‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 116 sur 280 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

dre dans le port ultérieur, de s'embarquer et de le suivre. Celle-ci ayant mis trop de lenteur à exécuter cet ordre, il n'arriva qu'avec les premiers vaisseaux sur les cótes de la Bretagne, et il vit l'ennemi en armes déployant ses troupes sur toutes les collines ?. La disposition des lieux était telle, et l'espace qui séparait la mer des montagnes tellement resserré, qu'un trait lancé des hauteurs pouvait atteindre le rivage. Jugeant cette plage fort incommode pour débarquer, il attendit sur ses ancres, jusqu'à la neuviéme heure, que les autres navires fussent arrivés. Pendant ce temps il convoqua les lieutenants et les tribuns, leur fit part de ce que Volusénus lui avait appris, exposa son plan, et les engagea — comme le voulaient les lois de la guerre, et surtout comme il importait de le faire sur une flotte où les manœuvres sont promptes et changent sans cesse — de diriger tout par eux-mémes, avec un pouvoir absolu et selon les circonstances. Quand il les eut congédiés, il profita d'un bon vent et de la marée, donna le signal, leva l'ancre, s'avanga à une distance de sept milles environ, et rangea ses navires en avant d'une plage unie et découverte.

portum progredi et naves conscendere et se sequi jussit. A quibus quum paullo tardius esset administratum , ipse hora circiter diei quarta cum primis navibus Britanniam attigit, atque ibi in omnibus collibus expositas hostium copias armatas conspexit. Cujus loci hæc erat natura, atque ita montibus angustis mare continebatur, uti ex locis superioribus in litus te'um adigi posset. Hunc ad egrediendum nequaquam idoneum locum arbitratus, dum relique naves eo convenirent , ad ho?am nonam in ancoris exspectavit. Interim legatis tribunisque militum convocatis et quæ ex Voluseno cognosset, et quz fieri vellet, ostendit, monuitque ut rei militaris ratio, maxime ut maritime res postularent, ut qu: celerem atque instabilem motum haberent, ad nutum et ad tempus omnes res ab iis administrarentur. His dimissis, et ventum et æstum uno tempore nactus secundum, dato signo et sublatis ancoris, circiter millia passuum septem ab eo loco progressus, aperto ac plano litore naves constituit.

XXIV. Les barbares, en voyant quelle était l'intention des Romains, firent marcher leur cavalerie et les chars à deux roues dont ils ont l'habitude de se servir dans les combats, et les suivant avec le reste de leurs troupes, ils s'opposérent au debarquement, qui présentait de grandes difficultés: car les navires, à cause de leur grandeur, étaient forcés de rester au large. Les soldats ne connaissaient point les lieux; accablés du poids écrasant de leurs armes, les mains embarrassées, ils devaient tout à la fois descendre des navires, se soutenir dans l'eau, et combattre les ennemis, tandis que ceux-ci, placés sur un terrain sec, ou ne s'avancant que de quelques pas dans la mer, libres de tous leurs mouvements, et parfaitement renseignés sur les lieux, lancaient hardiment leurs traits, et poussaient contre nous

leurs chevaux habitués à cette manœuvre. Tout cela inti-

midait nos hommes; et comme ils n'avaient aucune expérience d'une semblable guerre, ils ne montraient point le méme élan et la méme ardeur que dans les combats sur la terre ferme.

XXV. Aussitôt que César s'en apercut, il ordonna de faire avancer à quelque distance des navires,de charge les

XXIV. At barbari, consilio Romanorum cognito, præmisso equitatu et essedariis, quo plerumque genere in proeliis uti consuerunt, reliquis copiis subsecuti, nostros navibus egredi prohibebant. Erat ob has causas summa difficultas , quod naves propter magnitudinem nisi in alto constitui non poterant, militibus autem ignotis locis, impeditis manibus, magno et gravi onere armorum oppressis, simul et de navibus desiliendum et in fluctibus consistendum et cum hostibus erat pugnandum, quum ili aut ex arido aut paullum in aquam progressi, omnibus membris expediti, notissimis locis audacter tela conjicerent et equos insuefactos incitarent. Quibus rebus nostri perterriti, atque hujus omnino generis pugne imperiti, non eadem alacritate ac studio, quo in Deere uti prœliis consuerant, nitebantur.

XXV. Quod ubi Cæsar animadvertit, naves longas, quarum et species erat barbaris inusitatior et motus ad usum expeditior,

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