‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 183 sur 280 · Liv. XXXIV, ch. xvit, Lv, XLVILI · texte numérisé non relu

Liv. XXXIV, ch. xvit, Lv, XLVILI

3. Pelloutier, Histoire des Celtes, 1771, in-k, tome I, p. 177-178. , +. Strabon,

côté encore, ils pouvaient trouver chez eux ou sur les rivages des mers qui baignaient leur pays de quoi satisfaire leurs goûts. «En effet, dit M. Amédée Thierry, la côte des Îles appelées aujourd'hui îles d'Hyérés fournissait le beau corail, et le eontinent ce grenat brillant et précieux qu'on nomme escarboucle. Les escarboucles gauloises furent tellement recherchées dans tout l'Orient, où les Masssliotes en faisaient le commerce, que du temps d'Alexandre les moindres s'y vendaient jusqu'à 40 pièces d'or !.»

Ces raffinements de coquetterie barbare qui présidaient chez les Gaulois à l'ornementation de leurs vétements, se retrouvaient aussi dans les soins qu'ils donnaient à la toilette de leur corps. Nous avons déjà parlé de leur extréme propreté, qui était chez eux comme un état naturel, une habitude contractée avec la vie, car, au moment de leur naissance, on les trempait dans l'eau froide, et dans leur enfance on renouvelait constamment ces immersions. Mais la propreté ne leur suffisait pas : grandes, sveltes, attrayantes par la fraîcheur de leur teint, les femmes, pour entretenir cette fraicheur qui était comme une beauté nationale, se frottaient fréquemment le visage avec de l'écume de bière *, qui passait pour un excellent cosmétique. Après le visage, c'était la chevelure qui recevait le plus de soins. Les cheveux d'un blond roux étaient considérés dans les Gaules comme le plus beau des ornements ; mais la couleur rousse étant partout une exception, on demandait aux ressources de l’art ce que la nature refusait au plus grand nombre, Les femmes comme les hommes donnaient à leur chevelure une couleur rouge ardente soit en la lavant avec de l'eau de chaux, soit en la frottant d'un savon composé, suivant les uns, de suif et de cendres?, suivant les autres, de graisse de chèvre, de cendres de hêtre et des sucs de diverses plantes. Les cheveux roux, ou plutôt rougis, rulilali capilli, sont toujours mentionnés par les auteurs comme un des caractères saillants de la physionomie gauloise. Les dames romaines elles-mêmes trouvèrent cette mode si séduisante qu'elles achetèrent à grands frais des cheveux gaulois pour en faire des coiffures artificielles, disons le mot, des perruques.

Les hommes Jaissaient croître leurs cheveux et les portaient tantôt flottants dans toute leur longueur, tantôt relevés et liés en touffe au sommet de la téte. Les druides et le peuple avaient la barbe longue ; les nobles se rasaient les joues, en gardant sur la lévre supérieure de longues et épaisses moustaches qui les faisaient ressembler à des faunes et à des satyres, et leur servaient de filtres quand ils buvaient, disent les historiens grecs, à qui ce genre de parure ne semble pas avoir plu beaucoup. Les vergobrets, magistrats souverains , saupoudraient ces moustaches avec de la limaille d'or. Il est probable que la barbe et les moustaches étaient teintes en rouge comme les cheveux, ces cheveux terribles, dit Clément d'Alexandrie, dont la couleur approchait de celle du sang, et qui semblaient annoncer et porter avec eux la guerre,

Le deuil, qui forme chez toutes les nations un accident particulier dans le costume, était inconnu chez les Gaulois. En pleurant leurs proches, ils auraient dé-

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