‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 194 sur 280 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

nous, les conduisirent à César, et firent leur soumission. A la suite de ces événements, César se rendit à Avaricum**. Cette place, la plus importante et la plus forte des Bituriges, est située dans la partie la plus fertile de leur territoire; et il avait le ferme espoir, quand il l'aurait prise, de soumettre la cité des Bituriges tout entiére.

XIV. Vercingétorix, aprés avoir successivement éprouvé tant d'échecs à Vellaunodunum, à Génabum, à Noviodunum, assemble un conseil. Là, il expose «qu'il faut suivre dans cette guerre une tactique toute différente de celle qui a été suivie jusque-là , et par tous les moyens empécher les Romains de se procurer des fourrages et des vivres ; cela leur est facile, puisqu'ils ont une cavalerie nombreuse et qu'ils sont favorisés par la saison. Il n'y a point dans ce moment de fourrages à couper; l'ennemi se divisera pour en aller chercher dans les maisons; ses dótachements peuvent chaque jour étre détruits jusqu'au dernier par la cavalerie. De plus, on doit sacrifier au salut général les intéréts particuliers, et brüler les bourgs et les habitations dans le pays du côté de Boies, partout où l'on peut croire que l'ennemi se portera pour chercher des fourrages. Quant à eux ils auront des approvisionnements en abondance,

cum, quod erat maximum mumtissimumque in finibus Bitarigutn atque agri fertilissima regione, profectus est; quod, eo oppido recepto, eivitatem Biturigum se in potestatem redacturum confidebat. |

XIV. Vercingetorix, tot continuis incommodis Vellaunodani, Genabi, Novioduni acceptis, suos ad coneilium convocat. Docet «longe alia ratione esse bellum gerendum atque antea gestum sit : omnibus modis huic rei studendum, ut pabulatione aut oommeatu Romani prohibeantur: id esse facile, ut equitatu ips abundent, et quod anni tempore subleventür : pabalum $eeari Ben posse : necessario dispersos hostes ex edificiis petere : hos emmnes quotidie ab equitibus dejici posse. Prseterea salutis causa rei fantiliaris commoda negligenda ; vicos atque ædificia incendi eportere hoc spatio, a Boia quoquo versus, quo pabulandi causa adire posse videantur, Harum ipsis rerum copiam suppetere, quod,

parce que les peuples sur le territoire desquels on fera la guerre les aideront de leurs ressources. Les Romains, au contraire, ne pourront supporter la disette, ou se trouveront exposés à de grands dangers lorsqu'ils s'éloigneront de leur camp. Le résultat sera toujours le méme, soit qu'on les tue, soit qu'on prenne leurs bagages, dont la perte les empéchera de faire la guerre. 1l faut en outre brüler les villes que leurs fortifications ou la disposition des lieux ne mettent point à l'abri de tout danger, afin qu'elles ne servent pas de refuge à ceux des Gaulois qui ne voudraient point s'associer à la guerre, ou que les Romains ne soient pas tentés de s’en emparer pour y prendre des vivres et du butin. De pareilles mesures peuvent paraitre pénibles ou cruelles; mais il pensait , quant à lui, qu'il était bien plus pénible encore de voir leurs enfants, leurs femmes, enlevés pour l'esclavage, et d'étre tués euxmémes, ce qui ne pouvait manquer d'arriver s'ils étaient vaincus. »

XV. Cette motion fut approuvée à l'unanimité, et dans un seul jour plus de vingt villes furent brülées dans le pays des Bituriges. On en fit de méme dans les autres cités; et sur tous les points on voyait des incendies. C'était

quorum in finibus bellum geratur, eorum opibus subleventur ; Romanos aut inopiam non laturos, aut magno cum periculo Iongius ab castrís processuros : neque interesse, ipsosne interficiant, impedimentisne exuant, quibus amissis bellum geri non possit. Preterea oppida incendi oportere, qux non munitione et loci natura ab omni sint periculo tuta; neu suis sint ad detrectandam militiam receptacula, neu Romanis proposita ad copiam commeatus prædamque tollendam. Hæc si gravia aut acerba videantur, multo illa gravius zstimare, liberos, conjuges in servitutem abstrahi, ipsos interfici; quæ sit necesse accidere victis. »

XV. Omnium consensu bac sententia probata, uno die amplius xx urbes Biturigum incenduntur. Hoc idem fit in reliquis civitatibus. In omnibus partibus incendia conspiciuntur; qua etsi magno cum dolore omnes ferebant, tamen hoc sibi solatii proponebant [quod] explorata victoria, celeriter amissa recipera-

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