‹ Guerre des Gaules (volume 2)Chapitre 195 sur 280 · LIVRE VIT · texte numérisé non relu

LIVRE VIT

là pour la population un grand sujet de douleur, et cependant elle se consolait par le ferme espoir que le triomphe paraissant assuré elle aurait bientót recouvré ce qu'elle venait de perdre. On délibére dans une assemblée générale s'il faut brüler Avaricum ou le défendre; les Bituriges tombent aux pieds des autres Gaulois, les suppliant de ne pas les forcer à incendier de leurs propres mains la plus belle ville de presque toute la Gaule, une ville qui fait la force et l’ornement de leur cité; la disposition: des lieux leur permettra de la défendre facilement, parce qu'elle est entourée presque partout par une riviére et un marais, et qu'on ne peut y pénétrer que sur un seul point, par une avenue étroite. L'assemblée se rendit à leur prière : Vercingétorix fut d'abord d'un avis contraire, mais il finit par céder à leurs supplications et à la pitié des assistants. On choisit pour défendre la ville des hommes d'élite. XVI. Vercingétorix suit César à petites journées, et place son camp sur un terrain défendu par des marais et des bois, à seize mille pas d'Avaricum. Là, il apprenait à chaque instant du jour par des éclaireurs fidéles ce qui se passait dans cette ville, et il y expédiait ses ordres. Il observait tous nos mouvements quand nous allions chercher

turos confidebant. Deliberatur de Avarico in communi concilio, incendi placeret, an defendi. Procumbunt omnibus Gallis ad pedes Bituriges, ne pulcherrimam prope totius Galliæ urbem, quz et presidio et ornamento sit civitati, suis manibus succendere cogerentur : facile se loci natura defensuros dicunt, quod prope ex omnibus partibus flumine et palude circumdata, unum habeat et perangustum aditum. Datur petentibus venia, dissuadente primo Vercingetorige, post concedente et precibus ipsorum et misericordia vulgi. Defensores oppido idonei deliguntur.

XVI. Vercingetorix minoribus Cesarem itineribus subsequitur et locum castris deligit paludibus silvisque munitum , ab Avarico longe millia passuum xvi. Ibi per certos exploratores in singula diei tempora, qux ad Avaricum agerentur, cognoscebat, et quid fieri vellet imperabat : omnes nostras pabulationes fru- " mentationesque observabat, dispersosque, quum longius necessa-

des vivres et des fourrages, tombait sur les hommes isolés quand ils s'avancaient trop loin, et nous causait de graves dommages, quoique les nótres, agissant avee la plus grande prudence , se fussent arrangés de manière à sortir par des routes différentes, et à des heures indéterminées.

XVII. César pose son camp vers la partie qui , n'étant point occupée par la rivière et les marais, offrait, comme nous l'avons dit, un étroit passage; il fait commencer la terrasse , dresser les mantelets , élever deux tours, car la nature du terrain ne permettait pas de faire la oirconvallation. ll presse sans cesse les Boies et les Éduens d'envoyer des vivres; mais ces derniers montrérent si peu ü'empressement qu'on n'en tira presque rien ; et les Boies, qui n'avaient que de faibles ressources, parce que leur cité était petite et pauvre, eurent bientót épuisé tout ce qu'ils possédaient. L'extréme difficulté qu'on éprouvait à se procurer des vivres, le dénüment des Boies, le mauvais vouloir des Éduens, l'incendie des habitations, causérent une telle détresse dans l'armée que, pendant plusieurs jours, les soldats manquérent de blé et se nourrirent avec les bestiaux qu'on avait enlevés dans des bourgades situées à de grandes distances. Cependant on n'entendit de leur part

rio procederent, adoriebatur, magnoque incommodo affeiebat : etsi, quantum ratione provideri poterat, ab nostris oceurrebatur, ut incertis temporibus diversisque itineribus iretur.

XVH. Castris ad eam partem oppidi positis, Cesar, qute intermissa a fluntine et paludibus aditum, ut supra diximus, angustum habebat, aggerem apparare, vineas agere, turres duas constituero cœpit : nam cireumvallare loci natura prohibebat. De re frumentaria Boios atque Æduos adhortari non destitit : quorum alteri, quod nullo studio agebant, non multum adjuvabant ; alteri non magnis facultatibus, quod civitas erat exigua et infirma, celeriter, quod habuerunt, consumpserunt. Summa diffieultate rei framentariæ affecto exercitu , tenuitate Boiorum, indiligentia JEduorum , incendiis aedificiorum , usque eo, ut complures dies frumento milites caruerint, et pecore e longinquioribus vicis adacto, extremam famem sustentárent , nulia tamen vox est ab

Page 1