‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 137 sur 280 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

décider, avant que les peuples voisins ne fussent prévenus, s'ils voulaient faire sortir leurs troupes des quartiers d'hiver , et les conduire, soit auprès de Cicéron, soit auprés de Labiénus, qui se trouvaient, l'un à cinquante mille pas de là, et l'autre encore un peu plus loin. 1l promettait, sous la foi du serment, que les troupes traverseraient son territoire en toute süreté; en agissant ainsi, il servait les intéréts de la cité, qui ne serait plus surchargée par le cantonnement des troupes, et il acquittait envers César la dette de la reconnaissance, » Quand il eut ainsi parlé, il s'éloigna.

XXVIII. Arpineius et Junius rapportérent aux lieutenants ce qu'ils venaient d'apprendre. Ceux-ci, troublés par cette révélation inattendue, jugérent prudent, quoiqu'elle eüt été faite par un ennemi, de se tenir sur leurs gardes. Ce qui les frappait surtout, c'est qu'une cité aussi obscure, aussi petite que celle des Éburons, ait osé de son propre mouvement faire la guerre aux Romains, et ce fait leur paraissait à peine eroyable. C'est pourquoi l'affaire fut portée devant un conseil, où elle donna lieu à de grandes discussions. L. Arunculeius, ainsi que la plupart

Titurium pro hospitio, ut suæ ac militum saluti consulat : magnam manut Germanorum conductam Rhenum transisse; hanc adfore biduo. Ipsorum esse consilium, velintne prius, quam finitimi sentiant, eductos ex hibernis milites aut ad Ciceronem aut ad Labienum deducere, quorum alter millia passuum circiter L, alter paullo amplius ab his absit. Illud se polliceri et jurejurando confirmare, tutum iter per fines suos daturum ; quod quum faciat, et civitati sese consulere, quod hibernis levetur, et Cæsari pro ejus meritis gratiam referre.» Hac oratione habita, discedit Ambiorix. ' |

XXVIII. Arpineius et Junius, qus audierunt, ad legatos deferunt. llli, repentina re perturbati, etsi ab hoste ea dicebantur, tamen non negligenda existimabant : maximeque hac re permovebantur, quod , civitatem ignobilem atque humilem Eburonum sua sponte populo Romano bellum facere ausám, vix erat credendum. Itaque ad consilium rem deferunt, magnaque inter eos ex-

des tribuns militaires, et les centurions des premiers rangs, étaient d'avis « qu'il ne fallait rien précipiter, et qu'on ne devait point quitter les quartiers d'hiver sans en avoir reçu l'ordre de César; » ils représentaient «qu'on pouvait, dans les camps retranchés, résister aux Germains, quelque nombreux qu'ils fussent ; on en avait la preuve dans la premiére attaque des barbares, qu'ils avaient repoussés vaillamment en leur faisant éprouver de grandes pertes; ils n'étaient point génés par le manque de vivres; les cantonnements voisins et César leur enverraient des secours. » Ils demandaient enfin « s'il y avait rien de plus irréfléchi et de plus honteux que de s'en rapporter à l'ennemi pour décider les affaires les plus importantes?»

XXIX. Titurius était d'un avis contraire, et s'écriait . «qu'il ne serait plus temps d'agir quand les troupes ennemies, grossies par les Germains, se seraient réunies en plus grand nombre, ou qu'on aurait éprouvé quelque désastre dans les cantonnements voisins ; il fallait se décider tout de suite, car le temps pressait. Il pensait que César était parti pour l'Italie, car autrement les Carnutes n'auraient point tué Tasgétius, et les Éburons, s'il avait été là, ne seraient

sistit controversia. L. Aurunculeius compluresque tribuni militum et primorum ordinum centuriones «nihil temere agendum, neque ex hibernis injussu Cesaris discedendum» existimabant : « quantasvis magnas etiam copias Germanorum sustineri posse munitis hibernis» docebant: « rem esse testimonio, quod primum hostium impetum, multis ultro vulneribus illatis, fortissime sustinuerint : re frumentaria non premi : interea et ex proximis hibernis et a Cæsare conventura subsidia; » postremo, «quid esse levius aut turpius, quam auctore hoste, de summis rebus capere consilium ? » .

XXIX. Contra ea Titurius «sero facturos» clamitabat, «quum majores hostium manus, adjunctis Germanis, convenissent, aut quum aliquid calamitatis in proximis hibernis esset acceptum : brevem consulendi esse occasionem ; Cesarem arbitrari profectum in Italiam : neque aliter Carnutes interficiundi Tasgetii consilium fuisse capturos, neque Eburones, si ille adesset, tanta cum con-

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