‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 171 sur 280 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

l'exécutent pas sont considérés comme des transfuges et des traitres, et on ne leur accorde plus aucune confiance. Ils regardent comme un crime de violer l'hospitalité; et ' ceux qui viennent leur demander asile, n'importe par quel motif, sont sacrés pour eux , toutes les maisons leur sont ouvertes, et on les nourrit.

XXIV. Autrefois les peuples de la Gaáule étaient plus braves que les Germains; ils portaient la guerre dans leur pays, et comme ils avaient une population trés-nombreuse, et que les terres leur manquaient , ils envoyaient des colonies au delà du Rhin. Par ce motif, les contrées fertiles de la Germanie, situées autour de la forét Hercynienne5— je sais qu'Eratosthéne et quelques autres Grecs connaissaient, pour en avoir entendu parler, cette forét qu'ils nomment Orcynienne — furentenvahies et occupées par les Volces-Tectosages !*, qui s'y sont maintenus jusqu'à présent, et qui jouissent d'une grande réputation de probité et de courage. Ils sont encore aujourd'hui aussi pauvres, aussi simples, aussi durs à la souffrance que les Germains; et ils se nourrissent et s'habillent comme eux. Quant aux Gaulois, grâce au voisinage de la Province romaine et aux importations du commerce maritime, ils ont

postea fides derogatur. Hospitem violare, fas non putant; qui quaque de causa ad eos venerint, ab injuria prohibent, sanctos habent, iisque omnium domus patent, victusque communicatur.

XXIV. Ac fuit antea tempus, quum Germanos Galli virtute superarent, ultro bella inferrent, propter hominum multitudinem agrique inopiam trans Rhenum colonias mitterent. Itaque ea qua: fertilissima Germanis sunt loca circum Hercyniam silvam (quam Eratostheni et quibusdam Grecis fama notam esse video, quam illi Orcyniam appellant), Volcæ Tectosages occupaverunt atque ibi consederunt. Quæ gens ad hoc tempus iis sedibus sese continet, summamque habet justitiæ et bellice laudis opinionem : nunc quod in eadem inopia, egestate, patientia, qua Germani, permanent, eodem victu et cultu corporis utuntur; Gallis autem Provincie propinquitas , et transmarinarum rerum notitia, multa ad copiam atque usus largitur. Paulatim assuefacti superari,

en abondance tout ce qui contribue au bien-étre. Déchus peu à peu de leur suprématie, et vaincns dans un grand nombre de combats, ils ne se comparent méme plus aux Germains sous le rapport du courage.

XXV. La largeur de cette forét Hercynienne, dont nous venons de parler, n'a pas moins de neuf journées de marche rapide; et on ne peut l'apprécier autrement, car ils ne connaissent point les mesures itinéraires. Cette forét commence aux frontières des Helvétes, des Nemétes et des Raurakes ^, et se prolonge, en suivant la direction du Danube, jusqu'au pays des Daces et des Anartes ?. De là elle tourne à gauche, s'étend dans un sens opposé au fleuve, et borde, à cause de son étendue, les frontiéres d'un grand nombre de peuples. Personne, dans cette partie de la Germanie, ne peut dire, aprés avoir marché soixante . jours, qu'il est arrivé à l'extrémité de cette forét, ou qu'il a appris en quel lieu elle commence. On y rencontre, le fait est certain, plusieurs espéces de bétes fauves qu'on ne voit pas en d'autres lieux. Voici celles qui diffèrent le plus des espéces connues, et dont nous eOToRns d devoir conserver le souvenir:

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