‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 143 sur 280 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

de l'événement aux Aduatiques , il se rend le lendemain chez les Nerviens, et les engage « à ne pas laisser échapper l'occasion de s'affranchir pour toujours et de se venger des Romains, qui leur ont fait subir tant d'outrages ; il leur dit que deux lieutenants ont été tués, qu'une grande partie de l'armée a péri; ce n'est point une grande affaire de passer par les armes, en tombant sur elle à l'improviste, la légion de Cicéron, en quartiers d'hiver dans leur pays; il promet de les seconder dans ce coup de main. » Ce discours décide facilement les Nerviens.

XXXIX. Ceux-ci envoient sams retard des courriers à tous les peuples qui leur étaient soumis : aux Centrons, aux Grudes, aux Levakes, aux Pleumoxes, aux Geidunes *?; ils rassemblent le plus gragd nombre de troupes qu'ils peuvent, et marchent tout de suite avec une rapidité extraordinaire contre les cantonnements de Cicéron , qui n'avait point encore recu la nouvelle de la mort de Titurius. Quelques hommes qui s'étaient dispersés dans les foréts pour couper du bois et des fascines furent surpris (et c'était là un malheur inévitable), par l'arrivée soudaine des cavaliers gaulois. Aprés les avoir entourés, les Éburons, les Nerviens, les Aduatiques, ainsi que leurs alliés et leurs clients,

Re demonstrata, Aduatucisque concitatis, postero die in Nervios pervenit, hortaturque «ne sui in perpetuum liberandi atque ulciscendi Romanos pro iis, quas acceperint , injuriis occasionem dimittant : interfectos esse legatos duos magnamque partem exercitus interisse demonstrat; nihil esse negotii, subito oppressam legionem, quæ cum Cicerone hiemet, interfici; se ad eam rem profitetur adjutorem.» Facile hac oratione Nerviis persuadet.

XXXIX. Itaque, confestim dimissis nuntiis ad Centrones, Grudios, Levacos, Pleumoxios, Geidunos, qui omnes sub eorum imperio sunt, quam maximas manus:possunt, cogunt,et de improviso ad Ciceronis hiberna advolant, nondum ad eum fama de Titurii morte perlata. Huic quoque accidit (quod fuit necesse) ut nonnulli milites, qui lignationis munitionisque causa in silvas discessissent, repentino equitum adventu interciperentur. His cir-

commencérent avec des forces considérables l'attaque contre la légion : les nótres coururent immédiatement aux armes, et se placérent sur le rempart. Ce jour-là, ils résistérent avec peine, parce que l'ennemi avait mis toutes ses espérances dans la rapidité de ses manœuvres, et que, vainqueur cette fois, il se croyait sûr de l'être toujours.

XL. Cicéron envoya sur-le-champ des lettres à César, en offrant, à ceux qui les feraient parvenir, de grandes récompenses; mais toutes les routes étaient occupées par l'ennemi, et les courriers furent interceptés. Pendant la nuit on éleva, avec une promptitude extraordinaire, cent vingt tours à l'aide des matériaux qu'on avait apportés dans le camp pour le retrancher, et on compléta les fortifications. Le lendemain, les enrfemis, avec des forces beaucoup plus considérables encore, commencent le siége et comblent le fossé; les nótres résistent avec la méme vigueur que la veille. Les choses se passent de même pendant les deux jours suivants: on travaille sans reláche toute la nuit ; il est impossible aux malades et aux blessés de prendre un instant de repos: on dispose pendant la nuit tout ce qui est nécessaire pour repousser l'assaut du

cumventis, magna manu Eburones, Nervii, Aduatuci atque horum omnium socii et clientes, legionem oppugnare incipiunt : nostri celeriter ad arma concurrunt, vallum conscendunt. Ægre is dies sustentatur, quod omnem spem hostes in celeritate ponebant, atque hanc adepti victoriam, in perpetuum se fore victores confidebant.

. XL. Mittuntur ad Cæsarem confestim ab Cicerone litteræ, magnis propositis præmiis, si pertulissent. Obsessis omnibus viis, missi intercipiuntur, Noctu ex ea materia, quam munitionis causa comportayerant, turres admodum cxx excitantur incredibili celeritate : quæ deesse operi videbantur, perficiuntur, Hostes postero die, multo majoribus coactis copiis, castra oppugnant, fossam complent. Eadem ratione, qua pridie, ab nostrie resistitur: hoc idem reliquis deinceps fit diebus. Nulla pars nocturni temporis ad laborem intermittitur : non ægris, non vulneratis facultas quietis

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