‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 165 sur 280 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

XII. Lorsque César arriva dans le pays, les Éduens étaient les chefs de l'une de ces fédérations, et les Séquanes les chefs de l'autre; ces derniers, livrés à leurs propres forces, étaient moins puissants que les Éduens, qui avaient depuis longtemps une grande prépondérance et de nombreux clients, et c'est pour cela qu'ils s’allièrent à Arioviste et aux Germains, et les attirérent par de grands présents et des promesses. Aprés avoir livré plusieurs combats heureux et tué toute la noblesse éduenne, ils s'élevérent tellement au-dessus des autres peuples qu'ils se rattachèrent la plupart des clients des Éduens. Ceux-ci leur donnèrent en otages les fils des principaux habitants de leur cité, et furent contraints de jurer qu’ils n’entreprendraient jamais rien contre eux; les Séquanes s’établirent Sur la partie du térritoire voisin dont ils s'étaient emparés de force, et obtinrent la suprématie de la Gaule; Dans ces conjonctures, Divitiae se rendit à Rome pour demander des secours au. sénat; mais il en revint sans . avoir rien terminé. A l'arrivée de César, la situation changea. les ótages furent rendus aux Éduens, ainsi que leurs anciens clients; et, par l'entremise de César, ils en recrutérent de nouveaux, parce qu'on voyait que ceux qui

XH. Quum Cæsar in Galliam venit, alterius factionis principes erant Ædui, alterius Sequani. Hi quum per se minus valerent , quod summa auctoritas antiquitus erat in Æduis, magnaque eorum erant clientele, Germanos atque Ariovistum sibi adjunxerant, eosque ad se magnis jacturis pollicitationibusque perduxerant. Proliis vero compluribus factis secundis, atque omni nobilitate Æduorunm interfecta, tantum potentia antecesserant, ut magnam partem clientium ab /Eduis ad se traducerent, obsidesque ab iis principum filios acciperent et publice jurare cogerent, nihil se contra Sequanos consilii inituros; et partem finitimi agri per vim occupatam possiderent, Galliæque totius principatum obtinerent. Qua necessitate adductus Divitiacus, auxilii petendi causa Romam ad senatum profectus, infecta re redierat. Adventu Caesaris facta commutatione rerum, obsidibus Æduis redditis, clientelis veteribus réstitutis, novis per Cæsarem comparatis (quod hi, qui se

entraient dans leur alliance étaient plus heureux ct plus doucement gouvernés ; toutes leurs affaires prospérèrent, leur crédit et leur prépondérance ne firent qu'augmenter; les Séquanes perdirent leur ascendant, et les Rémois leur succédérent. Lorsqu'on vit ces derniers jouir auprés de César d'une égale faveur, les peuples que d'anciennes inimitiés avaient empéchés de se rallier aux Éduens se placérent sous leur patronage; ceux-ci les protégeaient avec empressement, et de la sorte ils conservaient l'influence nouvelle qu'ils avaient acquise tout à coup. Telle était en ce moment la situation , que les Éduens étaient regardés comme occupant, bien au-dessus de tous les autres peuples, le premier rang dans la Gaule, tandis qu'on accordait la seconde place aux Rémois.

XIII. Dans toute la Gaule, il n'y a que deux classes d'hommes qui sont comptés pour quelque chose et considérés, car la populace est à peu prés réduite à la condition des esclaves; elle n'ose rien par elle-méme et ne prend aucune part aux affaires du pays. La plupgrt accablés, soit par les dettes, soit par le taux exorbitant des impôts, soit par les violences des grands, se soumettent de leur ' plein gré à la servitude entre les mains des nobles, et

ad eorum amicitiam aggregaverant, meliore conditione atque æquiore imperio se uti videbant), reliquis rebus eorum, gratia, dignitate amplificata, Sequani principatum dimiserant. In eorum locum Remi successerant : quos quod adæquare apud Caesarem gratia intelligebatur, ii qui propter veteres inimicitias nullo modo cum Æduis conjungi poterant, se Remis in clientelam dicabant. Hos illi diligenter tuebantur. Ita et novam et repente collectam auctoritatem tenebant. Eo tum statu res erat, ut longe principes haberentur Ædui, secundum locum dignitatis Remi obtinerent. XIII. In omni Gallia eorum hominum, qui aliquo sunt nuinero atque honore, genera sunt duo : nam plebes pzne servorum habetur loco, quz per se nihil audet et nullo adhibetur consilio. Plerique, quum aut zre alieno, aut magnitudine tributorum, aut injuria potentiorum premuntur, sese in servitutem dicant nobilibus: in hos eadem omnia sunt jura, quz dominis in servos.

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