‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 115 sur 280 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

bates aprés les avoir vaincus; Commius, dont César avait éprouvé le courage et la prudence, et qu'il pensait lui être trés-dévoué, jouissait dans cette partie de la Gaule d'un grand crédit. Il lui recommande de visiter toutes les nations avec lesquelles il pourra se mettre en rapport; de les engager à rester fidéles au peuple romain, et de revenir le plus tót possible lui rendre compte de sa mission. Volusénus, aprés avoir examiné le pays autant qu'il pouvait le faire, car il n'osait point quitter son vaisseau et se fier aux barbares, revint au bout de cinq jours auprès de César, et lui rendit compte de ce qu'il avait vu.

= XXII. Tandis que César était arrêté dans ces lieux pour préparer sa flotte, des députés vinrent le trouver au nom d'une grande partie des Morins, pour se justifier de la conduite qu'ils avaient tenue précédemment ; ils n'avaient, disaient-ils, fait la guerre au peuple romain que parce qu'ils lui étaient complétement étrangers, qu'ils ne connaissaient point nos coutumes; et ils promettaient de faire ce qu'il leur ordonnerait. César pensa que cette députation était venue à propos, parce qu'il ne voulait point laisser d'ennemis der-

obsides dare atque imperio populi Romani obtemperare. Quibus auditis, liberaliter pollicitus, hortatusque ut in ea sententia permanerent, eos domum remittit, et cum iis una Commium, quem ipse, Atrebatibus superatis, regem ibi constituerat, cujus et virtutem et consilium probabat, et quem sibi fidelem esse arbitrabatur, cujusque auctoritas in his regionibus magni habebatur, mittit. Huic imperat, quas possit, adeat civitates, horteturque ut populi Romani fidem sequantur, seque celeriter eo venturum nuntiet. Volusenus, perspectis regionibus omnibus quantum ei facultas dari potuit, qui navi egredi ac se barbaris committere non auderet, quinto die ad Czsarem revertitur, quaque ibi perspexisset renuntiat,

XXII. Dum in his locis Cæsar navium parandarum causa moratur, ex magna parte Morinorum ad eum legati venerunt, qui se de superioris temporis consilio excusarent, quod homines barbari et nostre consuetudinis imperiti bellum populo Romano fecissent, seque ea qua imperasset, facturos pollicerentur. Hoc sibi Csesar

riére lui; qu'il n'avait pas, à cause de la saison, le temps de faire la guerre; qu'il ne croyait pas devoir se détourner de l'expédition contre la Bretagne pour s'occuper de si minces affaires; et il demanda un grand nombre d'otages. Quand on les eut amenés, il recut la soumission des Morins. Aprés avoir réuni environ quatre-vingts navires de charge, ce qui lui paraissait suffisant pour transporter deux légions, il distribua ce qui restait de galéres au questeur, aux lieutenants et aux préfets. Tl avait encore dix-huit navires de charge, qui, retenus par le vent à huit mille pas de là, ne pouvaient arriver dans le méme port. 11 y placa les cavaliers; il chargea les lieutenants Quintus Titurius Sabinus et Lucius Aurunculéius Cotta de conduire le reste de l'armée chez les Ménapiens, et dans les bourgs des Morins, qui ne lui avaient point envoyé de députés. Il ordonna au lieutenant Publius Sulpicius Rufus de garder le port avec une garnison suffisante.

XXIII. Aprés avoir pris ces dispositions, César, voyant que le temps était favorable à la navigation, leva l'ancreà la troisiéme veille, et donna ordre à la cavalerie de se ren-

satis opportune accidisse arbitratus, quod neque post tergum hostem relinquere volebat, neque belli gerendi propter anni tempus facultatem habebat, neque has tantularum rerum occupationes Britanniæ anteponendas judicabat, magnum iis numerum obsidum imperat. Quibus adductis, eos in fidem recepit. Navibus circiter Lxxx onerariis coactis contraetisque, quod satis esse ad duas transportandas legiones existimabat, quod preterea navium longarum habebat, quæstori, legatis prefectisque distribuit. Huc accedebant xvii onerariæ naves, qua ex eo loco ab millibus passuum octo vento tenebantur, quo minus in eumdem portum venire possent : has equitibus distribuit. Reliquum exercitum Quinto Titurio Sabino et Lucio Aurunculeio Cotta legatis in Menapios atque in eos pagos Morinorum, ab quibus ad eum legati non veneraut, ducendum dedit; Publium Sulpicium Rufum legatum cum eo praesidio, quod satis esse arbitrabatur, portum tenere jussit. XXIII. His constitutis rebus, nactus idoneam ad navigandum tempestatem , tertia fere vigilia solvit, equitesque in ulteriorem

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