‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 12 sur 280 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Pison? par la passion du pouvoir, il se ligua avec les nobles, et conseilla aux habitants de la cité de sortir du pays avec toutes leurs forces : «il leur serait très-facile, puisqu'ils l'emportaienten couragesur tous les autres peuples, de s'emparer de l'empire de la Gaule. » il les persuada d'autant plus facilement , que les Helvétes sont de tous cótés enfermés chez eux, par la disposition méme des lieux; d'un côté, par le Rhin, fleuve trés-large et très-profond, qui les ' sépare de la Germanie; de l'autre, par le Jura, montagne trés-élevée , placée entre eux et les Séquanes; d'un troisième côté, par le lac Léman et le Rhône, qui forme la limite entre leur cité et la province romaine. 1l résultait de là qu'ils ne pouvaient s'étendre au loin ; qu'il leur était difficile de porter la guerre chez leurs voisins ; et pour des hommes épris de la guerre c'était un grand sujet de douleur. En raison de leur nombreuse population, de leur gloire militaire et de leur courage, ils se croyaient à l'étroit dans un pays qui avait en longueur deux cent quarante mille pas, et cent quatre-vingt mille pas en largeur?. 1H. Entrainés par ées motifs, et séduits par l’ascen: ' dant d'Orgétorix, ils résolurent de préparer ce qui était

de finibus suis] cum omfibus copiis exirent : « perfacile esse, quuin virtute omnibus priestarent, totius Gallix imperio potiri. » Id hoc facilius eis persuasít, quod undique loci natura Helvetii continentur : una ex parte flumine Rheno, latissimo atque altis» simo, qui agrum Helvetium a Germanis dividit; altera ex parte monte Jura altissimo, qui est inter Sequanos et Helvetios ; tertia lacu Lemanno et flumine Rhodano, qui Provinciam nostram ab Helvetiis dividit. His rebus flebat ut et minus late vagarentur, et minus facile flnitimis bellum inferre possent: qua ex re homines bellandi cupidi magno dolore afficiebantur. Pro multitudine autem hominum et pro gloria belli atque fortitudinis angustos se fines habere arbitrabantur , qui in longitudinem millia passuum CCXL, in latitudinem cLxxx patebant.

III. His rebus adducti et auctoritate Orgetorigis permoti constituerunt ea quæ ad proflciscendum pertinerent, comparare, jumentorum et carrorum quam maximum numerum coemere,

nécessaire pour partir. Ils rassemblent une grande quantité de bétes de somme et de chariots; ils font des semailles considérables, pour avoir sous la main , pendant les marches, d'abondantes provisions de blé, ils ratifient avec les cités voisines les traités de paix et d'alliance. Ils pensaient que deux ans devaient suffire à terminer tous ces préparatifs, et ils fixérent par une loi le départ à la troisiéme année. Orgétorix est chargé d'expédier toutes ces affaires; i] se charge lui-même de la députation vers les cités. Dans ce voyage, il persuade au Séquane-Castic, fils de Catamantaléde, dont le pére avait régné pendant de longues années sur la Séquanie, et avait recu du sénat le titre d'ami du peuple romain, de prendre dans la cité le rang supréme qu'avait occupé son pére. Il engage Dumnorix, frére de Divitiac, qui occupait alors le premier rang chez les Éduens ?, et qui était chéri du peuple, à tenter la méme entreprise, et il lui donne sa fille en mariage. Il leur montre que le succés ne peut manquer de couronner leurs efforts , d'autant plus qu'il doit s'emparer lui-méme du pouvoir dans sa propre cité : « sans aucun doute, de tous les peuples de la Gaule, les Helvétes sont ceux qui

sementes quam maximas facere, ut in itinere copia frumenti suppeteret, cum proximis civitatibus pacem et amicitiam confirmare. Ad eas res conficiendas biennium sibi satis esse duxerunt : in tertium annum profectionem lege confirmant. Ad eas res conficiendas Orgetorix deligitur. ls sibi legationem ad civitates suscepit. In eo itinere persuadet Castico, Catamantalædis filio, Sequano; cujus pater regnum in Sequanis multos annos obtinuerat et a senatu populi Romani amicus appellatus erat, ut regnum in civitate sua occuparet, quod pater ante habuerat; itemque Dumnorigi Æduo, fratri Divitiaci, qui eo tempore principatum in civitate obtinebat ac maxime plebi acceptus erat, ut idem conaretur, persuadet, eique filiam suam in matrimonium dat. Perfacile factu esse illis probat conata perficere, propterea quod ipse su: civitatis imperium obtenturus esset : « non esse dubium quin totius Galliæ plurimum Helvetii possent; se suis copiis suoque exercitu illis regna conciliaturum » confirmat. Hac

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