LIVRE Vil
avait amenée d'Italie de se concentrer chez les Helves, qui touehent au pays des Arvernes.
VII. Ces mesures étant prises, et quand déjà Luctérius, arrété dans ses projets, s'était éloigné, parce qu'il croyait ne pouvoir sans péril s'engager au milieu de toutes ces troupes, César se rendit chez les Helves *. Les montagnes des Cévennes, qui séparent ces peuples des Arvernes, présentaient de grands obstacles à sa marche, à cause de la neige épaisse qui les couvrait; car on était alors dans la saison la plus rigoureuse de l'année. Cependant ces neiges, qui avaient six pieds de haut, furent rejetées à droite et à gauche; les soldats, avec des fatigues inouies, frayérent la route; et l'on arriva aux frontières des Arvernes. Ils furent accablés à l'improviste, parce qu'ils se croyaient défendus par les Cévennes comme par une muraille, et que jamais dans cette saison ces montagnes n'étaient accessibles méme à des voyageurs isolés; César ordonna à la cavalerie de se répandre aussi loin que possible, et d'effrayer l'ennemi autant qu'elle le pourrait faire. La renommée et des courriers portérent de suite à Vercingétorix la nouvelle de ces événements. Les Arvernes épouvantés se pressent tous autour de lui, et le supplient
quod ex Italia adduxerat, in Helvios, qui fines Arvernorum contingunt, convenire jubet.
VIII. His rebus comparatis, represso jam Lucterio et remoto, quod intrare intra presidia periculosum putabat, in Helvios proficiscitur : etsi [mons] Cevenna, qui Arvernos ab Helviis diseludit, durissimo tempore anni, altissima nive iter impediebat : tamen discussa nive sex in altitudinem pedum atque ita viis patefactis, summo militum sudore ad flnes Arvernorum pervenit. Quibus oppressis inopinantibus, quod se Cevenna, ut muro, munitos existimabant, ac ne singulari quidem unquam homini eo tempore anni semitæ patuerant, equitibus imperat ut, quam latissime possint , vagentur et quammaximum hostibus terrorem inferant. Celeriter hæc fama ac nuntiis ad Vercingetorigem perferuntur : quem perterriti omnes Arverni circumsistunt atque obsecrant ut suis fortunis consulat, neve ab hostibus diripiantur; preser-
de prendre soin de leurs affaires, d'empêcher l'ennemi de ravager leur pays, maintenant surtout qu'il voit que tout le poids de la guerre est tombé sur eux. Touché de leurs priéres, Vercingétorix quitte le pays des Bituriges pour marcher sur celui des Arvernes.
IX. Après s'étre arrêté deux jours dans ces contrées, César, devinant ce qu'allait faire Vercingétorix , s'éloigna de l'armée pour aller chercher des renforts et rassembler la cavalerie. Il met le jeune Brutus à la tête des troupes; il lui ordonne. de laisser la cavalerie battre le pays dans tous les sens, et s'étendre aussi loin que possible; et le prévient qu'il s’arrangera de manière à ne point rester plus de trois jours absent. Les choses étant ainsi réglées, et sans que personne s'y attende, il arrive, en marchant aussi vite que possible, dans la ville de Vienne ®. Là, il trouve la cavalerie nouvellement levée, qu'il y avait envoyée depuis quelque temps déjà; et sans s'arrêter ni le jour ni la nuit, il se rend, en traversant le territoire des Éduens, dans le pays des Lingons, où les deux légions étaient en quartier d'hiver, car il voulait, si les Éduens tramaient contre lui quelque projet hostile, les prévenir par sa rapidité. Quand il fut arrivé, il fit avertir les au-
tim quum videat omne ad se hellum translatum. Quorum ille precibus permotus, castra ex Biturigibus movet in Arvernos versus. :
IX. At Casar, biduum in iis locis moratus, quod htec de Vercingetorige usu ventura opinione praeceperat, per causam supplementi equitatusque cogendi ab exercitu discedit; Brutum adolescentem iis copiis præficit ; hunc monet ut in omnes partes equites quam latissime pervagentur: « daturum se operam, ne longius triduo ab castris absit. » His constitutis rebus, suis inopinantibus, quam maximis potest itineribus, Viennam pervenit. Ibi nactus recentem equitatum, quem multis ante diebus eo przmiserat, neque diurno neque nocturno itinere intermisso, per fines Æduorum in Lingones contendit, ubi duæ legiones hiemabant, ut, si quid etiam de sua salute ab Æduis iniretur consilii; celeritate præcurreret. Eo quum pervenisset, ad reliquas legiones