‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 192 sur 280 · LIVRE VH · texte numérisé non relu

LIVRE VH

tres légions, et il les réunit sur le même point, avant que les Arvernes aient pu être avertis de sa présence. En apprenant ce qui se passe, Vercingétorix conduit de nouveau son armée chez les Bituriges, et il part de là pour aller assiéger Gorgobine *, ville des Boies; ce: dernier peuple, vaincu dans la bataille contre les Helves, avait été établi pat César à Gorgobine, et soumis à la domination des Éduens.

. X. L'expédition de Vercingétorix jeta César dans un grand embarras quand il eut à se décider : s'il gardait pendant l'hiver les légions réunies sur un même point, il pouvait craindre, dans le cas où les tributaires des Éduens seraient battus, que la Gaule tout entière ne fit défection en voyant que les amis de César ne trouvaient en lui aucan appui; s'il quittait plus tôt que de coutume ses quartiers d'hiver, la difficulté des transports pouvait l'exposer à la disette. 11 jugea cependant qu'il fallait affronter toutes les obstacles, plutót que de perdre la confiance de tous ses alliés en subitsant un pareil outrage *. Par ces motifs, il pressa les Éduens de lui envoyer des vivres; il fit prévenir les Boies de sa prochaine arrivée, et les exhorta à rester fidéles aux Romains et à soutenir avec courage le choc de

mittit, priusque omnes in. urium locum cogit, quam de ejus adventu Arvernis nuntiari posset. Hac re cognita, Vercingetorix rursus in Bituriges exercitum reducit atque, inde profectus Gorgobinam, Boiorum oppidum, quos ibi Helvetico proelio victos Cæsar collocaverat Æduisque attribuerat, oppugnare instituit. X. Magnam hzc res Cæsari difficultatem ad consilium capiendum afferebat : si reliquam partem hiemis uno [in] loco legiones contineret, ne, stipendiariis Æduorum expugnatis, cuncta Gallia deficeret, quod nullum amicis in eo presidium videret positum esse : sin maturius ex hibernis educeret, ne ab re frumentaria duris subvectionibus laboraret. Præstare visum est tamen, omnes difficultates perpeti, quam, tanta contumelia accepta, omnium suorum voluntates alienare. Itaque cohortatus Æduos de supportando commeatu, præmittit ad Boios, qui de suo adventu doceant, hortentarque ut in fide maneant atque hostium impetum magro

l'ennemi ; puis laissant dans Agendicum deux légions et tous les bagages, il partit pour se rendre auprés des Boies.

XI. Il arriva le lendemain à ao #3 ville des Sénonais ; et comme il ne voulait laisser aucun ennemi derriére lui, afin que les approvisionnements se fissent sans difficulté, il résolut d'assiéger cette ville, et fit eu deux jours les lignes d'investissement. Le troisiéme jour la ville envoya des députés pour capituler, et il ordonna aux assiégés de remettre leurs armes, d'amener leurs chevaux et de donner six cents otages. Il laissa le lieutenant C. Trébonius pour faire exécuter ses ordres, et partit luimême, en marchant le plus vite possible, pour Génabum, ville des Carnutes. Ceux-ci, ayant appris le siége de Vellaunodunum, qu'ils croyaient devoir durer plus longtemps, rassemblaient des troupes qu'ils destinaient à la défense de Génabum. César, arrivé le second jour devant cette place, établit son camp; et, comme l'approche de la nuit l'empéchait de rien entreprendre, il remit l'attaque au lendemain, et donna ordre aux soldats de préparer tout ce qui était nécessaire pour le siége. La ville de Génabum ayant un pont sur la Loire, il fit veiller deux

animo sustineant. Duabus Agendici legionibus atque impedimentis totius exercitus relictis, ad Boios proficiscitur.

XI. Altero die quum ad oppidum Senonum Vellaunodunum venisset, ne quem post se hostem relinqueret, quo expeditiore re frumentaria uteretur, oppugnare instituit, idque biduo circumvallavit: tertio die missis ex oppido legatis de deditione, arma conferri, jumenta produci, nc obsides dari jubet. Ea qui conficeret, C. Trebonium legatum relinquit : ipse, ut quamprimum iter faceret, Genabum Carnutum proficiscitur,.qui, tum primum allato nuntio de oppugnatione Vellaunoduni, quum longius eam rem duc- . tum iri existimarent, presidium Genabi tuendi causa, quod eo mitterent , comparabant. Huc biduo pervenit, castris ante oppi- .dum positis, diei tempore exclusus, in posterum oppugnationem differt, quæque ad eam rem usui sint, militibus imperat; et, quod oppidum Genabum pons fluminis Ligeris continebat, veritus ne

Page 1