LIVRE V
hommes il en reste un sans blessure, Il juge, d’après tout ce qu'il voit, combien le péril a été grand, et avec quel courage l'affaire a été menée. Il félicite Cicéron et ses troupes sur leur belle conduite, et s'adresse individuellement aux centurions et aux tribuns dont les actions d'éclat lui ont. été signalées par le lieutenant. Enfin il apprend par les prisonniers le désastre de Sabinus et de Cotta. Le lendemain il rassemble les troupes, raconte ce qui s'est passé, console et encourage les soldats; il leur dit que ce désastre a été causé par la faute et l'imprudence de Sabinus, et qu'ils doivent le supporter avec d'autant plus de résignation que, gráce à la protection des dieux immortels et à leur courage, ce malheur est vengé, et qu'ils ne doivent ni laisser aux ennemis le temps de se réjouir, ni 8'affliger eux-mêmes plus longtemps.
LIT. Sur ces entrefaites, la nouvelle de la victoire de César parvint à Labiénus , dans le pays des Rémois , avec une incroyable promptitude. Ses quartiers d'hiver étaient séparés de ceux de Cicéron par une distance d'environ soixante mille pas; et quoique César füt arrivé aprés la neuviéme heure, avant minuit des cris s'élevérent à la porte du camp, et par ces cris les Rémois annoncérent la
esse reliquum militem sine vulnere. Ex his omnibus judicat rebus, quanto cum periculo et quanta cum virtute res sint administrat: Ciceronem pro ejus merito legionemque collaudat : centuriones eingillatim tribunosque militum appellat, quorum egregiam fuisse virtutem testimonio Ciceronis cognoverat. De casu Sabini et Cottæ certius ex captivis cognoscit. Postera die concione habita rem gestam proponit, milites consolatur et confirmat : quod detrimentum culpa et temeritate legati sit acceptum, hoc æquiore animo ferendum docet, quod, beneficio deorum immortalium et virtute eorum expiato incommodo, neque hostibus diutina lætatio, neque ipsis longior dolor relinquatur.
LIII. Interim ad Labienum per Remos incredibili celeritate de victoria Cesaris fama perfertur, ut, quum ab hibernis Ciceronis abesset millia passuum circiter Lx, eoque post horam nonam diei Cæsar pervenisset, ante mediam noctem ad porias castrorum
victoire à Labiénus et témoignérent leur satisfaction. Quand les Trévires furent informés de ce qui se passait, Indutiomare, qui avait résolu d'attaquer le lendemain le camp de Labiénus, s'enfuit pendant la nuit, et ramena toutes ses troupes dans la cité de Trèves. César renvoya Fabius avec sa légion dans ses quartiers d'hiver; lui-même résolut d'hiverner avec trois autres légions autour de Samarobrive, dans trois cantonnements différents; et, à cause des grands troubles qui avaient éclaté dans la Gaule, il décida qu'il resterait tout l'hiver auprés de l'armée; car en apprenant la mort de Sabinus, presque toutes les cités de la Gaule se disposérent à la guerre; elles envoyaient des courriers et des ambassades de tous cótés, délibéraient sur la conduite qu'elles devaient tenir , examinaient sur quel point elles commenceraient les hostilités, et tenaient la nuit des assemblées dans des lieux déserts. Pendant toute la durée de l'hiver il ne se passa presque point de jour sans que César n'eüt quelque sujet d'inquiétude, et ne recát des messages relatifs aux complots et au soulèvement des Gaulois. Il fut en outre informé par le lieutenant L. Roscius, qu'il avait mis à la tête de la treizième légion, que les cités gauloises, qu'on appelle armoricaines ?' , avaient
clamor oriretur, quo clamore significatio victoriæ gratulatioque ab Remis Labieno fieret. Hac fama ad Treveros perlata, Indutiomarus, qui postero dic castra Labieni oppugnare decreverat, noctu profugit, copiasque omnes in Treveros reducit. Cesar Fabium cum legione remittit in hiberna; ipse cum tribus legionibus circum Samarobrivam trinis hibernis hiemare constituit, et quod tanti motus Gallix exstiterant, totam hiemem ipse ad exercitum manere decrevit. Nam illo incommodo de Sabini morte perlato, omnes fere Gallix civitates de bello consultabant, nuntios legationesque in omnes partes dimittebant, et quid reliqui consilii caperent atque unde initium belli fieret, explorabant, nocturnaque in locis desertis concilia habebant. Neque ullum fere totius hiemis tempus sine sollicitudine Cesaris intercessit, quin aliquem de consiliis ac motu Gallorum nuntium acciperet. In his ab L. Roscio quaestore, quem legioni x11 præfecerat, certior est fac-