevoir une flotte nombreuse composée de gros navires,

XXI. Pour faire cette reconnaissance, avant de s'exposer au danger, il fait partir avec un vaisseau long Caius Volusénus, qu'il jugeait propre à cette expédition, et lui ordonne, quandilaura tout examiné, derevenir au plus vite. Lui-même avec toutes ses troupes se rend chez les Morins, parce que de là jusqu'en Bretagne la traversóe est trés-courte. Il donne ordre à tous les navires qui se trouvaient aux environs, et à la flotte qu'il avait construite l'été précédent pour faire la guerre aux Vénétes, de se réunir dans ce pays. Pendant ce temps, ses projets ayant été connus et annoncés par des marchands, les Bretons lui envoyérent, de la part d'un grand nombre de cités de leur ile, des députés pour lui promettre qu'ils livreraient des otages, et qu'ils obéiraient à la puissance romaine. César, aprés les avoir entendus, leur fit des promesses affectueuses, les engagea à persister dans les mémes sentiments, et les renvoya chez eux, en leur adjoignant Commius, qu'il avait donné pour roi aux Atré-

adit quisquam, neque his ipsis quiequam preter oram maritimam atque eas regiones, quie sunt contra Gallias, notum est. Itaque vocatis ad se undique mercatoribus, neque quanta esset insule magnitudo, neque qus aut quante nationes incolerent, neque quem usum belli haberent aut quibus institutis uterentur, neque qui essent ad majorum navium multitudinem idonei portus, reperire poterat.

XXI. Ad hzc cognoscenda, priusquam periculum faceret, ido—- . neum esse arbitratus Caium Volusenum, cum navi longa premittit. Huic mandat, uti exploratis omnibus rebus ad se quamprimum revertatur. Ipse cum omnibus copiis in Morinos proficiscitur, quod inde erat brevissimus in Britanniam trajeetus. Huc naves undique ex finitimis regionibus, et quam superiore æstate ad Veneticum bellum effecerat classem, jubet convenire. Interim consilio ejus cognito et per mercatores perlato ad Britannos, a compluribus insule civitatibus ad eum legati veniunt, qui polliceantur

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