‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 136 sur 280 · LIVRE V · texte numérisé non relu

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et en placa trois en Belgique ?*, sous le commandement du questeur Marcus Crassus, et des lieutenants Lucius Munatius Plancus et Caius Trebonius. Il envoya la légion qu'il avait récemment levée au delà du P6, et cinq cohortes chez les Éburons, dont la plus grande partie habitent entre la Meuse et le Rhin, et qui alors étaient placés sous la domination d'Ambiorix et de Cativolce. Il donna le commandement de ces troupes au lieutenant Q. Titurius Sabinus et L. Arunculeius Cotta. En disséminant ainsi les légions, il espérait pouvoir atténuer les inconvénients que présentait la rareté des grains, et cependant les quartiers d'hiver de toutes ces légions, excepté celle que Lucius Roscius avait conduite dans la contrée la plus pacifique et la plus paisible des Gaules, étaient concentrées sur une étendue de cent mille pas?*. Quant à lui, il résolut de rester dans la Gaule, jusqu'à ce qu'il eût établi les légions, et acquis la certitude que les quartiers d'hiver étaient fortifiés.

XXV. Il y avait chez les Carnutes * un homme né dans le rang le plus élevé, Tasgétius?', dont les aieux avaient régné sur le pays. César, pour le récompenser de son courage, de son dévouement à sa personne, et des services

sum, quæsiorem, et Lucium Munatium Plancum et Caium Trebunium, legatos, præfecit. Unam legionem , quam proxime trans Padum conscripserat, et cohortes quinque, in Eburones, quorum pars maxima est inter Mosam ac Rhenum , qui sub imperio Ambiorigis et Cativolci erant, misit. His militibus Q. Titurium 8abinum et L. Aurunculeium Cottam, legatos, præesse jussit. Ad hunc modum distributis legionibus, facillime inopi frumentariæ sese mederi posse existimavit : atque harum tamen omnium légionum hiberna (preter eam quam Lucio Roscio in pacatissimam et quietissimam partem ducendam dederat) millibus passuum centum continebantur. Ipse interea, quoad legiones collocasset munitaque hiberna cognovisset, in Gallia morari constituit. XXV. Erat in Carnutibus summo loco natus Tasgetius, cujus majores in sua civitate regnum obtinuerant. Huic Cesar, pro ejus virtute atque in se benevolentia, quod in omnibus bellis singulari

signalés qu'il lui avait rendus dans toutes les guerres, l'avait réintégré dans la dignité de ses ancétres. Cette année était déjà la troisiéme de son régne, lorsque ses ennemis le tuérent publiquement, et il y eut méme un grand nombre d'habitants de la cité qui participérent à cet attentat. Quand la nouvelle en fut portée à César, il craignit, parce qu'il y avait plusieurs complices, que la cité ne füt par eux entrainée à la révolte, et i1 donna ordre à Lucius Plancus de se rendre sans retard avec sa légion de la Belgique dans le pays des Carnutes, d'y prendre ses quartiers d'hiver, et de lui envoyer ceux des assassins de Tasgétius dont il pourrait s'emparer. Sur ces entrefaites, il fut informé par tous les lieutenants et les questeurs qu'il avait mis à la téte des légions , qu'ils étaient arrivés dans les quartiers d'hiver, et que ces quartiers étaient fortifiés.

XXVI. Dans les quinze jours qui suivirent l'entrée des légions dans les quartiers, il y eut tout à coup un commencement de révolte provoqué par Ambiorix et Cativolce. Ceux-ci s'étaient portés d'abord jusqu'à l'extrémité de leur territoire pour recevoir Sabinus et Cotta, et ils avaient méme amené des vivres dans les quartiers; mais, excités par les envoyés du Trévire Indutiomare, ils ameutérent leurs gens,

ejus opera fuerat usus, majorum locum restituerat. Tertium jam hunc annum regnantem inimici palam, multis etiam ex civitate auctoribus, interfecerunt. Defertur ea res ad Cæsarem. Ille veritus, quod ad plures pertinebat, ne civitas eorum impulsu deficeret, Lucium Plancum cum legione ex Belgio celeriter in Carnutes proficisci jubet ibique hiemare : quorumque opera cognoverit Tasgetium interfectum, hos comprehensos ad se mittere. Interim ab omnibus legatis quæstoribusque, quibus legiones tradiderat, certior factus est, in hiberna perventum locumque hibernis esse unitum. :

XXVI. Diebus circiter quindecim, quibus in hiberna ventum est, initium repentini tumultus ac defectionis ortum est ab Amhiorige et Cativolco: qui quum ad fines regni sui Sabino Cottæque presto fuissent, frumentumque in hiberna comportavissent, Indutiomari Treveri nuntiis impulsi, suos concitaverunt, subitoque

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écrasèrent par une attaque soudaine les soldats détachés pour couper du bois, et vinrent assiéger le camp avec des forces considérables. Les nôtres s'armérent en un instant, montérent sur le rempart, et envoyèrent la cavalerie espagnole pour faire une diversion ; cette cavalerie battit les ennemis, et ceux-ci, désespérant du succès, cessèrent l’attaque. Alors, suivant leur coutume, ils se mirent à crier qu'on leur envoyát pour parlementer quelques-uns de nos hommes, «qu'ils voulaient nous parler de choses qui nous intéressaient comme eux, et qui pourraient, ils en avaient l'espoir, aplanir les difficultés. »

XXVII. On envoya pour conférer avec eux Caius Arpineius, chevalier romain, ami de Quintus Titurius, et l'Espagnol Quintus Junius, qui déjà avait été député plusieurs fois par César vers Ambiorix ; ce dernier leur parla ainsi : « Il ne cache pas qu'il a de grandes obligations à César pour les bienfaits qu'il en a reçus; car le général romain l'a affranchi des tributs qu'il payait habituellement aux Aduatiques, ses voisins ; et il a délivré son fils et son neveu, envoyés en otages chez les Aduatiques, et retenus par ces peuples en esclavage et dans les fers. Quant à lui, Ambiorix, en ce qui touche l'attaque du camp, il n'a point

oppressis lignatoribus, magna manu ad castra oppugnatum venerunt. Quum celeriter nostri arma cepissent vallumque ascendissent, atque una ex parte Hispanis equitibus emissis, equestri proelio superiores fuissent, desperata re, hostes suos ab oppugnatione reduxerunt. Tum suo more conclamaverunt, uti aliqui ex nostris ad colloquium prodirent : « habere sese qua de re communi dicere vellent , quibus rebus controversias minui posse ' sperarent. » :

XXVI. Mittitur ad eos colloquendi causa Caius Arpineius, eques Romanus, familiaris Quinti Titurii, et Quintus Junius ex Hispania quidam, qui jam ante missu Cesaris ad Ambiorigem ventitare consuerat ; apud quos Ambiorix ad hunc modum locutus est: «sese pro Cesaris in se beneficiis plurimum ei confiteri debere, quod ejus opera stipendio liberatus esset, quod Aduatucis finitimis suis pendere consuesset ; quodque ei et filius et fratris

agi avec préméditation ou de son plein gré, mais pour obéir à la volonté des cités: car tel était le caractère de son pouvoir, qu'il n'avait pas plus de droits sur la multitude que la multitude n'en avait sur lui. La cité n'avait entrepris cette guerre que par l'impuissance où elle se trouvait de résister à la ligue formée tout à coup dans la Gaule; la faiblesse de ses ressources prouvait l'exactitude de cette assertion, car il n'était pas tellement ignorant qu'il pôt espérer de vaincre avec ses troupes le peuple romain; l'affaire avait été décidée d'un commun accord par tous les Gaulois. Ce jour avait été fixé pour attaquer en méme temps tous les quartiers d'hiver, afin qu'il füt impossible aux légions de se porter secours les unes aux aultres; il était difficile que des Gaulois aient refusé à d'autres Gaulois de combattre avec eux, surtout quand l'entreprise avait pour but de reconquérir la liberté du pays. Aprés avoir satisfait par patriotisme au vœu de ses concitoyens, il était tenu maintenant de s'acquitter par reconnaissance de ce qu'il devait à César; il demandait à Titurius, et le. suppliait comme son hôte de le sauver, lui et ses soldats. Une nombreuse troupe de Germains avait passé le Rhin, et devait arriver sous deux jours. Les Romains pouvaient

filius ab Caesare remissi essent, quos Aduatuci, obsidum numero missos, apud se in servitute et catenis tenuissent : neque id, quod focerit de oppugnatione castrorum, aut judicio aut voluntate sua fecisse, sed coactu civitatis; suaque esse ejusmodi imperia, ut non minus haberet juris in se multitudo, quam ipse in multitudinem, Civitati porro hano fuisse belll causam , quod repentinz Gallorum eánjurationi resistere non potuerit : id se facile ex humilitate sua probare posse, quod non adeo sit imperitus rerum, ut suis coplis populum Romanum se superare posee confidat : sed esse Galli: commune consilium ; omnibus hibernis Caesaris oppugnandis hunc esse dictum diem, ne qua legio alteræ legioni subsidio venire posset: non facile Gallos Gallis negare potuisse, presertim quum de recuperanda communi libertate consilium iniium videretur. Quibus quoniam pro pietate satisfecerit, habere nunc se rationem officii pro beneficiis Caseris; monere, orare

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